Fares Fares s'est fait remarquer en 2013 après avoir pris part à la trilogie policière scandinave "Enquêtes du département V" où il campait l'adjoint d'un inspecteur mis au rencart suite à une dépression dans un département chargé d'étudier les dossiers concernant de vieilles enquêtes jamais résolues afin d'apurer les statistiques d'un commissariat central. Le voici sous la houlette de Tarik Saleh, flic au Caire à la veille des évènements de janvier 2011 qui poussèrent Moubarak vers la sortie. Le scénario écrit par Tarik Saleh est inspiré du meurtre de la chanteuse libanaise Suzanne Tamim en 2008 à Dubaï par un dignitaire du régime égyptien. Saleh a sans aucun doute très correctement étudié tous les classiques du genre pour se les approprier et en retranscrire le meilleur au sein du contexte très particulier de la mégalopole du Caire où s'entassent près de 10 millions d'habitants dans des conditions souvent précaires. La corruption y est un mode de fonctionnement quasi institutionnalisé qui concerne comme souvent au premier chef la police. Dans le commissariat où travaille Nourredine (Fares Fares) c'est son oncle Kammal le chef de brigade qui orchestre les affaires et notamment le partage des gains du racket quotidien . Le meurtre d'une jeune chanteuse dans un complexe hôtelier de luxe va réveiller la conscience chloroformée de Nourredine qui va progressivement s'isoler pour mener son enquête. La confrontation avec un riche industriel mêlé au pouvoir va très vite ramener Nourredine dans son propre commissariat. On l'a dit Tarik Saleh respecte tous les codes du film noir qu'il inscrit dans un contexte politique un peu à la manière de Sidney Lumet. Ainsi Nourredine déambule dans la grande cité surpeuplée au son de la musique envoûtante de Krister Linder. Mais là où Humphrey Bogart, Frank Sinatra ou Paul Newman levaient le voile sur les mœurs dissolues de la jet set désabusée de New York ou de Los Angeles, Fares Fares doit se colleter avec tous les trafics qui minent une ville où beaucoup de migrants tentent de survivre. Un œil acéré est aussi porté sur la petite minorité qui vit luxueusement aux dépends d'une misère ambiante largement entretenue. Face aux dangers multiples qui résultent de ce chaos organisé, Nourredine n'a que sa froide détermination et sa connaissance du milieu pour se frayer un chemin jusqu'aux cimes qui agissent en toute impunité à coups de bakchichs et d'exécutions sommaires. Si la lucidité dont fait preuve Tarik Saleh ne constitue pas le meilleur dépliant touristique pour un pays déjà en proie à la défiance de la clientèle européenne, elle contribue à travers un film de genre respectant tous les canons à éveiller les consciences.
Il est finalement assez rare de se faire emporter par un film aussi codifié.
Le Caire confidentiel est en effet conforme à ce qu'on imagine être l'archétype du film noir, tendance Chandler ou pour les plus jeunes, Elroy : un crime sordide, un policier dépassé et manipulé, des puissants qui oeuvrent dans l'ombre, des autorités corrompues, une intrigue confuse.
Le mérite de Tarik Saleh, réalisateur suédois d'origine égyptienne, est de s'appuyer sur des points forts bien spécifiques.
Le premier de ces éléments est le casting admirable, dont l'acteur Fares Fares (qu'on a vu dans Zero dark thirty) est la pierre angulaire : il parvient à paraître à la fois épuisé et inflexible, faible et fort. Du grand art. Tous les autres personnages sont superbement interprétés, jusqu'au plus petit second rôle.
La deuxième force du film, c'est son substrat historico-culturel : le film se commence en plein printemps arabe et se termine avec les évènements de la place Tahir. Ce contexte entre parfaitement en résonance avec l'histoire.
Troisième qualité : la mise en scène et le montage sont formidables de sécheresse et d'efficacité, la caméra ne s'appesantit jamais plus que nécessaire. Alors que certains certains réalisateurs zoomeraient sur un cadavre (comme c'est le cas dans le mauvais Que Dios nos perdone, dont je parlerai prochainement), Saleh est ici tout en retenue. C'est souvent très beau.
