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phil34
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3,5
Publiée le 19 décembre 2017
Pas vraiment facile de rentrer dans le film ... mais après un moment voir le Caire ... les rues ... les voitures ... la corruption, on est bien dans notre démocratie ... le film est très bien, les acteurs bien un bon film.
Bonne surprise que ce long-métrage venu d’Egypte, polar aux accents de film de noir racontant l’enquête d’un inspecteur de police corrompu sur le meurtre d’une chanteuse dans une Egypte en pleine agitation sociale. Plus que l’intrigue, ce qui plait dans « Le Caire Confidentiel » c’est toute les zones d’ombre tapissant le contour où évolue des personnages bien brossés.
Fares Fares s'est fait remarquer en 2013 après avoir pris part à la trilogie policière scandinave "Enquêtes du département V" où il campait l'adjoint d'un inspecteur mis au rencart suite à une dépression dans un département chargé d'étudier les dossiers concernant de vieilles enquêtes jamais résolues afin d'apurer les statistiques d'un commissariat central. Le voici sous la houlette de Tarik Saleh, flic au Caire à la veille des évènements de janvier 2011 qui poussèrent Moubarak vers la sortie. Le scénario écrit par Tarik Saleh est inspiré du meurtre de la chanteuse libanaise Suzanne Tamim en 2008 à Dubaï par un dignitaire du régime égyptien. Saleh a sans aucun doute très correctement étudié tous les classiques du genre pour se les approprier et en retranscrire le meilleur au sein du contexte très particulier de la mégalopole du Caire où s'entassent près de 10 millions d'habitants dans des conditions souvent précaires. La corruption y est un mode de fonctionnement quasi institutionnalisé qui concerne comme souvent au premier chef la police. Dans le commissariat où travaille Nourredine (Fares Fares) c'est son oncle Kammal le chef de brigade qui orchestre les affaires et notamment le partage des gains du racket quotidien . Le meurtre d'une jeune chanteuse dans un complexe hôtelier de luxe va réveiller la conscience chloroformée de Nourredine qui va progressivement s'isoler pour mener son enquête. La confrontation avec un riche industriel mêlé au pouvoir va très vite ramener Nourredine dans son propre commissariat. On l'a dit Tarik Saleh respecte tous les codes du film noir qu'il inscrit dans un contexte politique un peu à la manière de Sidney Lumet. Ainsi Nourredine déambule dans la grande cité surpeuplée au son de la musique envoûtante de Krister Linder. Mais là où Humphrey Bogart, Frank Sinatra ou Paul Newman levaient le voile sur les mœurs dissolues de la jet set désabusée de New York ou de Los Angeles, Fares Fares doit se colleter avec tous les trafics qui minent une ville où beaucoup de migrants tentent de survivre. Un œil acéré est aussi porté sur la petite minorité qui vit luxueusement aux dépends d'une misère ambiante largement entretenue. Face aux dangers multiples qui résultent de ce chaos organisé, Nourredine n'a que sa froide détermination et sa connaissance du milieu pour se frayer un chemin jusqu'aux cimes qui agissent en toute impunité à coups de bakchichs et d'exécutions sommaires. Si la lucidité dont fait preuve Tarik Saleh ne constitue pas le meilleur dépliant touristique pour un pays déjà en proie à la défiance de la clientèle européenne, elle contribue à travers un film de genre respectant tous les canons à éveiller les consciences.
Un bon polar qui prend son temps, sans fioritures, efficaces. Ici, pas de héros ni de fusillades toutes les 3mn, réaliste et précis. On reste toutefois sur sa faim pour le final, on aimerait en voir plus pour l'après. A voir ! 3.5/5 !!!
"Le Caire confidentiel" est un solide polar égyptien, qui montre les rouages politiques et policiers de l'Égypte juste avant la révolution qui fit tomber Mubarak. Ce contexte est important car il est celui du film, et même si l'on imagine que rien n'a changé, il montre le pouvoir de la corruption qui gangrène ce pays. Il y a donc un côté documentaire dans ce film, lié au réalisme de l'ensemble et à la justesse de l'interprétation. L'enquête quant à elle est passionnante et est prétexte à montrer au plus prêt le quotidien d'un inspecteur de police, qui va peu à peu changer et se rendre compte dans quel monde il vit.
Convaincu par les critiques dithyrambiques je suis satisfait d'avoir vu ce film même si je ne l'ai pas apprécié autant que prévu. L'aspect pédagogique et immersif est indéniable. La réalisation, les acteurs et l'image sont irréprochables. Mais tout cela repose sur un scénario qui n'est pas au diapason autour duquel le film brode, certes avec talent mais sans arriver pour ma part à me captiver. L'histoire semble secondaire et uniquement prétexte à dénoncer le système, la corruption et l'immoralité.
Un illustre inconnu réalise un polar haletant, juste et ancrée dans la réalité égyptienne d’un régime Moubarak pourri jusqu’à la moelle : Tarik Saleh. Au cœur d’un scénario bien mené, peu inspiré mais sans accroc majeur : un flic se retrouve entrainé dans une histoire de meurtre et de corruption qui le dépasse. Lui-même n’est pas blanc comme neige ; la société est complètement gangrénée par la corruption et on sent bien que le régime est à bout de souffle et prêt à s’effondrer. Et la force du film est bien là : montrer à travers un polar classique comment fonctionne une société faisandée. Et l’intérêt réside principalement dans cette radiographie sociétale. Saleh réussi où Mungiu peine à convaincre avec « Baccalauréat » voulant aussi dénoncer les dérives dans la société roumaine. Beau pamphlet sans manichéisme. Mon blog: tout-un-cinema.blogspot.fr
J’ai trouvé le film intéressant du début jusqu’à la fin. La réalisation est cohérente, assez sombre et soigner à la fois. Le casting général est intéressant avec en tête l’acteur principal. Ce film se situe lors d’un moment important de l’histoire récente et l’on ressent bien la tension assez présente tout au long du film.
