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4,0
Publiée le 22 novembre 2007
Le sujet de "Yi Yi" est la vie, une vie dont le cinèaste Edward Yang a voulu illustrer toute l'ètendue! En signant cette chronique dèlicate d'une famille à Taipei, la figure de la nouvelle vague taïwanaise èvoque avec poèsie et drôlerie les soucis, les espoirs et les doutes de chacun! Prix de la mise en scène au festival de Cannes en 2000, "Yi Yi" est une histoire simple comme son titre, qui parle à tous les hommes! C'est aussi l'oeuvre d'une vie puisque que Edward Yang nous a quittè des suites d'un cancer en 2007! il avait à peine 60 ans! Comme le dit le personnage de Fatty, l'humain vit trois fois plus depuis l'invention du cinèma! Qui peut rèsister à cela ? D''une èlègante beautè, ce film de près de trois heures est une parfaite rèussite parce qu'une fois plongè dans l'histoire, cette notion de temps n'a plus lieu d'être car ce n'est plus notre vie que nous vivons mais la leur! Les acteurs sont tous magnifiques...
A la première vision, le film m’a paru assez déroutant, surtout dans son démarrage. Ce n'était pas non plus le cinéma dont j'avais l'habitude : cette profusion de personnages par exemple que l'on a parfois, pour certains d’entre eux, du mal à différencier les uns des autres et dont on distingue mal les relations qui les lient. Puis, on est progressivement gagné par cette ambiance éthérée, ce réseau d’êtres, complexe et passionnant, à l’image de ces peintures urbaines magnifiques. J’ai été finalement conquis dès la première vision, et réellement surpris de l’être. Le film embrasse quelque chose de si singulier et de pourtant si proche qu'il est difficile quand on l'aime de décrire ou d'en expliquer les raisons. Peut-être parce que ce film évoque de manière surprenante une sensation de découverte permanente, tant le film ressemble à une exploration autant spatiale qu'humaine, en investissant ces espaces, pourtant exigus et d'apparence banale, mais qui sont tout autant de microcosmes. Yi-Yi est comme l’ébauche d’une carte étrange, traçant les carrefours entre les individus et le souvenir des chemins qui se sont séparés. On se laisse alors vite enrober par la douce nostalgie de l'ensemble, cette sérénité de ces personnages malgré les douleurs que l’on devine enfouies dessous, et cet ahurissant agencement d’une multitude de petits détails qui donnent au film cette impression de capter la vie. J'ai d’ailleurs beaucoup aimé cette vision de la vie, très cyclique, avec ces parallèles entre les générations, ses recommencements, ses échos dans l’éveil des sentiments. Et ce petit garçon, réellement touchant, moteur d’une légèreté infatigable tout au long des trois heures du métrage. Yi-Yi contient vraiment tout un monde.
C'est la première fois qu'un film me donne l'impression d'avoir été réalisé non par un homme, mais par un dieu. Il y a quelque chose de spirituel et de divin dans la perfection tranquille avec laquelle ce chef-d'oeuvre a été tourné. Si je n'ai pas d'éléments de comparaison avec d'autres films que j'ai vu et qui, tout superbes qu'ils soient, paraissaient avoir été nettement façonnés de la main d'un de nos semblables, on peut quand même remercier Edward Yang pour avoir initié (ou perpétré) un genre de cinéma qui se manifeste trop rarement dans nos salles. Appelez ça comme vous voudrez, cinéma divin, cinéma surhumain, quelque chose comme ça.
Yi Yi est un chef d'oeuvre qui parle du fil ténue de la vie, un fil fragile qui se rompt à chaque occasion manquée. Yang Yang, le petit garçon, est un héros sensationnel de vérité Il est le point d'orgue de la solitude et l'incommunicabilité qui baignent ce film, tel ce sublime dialogue avec son père dans le parking. La vieille dame dans le coma représente le pivot du film autour duquel les personnages gravitent (voir la scène onirique entre la jeune fille et la vieille dame). Yi Yi montre d'époustouflantes qualités de mise en scène (belles vues des buildings, les transparences, les ombres des personnages se projetant dans les vitres des immeubles.) Comme la lumière rouge pulsative dans les chambres, le film bat selon le rythme irrésistible de la vie.
Simplement: mon film préféré ! Magnifique métaphore de la vie, des petits grincements et des joies non partagées. En plus d'être extrêmement bien mis en scène, il nous fait ressentir des émotions dans une extrême jubilation.
"Je leur montre ce qu'ils ne peuvent voir". Telle serait l'une ou...l'autre des idées de Yi Yi. Un chef d'oeuvre de sobriété et d'intensité qui joue magnifiquement sur les vérités et les apparences. Ce qui pourrait faire penser à du plat ou du lisse révèle en réalité si grandes contradictions et béantes failles. Et ce, sans aucune lourdeur ni jugement. Dès les premiers instants, on est dans la famille. Et on est là comme l'un de ses membres à part entière à vivre (dans) leurs vies (la vie) et en même temps tel un spectateur observateur de la nôtre. Une vie, des vies si simples mais complètement miraculées. On regarde ces nombreuses histoires toutes emmêlées, entrelacées, alliées, fusionnées à la grande histoire. De nombreux thèmes sont abordés, éparpillés judicieusement l'air de rien ci et là. Tous les personnages jouent sur tous les tons en évoluant sur l'échelle de l'existence, suivant un axe sur lequel chacun tient son importance à commencer par le personnage qui aligne sur la totalité du film peut-être 2 ou 3 phrases et que l'on voit le moins (et le moins bouger) : la grand-mère, catalyseur qui baigne le film de toute sa présence au même titre d'ailleurs que les personnages principaux et secondaires. En réalité, personne n'est relégué au second plan. Edward Yang a réussi bien plus qu'un exercice de style et délivre bien plus qu'un message fort. Il parvient à nous transposer de l'autre côté de l'écran et à transposer le film de l'autre côté de la caméra, parvenant à faire comprendre, à nous comme à ses personnages, à la fois la banalité et le précieux de nos vies, ce qui ne tient qu'à nous de changer, ce qui est important, personnel et propre à chacun. Non, en fait, il ne montre pas, il nous laisse le vivre.
Yi-yi est un film magnifique. Comment ne pas être pris de sympathie pour ces personnages dont on partage la vie pendant ces 2h50... Des personnes réservées, mais qui renferment tellement de choses. Des choses de la vie : la vie d'un enfant, la vie d'une adolescente, la vie des adultes... tous réunis face à cette grand-mère, à qui on ne sait pas quoi dire tellement la vie est banale.
La claque cinématographique de Yi Yi, ce n'est pas seulement une claque esthétique, c'est aussi un formidable récit des vies urbaines, une douce tristesse qui infuse chaque plan. Un découpage savant de l'histoire. un rythme idéal. Et puis la beauté et le bonheur qui surgit là, au détour d'une phrase, d'une scène ou d'une rue.