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Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2017
Depardon commettait il y a plusieurs années "Urgences" qui se passait dans une institution psychiatrique et "Flagrants délits" qui regardait la justice quotidienne, dans ce qu'elle a de plus banalement tragique. Le photographe récidive quelques trente ans plus tard mais dans un contexte législatif nouveau, celui où les juges de la détention doivent se positionner sur les maintiens ou pas des personnes enfermées à leurs dépends à l'hôpital. Depardon est un auteur qui aime l'humanité. On se demande d'ailleurs comment sa caméra se faufile discrètement à travers les couloirs sinistres des cliniques psychiatriques, sans qu'elle n'interrompe la ronde mélancolique des malades. Les murs sont nus, et heureusement, la musique vient prendre la place qu'elle mérite, sortant soudain le film de sa torpeur dramatique. Il y a des juges, sérieux, qui écoutent, reconnaissent entre les lignes que leur rôle est très limité face aux diagnostics médicaux, et il y a les patients, dont la souffrance transperce l'écran. On se demande tout le film s'il s'agit d'une œuvre cinématographique ou tout simplement d'un documentaire pour la télévision. En réalité, "12 jours" raconte un état de nos sociétés contemporaines. La poésie du quotidien habite ce récit digne, jamais voyeur, d'une humanité démolie par la pathologie mentale. Les avocats croient sans persuasion à leur fonction. Et la justice essaye de se faire, dans un monde qui échappe à toute rationalité.
Marcel D
Marcel D

113 abonnés 212 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 décembre 2017
Un documentaire quasiment brut, en champ/contre champ (qui m'a rappelé la scène d'ouverture du très bon Good Time sorti cette année). Si dans "Les Habitants", Depardon nous proposait des transitions "on the road" sur les routes de France, ici c'est une poésie très géométrique, parfois aux ralentis angoissants, avec une petite parenthèse "Nuit de folie" et des images de fin bien choisies. On sent l'oeil du photographe, celui qui veut montrer ceux que l'on ne montre pas souvent.
papalou
papalou

18 abonnés 225 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 décembre 2017
Dispositif de Depardon est très efficace. Plan fixe et aucun commentaire. Juste l'échange entre le juge l'avocat et le patient.
La contextualisation de ce documentaire par une mise en image des lieux d'internements reste cependant long et même si elle est importante pour créer des pauses, entre ces différents échanges extrêmement pesant par moment .
J'ai été particulièrement intéressé par l'empathie des juges sur les situations des patients. Certains ont une très grande humanité dans leurs échanges et tiennent compte de l'être humain - même si celui ci n'est pas en capacité de bien comprendre leurs propres situation et la manifestation de leur inconscient - qui se trouve en face sans pour autant sombrer dans une indulgence compassionnelle. D'autres n'accordent aucune trace humanisme à l'être en face de lui.... Glaçant et horrible.
Sandrine A.
Sandrine A.

6 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 décembre 2017
Appuyer sur pause, laisser respirer l'âme, puis observer et écouter pour entrevoir ce que l'humanité a de cabossé ou d'irrémédiablement cassé. Un voyage nécessaire et intelligent, merci au tandem Depardon/Nogaret !
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 4 décembre 2017
Plus qu'un film, un documentaire se doit d'avoir une raison d'être. Raymond Depardon, grand parmi les grands du cinéma français et photographe de renom, a choisi, avec "12 jours", de filmer les courts entretiens entre les juges des libertés et les différents patients hospitalisés sous contrainte suite à des manifestations plus ou moins violentes de troubles psychiatriques.
Ce qui dérange, tout d'abord, c'est que dans un tel contexte, on s'attend tout de même à une certaine prise de position de la part du cinéaste français, Seulement voilà, les agents de l'Etat qui défilent devant nos yeux, se révèlent vite, de par l'uniformité des réponses qu'ils apportent aux gens en souffrance qui leur font face, de simples coquilles vides. D'ailleurs, l'un d'entre eux, d'un ton cynique certes mais tout de même, le dis très bien, ils ne servent à rien. Alors quel intérêt de filmer une personne en détresse qui semble s'adresser à un mur tantôt souriant, tantôt moqueur, tantôt grave voir inquiet mais jamais investi ni réellement empathique? On frôle le voyeurisme mais heureusement, le talent de Depardon pour capter de belles images sauve un tant soit peu l'entreprise.
La galerie de personnages , à la fois pris dans les rouages de leur propre esprit mais aussi dans ceux, tout aussi maladifs, des institutions (à l'image de ces longs travellings dans les couloirs froids et peu accueillants de l'hôpital psychiatrique), suffit à elle seule de rendre l'oeuvre intéressante. On se retrouve très vite suspendu au bout des lèvres de chacune de ces personnes, tentant vainement de justifier leur mal-être et les actes, parfois terribles, qui en ont découlé. On est parfois aussi effrayé par le monde imaginé par certains d'entre eux où il est, d'un côté impossible d'écouter le juge à cause des voix dans la tête et, où, de l'autre, un père assassiné devient béatifié aux yeux d'un fils bourreau qui se voit visionnaire et créateur d'un nouveau courant politique. Malheureusement, la caméra de Depardon n'est là que pour capter leur détresse et même si on se prend à se questionner sur la décision que l'on prendrait à la place du juge, on se rend vite compte que l'on est bien trop humain pour faire ce genre de choix et que humain, le système tend à ne plus l'être. Des choix comme approuvés par une caméra qui capte de belles images mais qui n'a pas vocation à faire évoluer les choses ni devenir un intermédiaire pour transmettre des idées. Incroyablement figé, le film de Depardon manque cruellement d'humanité.
Min S
Min S

