L'Atelier
Note moyenne
3,4
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137 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 13 octobre 2017
Le film a une approche documentaire d'une jeunesse déboussolée face à un avenir incertain et presque un peu manichéen.
r0c-bribri
r0c-bribri

29 abonnés 818 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 octobre 2017
Le film vogue sur des rivages où le cinéma français va rarement, c'est à dire, sur la crise existentielle d'une jeunesse française sans tomber dans les travers psychologistes sur la crise d'ado. Par le regard et l'écriture d'un adolescent, c'est le vide et l'ennui qui prime sur le discours raciste et xénophobe. Au final, Laurent Cantet préfère insister sur le jeu entre Marina Foïs et le jeune acteur Mathieu Lucci -tous deux saisissants- pour instiller une dose sacrément romanesque dans un film qui s'éloigne brillamment du chemin attendu à un moment du récit didactique sur l’endoctrinement et la radicalisation ( ici l'autre versant). Si le propos commence à s'épuiser sur la dernière partie du film, il y a au moins quelques scènes fascinantes qui ne sont pas sans rappeller plus ombrement la réussite du film "Dans la cour" de François Ozon. Moins soucieux de réalisme que "Entre les murs", L'atelier prend peut être plus le large.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2017
Près de dix ans après sa Palme d’or, Laurent Cantet signe avec L’atelier un nouveau grand film sur la jeunesse. Coécrit avec le fidèle complice Robin Campillo et porté par des acteurs non-professionnels exceptionnels aux côtés d’une Marina Foïs au sommet de son art, le film enchante et porte une passinnante réflexion.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 octobre 2017
Laurent Cantet nous revient après quelques années d’absence derrière la caméra avec une œuvre originale où une écrivaine anime un atelier d’écriture destiné à la réinsertion des jeunes et où ceux-ci vont devoir écrire un roman. « L’Atelier » n’est parfois pas loin du documentaire lorsqu’il s’attache à filmer les joutes verbales entre cette auteure et les sept jeunes qui participent à cet atelier, un peu comme il le faisait avec une salle de classe et ses acteurs non professionnels dans « Entre les murs ». Ici, il aère néanmoins son film de scènes extérieures où on apprend à mieux connaître la romancière jouée par Marina Foïs et l’un des jeunes incarné par le prometteur Maxime Lucci. La relation entre provocation et fascination qui va se tisser entre eux va mâtiner le long-métrage de tension dramatique et d’une once de suspense. L’aspect romanesque intervient alors plus même si ce n’est pas forcément le plus intéressant ni le plus maîtrisé.

Par le biais des discussions entre ces jeunes nées de l’écriture du roman, Cantet entend se faire l’écho de la jeunesse de notre époque. Le roman noir qu’il doive écrire va faire éclore des sujets de débat sur notre société, des échange qui deviennent parfois houleux et cristallisent rancœurs identitaires, racisme, religion ou encore le rapport à la violence. C’est sur ce versant social qui constitue bien la moitié du film que l’on est conquis. Les dialogues sont passionnants et arbitrés par une Marina Foïs encore une fois excellente et ils auscultent parfaitement une certaine jeunesse française perdue, révoltée ou démissionnaire. Que l’on parle du terrorisme, de la notion de violence ou du meurtre c’est fait avec intelligence et assez de contrepoints pour chaque intervenant. Et de faire naître tout cela par le biais de la littérature est assez étonnant et réussi. Le metteur en scène parvient à rendre prenante une situation statique et étirée propre au documentaire avec brio.

En revanche, les scènes s’intéressant individuellement à Olivia et Antoine, ne sont pas toujours intéressantes, notamment au début. Comme si le cinéaste s’en désintéressait et ne nous les offrait que pour offrir de la matière destinée à comprendre ses personnages. Et cela casse le rythme du film à tel point que les séquences de l’atelier sont attendues avec impatience et ne paraissent jamais redondantes. Quand un rapprochement moral se fait entre les deux, leurs scènes en dehors de l’atelier prennent une tournure plus intéressante et intrigante. Mais une des situations nous semble outrée et nous rend quelque peu incrédules. Cependant, on aurait aimé plus de venin et voir les rapports entre ces deux là bousculer leurs convictions respectives. Il y a un goût d’inachevé et une certaine frustration qui s’empare de nous. On apprécie pourtant l’épilogue qui éclaire psychologiquement le personnage d’Antoine (et donc l’intrigue) sous un autre angle. « L’Atelier » n’en demeure pas moins sociologiquement intéressant mais parfois quelque peu bancal.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 octobre 2017
Le dernier film de Laurent Cantet se compose de deux parties distinctes.

