L'Ombre de Staline
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203 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 14 juillet 2020
Georges Orwell nous prévient au début : il faudra lire entre les lignes. Histoire de nous dire que les thèmes abordés de la vérité, du copinage entre élites, du lanceur d’alerte sont encore vivaces aujourd’hui. Malheureusement, ce film ne nous fera pas réfléchir, encore moins comprendre ou ressentir.
Seulement une description assez plate du combat d’un homme qui, dans la vraie vie, était sûrement d’un courage incroyable.
Le méchant aux mœurs douteuses et au peignoir de soie, la femme brillante mais froide, le gentil naïf et brave… Les personnages sont tellement stéréotypés qu’on s’ennuie rapidement.
On aurait pu espérer en apprendre sur l’Holodomor, mais on sera déçu. Mr Jones part enquêter sur la réussite industrielle de l’URSS. Le film nous dit plus ou moins que l’URSS se nourrit sur du blé confisqué aux Ukrainiens. Mais est-ce que ça suffit vraiment à répondre à la question de « l’argent de Staline » ? Et par quels mécanismes le régime en est-il arrivé là ? Mille questions se posent sur cette période et ce drame, mais le travail d’investigation du journaliste s’arrête sur le caractère immoral de la famine. Sûrement une énorme découverte pour l’époque, mais pas pour nous si on se souvient de nos cours du collège. D’ailleurs, à quoi correspondent les chiffres dont il parle quand il dit : « the numbers just don’t add up », ou bien « Stalin’s gold » ? Pas de réponse, il faut juste que le spectateur accepte que Mr Jones se doute de quelque chose concernant l’URSS. Mais ce qu’il a concrètement étudié pour soulever ces questions, on ne le saura pas.
Et même pour saisir l’horreur de la famine, pourtant filmée pendant loooongtemps, le film échoue. Il s’intéresse très peu aux victimes, à part pour monter crescendo dans le gore. On ne voit que Mr Jones encore et toujours.
Enfin, on aimerait en savoir plus sur le personnage de Duranty : spoiler: pourquoi couvre-t-il le régime, qu’a-t-il ressenti quand il a découvert lui aussi la vérité etc. A part « on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs » et le fait qu’il soit très très méchant (et en plus il se drogue et il participe à des partouzes c’est dire s’il est méchant)
, on en saura pas plus sur ce qui le motive. Le film juge, il ne cherche pas à comprendre.
Donc, aucun intérêt artistique ni historique. Passez votre chemin.
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 juin 2020
Magnifique sujet s'il en est => l' Holodomor... propose un flm difficile, froid à tous points de vue. Se replonger dans cette époque terrible pour des millions d'humains, ne porte pas à se réjouir... et la réalisation est tristounette. On se demande comment ce héros de journaliste Gareth Jones superbement interprété par James Norton, a réussi à braver tous les pièges jusqu'à porter sur la scène, cette vérité cachée jusque là. Quelle campagne "de Russie".... il accomplit, la misère rencontrée est superbement rendue. Dommage que la rencontre avec Adda n'ait pas été développée, car l'ensemble reste assez lent et noir bien entendu..... Il a sorti son scoop, certes, cependant été rattrapé par l'espionnage, puisque tué à 30 ans !!**
Yann B
Yann B

47 abonnés 69 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 juillet 2020
Il est passé à côté du sujet. Plutôt que de montrer, de longues scènes avec des personnages stéréotypés, il aurait été bien d’en dire plus sur la situation du pays et de faire un vrais travail de fond.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 juin 2020
Au début des années trente, un jeune Gallois, Gareth Jones (James Norton dont il se dit qu'il pourrait succéder à Daniel Craig dans le rôle de l'agent 007) se rend en Union soviétique. Il y découvre l'effroyable famine organisé par le Kremlin en Ukraine et veut la révéler au monde entier.

