Derniers Avis : Harry, un ami qui vous veut du bien - Page 10
Harry, un ami qui vous veut du bien
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Un visiteur
3,5
Publiée le 15 mai 2011
C'est un film assez surprenant dans l'ensemble. L'intrigue, les personnages ... Mais surtout l'ambiance. L'ambiance fait vraiment tout. On est entraîné dans cette histoire qui paraît si réaliste, et qui tombe finalement dans une spirale étrange. C'est sombre, il y a un côté sérieusement sadique, et puis Harry est un personnage très perturbant. On continue de regarder, curieux de connaître la suite, quand soudain tout prend une allure très différente et complètement loufoque. On passe dans le thriller, entre cauchemar et réalité. L'ambiance est très bien rendue, on se sent mal à l'aise, bizarre, comme si on était les complices d'Harry. C'est très étrange, très bien joué et la fin est vraiment spéciale. Entre comédie et thriller, on ne s'ennuie pas !
Je déconseille fortement de lire cette critique sans avoir vu le film. Harry nous veut tellement du bien qu'il nous fait du mal. Telle est l'intrigue du film et d'ailleurs ultra efficace. Le personnage d'Harry est incroyable digne de Norman Bates , un psychotique qui persiste à détruire un famille uniquement pour essayer de faire du bien. C'est drôlement bien penser cette idée. Sergi Lopez se charge du rôle d'harry et quel talent ! Un rôle loin d'être facile , il rend le personnage tellement terrifiant. Pour rendre le film encore plus effrayant la musique et un suspense Hitchcokien. Un psychose français !
Bon thriller très doux, belle interprétations. Le scénario est original mais gâché un peu par des longueurs inutiles. Également, l'intérêt du dénouement est bien trop attendu. A voir tout de même !
Second long-métrage de Dominique Moll, "Harry, un ami qui vous veut du bien" démarre plutôt bien. Sergi Lopez campe un psychopathe débonnaire et plein de fric (Harry) qui rencontre un ancien copain de lycée par hasard et ne tarde pas à s’incruster dans sa vie, lui achète un 4x4 et récite par cœur des textes datant du lycée que Michel (Laurent Lucas), jeune père de famille débordé, a complètement oublié - cela donne lieu à une scène à table plutôt réussie, largement reprise au moment de la sortie. Ça se gâte lorsque Harry commence à faire le vide autour de son ancien copain, c’est à dire envoyer ad patres ses parents, son frère, puis tenter dans une scène finale abracadabrantesque d’occire sa femme (Mathilde Seigner, grande lectrice de Télé 7 Jours) et ses enfants...
D’abord, les acteurs semblent livrés à eux-même. Sergi Lopez, fortement marqué "Western" (donc bons sentiments), en rajoute dans le registre psychopathe calculateur, mais à aucun moment n’arrive à faire peur - la perversité du personnage ne s’exprime que par les actes qu’il perpétue, et il a beau gober des œufs crus à 4 heures du matin, on n’en a pas la chair de poule pour autant. Michel, le père de famille, est une sorte de Droopy lymphatique dont l’expression ne change jamais tout le long du film - même quand Harry lui propose de buter sa famille au complet, il conserve cette (non) expression figée, plongé dans une torpeur propre aux dépressifs bourrés de neuroleptiques (personellement, j’aurais ajouté "si tu es d’accord, cligne de l’œil une fois"). Certains y ont vu une composition géniale, glorifiant la paralysie faciale comme stade ultime du jeu d’acteur. Ne parlons pas des rôles féminins, ils sont là pour la décoration (ah !, les décolletés de Sophie Guillemin)
Le film est truffé de symboles lourdingues qui feront la joie d’exégètes paresseux - comme le puit comblé par Michel qui symbolise son passé (que Harry vient raviver). Le thème le plus risible est sans doute la révélation (par Harry) des talents cachés d’écrivain de Michel, qui se met du jour au lendemain à noircir des pages entières pour écrire la suite du récit qu’il avait publié dans le journal du lycée : Il ne faut pas compter sur Laurent Lucas (Michel) pour rendre crédibles les motivations de cette passion soudaine, tant son jeu frôle l’autisme.