La première retrouve les meilleurs côtés de Entre les murs : Cantet sait comme personne filmer les jeunes gens qui ne sont pas des acteurs, les faire interagir avec l'expérimentée Marina Fois, montrer leurs émois, leurs sentiments, leurs hésitations.

C'est très beau, et d'une intelligence d'écriture très convaincante. On suit avec beaucoup de plaisir l'initiation de ces jeunes aux joies de l'écriture. La dialectique des échanges est en soi un véritable plaisir gourmand.

Dans la deuxième partie du film, Cantet recentre l'action sur le personnage de l'écrivaine et celui d'Antoine, un jeune qui se laisse séduire par les thèses de l'extrême-droite. L'atelier vire alors doucement au thriller psychologique. Quelle est la nature exacte de la relation entre les deux personnages, un acte violent est-il à craindre ?

Cette deuxième partie m'a nettement moins convaincu que la première. J'ai trouvé que le scénario s'alourdissait de scories inutiles (un exemple : la visite de l'éditeur), que Cantet n'était pas très à l'aise dans les scènes de suspense et que le jeu Marina Fois s'ankylosait un peu.

Au final cependant l'impression est plutôt positive, et je conseille L'atelier pour sa sourde originalité.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 octobre 2017
Prenant le prétexte d’un atelier d’écritures destiné à de jeunes garçons et filles en insertion professionnelle, Laurent Cantet imagine avec habileté les affres de la création littéraire qui ne sont pas sans rejoindre ceux du septième art. Mais il le fait sans pontifier, bien au contraire, laissant entendre et voir une histoire dans laquelle le vieux port de La Ciotat retrouve sa superbe, et des élans de générosité dans une mise en scène qui quand elle penche parfois un peu trop sur le réalisme du documentaire s’arc boute à la bonne vieille technique du trompe l’œil. Quand on ne sait plus trop qui du roman ou du script façonne le scénario, l’héroïne rebat ainsi les cartes jusqu’à devenir un autre personnage désarçonné et baissant la garde devant un jeune homme qui la stupéfie. Marina Foïs, confirmation et Matthieu Lucci, révélation, n’étaient pas fait pour se rencontrer, mais le cinéma nous prouve joliment le contraire.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 octobre 2017
Nous ne sommes pas conviés à la visite du parc de la France en miniature, non, mais cela y ressemble. A La Ciotat, se trouvent réunis pour les besoins de ce film sept jeunes gens et une adulte qui, à eux seuls et en miniature, sont les représentants de ce qu’on appelle la France Black-Blanc-Beur. Les cinq garçons et les deux filles participent à un atelier d’écriture animé par Olivia (Marina Foïs), une écrivaine qui compte leur faire produire un ouvrage publiable.
Cet artifice donne cependant lieu à des scènes intéressantes. Écrire un roman, en imaginer le cadre, les intrigues et les rebondissements, ne va évidemment pas de soi quand on fait ce travail à plusieurs. Les débats occasionnés par ce projet font partie des moments forts du film. Chacun des membres de l’atelier se singularise, et l’on ne peut qu’être sensible à l’histoire ou aux histoires qui surgissent au cours des discussions. Quand une des deux filles évoque le passé des chantiers navals en faisant référence à son grand-père venu là d’Algérie pour y gagner sa vie, on ne peut qu’être touché. Les discussions sont parfois houleuses, mais jamais incongrues.
Ce qui convainc moins, à mon avis, c’est tout ce qui tourne autour de la relation ambiguë qui se noue entre Olivia et Antoine, le garçon le plus en retrait du groupe. Or cette relation occupe une grande partie du film. Antoine n’est pas seulement accro de jeux vidéos violents, il ne télécharge pas seulement les vidéos d’un sombre harangueur aux opinions d’extrême-droite, mais il fréquente un groupe de jeunes gens occupant leurs loisirs à des jeux plus que douteux. Olivia a beau découvrir petit à petit la vérité, elle n’en reste pas moins quelque peu fascinée par ce garçon, au point de chercher à l’utiliser pour un de ses livres. Le film s’oriente alors vers des scènes énigmatiques qui m’ont laissé perplexe.
J’espérais un beau film sur l’éveil et l’épanouissement des talents chez ceux qui en semblent dénués, mais ce sujet n’est traité que presque secondairement. Dommage. 7/10
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 octobre 2017
Un film juste, intelligent et percutant. On ne sort pas indifférent de la salle après la projection, qu’on ressente une once d’espoir ou une peur de ce que peut être et devenir la jeunesse. A voir absolument, si ce n’est pour la formidable performance de Marina Foïs et de Matthieu Lucci qui livre un premier rôle bien plus que prometteur pour la suite!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 octobre 2017
Ce film est tout simplement un petit bijou auquel on ne s'attend pas. Très peu de promotion pour ce petit film sans ambition et pourtant. Que de talents. Entre une Marina Foïs encore une fois au sommet et un jeune talent à suivre sans aucun doute, Matthieu Lucci, ce film nous entraîne dans les profondeurs de la Ciotat et de son chantier naval.

