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Peter Franckson
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4,0
Publiée le 19 avril 2020
Le film débute en juin 1973 en Uruguay où le pays bascule dans la dictature militaire et s’accompagne de l’arrestation de 3 dirigeants (parmi 9) du groupe Tupamaros, mouvement d’opposition de gauche (créé dans les années 1960’) et qui doit son nom à Túpac Amaru, chef amérindien qui se révolta contre les Espagnols au XVIe s. Il s’agit de José Mujica (Antonio de LA TORRE) dit Pepe, Eleuterio Fernandez Huidibro, dit El Ñato et Mauricio Rosencof (Chino DARÍN, fils de l’acteur argentin Ricardo Darín). En 122 mn, le réalisateur réussit à résumer et synthétiser 12 ans d’emprisonnement [spoiler: les années civiles sont égrenées avec le nombre de jours de détention et illustrées par quelques informations d’actualité apportées par la radio : obtention en 1976 de 5 Oscar pour « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (1975) de Miloŝ Forman, présidence de Jimmy Carter aux Etats-Unis de 1977 à 1981 ] des 3 hommes dont les conditions de détention étaient inhumaines : spoiler: transferts fréquents avec menottes et sac sur la tête, interdiction de parler, cellules sans accès à la lumière solaire, sans lit, ni W-C, coups, simulacres d’exécution par étouffement, électrochocs, douches épisodiques, etc. ; le but ultime des militaires étaient de les détruire physiquement et moralement, de les rendre fous. Le réalisateur a su représenter leur état d’esprit (spoiler: basculement vers une psychose délirante pour Pepe, écriture de lettres pour des geôliers par Maurizio) et cite, en préambule, un extrait de la nouvelle de Franz Kafka (1883-1924), « La colonie pénitentiaire » (1914) . La première scène est particulièrement démonstrative : spoiler: des militaires viennent extraire des prisonniers, après les avoir roués de coups, pour les transférer en camions, la scène étant filmée par une caméra qui effectue une rotation de 360° à partir d’un point central de la prison et au son d’un air de tango. Les 3 hommes réussissent à communiquer entre eux en tapant sur les cloisons de leurs cellules, se considérant avant tout comme des camarades (« Compañeros ») et même à jouer aux échecs sur un damier virtuel. L’insertion de flash-backs racontant leurs arrestations permet de sortir de l’univers carcéral déshumanisé. Sans oublier la bande son avec la chanson « The sound of silence » (1964) de Paul Simon et Art Garfunkel, interprétée par la chanteuse catalane, Sílvia Pérez Cruz. spoiler: Suite à un référendum en 1980 où le refus d’entériner la dictature est majoritaire, les prisonniers politiques sont libérés en 1985, au bout de 4 323 jours pour 3 hommes et dont les retrouvailles avec leurs familles (femmes et enfants pour Maurizio et Eleuterio, mère pour José) sont émouvantes. A la fin du film, on apprend qu’Euleterio est devenu sénateur jusqu’à sa mort en 2016 à 74 ans, Maurizio a continué d’écrire (le film est d’ailleurs adapté de son récit de captivité) et Pepe, après avoir été sénateur, ministre de l’agriculture (2005-2008), est devenu président de la République d’Uruguay à 75 ans, entre 2010 et 2015. Une réussite, tant d’un point de vue cinématographique [le film est dans la lignée de ceux de Costa-Gavras, tels « L’aveu » (1970) ou « Etat de siège » (1973) qui raconte l’enlèvement d’un agent de la C.I.A. par les Tupamaros] qu’historique car la dictature uruguayenne est beaucoup moins connue en Europe que celles, à la même époque, du Chili (1973-1988), d’Argentine (1976-1983) et du Brésil (1964-1985) qui avaient, eux aussi, leurs « escadrons de la mort » pour éliminer les opposants politiques, dans le cadre du plan Condor, avec le soutien tacite des Etats-Unis.
Companeros (Camarades) raconte la détention de trois prisonniers politiques sous la dictature en Uruguay. Le film est très dur, relatant à merveille les tortures physiques et mentales subies par ces trois hommes, souvent au bord de la rupture. Les acteurs sont formidables, tant ils sont crédibles dans cet enfermement inhumain où ils trouvent quand même la force de résister et parfois de tisser un lien avec leurs geôliers. Un très bel exemple de courage et des moments de grâce dans cette œuvre instructive sur une période sombre du pays. 12 années de résilience salvatrice pour ceux qui vont devenir des figures importantes du pays.
Le film traite des conditions de detentions de trois "rebelles" qui ont un jour decider de renverser le gouvernement en place et ont par consequence été placé en prison. Le film est bien tourné, on a l impression de vivre leurs conditions de détention cependant je n ai pas aimé que le film soit centré uniquement sur cet aspect. C est dommage on passe pas assez de temps sur l avant ou l apres prison ni même la situation politique de l'Uruguay ...