68 abonnés 473 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 décembre 2017
Un film sur des patients en hp, je suis assez déçue, je croyais que ça allez être une dénonciation mais en fait rien à voir, ils montrent juste des cas dont les patients sont incapables de se gérer eux mêmes et comme la loi prend le relais... très propre tt ca, apparement ils ont galèré pour avoir l’autorisation à le faire donc ça se explique.... ça sert d’information mais vous ne ratez rien de relevant !
kermalec
kermalec

10 abonnés 71 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2017
Raymond Depardon nous offre une opportunité unique d'assister à des témoignages à la fois simples et complexes, imprégnés de la misère humaine la plus authentique qui soit. Il nous met face à une réalité de notre société, souvent tout à fait séparée du quotidien de la majorité d'entre nous, vivant dans la "norme", à tort ou à raison. Glaçant.
Au.
Au.

2 abonnés 3 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 décembre 2017
Intéressant, malheureusement les spectateurs de la salle n'ont pas compris le desarroi et la détresse des patients, au point de trouver certaines scènes drôles à plusieurs reprises alors qu'elles relatent le malheur et le désespoir.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2017
Comme dans d'autres de ses documentaires, Depardon filme frontalement, sans juger, d'autres personnes, qui, elles, le sont, ou plutôt dont l'état mental est apprécié en vue d'une remise en liberté éventuelle.
On reconnaît là tout l'art du cinéaste à observer, sans voyeurisme, avec discrétion, une part de la vie de ces hommes et femmes que la détresse ou la folie a mené à l'hôpital, que tous aspirent à quitter définitivement.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 décembre 2017
Un très grand film. Depardon écoute, observe, filme les regards avec délicatesse, et nous livre une grande leçon d'humanité.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 décembre 2017
Meilleur film de Raymond Depardon depuis l'ultime segment de Profils paysans, 12 jours marque par la force de son humanité qui s'insinue progressivement le long de sa vision. Court (1h26), mais dense en témoignages fascinants qui en disent long sur la misère humaine et la variété des troubles psychiatriques, ce film évite les pièges du cliché des hôpitaux psychiatriques en ne montrant au final que quelques figurants lors des audiences et en faisant s'affronter la faiblesse de l'homme via ses malades avec les institutions judiciaires dont les juges sont les représentants, droits et emphatiques. Ressortent aussi de ces entretiens des moments d'humours et d'espoirs même si, in fine, spoiler: personne ne sortira de ce lieu.
Les lieux sont filmés au moyen de longs plans séquences ou de longs et lents travelling. L'effet insiste plus sur la solitude qui nimbe les couloirs déserts hormis quelques malades mentaux dont les pas lents et incertains rappellent les morts vivants des films d'horreur. La musique d'Alexandre Desplats, d'une grande pudeur et de délicatesse, apporte un surcroît de plénitude au cadre. Une rare intéraction est présente lors d'une des plus belles scènes où une malade remercie le cinéaste du café. Depardon aborde ici d'une façon tout à fait différente le problème de la psychiatrie par rapport à Urgence. il apporte aussi une forme d'ironie comme en témoignent les interventions redondantes et impuissantes des avocats des internés. Le malade mental reste toujours seul, prisonnier de ses délires, sinon des liens attachés à son lit..
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 décembre 2017
C'est un documentaire vraiment remarquable.
Il nous est présenté plusieurs personnes différentes, souffrant d'un burn-out, de schizo­phrénie etc...
Ce sont plusieurs patients, hospitalisés sans leur consentement, en psychiatrie.
Douze jours : en vertu d’une loi de septembre 2013, c’est le délai maximal au terme duquel les patients sont présentés devant un juge des libertés et de la détention qui doit décider de prolonger ou non l’hospitalisation. Ce sont ces audiences, dans un bureau ordinaire, que Raymond Depardon a filmées, à l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Lyon.
Les juges posant de bonnes questions, essayant d’évaluer, en s’appuyant sur le rapport du psychiatre, si la liberté est envisagea­ble. Les patients, dont beaucoup veulent sortir, paraissent un peu hébétés par les médicaments. Mais ce qui leur reste de force saisit. A travers leurs délires, plaintes ou sarcasmes, transparaît une forme de lucidité aussi terrible qu’extra­ordinaire. Leurs propos nous touchent car ils sont le reflet évident des maux de notre société. Et de nos vulnérabilités.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 décembre 2017
Depuis 2013, toute personne placée contre son gré en hôpital psychiatrique, doit être entendue par un juge des libertés dans les douze jours. Compte tenu des éléments fournis par les psychiatres et les services sociaux, le magistrat doit alors décider s’il y a lieu ou non de maintenir l’hospitalisation. Parmi 72 entretiens filmés à l’hôpital Vinatier de Lyon, Raymond Depardon en a conservé une dizaine. Des moments forts qui alternent avec des plans muets accentuant l’incommunicabilité de l’univers psychiatrique.
Les quatre juges font de leur mieux. Ecoute, patience et parfois empathie les animent. Mais pour aller au-delà de la réponse administrative, rien à faire : ils n’ont ni la formation pour pénétrer dans la tête des autres, ni le temps de compatir à leur souffrance, ni même les mots pour le dire. Alors, ils jargonnent : « Je me cantonne à vérifier la conformité de la procédure… ou la convergence des diagnostics ». Le surréalisme s’invite parfois. Quand pour apaiser celui qui se reconnait «la folie d’un être humain », répond un lapidaire « vous pouvez faire appel !» Et lorsqu’un malade prend congé sur un « merci de votre abus de pouvoir », c’est le magistrat qui est désarçonné et l’humour qui triomphe.
Ces 12 jours sont évidemment un doc de choc. Assez glaçant même par moments. Ce qui est montré nous dérange un peu. Parce que « de l’homme à l’homme vrai, le chemin passe par l’homme fou », comme dit Michel Foucault en exergue du film. Et cet entre-deux met aussi mal à l’aise la société qui ne sait pas trop s’y prendre avec « ces gens-là », que nous-mêmes car ils nous renvoient à nos propres failles. La mise à l’écart de l’autre indiffère, sa différence nous tourmente. « Ce n’est pas moi qui m’isole, mais eux qui m’oublient », conclue joliment le dernier malade. Qui est lucide ? Depardon est encore une fois magnifique de sobriété et criant d’authenticité.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 décembre 2017
J’ai connu Raymond Depardon plus inspiré, plus impliqué dans sa quête d’une humanité différente, et donc peut-être plus vraie comme on peut l’imaginer dans le milieu psychiatrique. Là où il pose sa caméra en marge, dans les bureaux administratifs d’un juge en charge de vérifier le bon fonctionnement d’une procédure qui date de 2013. Elle contraint désormais le psychiatre à présenter avant douze jours les raisons pour lesquelles son patient est hospitalisé sous contrainte et doit le rester. Ou pas. Auparavant, l’homme de science était seul maître à bord. C’est peut-être pourquoi les fous ne sont plus aliénés, mais des patients qui ont leurs mots à dire. Ce que Depardon filme sans restriction, mais si consciencieusement qu’on en oublie l’objet de son déplacement…
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Machiavelias
Machiavelias

