Après avoir beaucoup tourné aux États-Unis, Quentin Dupieux revient en France pour y livrer un hommage tout à fait personnel à tout un pan du cinéma français qui sent bon les années Belmondo et les dialogues de Michael Audiard. Le dispositif est simple : un commissariat de police, un interrogatoire, un face à face entre un commissaire et le témoin d'un meurtre. Avec évidemment une mécanique de l'absurde et du dynamitage du genre tout à fait particulière. Ici, un tic de langage contaminant les personnages. Là, une incursion étrange dans les souvenirs des autres. Dupieux, maître de ses effets, délivre ici une comédie aussi singulière que rythmée (court, "Au poste !" ne dure qu'1h13) avec en prime un sens du dialogue particulièrement soigné, délivré ici par des acteurs au diapason, que ce soit Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig ou Marc Fraize. La magie Dupieux c'est que tout le monde (jusqu'à Orelsan) semble se fondre à merveille dans son univers décalé. Sur la fin, comme souvent avec le cinéaste, le film tient moins la route et laisse évidemment un sentiment de frustration vu son dénouement. Il n'en demeure pas moins, à l'instar de "Un couteau dans le cœur", un souffle amplement bienvenu dans le cinéma français.
Quand on aborde l'absurde, la frontière est mince entre un délire brillant et le ridicule. Là, malgré les excellents acteurs, on est plutôt dans la 2ème catégorie. N'est pas Bertrand Blier qui veut.
quentin dupieux m ' était inconnu , je suis allé voir ce film pour benoît poelvoorde et merci à lui , car j ' ai vu un film farfelu , absurde et très drôle , poelvoorde y excelle et grégoire ludig tient la route en face de lui dans un dialogue bavard mais hilarant !
Du cinéma potache et pastiche... de Blier et Buñuel notamment. Le réalisateur n’innove en rien et étire en 73 minutes interminables un court métrage à l’esprit de Canal ou du pire café-théâtre des années 70. Lourd et vain.
J'adore la folie douce de Quentin Dupieux... et c'est sans doute pour cela que je suis sorti un peu déçu de ce film. On est loin de "Rubber". Malgré quelques fantaisies bienvenues, l'histoire est très classique. Le plaisir que l'on éprouve tient aux répliques et au jeu de Benoît Poelevoorde, Grégoire Ludig, Marc Fraize ou la méconnaissable mais hilarante Anaïs Demoustier mais peu à l'inattendu par lequel Quentin Dupieux a l'habitude surprendre, "c'est pour ça"...
trop absurde à mon goût ( le trop est l' ennemi du bien ! ) , du coup j' ai parfois décroché et m' y suis en partie ennuyée. à part ça, les acteurs jouaient très bien !
J'ai totalement adhéré à l'histoire, l'ambiance, l'interrogatoire. C'est hilarant par moments et cela nous emmène dans des chemins inattendus, en particulier la fin. A voir vraiment.
Je ne comprends pas l’engouement pour ce film. Je l’ai trouvé long, ennuyeux, pas drôle et je n’étais pas la seule : je n’ai entendu rire personne ds la salle. Faut dire qu’on était pas nombreux. Ceci dit les acteurs étaient parfaits.
En fait,on a été dérouté par « au poste » il me semble qu’on est plus dans l’absurde, l’insolite, voire l'inquiétant, que dans le «l'effet comique ». Comme chez Bertrand Blier, les situations comiques, dérapent souvent jusqu'au "malaise"; alors bien sûr, Poelvoorde est l'homme de la situation; superbe comédien parfois sous employé et qui peut jouer des personnages très ambigus: drôles,inquiétants et pourtant attendrissants!!! Qu'est-ce qui fait qu'après un début prometteur, j'ai eu le sentiment que le film "patinait"; et si ça venait de moi ?
J’avais aimé dans le même style: Buffet froid, très bien écrit et souvent poétique et encore « le bruit des glaçons » Là je n’ai pas « marché » et j’ai du mal à expliquer pourquoi…
Autant j'avais apprécié Réalité, autant je suis au final assez déçue par Au poste ! Toute la partie qui se passe dans le commissariat est réussie, tant au niveau des dialogues, des situations que du ping-pong entre les acteurs et de la mise en scène. Quand Dupieux aborde les flashs-back et forward à la fois ça commence à s'épuiser. Et la double fin n'est clairement pas à la hauteur du reste, certes imprévue mais sans consistance et semblant amenée là parce qu'il faut bien en sortir.
