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Un visiteur
4,5
Publiée le 21 mars 2019
Il faut sans doute aimer le style, et j'aime le style. Epuré. Des acteurs bien dans leur jeu. Des images à couper le souffle, chaque cadrage est une photo réussie… La difficulté Est-Ouest; l'amour "Mais qu'est-ce qu'on a fait?"; la musique et l'éducation sévère pour la musique et la danse; le côté campagne alors que le progrès est en marche, la musique, les images… J'ai vraiment apprécié le film. Comme dans Soleil Trompeur de Mikhalkov, il y a, bien sûr, l'histoire d'amour. Mais il y a tout ce qui est autour, tout ce qui est si lourd… "On va changer de place, la vue sera plus belle"… Et nous finissons par regarder le même paysage qu'eux.
Malgré sa beauté formelle, je n'avais pas du tout aimé Ida le précédent film du réalisateur couvert de prix (dont Oscar du film étranger). De nouveau une pluie de récompenses pour ce nouvel opus, de nouveau du noir et blanc et de nouveau la Pologne d'après guerre. Le miracle a eu lieu cette fois-ci. J'ai trouvé cela formidable. La mise en scène est somptueuse (prix à Cannes l'an passé), la photo encore plus sublime, l'époque tr!ès bien rendue. Sur le fond, j'ai cette fois été touché. Impossible de rester de marbre devant cette histoire d'amour déchirante ballotée sur près de vingt ans entre Varsovie et Paris, entre rideau de fer et liberté. Le couple au destin tragique est parfaitement interprété par Joanna Kulig (actrice européenne de l'année aux EFA) et Tomasz Kot. Ils nous rendent leurs personnages attachants, le duo fonctionne à merveille. Cédric Khan et Jeanne Balibar font de petites apparitions dans le volet parisien de l’histoire. Voilà donc sans doute l'un des plus beaux films de l'année dernière, une œuvre minimaliste parfaitement maitrisée sur tous les plans, une histoire aussi belle que mélancolique et poignante, sur fond de guerre froide. Puissant, émouvant, bouleversant.
Je ne l’avais pas vu et je viens enfin de le voir. « Cold War » de Paweł Pawlikowski. Quelle déception! Formaliste à l’extrême, dénué d’émotion, ce film encensé par la critique m’a laissé froid comme l’hiver. J’ai attendu vainement que ça prenne, mais désolé, d’un bout à l’autre les personnages restent creux et le scénario est d’une platitude inouïe. Il n’y a guère que la photographie qui trouve grâce à mes yeux, mais malheuresement cela ne suffit pas à donner de la chair et de la substance à une histoire d’amour totalement artificielle.
Un film d'un noir et blanc magnifique avec une réalisation très professionnelle pour honorer une histoire d'amour impossible mais qui dure pendant plus d'une décennie de 1950 à 1964 en pleine guerre froide entre l'Est et l'Ouest. La musique est omniprésente et tient de support à notre couple musicien et chanteuse qui n'en finiront pas de se déchirer pour mieux se retrouver dans un Paris enchanteur , en Yougoslavie ou en Pologne leur pays. Par contre le scénario a tendance à survoler ces différentes périodes ce qui peut nuire à l'attachement des personnages.
C'est un film formidable, en noir et blanc, une histoire d'amour comme on ne rêve même pas d'imaginer. Les images sont somptueuses, les acteurs sont crillants d'authencité, la musique énvoutante, le temps semblait trop court devant ces poignantes images.
Sur le plan formel, « Cold war » est un film magnifique : la très belle photo en noir et blanc, l’élégante mise en scène de Pavel Pawlikowki et le magnétisme des 2 acteurs principaux font de film une œuvre majeure de 2018. Sur le fond, on pourra trouver le scénario un peu trop sage : cette histoire d’amour contrariée sur 15 ans de guerre froide est un peu trop convenue, le film manque de scènes vraiment lyriques et il y a un besoin de toujours choisir la solution la pire pour chacun des personnages qui est à force un peu irritante.
immense film. comme on en voit hélas trop rarement. tout est fort, puissant. une histoire d'amour absolue, une mise en scène inspirée. L'actrice est magique.
Une grande histoire d'amour sur fond de la "grande" Histoire, la guerre froide constituant la toile de fond de ce drame qui s'étale, entre est et ouest, sur de très longues années. Le cinéaste pratique des ellipses narratives intelligentes pour ne conserver de la relation entre les amants que les moments forts et signifiants. Le noir et blanc, adapté à l'ambiance de l'époque relatée, est somptueux. La description des mécanismes de fonctionnement du communisme, et en particulier de l'utilisation qu'il fait de la culture populaire traditionnelle pour se l'approprier et se légitimer est édifiante. L'itinéraire de la chanson constituant le leitmotiv du film épouse celui de Zula, la jeune et magnifique chanteuse qui irradie le film, et c'est très émouvant. La confirmation, après "Ida", du talent de Pawel Pawlikowski. Ma palme d'or personnelle pour Cannes 2018, grâce aussi à la dernière scène, l'une des plus belles de l'histoire du cinéma.