7 abonnés 9 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 décembre 2017
Déçue, je trouve le sujet intéressant et c'est pourquoi il est très important de rendre humains des personnes qui sont déjà stigmatisées à longueur de journée : que ce soit à la télé, dans les infos...
Faire un documentaire là-dessus, c'est aussi vouloir mettre au premier plan ces gens dont l'avenir est en suspens parce qu'ils ne réagissent pas comme "la norme".
Hélas, Depardon ne va vraiment pas assez loin selon moi. Il n'est montré qu'un côté du monde psychiatrique : l'aspect juridique. En effet, depuis seulement 2013, les hôpitaux psychiatriques ont l'obligation de présenter les patients hospitalisés sans consentement devant un juge des libertés et de la détention. Cela réduit le nombre d'hospitalisations abusives. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a tout un monde derrière tout ça : les psychiatres, les médicaments, le manque de liberté, l'ennui, la difficulté de la réinsertion après un séjour...
De plus, on nous montre que ces cas extrêmes d'hospitalisation sous contrainte, où le spectateur ne peut qu'être d'accord avec la décision du juge. Or, de manière factuel, il n'y a pas que des cas où l'avis est d'avance tranché.
Il existe pleins de cas ambiguës! Il existe aussi des cas où les différents diagnostiques ne sont pas du tout les mêmes. Ce documentaire qui se veut défendre ces gens qu'on prive de liberté mais fait dire au spectateur "heureusement qu'on ne les laisse pas sortir" : ben oui forcément quand on ne reprend que des cas de personnes qui sont véritablement dangereuse comme cet homme qui s'inquiète de son père qu'il a lui même tué. De plus, dans les faits, les diagnostiques ne sont pas toujours très bien établis par les psychiatres, ni donné en temps et en heures au JLD. Cet état de fait biaise parfois la décision des juges. Et tout ça n'est pas montré, mais c'est le plus important. C'est justement toutes les failles du système. Je trouve que les cas que Depardon a choisi ne sont pas représentatifs des personnes malades en hôpital psychiatrique, ce ne sont pas nécessairement des personnes d'origine étrangère, ni des personnes qui ont une mauvaise connaissance de la langue... Pour avoir connu l'envers du décor, ce documentaire selon moi, persuadera les gens qui ne connaissent pas ce milieu dans la peur et le jugement par rapport au malade, tout l'inverse de ce qu'il aurait fallu faire.
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