Le jeudi 12 mars 2020, je devais aller voir "L'Ombre de Staline" en avant-première à 20h. Mais, pris par le travail, je ratais la séance. Je m'en suis vite consolé en me disant que je verrais le film à sa sortie le mercredi suivant. On sait tous que le film ne sortit pas le mercredi suivant… J'avais décidé que "L'Ombre de Staline" serait le premier film que j'irais voir à la réouverture des salles avec le désir - comme le disaient les partisans de Louis XVIII à la Restauration - de "renouer la chaîne des temps".

"L'Ombre de Staline" (dont le titre, partout sauf en France, est "Mr. Jones") est inspiré de faits réels. Gareth Jones a bien existé qui travailla un temps au cabinet du Premier ministre britannique Lloyd George, qui interviewa Hitler et qui enquêta en URSS sur les modes de financement des plans quinquennaux. Comme Hergé avec "Tintin au pays des Soviets" écrits en 1929, comme Gide avec "Retour de l'URSS" publié en 1936, Gareth Jones découvre avec violence la réalité du "miracle soviétique" : Staline affame son peuple pour obtenir les devises pour financer les objectifs des plans quinquennaux.

On sait aujourd'hui que l'Holodomor, un mot ukrainien signifiant littéralement "extermination par la faim", fit entre 1931 et 1933 quelque quatre millions de victimes en Ukraine. Au mitan du film, dans une parenthèse sinistre, presque muette, la caméra suit Gareth Jones qui découvre horrifié l'ampleur du sinistre : les paysans émaciés par la faim, les cadavres abandonnés au bord des routes, les enfants mangeant de la chair humaine…

Le film d'Agnieszka Holland, une vieille routière du cinéma, est d'un classicisme revendiqué. Les scènes qui se déroulent en URSS sont plongées dans une lumière désespérément grise censée en souligner la tristesse. Aux côtés de James Norton, on reconnaît Vanessa Kirby (qui jouait la princesse Margaret dans les deux premières saisons de "The Crown") et Peter Sarsgaard abonné aux rôles de salaud.

"L'Ombre de Staline" n'en est pas moins d'une actualité brûlante à une époque où les relectures partisanes de l'histoire, en Occident et en Russie, donnent lieu à des guerres de mémoire. En témoigne la récente polémique provoquée par Vladimir Poutine sur les causes de la Seconde Guerre mondiale.
Barry.L
Barry.L

37 abonnés 136 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 juillet 2020
‘’L’ombre de Staline’’ fait partie de ces films qu’il est difficile de critiquer sans passer pour un monstre sans coeur. Avec un sujet très fort, le film a de quoi marquer durablement les esprits des spectateurs. Pourtant, il s’agit aussi d’un film décevant car loin de faire appel et d’utiliser la totalité de son potentiel, comme nous allons le voir.

Le film retrace la découverte en 1933 par le journaliste Gareth Jones de l’Holodomor, la grande famine ukrainienne provoquée par les vols massifs des forces soviétiques. Jones va alors mener un combat pour faire éclater la vérité.

