Portrait d'une famille dont les membres vivent des événements formateurs, révélateurs, existentiels autour d'un drame qui les pousse à interroger leur réalité, leur existence, leurs choix, l'intrigue s'intéresse à trop de personnages, trop de situations, trop de thématiques pour les traiter convenablement. Sans doute, le jeu des comédiens entre théâtralité et minimalisme n'aide pas davantage que le rythme extrêmement ronronnant de la narration, ainsi on ne s'attache pas à ces esquisses de protagonistes (finalement assez stéréotypés dans leurs comportements ou questionnements - hormis le garçon), laissant l'émotionnel hors champ, à l'instar de nombre de dialogues - ce qui confère une certaine originalité à la mise en scène très sobre voire froide. En revanche, le montage se révèle assez habile, de même que les quelques séquences aux enjeux clairs (le karaoké, la piscine, le parallèle entre les deux couples). On comprend la critique d'un égocentrisme indifférent généralisé, d'un déni de réalité aussi douloureux que sa confrontation forcée, des sentiments fallacieux, du pouvoir de l'argent, de la vanité ou de la vacuité de notre condition mais il manque de la consistance, de la cohérence, de la chaleur. Trop ambitieux!