Malgré son air de déjà vu et sans surprise ce film se laisse regarder , assez prenant , où l'on voit comment la corruption peu faire-faire beaucoup de chose dans les pays du moyens orient et comment l'Egypte se débrouillait au temps de Moubarak , et même si l'on se doute de l'issue finale voici un polar assez dur avec une découverte intéressante Farès Farès un acteur que l'on reverra certainement.
Un thriller mené sur fond de crise politique et de corruption des flics ripoux. Un mélange des genres croisé avec l'histoire récente de l'Égypte font de ce film un pamphlet contre le régime en place à l'époque. Un peu lent par moment, plus d'action n'aurait pas été de trop pour rythmer un peu plus l'ensemble. Les adeptes du genre apprécieront.
La société Égyptienne gangrenée par la corruption et l'injustice est le véritable sujet de ce polar, bien plus que l'assassinat d'une belle star par un politicien protégé, thème déjà abordé à maintes et maintes reprises. L'enquête de ce flic ripou (mais moins immoral que la moyenne) est plaisante à suivre mais ne le film ne mérite pas toutes les éloges qu'il a reçu.
Film de Tarik SALEH (2017). Le grand (et non des moindres) intérêt du film est ce sentiment d'immersion dans Le Caire autant que dans un pays grangrénné par la corruption . Bien mené et bien joué au plus près de la réalité . La fin du film en dit long sur la désespérance d'un pays dont la jeunesse et son peuple rêve de liberté et de justice. On passe par une multitude de sentiments envers tous les protagonistes du film .
J'ai été assez déçu par ce film. Je ne sais pas si c'est du au fait que j'ai trouvé que l'intrigue avait un air de déjà vu, ou la mise en scène était un peu cafouillée ou parce que Le Caire est une ville que je connais pas et j'ai eu du mal à me projeter. En tout cas, cela ne donne pas envie de visiter Le Caire. C'est sale, pollué et très corrompu. C'est d'ailleurs ce qui ressort le plus du film. On prend un flic qui enquête sur un meurtre, ce flic est lui-même corrompu et profite du système, il a un profil sombre, il vit seul puisque sa femme est morte et n'hésite pas à trainer la nuit. Pourtant il s'acharne sur son enquête et finalement il comprend que ce système ne peut pas durer. C'est d'ailleurs un parallèle avec la "révolution" de 2011 qui est décrite dans le film, notamment à la fin.
L'Egypte, terre de culture millénaire et pourtant ... pays dominé par une corruption érigée en système économique. Si l'on apprends rien de spécial avec ce film, on vit de l'intérieur un pays en proie à ses démons. Edifiant.
Tourné à Casablanca suite à l'arrêt du tournage au Caire par la Sûreté d'État égyptienne et inspiré d'une histoire ayant eu lieu à Dubaï, le film de Saleh n'a d'égyptien qu'une poignée de dates clés entourées de leur contexte révolutionnaire. Doit-on considérer que c'était par la force des choses ?
Le cinéma arabe est souvent social et ce film passe aisément pour un traître à cet égard. Le ton assez peu égyptien qu'il prend en traitant le thriller, ainsi que l'opportunisme dont il fait preuve en se basant sur un contexte réel presque bafoué par la fiction, ce sont des détails qui font poser la question de la place qu'occupe vraiment le film.
Mon petit esprit occidental a envie de louer le côté panarabique de la chose. Saleh profite en effet du divertissement pour montrer Le Caire sous toutes ses coutures. Bon, okay, Casablanca. C'est le spectateur qui commet une erreur lorsqu'il voit une vocation documentaire ou historique au film ; si Saleh en fait une, c'est d'abuser de l'ambiguïté.
Pour le reste, la ville est soignée : belle, sans fard, honnête même si ce n'est pas la bonne, elle accuse un récit policier qui incite presque subliminalement à la comprendre. Un colonel de police peut croire qu'Internet est sur Facebook et ignorer ce qu'est un like, mais faire partie malgré tout d'une mégalopole moderne qui, très schématiquement, ne manque que de liberté. Et ça, contrairement au thriller parfois pas excellemment dégrossi qu'il propose, c'est beau et divertissant à voir.
Le film n'est une traîtrise que si l'on considère le cinéma arabe social comme une nécessité absolue (ce qui est souvent le cas quand on pense aux régimes politiques du monde arabe), mais n'est-elle pas possible, en premier lieu, justement parce que ces films sociaux existent ? La croyance qu'on en a moins besoin en Europe ne tient-elle pas, similairement, à leur plus faible proportion chez nous ?
Je ne prétends pas avoir la réponse, mais Saleh a le mérite de poser la question. Il la pare même d'un point d'interrogation magnifique : la foule de manifestants qui, sur la dernière image, défile pour protester contre l'oppression, passe sans le savoir sous le portrait géant d'un député ayant commis un crime. Son crime, c'est l'objet du film. Mais ça, il fallait l'avoir vu pour le savoir.