En réalité, le film est plus une déception qu’un mauvais film. En fait, le plus gros souci du film, c’est de ne jamais vraiment dépasser son résumé. Certes, une personne qui ne connaîtrait pas cette période pourrait probablement apprendre beaucoup de chose et être horrifié par cette terrible vérité. En réalité, le problème est double. D’une part, cette épisode est tristement célèbre. Quiconque s’est un peu intéressé à cette période et aux méfaits du régime soviétique risque de ne pas être touché plus que ça (comme on le verra plus dans tard dans la critique ‘’L’ombre de Staline’’ reste assez en surface des choses, malgré la reconstitution dans la deuxième partie de l’Holodomor). Combien de livres ou de documentaires ont déjà abordé cette époque ? Beaucoup, ce qui diminue les surprises possibles devant cette ‘’ombre de Staline’’. La forme du récit, très classique n’aide pas non plus à rendre le film un tant soit peu original. Et d’autre part, la découverte de ces famines est gâchée car perçue à travers le point de vue d’une personnage, Gareth Jones, finalement très peu intéressant. Et c’est tout le problème : contrairement à ce que laisse penser le titre français, le film est avant tout le portrait de son personnage principal (le titre original est d’ailleurs ‘’Mr Jones’’). Et dans ce genre de film, c’est une chose de présenter un épisode de l’Histoire émouvant, c’en est une autre de voir l’épisode à travers les yeux d’un héros guère passionnant. Le film a beau être polono-britannico-ukrainien, son héros présente (ou du moins est présenté sous) un jour d’une confondante banalité hollywoodienne. Etait-ce dû au véritable Gareth Jones ? Reste que son profil dans le film ne surprend jamais et est beaucoup trop blanc. C’est la limite de ce cinéma d’investigation : les héros-journalistes (comme ceux dans ‘’Les hommes du Président’’) sont beaucoup trop pâles et lisses. Le film n’échappe pas à cela : nous sommes devant un héros sans faille et sans reproche, aux convictions que rien ne peut ébranler. Ses découvertes, aussi terribles soient-elles étaient novatrices en 1933, elles paraissent bien naïves en 2020. Le parcours du héros est hélas désarmant de naïveté : il va ainsi découvrir que oui, les journalistes (comme Walter Duranty) peuvent mentir sur l’existence de telles atrocités. Cette découverte ne va pas le changer d’un iota et ne va pas le rendre plus tourmenté, donc plus intrigant. Même son horrible découverte des modes de vie ukrainiens ne semble pas affecter sa psychologie. Les révélations du film sont désarmantes certes, mais hélas aussi rebattus. En sachant cela, plusieurs critiques ont cru bon de voir avec ‘’M Jones’’ une œuvre très actuelle qui dénoncerait les fake news. Mais ce serait faire trop d’honneur au film que d’y voir cela. En effet, là où les coupables sont clairement désignés dans ‘’L’ombre de Staline’’ (Staline mais aussi Duranty), la fake new actuelle est beaucoup plus délicate à condamner dans la mesure où l’on ignore parfois qui en est l’investigateur. Le parallèle semble discutable : une fois la supercherie découverte, Gareth Jones savait à qui s’en prendre et qui critiquer. Aujourd’hui, il est malheureusement impossible parfois de remonter jusqu’à la racine des fakes news (les menteurs qui propagent des messages calomnieux ou qui mentent sur la réalité, cachés derrière leur écran, n’ont pas l’envergure d’un Staline ou d’un Duranty et sont ainsi encore plus difficiles à condamner).