Cette romancière connue va donc participer à ce stage d'écriture avec des jeunes dits en "insertion". Mais c'est vraiment entre Antoine et Olivia que vont se cristalliser les émotions, les joutes et les réflexions. Car tout le groupe va rapidement s'opposer à Antoine, non tant pour ses idées mais pour la façon dont il les exprime. Ce dernier oscillera entre provocations et développements construits qui invalide la théorie première des autres membres du groupe qu'il n'est qu'une baltringue d'extrême-droite. Au contraire, comme Olivia va vite s'en rendre compte, Antoine est bien plus que ça. Ce qui va bien sûr autant la repousser que l’intriguer.

Le casting est vraiment porté par cette pépinière de jeunes talents, tous originaires de la Ciotat (les accents ne trompent d'ailleurs, ce qui nous vaux une belle remarque sur l'accent parisien de M.Foïs d'ailleurs). Foïs joue ainsi une parisienne habituée aux cercles mondains toute en sobriété, ce qui est assez dommage car on aurait pu insister sur l'opposition de leurs milieux. Pour le reste et c'est assez étonnant (dans le bon sens), les presque 2 heures passent sans qu'on le remarque bien qu'on passe de longues minutes à admirer le paysage.

Vu en avant-première, c'était vraiment un régal et je le conseille vivement.
Pauline_R
Pauline_R