Ce qui plombe surtout le film, c’est sa construction totalement bancale - aux antipodes des références du genre (comme Hitchcok auquel certains ont vaguement comparé le film), où la terreur et l’angoisse vont crescendo, jusqu’à un dénouement final : ce film ne recèle aucune montée en puissance. On ne sursaute pas un seul instant, le rythme est bancal, les séquences dramatiques où Harry bute les proches de son ancien copain alternent avec des périodes interminables où l’action retombe. Tout cela pour finir par une surenchère totalement invraisemblable (plus comique que fantastique) où Harry propose à Michel de buter sa femme et ses filles, et le bon père de famille ne répond rien (ou peut-être exprime quelque chose sur son visage, mais c’est de l’ordre du subliminal) puis, sans exprimer de peur ou de haine, il tue Harry froidement avec un couteau, comme ça, sans un mot, et, toujours sans émotion apparente, le balance dans le puis qu’il était en train de combler depuis le début du film. La petite famille rentre chez elle, et le mot FIN s’inscrit sur l’écran. Une fin politiquement correcte pour un film faussement subversif.
L'intrusion d'un élément étranger dans une famille constituée... C'est une atmosphère pesante et angoissante. Formidable film au suspense intense. C'est malsain et dérangeant. Bravo pour l'interprétation.
Une sorte de polar à la française plutôt inclassable, du moins dans la production actuelle. Car sinon, les références sont toutes trouvées : Hitchcock et les premiers De Palma. Une bonne surprise dans la production française avec un Sergi Lopez, comme très souvent, excellent.
Cet Harry, d’abord impassible, sage, ensuite fragile puis finalement profondément perturbé, n’est que le serviteur, la marionnette d’une réalisation singulière aux allures bien françaises. En effet, Harry…mélange les genres, se complaisant dans le suspens, frôlant l’horreur, jouant avec la comédie, s’affinant avec la psychologie, et se complétant avec le drame. Harry…laisse un arrière goût dans la bouche, arrière goût que l’on pressent dès les premières minutes du film, et qui ne va que crescendo, jusqu’à ce final qui n’a rien de grandiloquent, mais qui se contente au contraire d’achever le trouble.
Un ovni cinématographique. Un scénario simple mais dérangeant qui amène à se demander si Harry lui veut réellement du bien. C’est une course macabre et à la fois drôle d’un vieux copain de classe sortie de nulle part qui force notre héros à sortir de sa vie familiale banale pour se remettre à l’écriture. J’aurais préféré qu’aucun ne se souvienne de lui, ni le héros ni son père afin de laisser croire que cet Harry ait inventé toute l’histoire. Une angoisse imperceptible au début du film finit par envahir cette petite famille tranquille qui se laisse bouffer par ce bienfaiteur psychopathe.
En voilà, un très beau, et très bon film! Les critiques de presse sont unanimes, et je leur donne raison! Même Mathilde Seigner, habituellement exécrable quel que soit son rôle, est rendue tout à fait potable par la caméra de Dominik Moll. Sergi Lopez a ici son grand rôle: on retrouve en lui une méchant, mais un vrai: un dérangé comme on n'en voyait plus beaucoup dans le cinéma depuis Hitchcock ou Kubrick. Grandiose, ce film peut gonfler notre patriotisme: la France a son thriller psychologique d'excellence!!!
Laurent Lucas joue avec beaucoup de justesse le rôle du gentil papa attentionné, même si par moment on se demande si il ne va pas prendre sa hache et poursuivre ses trois filles dans le labyrinthe par une nuit glaciale( Comme ce fut fait chez, oh, tiens, Stanley Kubrick). Fort heureusement pour lui, son personnage ne finira pas congelé. Non, congelé, certainement pas. Mais perturbé, ca ne fait aucun doute: si l'ami Harry est mort et enterré, il a fait son effet, et on se demande, avec ce perturbant regard final de l'acteur, ce qu'il adviendra de sa santé mentale.
A part ca, que dire? Que Sergi Lopez nous fait penser à Matt Damon pour son interprétation du talentueux Mr Ripley? Que la musique est délectable, et vient accompagner doucement mais surement l'ambiance nullement pensante, mais ô combien légère de ce cirque d'épouvante, de cette comédie à sueurs glacées.
Vraiment, en tout point un excellent film, auquel on sacrifie volontiers à plusieurs reprises les deux heures de visionnage.