Par ailleurs, le film est d’autant plus frustrant qu’il n’utilise pas la totalité de son potentiel. Le film aurait pu être tellement mieux, tellement plus vibrant et marquant. Alors oui, il aurait fallu moins respecter le titre original et se détacher du point de vue unidimensionnel du héros. Oui, il aurait fallu se mouiller un peu plus sur plusieurs pistes que nous allons voir. Premièrement, enrichir le film aurait été possible en multipliant les points de vue. Comme on l’a vu précédemment, l’unique point de vue du héros appauvri un film qui aurait mérité de se concentrer sur d’autres figures. Tout le long du film, des personnes apparaissent et disparaissent au gré des pérégrinations du héros. Tous auraient mérité d’être davantage mis en avant tellement ils sont passionnants. La frustration n’en est que plus grande quand, en fin de film, le devenir de certains personnages n’est pas éclairé (qu’elle existe où non, qu’en est-il d’Ada Brooks, cette reporter qui rejoint Berlin en 1933 ? Qu’en est-il des six ingénieurs britanniques maintenus en otage par les Soviétiques ?). Mais la plus grande erreur, c’est bel et bien de ne pas mettre sur le devant de la scène cet inouï bonhomme qu’est Walter Duranty. Transformé en un méchant classique hollywoodien, cette honte du journalisme mériterait à elle seule son propre film. Approfondir son personnage aurait permis à ‘’L’ombre de Staline’’ de relever le niveau. Ne pas creuse Duranty ne permet pas au film de gagner en profondeur. Duranty offrait un ensemble de possibilités qui ne sont pas explorés ici. Par exemple, le film serait une œuvre 100 % originale s’il avait choisi de se recentrer sur l’affrontement entre deux journalistes. Ce thème (qui n’est traité que tardivement dans le film), peu vu au cinéma aurait pu déboucher sur de nombreux questionnements, notamment sur ce qui constitue l’intégrité journalistique. Bon sang, pourquoi doit-on se coltiner ce saint de Gareth Jones lorsque tu as ce Duranty à disposition, figure sombre et intoxiqué par sa position ? Comment en est-il arrivé là ? Pourquoi est-il capable de mentir, mentir encore ? Pourquoi n’a-t-on jamais retiré son prix Pulitzer ? Tant de questions qui resteront sans réponse, le film préférant se concentrer sur son héros, sans tâche, ni défaut, ni part sombre (qui ne boit pas, ne se drogue pas et ne baise pas : quel ennui!). Il est d’ailleurs significatif que la meilleure scène du film a lieu sans la présence du héros : spoiler: Duranty et Ada Brooks s’opposent autour d’une machine à écrire
. Deuxièmement, le film évacue dans sa troisième partie, le refus de l’Occident de croire au récit de Jones. De nouveau, on a cette impression de superficialité. Pourquoi tant de personnes ont-ils nié cette vérité ? spoiler: Mis à part une séquence où Orwell est horrifié par le discours de Jones
, l’on ne ressent jamais cette sensation d’effarement ou de rejet de la vérité. Il aurait été sage sans doute de faire un film à la Costa-Gavras (période ‘’Z’’), c’est-à-dire un film sans personnage principal mais avec une multitude de points de vue, de visions : en bref, voir de plus près les comportements des différentes camps (politiques, journalistiques etc) qui s’opposent alors sur le cas ukrainien. En lien avec ce contexte trop peu effleuré, on peu reprocher le peu d’importance accordé aux conséquences de tout cela. Beaucoup de choses sont laissés en berne : si Jones parvient à publier son article, quel en sera son impact sur la scène internationale ? spoiler: A part l’influence exercée sur Orwell pour écrire ‘’La ferme des animaux’’ et l’assassinat de Jones
, on ignore la portée réelle de l’article. Quatrièmement, il aurait été bon de se projeter encore plus loin dans l’avenir pour interroger la notion de génocide (dans un épilogue par exemple). En voilà un sujet qui aurait été inédit au cinéma : étudier ce mot de génocide. Mais ce serait sans doute trop se mouiller que de dire si ces famines constituent ou non un génocide (aujourd’hui encore, l’Holodomor et son statut est toujours un objet de tensions entre la Russie et l’Ukraine). Cinquièmement enfin, on ne peut pas dire que la réalisation d’Agnieszka Holland soit complètement convaincante. Visuellement, le film est un énième biopic où tout est plongé dans l’obscurité. C’est une mode actuelle énervante : on se la joue sérieux avec des teintes froides, sombres et on rend certaines scènes quasi-illisibles. Rien de bien innovant donc. Mais le souci, c’est d’uniformiser ce genre de réalisation à tous les espaces présentés dans le film. Certes, les décors sont ééévidemment plus fastueux en Russie et en Angleterre qu’en Ukraine. Cependant, les lumières et les couleurs sont toujours les mêmes et donnent cette impression de dépravation partout. Or, il aurait (beaucoup de ‘’aurait’’ dans cette critique) été judicieux de jouer plus sur les contrastes entre les lieux visités. Ce qui frappe dans les images qui peuvent nous venir à l’esprit (dans les documentaires et les images de propagande), c’est l’écart considérable de richesses entre la ville et la campagne. Mettre de belles lumières et de belles couleurs pour les parties urbaines permettraient de renforcer le choc face à l’horreur qui hante les campagnes ukrainiennes. Sans aller jusqu’à adopter une mise en scène à la ‘’Traffic’’ (Soderbergh, 2000), Agnieszka Holland avait la possibilité de varier le ton (et donc les émotions) en fonction de la localisation.