194 abonnés 398 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 octobre 2017
Un film percutant et qui vise juste, dans la lignée des précédents films de Laurent Cantet. Si la première partie est un peu longue à se mettre en place, avec un léger manque de rythme, L'atelier monte progressivement en puissance, se fait plus incisif notamment instaurant un suspense de plus en plus oppressant. Cantet cherche à montrer un certain état de la jeunesse, prise entre un manque de repères, de reconnaissance et une peur en l'avenir. On pourrait trouver ça casse-gueule et prétentieux, voire caricatural, mais c'est finement amené, jamais dans le jugement ; on pourrait même dire que Cantet fait lune certaine auto-critique de sa propre classe sociale à travers le personnage superbement interprété par Marina Foïs, coupée de la réalité, n'ayant pas de véritables solutions pour au minimum instaurer un dialogue. Outre Marina Fois, le casting est aussi une des grandes qualités du film avec de jeunes comédiens non professionnels dont le naturel crève l'écran avec en premier lieu Matthieu Lucci, force brute, charisme surprenant et révélation du film.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 octobre 2017
Le making of de L'atelier sera sans doute un jour disponible et il méritera à coup sûr le détour. Car Laurent Cantet et son équipe ont certainement dû s'employer pour arriver à ce naturel épatant de ses comédiens amateurs qui font face à une Marina Foïs qui trouve ici l'un de ses premiers rôles. Le film est bavard, certes, dès lors qu'il s'attache à transcrire les dialogues d'un atelier d'écriture, mais n'ennuie jamais tant il nous montre avec finesse les mécanismes de groupe tout en ne négligeant pas les aspects psychologiques de chacun des personnages. Ces jeunes en difficultés scolaires habitent une ville au passé riche, La Ciotat, et ce double aspect permet au film d'acquérir une densité supplémentaire. Mais de film collectif, L'atelier devient assez vite le théâtre d'une relation complexe (attraction/rejet) entre l'enseignante qui est également romancière et l'un de ses élèves. Même si cette intrigue à l'importance grandissante n'est pas ce que l'on retiendra en priorité de L'atelier, parce qu'elle n'est pas loin d'être caricaturale et en tous cas assez schématique, cette couche de pure fiction vient enrichir un fond davantage documentaire qui n'est pas aride pour autant. Un film qui s'inscrit avec bonheur dans l'itinéraire d'un cinéaste au parcours passionnant, de L'emploi du temps à Retour à Ithaque.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 10 octobre 2017
Cousu de fil blanc du début à la fin, références malaisantes aux attentats du Bataclan... On y apprend que le danger qui guette la jeunesse française désoeuvrée c'est l'extrême droite et pas le djihadisme (mention spécial pour l'acteur qui joue une parodie de Alain Soral, ridicule). Bref on y croit pas. Au moins en URSS, les films de propagandes étaient des chef d'oeuvre... Reviens à la comédie Marina stp!!
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 octobre 2017
les apprentis écrivains de l’Atelier, notamment Antoine, m’ont glacé le sang. Ils sont pourtant criants de vérité, dans leur provocation à fleur de peau ou leur ennui qu’ils essaient de tuer. Marina Foïs, qui encadre le groupe, en aura des sueurs froides. Pas seulement parce qu’on lui reproche, en tant qu’écrivaine de polar, de choisir des « vieux » mots pour qualifier un parpaing, objet du crime littéraire. Faut dire que grenu plutôt que granuleux, ce n’est pas vraiment dans le vocabulaire courant.
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 434 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2017
Le film est d’une rare intelligence, comme toute l’oeuvre de son auteur (Entre les murs, Vers le Sud, L’Emploi du temps, Ressources humaines, etc.). Il a travaillé le scénario avec Robin Campillo, qui présentait en compétition officielle 120 battements par minute, sur l’action des militants d’Act up, film marquant qui a reçu le Grand prix du jury. Un groupe de jeunes de diverses origines se retrouve pour un atelier en plein été à la Ciotat, où Olivia, une écrivaine connue, leur propose d’écrire ensemble un roman. Les divergences apparaissent déjà lorsqu’il faut définir le lieu et le temps du récit : l’époque et le terrain du chantier naval disparu ou bien le port de plaisance. Antoine s’isole du groupe par des réflexions agressives et racistes. Il est fasciné par le virtuel, un jeu vidéo par lequel débute le film, un groupe menaçant qui véhicule des idées d’extrême droite… Sa confrontation avec Olivia et leur trouble réciproque fera le corps du film et se situe moins sur la langue que sur les idées. En fait, Antoine louvoie. Il s’ennuie. Il ne sait où trouver sa place dans un monde qui ne lui offre aucune perspective. Et ne trouve donc pas sa place non plus dans l’atelier. Et encore moins face à Olivia qui lui semble représenter « le système ». La violence n’est pas loin, comme un possible qui donne une tension au film, déjà renforcée par le scope qui intègre la lumière et l’espace des calanques. L’enjeu sera de la dépasser par un dialogue qui s’affirme avant tout comme une disposition d’esprit. (extrait du compte-rendu du festival de Cannes par Olivier Barlet sur le site d'Africultures)
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juin 2017
On ne présente plus Laurent Cantet qui nous avait déjà subjugué avec Entre les Murs ou Foxfire, confessions d’un gang de filles. Il revient en compétition Un Certain Regard 2017 avec son long-métrage le plus subtile entre noirceurs de l’extrémisme et découverte de son moi intérieur. Marina Foïs est une écrivaine parisienne. Elle vient animer un stage d’écriture pour des jeunes en fracture sociale dans une banlieue marseillaise. Les jeunes sont méfiants face à la bourgeoise. Pourtant au fur et à mesure des ateliers, la protagoniste va sonder les jeunes au travers de l’écriture d’un roman noir. La mise en scène place les jeunes au cœur de cette réflexion et l’actrice n’est alors que l’élément déclencheur d’ouverture ou de fermeture sociale face aux préjugés et aux amalgames. D’ailleurs, en creusant un peu, nous découvrons que l’un deux est embrigadé dans une politique de droite très extrême. Le sujet n’est donc plus celui du roman, mais bien de ce jeune solitaire, qui par l’influence de son entourage se voit penser différemment des autres adolescents de son groupe d’écriture. L’Atelier traite donc de la radicalisation, mais le fait avec une telle sérénité, que les mots sont plus forts que ce qui est montré. Marina Foïs nous délivre très certainement son rôle le plus pondéré et honorable de sa carrière. Les autres comédiens sont également remarquables. Un film fort et brillamment dirigé.
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