Un pianiste-compositeur. Une chanteuse-danseuse. Entre la Pologne et la France, entre l'après-Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, une histoire d'amour impossible. Sur la forme : le noir et blanc est sublime ; la mise en scène toujours très classe, à la limite de la pose esthétisante, mais d'une élégance folle. Sur le fond : le mélodrame amoureux, en mode glamour froid, hyper maîtrisé, laisse peu percer l'émotion, tout en convaincant constamment de sa qualité.
J'avais relativement apprécié « Ida » du même Pawel Pawlikowski, tout en m'étant (quand même) légèrement ennuyé. Du coup, j'étais assez tenté par « Cold War », tout en ayant cette inquiétude... pas forcément justifiée. Vous écrire que je me suis passionné pour cette histoire pendant presque 90 minutes serait clairement exagéré. Mais j'ai vu du cinéma. Noir et blanc magnifique, belle histoire d'amour, regard subtil et complexe, duo d'acteurs excellent (notamment la vibrante Joanna Kulig)... Sans avoir des centaines de choses à écrire, j'ai apprécié le moment. Surtout, la musique est admirable, tout comme la manière dont est filmée les scènes de concerts : à vous donner parfois des frissons, à l'image d'un remarquable travail sonore. Alors je ne nie pas : par moments j'ai pu légèrement décrocher, certaines transitions entre les différentes années ne m'ayant notamment pas toujours paru évidentes. Ces quelques ellipses un peu « violentes » exceptées, voici une œuvre résolument personnelle, formellement saisissante et finalement plutôt intéressante à suivre, aussi bien par ses personnages que le contexte historico-politique l'accompagnant. J'ai aimé.
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2,0
Publiée le 21 janvier 2019
Le film s'ouvre par une superbe scène durant laquelle deux hommes chantent une chanson. Une scène simple, mais marquante par la profondeur du regard de ces hommes qui ne peut laisser indifférent. Ce qui suit est par contre beaucoup moins profond et pour le coup m'a laissé complètement indifférent. C'est le deuxième film de Pawel Pawlikowski que je regarde après "Ida" et c'est la deuxième fois que j'ai l'impression de passer complètement à côté du film, ce qui est vraiment frustrant surtout quand on voit toutes les critiques élogieuses au sujet du film. Cette histoire d'amour se déroulant à différents moments et à différents endroits dans un contexte politique délicat ne m'a pas transporté ni touché. Le background n'est pas développé tandis que le récit comprend pas mal d'ellipses ce qui donne l'impression de voir des petits moments pris ici et là, mais qui manquent de liant. C'est bien mis en scène et irréprochable sur le plan esthétique, mais ça manque de passion, de chaleur et d'émotion. Pour le coup, on peut dire que c'est froid... Joanna Kulig est convaincante, mais son duo avec Tomasz Kot ne fonctionne pas vraiment. Comme pour "Ida", c'est peut-être un film pas fait pour moi tout simplement. C'est un joli roman-photo, mais un film un peu léger qui ne dégage pas grand-chose malgré l'histoire et le contexte.
Beau film, un charme singulier se dégage surtout dans la première partie. L'intensité des commencement de la passion amoureuse, de la renaissance des ruine de la guerre et de la formation d'une troupe de musiciens et de danseurs qui puisent dans la tradition profonde du peuple polonais et du folklore la matière de leurs créations... La réalisation, le noir et blanc, les effets de lumière, les cadrages de certains passages des danses, sont d'une grande élégance et d'une intense efficacité. Le jeu des acteurs est excellent. Par la suite, à mesure que l'action progresse avec les vicissitudes et les revirements des amants en Occident et la vie parisienne, le récit se fait mince, la suggestion retombe, la tension émotionnelle s'étiole et, malgré le dénouement tragique, on reste sur sa faim.
Un pur chef d'oeuvre. Joanna Kulig et Thomasz Kot époustouflants de justesse et de vérité. La mise en scène la photo noir et blanc type studio Harcourt la beauté de la musique et des scènes de jazz comme de danses traditionnelles subliment cette magnifique histoire d'amour qui résistera non sans soubresauts à l'exil à l'oppression de la Pologne période communiste et au manque de reconnaissance de la France et de l'Occident. Dernière scène magistrale.