Le film tombe dans les travers du classicisme : il ne s’agit pas hélas d’une œuvre classique, mais d’une œuvre académique. Tout a un air de déjà-vu et tout est superficiellement étudié. Dommage, car comme nous l’avons vu, il y avait moyen de faire un grand film.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 juillet 2020
Des amis qui étaient allés voir ce film lui avaient trouvé de l'intérêt malgré une réalisation qu'ils qualifiaient de trop classique, voire académique. Un avis que je ne partage pas du tout, au point, même, d'avoir regretté assez souvent qu'il ne soit pas davantage classique, voire académique. Personnellement, je qualifierais plutôt ce film de ratage presque complet (Il y a, par moment, des scènes réussies) et je pose la question : comment peut-on arriver à faire un film aussi ennuyeux sur un sujet aussi fort. Pourquoi opter pour une réalisation aussi léni(ne)fiante ? (J'ai honte de ce jeu de mot, mais, après tout ... !). On a de gros regrets quand on pense à ce que Sergei Loznitsa aurait fait d'un tel sujet !!! Pour terminer, un tout petit détail : on est en 1933, en URSS, et on voit passer une Citroën traction avant, un véhicule dont la construction a commencé en 1934 !
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 juillet 2020
J’ai trouvé ce biopic dramatique pas terrible. Je suis extrêmement déçu par le peu d’analyse politique de ce film. On se contente de nous montrer des faits sans les replacer dans leur contexte, afin de les comprendre. Le pourquoi cela s’est passé n’est pas non plus expliqué et bien sûr les conséquences non plus. J’ai donc trouvé un peu déplacé, le jugement de valeur porté sur l’ensemble du bloc Soviétique par rapport au monde occidental, alors qu’il n’y a aucun recul pris. On va voir ce que va donner ce terrible épisode de l’histoire Soviétique qu’est l'Holodomor. Pour ceux qui ne savent pas, il s’agit d’une période de famine allant de 1931 à 1933. Staline était fortement mis en cause pour l’avoir provoqué à des fins politiques. Sortir d’un film de 2h, et se rendre compte qu’on doit faire des recherches tellement le sujet principal est survolé, ça montre qu’on passe à côté de quelque chose. En réalité, la Holodomor sera montrée mais dans un aspect vraiment cinématographique. L’image sera terne, et on enchainera les plans dramatiques. Il y en a des très marquant, qui alertent sur l’horreur de cette situation, et d’autres qui penchent vers le misérabilisme. En réalité, on sera surtout centré sur Gareth Jones. Au passage, James Norton est très bon dans ce rôle. Je dois vous avouer que je me suis aussi pas mal ennuyé. Le film met un temps considérable à ce lancer, prend de l’intérêt quand il est en Ukraine, et redescend par la suite une fois son observation finie.
Florian_bzh
Florian_bzh

