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Un visiteur
5,0
Publiée le 11 février 2018
Certainement la plus belle adaptation d'une oeuvre de Duras. Loin d'aplatir l'oeuvre, phénomène qui arrive souvent dans les adaptations, le réalisateur la transcende totalement, nous fait entrer au cœur de cette douleur qu'il magnifie avec de très belles images et une interprétation à la hauteur du challenge. On sort de la salle bouleversé avec l'envie très forte de se replonger dans l'oeuvre de Duras. Une réussite totale. Bravo !
La douleur ! Ce titre est particulièrement bien choisi car il résume celle que doivent supporter les spectateurs tout au long du film. Des dialogues rehaussés d'une musique insupportable, des gros plans saccadés et des flous agaçants. Un Benjamin Biolay plus vrai que nature et fidèle à ses chansons, c'est à dire transparent. Une Mélanie Thierry assez terne mais par contre un Benoît Magimel intéressant dans un rôle ambigu et que l'on arrive à trouver sympathique malgré son idéologie. Si la première partie du film qui comporte un peu d'action, est la moins pire bien que pas assez travaillée et creusée notamment concernant les rapports entre Marguerite et Dyonis, la seconde (celle où Marguerite espère...ou pas, le retour de son mari) nous oblige à lutter pour éviter l'endormissement. Ce n'est en fait qu'un long monologue et donc une simple lecture du roman. A ce moment c'est nous qui souhaitons vivement le retour du mari pour qu'enfin, le film se termine. Et quand le mot fin apparaît on se dit "tout çà pour çà". Ah! J'oubliais, pour passez le temps on peu s'amuser à compter le nombre de cigarettes fumées pendant le film (c'était probablement pour compenser les non-dits ou la faiblesse des dialogues).
Certes, cette femme souffre de la deportation de son mari. Mais cette douleur n'est plus un sentiment mais la cause de l'étrangeté à elle Meme. Le roman de marguerite duras devient très long à travers ce film...
Un peu trop de formalisme, à mon goût, dans ce film émouvant adapté d'un récit autobiographique de Duras. Mélanie Thierry, remarquable de sensibilité, retient l'intérêt du spectateur de bout en bout, jusqu'aux vingt dernières minutes saisissantes, qui captent magnifiquement le retour d'un homme que plus personne n'attend vraiment. Outre l'actrice principale, il faut signaler l'interprétation parfaite de Magimel.
Long, long, beaucoup trop long. Un film extrêmement léché sur le plan de l'image et surtout du son, irréprochable. Mais qui malheureusement, après un première demi-heure savamment construite, s'enlise, s’éternise... On parle bien de l'attente et de la douleur d'une femme,certes, mais fallait-il faire attendre le téléspectateur jusqu’à l’ennui? Pour reprendre une critique de l'Express dans laquelle je me retrouve totalement: au début, c'est beau. Singulièrement beau. Et puis ça devient répétitif. Lourdement.
Une douleur... Survendue par la presse professionnelle, ce film a ete un calvaire : longueur, acteurs qui fument sans cesse, voix off permanente, musique stressante qu on a entendu 10 000 fois. Et puis acteurs qui n articulent pas, plusieurs fois nous n avons pas compris. Le seul point positif : le tres bon jeu de l actrice principale.
Une punition... Et une punition qui dure (pour ceux qui auront le courage de boire la coupe jusqu'à la lie) plus de deux heures. Une musique acide qui vrille les tympans, une confusion permanente entre plusieurs époques, ûn mélange entre rêve et réalité... Bref une sacré douleur effectivement !
D'un côté je me suis royalement embêté (j'y reviendrai plus tard), de l'autre il me faut reconnaître qu'il y a ici un véritable projet de cinéma qui rend le film, si ce n'est aimable, du moins respectable.
Dès le premier plan, la caméra s'égare, flotte, film vaguement le ciel de Paris et une tasse à café et la nuque de Mélanie Thierry, pendant que les phrases inimitables de Duras flottent dans l'air comme des bribes évanescentes. Pour le coup, la mise en scène est à l'unisson du texte durassien : vaguement quelconque, peu empathique, désespérément anti-narratif.
On voit bien le projet de Finkiel, qui est de donner une traduction visuelle du livre, sans s'illustrer littéralement, et c'est assez réussi de ce point de vue. Le souci, c'est que les états d'âme de Mélanie Thierry m'ont laissé complètement indifférent. Pire que cela, je n'ai pas compris ses évolutions : pourquoi s'entiche-t-elle du personnage joué par Benoît Magimel ? Pourquoi vouvoie-t-elle et tutoie-t-elle alternativement Dionys ? Quelle est la nature de sa douleur ? Tout ses auto-apitoiement verbeux et souvent abscons ("Mes pieds marchent" "Ma voix se tait") m'ont énervé : je me rends compte que le problème que j'éprouve vis à vis du film (en plus d'un certain formalisme corseté), c'est que je n'aime aucun de ses personnages.