Le matériau est des plus intéressants : la dénonciation de la dictature militaire en Uruguay au pouvoir entre 1973 et 1985, les horribles conditions de détention des opposants au régime, le fascinant destin de Pepe Mujica. Il faut reconnaître au film sa volonté dénonciatrice. Malheureusement la forme n’est pas au rendez-vous et nuit gravement au propos. On assiste à des scènes répétitives de brimades et de changements de lieux d’incarcération, agrémentées de quelques morceaux de bravoure, de flash-backs au ralenti convenus, le tout souligné d’une musique envahissante et inadaptée. Les dimensions humaines sont superficielles, l’émotion et la réflexion politique absentes. Dommage. Remarque : Les distributeurs Français ont réussi la performance de ne pas traduire le titre original très pertinent en Français, (Une nuit de 12 ans), mais de le remplacer par un autre titre en Espagnol !
Excellent. Historique et sensoriel malgré un pitch qui pourrait faire fuir. J'ai personnellement découvert la partie uruguayenne du plan condor visant à fasciciser l'amérique latine en rempart du communisme dans les années 70
Parce qu'il s'agit d'une histoire vraie, on s'accroche à l'histoire mais globalement, ce film souffre de longueurs assez pénibles. Mais en même temps, comment pouvait-il en être autrement d'un film retraçant les 12 années d'enfermement de ces 3 opposants politiques ?
Un grand film émouvant et juste qui revient sur la très longue nuit de 12 ans dans laquelle ont été enfermés dans des petites caves insalubres et dans le plus complet dénuement plusieurs opposants à la dictature sans procès et dans le but de les rendre fous
Difficile mais Magnifique Film sur cette période noire de l'Uruguay. 3 Acteurs formidables pour accentuer le propos d'une réalisation vraiment nickel-chrome. Juste Superbe !
Certes Companeros n'est pas un "feel good movie" loin de là, mais ce n'est pas une raison pour ne pas avoir conservé le titre original "la nuit de douze ans" beaucoup plus explicite. Ce film urugayen décrit les affres subis pendant douze ans d'enfermement par trois activistes d'extrême gauche du groupe Tupamaros. La junte militaire au pouvoir en Uruguay dans les années 70/80 entend les briser, pour, on suppose, les conduire au suicide; elle ne parviendra pas à ses fins. Le film se réfère explicitement à Kafka pour relater cette terrible histoire, avec tout ce qu'elle comporte de situations absurdes. On pense bien sûr à Midnight express, en plus "intellectuel". Le film peut être considéré comme une ode au courage et à la résistance des hommes face à la barbarie. Il fallait bien deux heures pour montrer cela; elles ne m'ont pas paru longues. En prime une déchirante version (dans le contexte) du Sound of silence de Simon et Garfunkel, interprétée par Silvia Perez Cruz qui joue dans le film. Hautement recommandé.
Si il est intéressant d'apprendre comment les figures politiques contemporaines de l'Uruguay ont survécu à la dictature, et si la performance d'acteurs est incontestable, ce film sobre, parfois longuet, comme l'attente de ses héros, manque pour moi de panache dans sa mise en scène.
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5,0
Publiée le 20 juillet 2020
Compañeros (La noche de 12 años) est un film historique dans lequel nous sommes en Uruguay en 1973. Le pays est régi par une dictature militaire et nous suivons trois prisonniers Tupamaros. Après une période de prison ils sont sortis de leurs cellules de prison dans le cadre d'une opération militaire secrète. Cette opération militaire secrète est très simple et très précise car ils ne peuvent pas les tuer. Les trois prisonniers resteront en prison et surtout en isolement cellulaire pendant douze ans. J'ai beaucoup aimé ce film parce qu'il est basé sur de vrais événements et parce qu'il présente le grand combat de ces trois hommes pendant douze ans. Ce film montre également le vrai visage de la dictature militaire et ce qu'elle est capable de faire si personne ne riposte et la laisse agir librement. En conclusion je dois dire que Compañeros est un film étonnant avec une intrigue intéressante et une mise en scène exceptionnelle. Un excellent film à regarder avec beaucoup de moments de réflexion. Compañeros est un film très significatif et réaliste sur la patience, la lutte et l'espoir...
La plongée dans cette Uruguay sous dictature est particulièrement prenante. On sort de ce film avec l’esprit chamboulé. La divergence des avis politiques est-il suffisamment justifié pour permettre ce traitement des etres humains ? Au final, c’est un film humanisant, qui nous rappelle ce passé dictatorial et qui nous amène à réfléchir sur l’avenir du monde que nous menons...
Film très dur tiré de faits réels sur les tortures physiques et surtout morales de 3 hommes qui se sont opposés à la dictature (l'un d'eux) est devenu Président d'Uruguay. On est captivés du début à la fin et surtout choqués par les pires sévices moraux que ces hommes ont subis.