Incontestablement l'un des meilleurs thrillers français. L'idée est bonne, les revirements incroyables et imprévisibles, la photographie est réussie...
Ce film est un thriller magistral. Le personnage de Harry, interprété avec brio par Sergi López, s’impose dès les premières minutes comme une figure fascinante et troublante. Son obsession pour Michel, jusqu’à connaître par cœur ses écrits d’adolescent, crée une tension palpable : on pressent immédiatement que quelque chose ne tourne pas rond. L’histoire, remarquablement construite, tient le spectateur en haleine, entre suspense et questionnement : jusqu’où ira-t-il ? Comment tout cela va-t-il se terminer ? Un excellent moment de cinéma français, à la fois captivant et profondément immersif.
Ce film est une réussite totale sur tous les plans. Il distille une angoisse et un malaise croissants, l'interprétation est remarquable, le scénario est d'une grande habileté. A voir absolument.
Michel croise par hasard Harry qu'il a connu au lycée, et Harry s'immisce petit à petit dans la vie de famille de Michel. L'histoire est bien filmée et racontée, avec un ton juste. Les acteurs principaux (Laurent Lucas, Sergi Lopez et Mathilde Seigner) incarnent très bien leurs personnages. J'ai bien aimé l'atmosphère pesante et la tension qui monte petit à petit dans le film jusqu'au dénouement final.
Thriller dramatique coécrit et réalisé par Dominik Moll, Harry, Un Ami Qui Vous Veut Du Bien est un très bon film. L'histoire nous fait suivre Michel, un père de famille d'une trentaine d'années qui, sur la route le menant à la maison de vacance familiale avec sa femme et leurs trois filles, fait la rencontre fortuite d'Harry, un ancien camarade de lycée. Ce dernier parvient à se faire inviter, avec sa compagne Prune, chez la famille de Michel, pour y boire un verre et parler du bon vieux temps. Impressionné par les talents littéraires qu'avait Michel au lycée, Harry s'évertue alors à le faire reprendre son activité créatrice. C'est ainsi qu'il s'insinue petit à petit dans le quotidien de Michel et des siens dans le dessein de trouver des solutions à leurs problèmes afin que rien ni personne ne puisse nuire à l'épanouissement de l'écrivain en refoulé. Ce scénario s'avère prenant à visionner tout du long de sa durée d'un peu moins de deux heures. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue nous plongeant rapidement dans le vif du sujet et parvenant à mettre simplement et de façon limpide ses protagonistes en place. S'ensuit une longue descente en enfer qui s'accentue au fil des minutes, au fur et à mesure que l'invité aux motivations étranges prend de plus en plus de place dans leur vie. Tout cela donne lieu à des scènes emplies de suspens, à l'action imprévisible et à la violence froide. L'atmosphère distillée de bout en bout est une des grande force du métrage. Celle-ci se veut menaçante, angoissante et gorgée d'une tension constante. L'ensemble est porté par des personnages bien développés. Des rôles assurés par une distribution plus que convaincante, à commencer par le rôle titre parfaitement incarné par un Sergi López aussi amical qu'inquiétant. Le couple d'hôte est lui joué par Laurent Lucas et Mathilde Seigner, alors que Sophie Guillemin complète le quatuor. Mais d'autres visages viennent se greffer à eux comme ceux des parents de Michel interprétés par Liliane Rovère et Dominique Rozan, ou encore celui de Michel Fau qui joue le frère, sans compter les trois jeunes enfants. Tous ces individus entretiennent des rapports paradoxalement aussi bienveillants que malveillants, procurant beaucoup de crainte. Des échanges soutenus par des dialogues bien écrits déclamés avec naturel et authenticité. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français se veut de bonne facture. Sa mise en scène est sobre mais terriblement efficace en parvenant à nous faire ressentir de façon palpable le suspens. De plus, elle évolue au sein d'un environnement montagneux isolé renforçant encore davantage l'anxiété. Ce visuel brut est accompagné par une bonne bande originale dont les compositions inquiétantes s'accordent très bien avec les situations et les images. Reste une fin réussie venant mettre un terme à Harry, Un Ami Qui Vous Veut Du Bien qui, en conclusion, est un long-métrage méritant amplement d'être découvert.
Excellent second Long-Métrage de Dominik Moll qui bénéficie d'une mise en scène virtuose , qui à des références cinématographiques avouées où non comme Hitchcock, Shining et Lost Highway , rien que ça ! , et resplendit par la la maestria de ses interprètes , que ce soit Sergi Lopez, Laurent Lucas, Mathilde Seigner ou la très naturelle Sophie Guillemin ! Et si finalement Harry n’était qu’une émanation des désirs refoulés de Michel ?!