8 abonnés 81 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2020
Film très intéressant qui retire le collier d’immunité dont bénéficiait le communisme depuis quelques années. Depuis l'archipel du goulag de Soljenitsyne plusieurs générations sont passées et si elles savent qu'Hitl er était très méchant, elle peut avoir tendance à oublier que le communisme a également massacré beaucoup d'innocents.
Ici deux pays qui ont bu le communisme jusqu'à la lie, à savoir la Pologne et l'Ukraine remettent bien les pendules à l'heure : à travers une réalisation impeccable, une ambiance enivrante et une bonne bande sonore le film nous montre le massacre des ukrainiens, affamés par Staline durant les années 1932 - 1933. Si certains passages mériteraient d'être raccourcis, le film garde toute sa force notamment grâce à un jeu d'acteur impeccable.
J'ajouterai qu'il est utile (mais pas indispensable) d'avoir lu "la ferme des animaux" d'Orwell pour comprendre tout le sens de certaines scènes, pendant que vous y êtes ajoutez "1984" à votre pile de livre. Je recommande chaudement les livres et ce film !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 28 juin 2020
Enfin un film sur le sujet !! Ils sont si rares, contrairement aux films sur l'Allemagne nazie et la Seconde Guerre Mondiale... Dans les films récents je n'ai en tête que Le Pont des espions avec Tom Hanks, qui montrait habilement la terreur de l'URSS en pleine guerre froide.
Nos sociétés occidentales minimisent les crimes des bolcheviks et globalement des communistes dans le monde car le régime nazi, que nous avons subi de plein fouet, a occulté leurs agissements. Pourtant les nazis ne sont restés au pouvoir qu'une petite douzaine d'années (l'équivalent des années Chirac pour nous en France - désolé pour le parallèle douteux, c'est simplement pour donner une idée temporelle) et dans un seul pays alors que le régime bolchevik a œuvré pendant près d'un siècle et le communisme dictatorial s'est étendu dans de nombreux pays, et pas des moindres : Europe de l'Est via l'URSS, Chine, Vietnam, Cuba, Amérique latine, Corée du Nord... Certains de ces pays sont encore sous bannière rouge actuellement et la pire dictature du monde, la Corée du Nord, EST communiste !! Il est bon de le rappeler.
Il est d'ailleurs tout à fait scandaleux que le symbole du marteau et de la focille soit encore autorisé en France. Il devrait être interdit au même titre que la croix gammée. Tout comme le parti nazi est interdit, le parti communiste devrait l'être aussi. Nous devons enterrer définitivement les monstres du XXe siècle, TOUS les monstres !!
Pour revenir à l'aspect purement cinématographique, la réalisation est classique est assez ennuyeuse. Il faut dire que les moyens de ce film sont limités. C'est dommage, il aurait mérité plus de budget. L'acteur principal tient la route mais il est assez mal entouré. L'amorce est interminable et les quelques scènes d'action qui viennent tardivement sont mal exécutées. Je mets la note de 3,5 car je salue essentiellement l'initiative et le sujet traité.
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 décembre 2021
Voilà un film qui traite d'un sujet fort mais comme souvent avec Agnieszka Holland je trouve que sa mise en scène pas assez puissante par rapport à son histoire, voire pas assez vivante.
L'Ombre de Staline traite de la terrible famine qui sévit au début des années 30 en Ukraine durant le régime stalinien, du communisme totalitaire et inhumain.
Cela est vu par le prisme de Gareth Jones, un journaliste gallois qui a réellement vécu et qui tenta en vain de faire connaître au monde l'existence de millions de morts du à la faim, à cause d'un régime qui appliquait ses principes de manière radicale, quitte à sacrifier une partie de sa population.
L'histoire est bonne, mais le film ne parvient pas à rendre passionnant son scénario. L'horreur de cette famine n'est que brièvement exposée, nous montrant finalement que peu d'endroits touchés par celle-ci. Du coup l'impact de cette dénonciation n'a pas la force voulue.
C'est bien joué, c'est correctement filmé, c'est intéressant mais L'Ombre de Staline ne nous marque pas. Tout était là pour du cinéma magnifique, mais on ne ressent pas grand chose.
P.S. : A signaler toutefois un titre français plus malin que l'original.
Pascal I

904 abonnés 4 256 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2021
Un génocide traité quasiment qu'avec les images (marquantes), les non-dits (explicites) dans des enjeux géopolitiques à n'importe quel prix. Traitement comme un rouleau compresseur, au fur et à mesure, avec toute la "candeur" occidentale de l'époque d'un monde qui s'écroulera par la suite. Dommage que la mise en place soit si longue pour ne laisser qu'assez peu de place au final sur la tragédie, la "tolérance" ou du "on ne veut pas voir". 3.5/5 !!! Réussi.
Hotinhere