Je conseille donc vivement cet excellent polar qui nous donne une vision époustouflante de la cité cairote (alors qu'il a été tourné à Casablanca, mais c'est la magie du cinéma !).
Un bon polar qui prend son temps, sans fioritures, efficaces. Ici, pas de héros ni de fusillades toutes les 3mn, réaliste et précis. On reste toutefois sur sa faim pour le final, on aimerait en voir plus pour l'après. A voir ! 3.5/5 !!!
"Le Caire confidentiel" est un solide polar égyptien, qui montre les rouages politiques et policiers de l'Égypte juste avant la révolution qui fit tomber Mubarak. Ce contexte est important car il est celui du film, et même si l'on imagine que rien n'a changé, il montre le pouvoir de la corruption qui gangrène ce pays. Il y a donc un côté documentaire dans ce film, lié au réalisme de l'ensemble et à la justesse de l'interprétation. L'enquête quant à elle est passionnante et est prétexte à montrer au plus prêt le quotidien d'un inspecteur de police, qui va peu à peu changer et se rendre compte dans quel monde il vit.
The Nile Hilton Incident titre Originel oblige impose de suite son contexte et ne se cache décidément pas ! Ce Polar entre embrouille politique en tout genre et déambulation existentielle refuse de choisir et offre une bonne grosse dose de cinéma tout à la fois étourdissante et sans nul doute vengeresse. Tarik Saleh son réalisateur se décide à rentrée dans les portes tête baissé et concrétise des envies de rébellion à travers une suite d'images en lien avec les actualités. Les acteurs suivent les directives du cinéaste et délivrent une prestance remarquable. Fares Fares dont le visage m'étais déjà connu de part Lykke Li et son tube I Follow Rivers réalisé je l'apprend à l'instant par Tarik Saleh trouve au travers de se long métrage moyen de se mettre en lumière. Je n’arrêtais pas tout au long du film de me dire qu'il avait des airs de Toshiro Mifune dans les compositions de Kurosawa. On lit sur son visage, on essaye tout du moins à comprendre sa peine. Le miroir de son sujet. Un film fort et intense, que j'appréciai encore plus dans le temps j'en suis convaincu.
Intrigue policière se situant à la veille de la Révolution égyptienne de 2011, Le Caire confidentiel est une belle réussite. Après un début qui n’accroche pas automatiquement, le spectateur est pris petit à petit par son enquête policière et sa description de la société égyptienne sous l’ère Moubarak faite de corruptions et d’inégalités de traitement selon les catégories sociales. Inspiré de l’assassinat de Suzanne Tamim, Le Caire confidentiel est un polar prenant qui plait de plus en plus au fur et à mesure de son avancée.
Convaincu par les critiques dithyrambiques je suis satisfait d'avoir vu ce film même si je ne l'ai pas apprécié autant que prévu. L'aspect pédagogique et immersif est indéniable. La réalisation, les acteurs et l'image sont irréprochables. Mais tout cela repose sur un scénario qui n'est pas au diapason autour duquel le film brode, certes avec talent mais sans arriver pour ma part à me captiver. L'histoire semble secondaire et uniquement prétexte à dénoncer le système, la corruption et l'immoralité.
Dans l'un des pays les plus corrompu du monde, un commandant de commissariat s’entête à résoudre un meurtre dont on le délivre plutôt rapidement. La réalisation est très efficace, c'est un grand film policier qui bénéficie d'acteurs crédibles, charismatique. On découvre largement l’étendue de la corruption, des forces de l'ordre à l’État en passant par tous les étages. C'est affligent, l’Égypte est un si beau pays mais tout s’achète, en bakchich, jusqu'à la justice... La première partie est à suivre avec attention car de nombreux personnages font leur apparition et c'est en deuxième partie que l'action arrive. Coups de feu, courses poursuite, l’étau se referme sur cette enquête si particulière,si loin des procédés européens. Un polar efficace mais parfois mou, avec quelques longueurs qui donnent certes du cachet mais traine cette enquête qui semble parfois interminable.