Attention, cet avis contient des spoilers tels que : spoiler: on a tous un cadavre dans un placard. C'est pour ça. Je retire ce que j'ai écrit précédemment. Un couteau dans le coeur ne sera pas la comédie de l'été. Budapest et Au poste sont des candidats plus sérieux au titre de bonne poilade. Au poste, Dupieux continue de questionner les codes du cinéma. Bon, rassurez-vous, on est dans la fantaisie, pas dans la prise de tête. Il délaisse l'étrangeté parfois glaçante de ses précédents films au profit d'une comédie assumée. Le film dure 1h13, il pourrait en durer le double, le triple avec le même bonheur car l'essentiel repose sur des situations absurdement dialoguées vécues par des personnages parfaitement joués.
"elle est là la nouvelle comédie française", "on sort de ce huis clos avec l'improbable impression d'avoir pris une très grande bouffée d'air frais", "Une irrésistible fantaisie policière", "Un film génial", "Une pépite absurde irrésistible", "L’auteur atteint des sommets d’humour franco-belge avec cette comédie", etc. Quand j'ai lu ces critiques de la presse après avoir vu le film je me suis demandé combien de billets ils avaient glissés dans les enveloppes ! Ce film ne correspond absolument pas à ce que vous venez de lire. Pour faire court je dirais qu'il est complètement nul. Nul au point que c'est la première fois de ma vie que j'ai envisagé, après avoir vu un film au cinéma, de repasser à la caisse pour exiger que l'on me rembourse mon billet ! A bon entendeur...
C'est une comédie policière courte, percutante et surtout très drôle. L'originalité tient aux situations, aux dialogues et surtout à la fin inattendue. A ne pas louper ce petit bijou !
Quention Dupieux est de retour et quitte la Californie qu’il aime tant, siège de tous ses précédents films, pour revenir dans sa contrée natale qu’est la France. S’il perd ici en originalité (en étrangeté ?), il gagne en concision et s’offre un casting de haute volée dotée e’une réalisation encore plus acérée. Comme toujours chez le cinéaste roi du non-sens et de l’absurde, il faut être prêt à voir quelque chose de différent, loin de toutes les comédies formatées auxquelles on peut être habitué. Et cela fait du bien de voir un film inclassable de temps en temps, « Au poste ! » prouvant que la comédie française peut sortir des sentiers battus et dérouter ; mais cela fait du bien ! Le quasi huis-clos ne dérange pas et c’est même lorsque le film quitte l’enceinte du commissariat dans les flashbacks qu’il est le moins performant.
« Au poste ! » a le mérite d’être extrêmement court ce qui est plutôt bon signe pour une comédie, ce genre accouchant d’œuvres souvent trop longues. De plus, il y a vrai don d’écriture et l’humour loufoque (donc qui passe ou qui casse selon les films et même les scènes) fait du bien car peu courant. Il n’y a qu’à voir les dialogues succulents et les répliques cousues main que les scénaristes et Dupieux lui-même nous ont concocté pour s’en convaincre. On ne rit pas vraiment à gorge déployée mais on s’en délecte. Quant à l’interprétation, Benoît Poelvoorde est encore une fois royal et on fait la découverte de Marc Fraize, inénarrable borgne accolé d’une réplique en forme de running gag qu’on n’oubliera pas de sitôt. Idem pour Anaïs Demoustier qui change de registre avec maestria laissant dévoiler un potentiel comique insoupçonné.
En revanche, fidèle à son œuvre Dupieux se sent obligé de finir son film d’une manière tout sauf consensuelle, d’ailleurs des indices sur la seconde partie montrent que ça va partir en vrille. Certains peuvent aimer mais c’est peut-être ce qui nuance la réussite du film, lui donnant un aspect méta qui va diviser. C’est sa marque de fabrique et « Au poste ! » est certes moins dans le non-sens que ses premiers films (« Rubber » pour n’en citer qu’un) mais, ici dans ce contexte, ça aurait été bien de faire l’impasse dessus. Néanmoins, certaines situations sont sacrément perchées et emportent notre adhésion par leur côté savoureux et toujours imprévisible (la scène de l’équerre, la fumée qui sort de Poelvoorde, …). En fait, on rit plus intérieurement de la folie ambiante que des situations elles-mêmes. A vous de reconstituer les pièces du puzzle à la fin ou alors de juste profiter d’un moment de cinéma différent et de ne pas chercher plus loin dans le cerveau du réalisateur. Pour apprécier au mieux le film, la seconde option prévaut.
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