790 abonnés 5 467 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 avril 2021
Tiré de l’histoire vraie d’un lanceur d’alerte qui dénonça la famine qui a décimé l’Ukraine dans les années 30, un polar historique glaçant mais un peu trop démonstratif, porté par l’interprétation séduisante de James Norton.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 novembre 2020
"L'ombre de Staline" raconte l'histoire vraie de Gareth Jones, journaliste précaire mais ambitieux qui après avoir interviewé Hitler se rend en URSS pour faire de même avec Staline. Rélisé par Agnieszka Holland, le film a fait l'objet d'une conséquente documentation et d'une remarquable reconstitution. On y relève également quelques bonnes idées comme le contraste avec George Orwell. En somme, "L'ombre de Staline" représente un morceau d'histoire sincère et souvent passionnant, notamment en ce qui concerne l'Holodomor, famine ukrainienne de 1932-1933. L'ensemble reste toutefois conventionnel, comporte quelques longueurs et peine à susciter de la tension, malgré la gravité des faits qu'il énonce. Peu d'éléments s'avèrent vibrants, ce qui empêche l'oeuvre de se hisser au rang de grand film historique
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2020
Le film de la cinéaste Agnieszka Holland est la bonne surprise du moment. Alors c’est sur, ce n’est pas forcément un film très facile d’accès, le sujet traité est horriblement lourd et (peut-être) encore polémique, certains passages sont difficilement soutenables, le film est parfois un peu austère, voire même un peu nébuleux mais quand même, c’est une belle leçon d’histoire et de journalisme qu’elle propose. Long de deux heures, son film est en trois parties, la partie du milieu, le fameux voyage en Ukraine étant de loin le plus court et le plus fort. Holland s’essaie à quelques effets un peu audacieux, elle utilise le son notamment de façon intéressante, à plusieurs reprises des scènes muettes s’étirent, seulement rythmée par un bruit de fond mécanique (une pendule, un bruit de mastication, le bruit de rails d’un train). En faisant durer ces scènes un tout petit peu au-delà du nécessaire, elle distille une ambiance, celle du silence, du secret, du non-dit qui sont omniprésents en Union Soviétique. Sa musique est intéressante aussi, bien utilisée (même si parfois elle est un peu forte), elle utilise le flou, joue un peu avec sa caméra, tente des passages à l’épaule comme reporter de guerre, tout cela est pertinent et tombe souvent juste. « L’Ombre de Staline » peut paraitre un peu long sur la fin, surtout que je ne m’attendais pas à ce que la partie « après l’Ukraine » soit si développée. Mais si le passage ukrainien est le plus fort, toute la dernière partie est la plus instructive, historiquement parlant. En bref, dans sa forme le film d’Agnieszka Holland est réussi. Il doit aussi beaucoup son casting et à James Norton, qui compose un Gareth Jones très sobre, sérieux et dont les failles ne sont jamais occultées ou cachées. Vanessa Kirby et surtout Peter Sarsgaard incarnent de seconds rôles qu’on aurait peut-être aimés plus ou mieux développés, celui de Walter Duranty notamment. Ce correspondant du NY Times à Moscou, dont on ne saura jamais très bien quel but il poursuit, quelle conception étrange du journalise est la sienne, on manque de clef pour bien le cerner, et il restera un peu énigmatique jusqu’à la fin. Le scénario de « L’Ombre de Staline » est à la fois une ode au journalisme d’investigation et un éclairage sur le secret de mieux gardé (et très longtemps occulté, nié) de l’URSS : l’Holodomor. Gareth Jones est un journaliste au statut un peu étrange, il travaillait pour le Foreign Office Britannique, ce qui est un mélange des genres tout à fait bizarre et pour tout dire, assez malsain. Ce double statut de journaliste et diplomate lui permet de mette un pied à Moscou sans qu’on lui permette de loger ailleurs que dans un Hôtel désigné, sans qu’on lui permette de quitter la ville, et avec des agents le suivant partout de façon ostentatoire, histoire qu’il sache très bien où il ne doit pas mettre les pieds. Et pourtant, il réussi à arriver jusqu’en Ukraine, à fausser compagnie aux autorités pour aller voir lui-même ce qui se trame dans le grenier à blé de Staline. Revenu difficilement de son périple, il se heurte aux autorités de l’URSS, ce qui est logique, spoiler: mais aussi à la cécité du monde occidental, et ça c’est historiquement intéressant et très bien vu