Un illustre inconnu réalise un polar haletant, juste et ancrée dans la réalité égyptienne d’un régime Moubarak pourri jusqu’à la moelle : Tarik Saleh. Au cœur d’un scénario bien mené, peu inspiré mais sans accroc majeur : un flic se retrouve entrainé dans une histoire de meurtre et de corruption qui le dépasse. Lui-même n’est pas blanc comme neige ; la société est complètement gangrénée par la corruption et on sent bien que le régime est à bout de souffle et prêt à s’effondrer. Et la force du film est bien là : montrer à travers un polar classique comment fonctionne une société faisandée. Et l’intérêt réside principalement dans cette radiographie sociétale. Saleh réussi où Mungiu peine à convaincre avec « Baccalauréat » voulant aussi dénoncer les dérives dans la société roumaine. Beau pamphlet sans manichéisme. Mon blog: tout-un-cinema.blogspot.fr
Réalisé par le Suédois d’origine égyptienne Tarik Saleh, porté par l’acteur libano-suédois Fares Fares et tourné à Casablanca en raison de la mauvaise volonté assumée des autorités égyptiennes, Le Caire confidentiel nous plonge pourtant au cœur du tumulte de la capitale égyptienne : c’est la magie du cinéma. Prenant pour cadre une enquête policière se déroulant au même moment que la révolution de 2011, ce polar porté par d’excellents acteurs nous dresse le portrait brûlant et sans concession d’un pays rongé par le démon de la corruption à tous les étages, dans lequel la justice ne se rend pas dans les prétoires mais à coups de bakchich entre gens de pouvoir. Un long-métrage trouble et nocturne d’une très belle maîtrise.
Formidable thriller égyptien qui n’a rien à envier aux polars américains du moment. Un scénario prenant remarquablement mené, une enquête passionnante à suivre mais aussi (et surtout) un personnage central de flic remarquable (tout comme le comédien qui l’interprète) et une formidable évocation d’une ville corrompue, Le Caire. Le film se passe d’ailleurs peu de temps avant la révolution et se termine au début de celle-ci. Le plus étonnant est que le film n’a pas été tourné au Caire alors qu’on s’y croirait vraiment.
Une claque que ce film ! On pénètre au coeur de la société égyptienne corrompue au moment du printemps arabe, avec un meurtre sordide à résoudre et des personnages véreux à tous les niveaux, dont au plus haut sommet de l'Etat. C'est remarquablement bien fait, et on suit cette histoire avec un véritable appétit. On ne peut s'empêcher de penser à L.A. Confidential : il y a pire référence. Du très bon cinéma, dont on remarque avec amusement que la production est scandinave, le réalisateur, bien que d'origine égyptienne, est scandinave, et que l'acteur principal est libanais.
J’ai trouvé le film intéressant du début jusqu’à la fin. La réalisation est cohérente, assez sombre et soigner à la fois. Le casting général est intéressant avec en tête l’acteur principal. Ce film se situe lors d’un moment important de l’histoire récente et l’on ressent bien la tension assez présente tout au long du film.
Malgré son air de déjà vu et sans surprise ce film se laisse regarder , assez prenant , où l'on voit comment la corruption peu faire-faire beaucoup de chose dans les pays du moyens orient et comment l'Egypte se débrouillait au temps de Moubarak , et même si l'on se doute de l'issue finale voici un polar assez dur avec une découverte intéressante Farès Farès un acteur que l'on reverra certainement.
Un thriller mené sur fond de crise politique et de corruption des flics ripoux. Un mélange des genres croisé avec l'histoire récente de l'Égypte font de ce film un pamphlet contre le régime en place à l'époque. Un peu lent par moment, plus d'action n'aurait pas été de trop pour rythmer un peu plus l'ensemble. Les adeptes du genre apprécieront.