La douleur confirme également un fait déjà constaté : Benjamin Biolay est bien le pire acteur sévissant aujourd'hui dans le cinéma français. Sa variété d'expression est d'une pauvreté sans nom, et se limite à l'expression bornée, dégingandée et lippue qui semble consubstantielle à sa façon d'être (et je ne parle même pas de sa mèche de cheveux toujours aussi artistement disposée). Il a le charisme d'une éponge en fin de vie.
A vous de voir en fonction de votre appétence pour Duras. Si vous aimez (et comprenez) des phrases, comme celle-ci, allez-y : "Ainsi seconde après seconde la vie nous quitte nous aussi, toutes les chances se perdent, et aussi bien la vie nous revient, toutes les chances se retrouvent."
Film lent, monotone, ennuyeux, remplis de flous (pas artistiques), de grincements de violon, de personnages sans cesse en train de fumer et cette voix off omniprésente. 2 h à subir les états d'âme d'une femme qui attend le retour de son mari... Je suis partie 1/2 h avant la fin du film car je m'ennuyais à mourir, avec le sentiment d'avoir perdu mon temps et mon argent...
Nouveau film pour Emmanuel Finkiel après l’excellent Je ne suis pas un salaud (2016). Je n’ai jamais lu Marguerite Duras, ni vu aucun de ses films (juste l’adaptation de Jean-Jacques Annaud de L’amant). En lisant le synopsis et en voyant la bande-annonce, on s’attend à quelque chose de pompeux et/ou ennuyeux, voir de très austère. Austère, cela l’est assez. C’est également très bavard et forcement très littéraire. Les premières minutes me laissaient présager le pire. Et puis cette voix-off. Contre toute attente et sans que l’on s’en aperçoive vraiment, on est pris par le récit, par l’ambiance si particulière, par cette histoire passionnelle et personnelle pris dans la tourmente de la grande Histoire. La mise en scène est splendide, le scénario minutieux. La direction artistique toute aussi élégante. Et que dire de l’interprétation ! Mélanie Thierry trouve là son meilleur rôle. Elle est formidable, aussi attachante qu’émouvante en Marguerite Duras. La première grande prestation féminine de l’année. A ses côtés, Benjamin Biolay et Benoît Magimel assurent également. Même le sur-estimé Grégoire Leprince-Ringuet dans le rôle de François Mitterand s’en sort bien. Je n’attendais pas grand-chose au départ mais au final voilà la première excellente surprise française de l’année. Après, La douleur est un film « qui se mérite », je comprends que cela puisse rebuter. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé, à la limite de la fascination...Fort, intelligent, poignant, splendide.
Sûr qu'il faut aimer Duras. Mais ce film rend hommage à son écriture en noir et blanc. Dommage que la promotion soit faite sur la première partie du film, dont en réalité, on aurait très bien pu se passer, de même que cette vraie-fausse intrigue amoureuse sans aucun apport.
Je pense que le réalisateur n' a pas su tirer parti du roman de Duras, tâche difficile il faut l'admettre! Les acteurs sont bons, mais j'ai trouvé le film très ennuyeux et peu ressenti l'émotion qui aurait du être traitée de façon bien plus profonde. Dommage pour la narration d'un si poignant évènement qui méritait mieux.
Emmanuel Finkiel nous propose un drame avec un grand D : on peut dire qu'on la prend en pleine face la douleur de Marguerite Duras. C’est Mélanie Thierry qui interprète la célèbre romancière et elle est de tous les plans, fascinante d'expressivité, vraiment parfaite pour incarner cette femme génialement insupportable et égocentrique à souhait. Mais Mélanie Thierry est aussi à la narration, en voix-off, à nous rabâcher la magnifique œuvre avec un ton sinistre. Il ne reste pas beaucoup de places pour les autres personnages : on ne voit Benoit Magimel qu'un temps malheureusement et Benjamin Biolay se contente d'apparitions trop secondaires. Rajoutons à cela une ambiance sonore exagérément désagréable, à base de divers instruments à cordes bien grinçant, qui nous agresse les tympans en permanence. Le tableau dressé ci-dessus n'est pas bien rose, il y a pourtant deux très belles choses à retenir du long-métrage d'Emmanuel Finkiel. Tout d'abord la qualité de la mise en scène et de la photographie du film. Quelques plans sont sublimes avec des fondus sur les corps et des flous d'arrière-plan assez divin. Le film baigne donc dans une ambiance mystérieuse qui isole un peu la narratrice du monde extérieur. C'est ce parti pris là et d'autres assez radicaux du réalisateur sur quoi montrer et ne pas montrer de la souffrance, de l'absence et des corps martyrisés qui, au final, donne tout son sens à La Douleur.