. Quoi qu’on en dise, les occidentaux sentent déjà qu’ils vont avoir besoin de l’URSS dans la décennie qui commence, et même s’ils sous-estiment gravement le danger nazi, ils ne veulent pas se rajouter un ennemi en la personne de Staline, pas à ce moment là de l’Histoire. Et puis il y a les sympathisants communistes de l’Ouest, qui ne peuvent pas (et qui ne veulent pas) admettre que leur idéologie est mort-née, que leur modèle est sans espoir. En réalité, ce que le film de Holland nous apprend, c’est qu’il ne sert rien d’avoir raison trop tôt : Gareth Jones à juste 40 ans d’avance sur ce que le Monde est prêt à entendre. La Vérité, puisque ce mot est prononcé plusieurs fois tel un mantra par Jones, est aussi une question de timing, certaines sont audibles un jour, inaudibles le lendemain et inversement. C’est une réflexion intéressante à faire, pour tous les journalistes et les apprentis journalistes du XXIème siècle. Le film d’Agnieszka Holland met des images sur l’Holodomor, ce qui a rarement, je crois, été fait au cinéma. Qu’est ce que c’est ? C’est plusieurs millions de morts de faim dans une région fertile, au cœur de l’Europe, en plein XXème siècle. Tout le blé ukrainien était envoyé hors d’Ukraine, c’est cela l’Or de Staline. C’est quoi mourir de faim ? Le film n’a pas besoin de s’appesantir trop longtemps pour bien le faire comprendre, c’est manger de l’écorce quand il n’y a plus d’épluchures ou d’animaux, c’est manger de la terre, c’est balancer vivants dans les fosses communes les enfants qu’on ne pourra nourrir, et même parfois faire bien pire que cela. Comment cette vérité là aurait-elle pu être entendue en 1933, au sein d’un pays qui se voulait un puit d’espérance ? Gareth Jones a vu (il a même subit la faim), mais ce qu’il avait vu, personne ne voulait le voir, l’entendre, le savoir ou même juste se le figurer. « L’Ombre de Staline » n’est sans doute pas le block buster de l’été, et parfois il peut paraitre un peu nébuleux, un peu incomplet, un peu frustrant sur tel ou tel personnage, mais pris dans son ensemble, c’est un film fort, très fort, et qui mérite franchement le déplacement.
bobmorane63
bobmorane63

246 abonnés 2 212 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 juillet 2020
De la réalisatrice Agnieszka Holland, je l'avais repéré dans les années 90 ou elle avait mis en scène "Rimbaud Verlaine" avec Leonardo DiCaprio avant le phénomène "Titanic" puis elle a disparu de la circulation en matière cinéma mais c'est dans une mini série récente intitulé "The First" avec Sean Penn ou je la remarque en faisant du très bon travail. Puis, elle revient au cinéma avec "L'ombre de Staline" qui aurait pu ètre un super film mais la première demi heure m'a fait peur se croyant dans un film d'espionnage avec quelques plans qui laissent a désiré comme les scènes avec les prostitués. La suite est plus intéressante ou le personnage principal découvre lors d'un voyage en Russie un peuple qui souffre de la misère, la faim, des comportements de l'armée de Staline se comportant indignement avec les gens et le héros fuyant tout ça et voulant faire éclater la vérité. Un film dans la globalité pas mal (mais pouvant mieux faire) avec de très bons comédiens parlant Anglais ou Russes comme les interprètes principaux James Norton, Vanessa Kirby ou Peter Sarsgaard et un scénario instructif.
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