C'est un excellent film, notamment grâce à une tension permanente où on sait que quelque chose d'horrible va se produire. Ce thriller a donc un côté terrifiant. A côté de ça, les curseurs dramatiques sont bien positionnés et l'intrigue tient la route. Difficile de l'oublier celui-là.
Franchement, je ne comprends pas les avis positifs. J’ai trouvé le film complètement plat et sans intérêt. J’ai eu du mal à rester accroché du début à la fin. Ça aurait pu être captivant, mais c’est juste lent et ennuyeux.
Un très bon Thriller psychologique, coécrit et parfaitement mis en scène par Dominik Moll. Dès le début du film, s'installe une ambiance glauque à souhait, répandant des ondes nocives ; et tout va lentement mais sûrement dégénérer, avec ce scénario dantesque. Le film nous offre également une BO classieuse, et un casting de luxe avec les présences de Mathilde Seigner, la belle Sophie Guillemin dans le rôle de Prune, Liliane Rovère, Michel Fau, et bien sûr Sergi López qui réalise une sublime prestation d'acteur.
Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll s’inscrit dans une veine de cinéma français rare, celle qui déploie ses tensions sous le masque du calme. Ici, le suspense ne naît pas d’un danger immédiat, mais d’une proposition : et si l’on vivait mieux en se délestant de ce qui encombre, jusqu’à l’élimination des autres ?
Avec son sourire affable et sa diction sucrée, Harry s’invite dans la vie de Michel comme une bénédiction inespérée : ami bienveillant, mécène. Mais derrière cette façade de courtoisie, il incarne une figure insidieuse délesté de toute culpabilité.
À travers lui, Dominik Moll met en scène une forme contemporaine de manipulation : celle qui n’impose rien mais suggère tout, qui ne force pas mais invite,. Harry n’est pas le Mal en action, il est la logique du progrès personnel appliquée aux affects. Il ne tue que pour faire place, pour libérer le sujet de ses entraves.
Michel n’a rien d’un héros. Il est un homme accablé de responsabilités, un père débordé, un créateur paralysé, un sujet comme tant d’autres, étranglé par les petites violences du quotidien. Harry entre dans cette zone de fatigue avec une promesse : celle de redonner du souffle, du temps, de l’espace. Mais ce soulagement a un prix.
Ce que le film capte avec une précision clinique, c’est la manière dont Michel glisse de la méfiance à l’acceptation, de la gratitude à la complicité tacite. Ce que Harry accomplit par la violence, Michel l’autorise par passivité.
Harry est l’ami idéal, mais il est aussi, et surtout, le double. Il dit ce que Michel n’ose pas formuler, fait ce qu’il ne peut assumer. Il est l’autre soi, libéré du poids moral, désentravé. En ce sens, Harry s’inscrit dans une longue généalogie de récits où l’alter ego révèle le refoulé : de L’Inconnu du Nord-Express à Fight Club.
Là où le film devient le plus politique, c’est dans sa manière de cerner un imaginaire masculin contemporain : celui d’un homme empêché, qui rêve d’un retour à soi, mais ne sait comment faire autrement qu’en éliminant. Harry pousse Michel à écrire, mais c’est à la condition de "faire de la place".
Ce portrait de la virilité créatrice est glaçant. Il révèle l’idéal patriarcal sous une forme pervertie. Le care, la parentalité, l’horizontalité des liens : tout cela devient bruit, charge, entrave.
Plus qu’un thriller psychologique, Harry, un ami qui vous veut du bien est un film sur les formes contemporaines du mal sous l’apparence du service. Il ne s’agit pas de diaboliser l’amitié, mais d’en exposer le double fond : le moment où le soutien devient injonction, où l’encouragement devient emprise, où la bienveillance devient outil de domination.
"Harry, un ami qui vous veut du bien" développe une ambiance de thriller psychologique très efficace malgré une lenteur générale assez marquée. Tout repose sur l'excellence des quatre acteurs principaux et sur un scénario solide. Il faut toutefois accepter un postulat de départ un peu étrange et assez improbable, si c'est le cas ça passe très bien, sinon ça peut être rédhibitoire.
Avec ce long-métrage de Dominik Moll, le cinéma français possède un film de suspense capable de rivaliser avec un bon Alfred Hitchcock. Lorsqu’un homme rencontre par hasard un vieil ami, il est loin de se douter de tout le bien que ce dernier est prêt à lui apporter. Paradoxalement, la lenteur du récit constitue le point fort de l’intrigue en créant une atmosphère de plus en plus oppressante. La fluidité du scénario rend crédible cette histoire qui pourrait paraître abracadabrante. Enfin, Sergi López (lauréat du César du meilleur acteur en 2001) campe parfaitement ce personnage intrigant dont on ne parvient jamais à deviner les intentions. Bref, un thriller intelligent aussi glaçant qu’efficace.