La Révolution silencieuse
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norman06

428 abonnés 1 839 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2018
Un sujet historique passionnant qui n’évite pas toujours les invraisemblances, l’emphase et des dialogues maladroits. Mais l’ensemble reste efficace et bien interprété.
Yves G.

1 856 abonnés 4 064 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 mai 2018
En septembre 1956, à Berlin-est, une classe de lycéens décide de marquer une minute de silence en solidarité avec les révoltés hongrois. Les conséquences de leur protestation seront terribles.

Depuis une quinzaine d'années le cinéma allemand se penche sur son passé. Non pas qu'il ne l'avait pas fait jusqu'alors. Mais il semble aujourd'hui le faire plus systématiquement au risque parfois de donner de lui, dans celles de ses réalisations qui franchissent ses frontières, l'impression que c'est devenu son seul fonds de commerce.

Deux œuvres marquantes dominent cette tendance. La première, "Good Bye, Lenin!" (2003), emprunte la veine de l'ostalgie, la nostalgie de la vie quotidienne dans les démocraties populaires du Bloc de l'Est. La seconde, "La Vie des autres" (2006), décrit sans complaisance une société minée par le soupçon.

D'atres films remontent plus loin dans l'histoire de l'Allemagne : la résistance au nazisme ("Sophie Scholl" en 2005, "Seul dans Berlin" en 2016), la vie d'Hitler ("La Chute" en 2004), la lente et tardive Vergangenheitsbewältigung à laquelle le peuple allemand s'est astreint après-guerre pour regarder en face son passé ("Le Labyrinthe du silence" en 2014

Le réalisateur Lars Kraume avait déjà réalisé en 2015 un film sur ce sujet. "Fritz Bauer, un héros allemand" avait pour héros le procureur qui poursuivit des criminels de guerre et permit l'arrestation de Eichmann.

Avec "La Révolution silencieuse", il s'inspire d'une histoire vraie qui s'était déroulée en Allemagne de l'Est en pleine guerre froide. L'un des principaux protagonistes, Dietrich Garstka, narra les faits dans un livre autobiographique qui inspira le scénario.

Le sujet était en or. Il aurait pu inspirer une nouvelle Vie des autres. Hélas "La Révolution silencieuse" pêche par son classicisme et n'a pas le potentiel tragique du film de Florian Henckel von Donnersmarck.

La sympathique bande de lycéens qu'il peint, avec son leader idéaliste, son joyeux luron pragmatique et son Judas schizophrène, ressemble à celle du "Cercle des poètes disparus" : des jeunes gens épris de liberté. Mais en RDA en 1956, l'exercice de son libre arbitre pouvait avoir des conséquences dramatiques. C'est l'imminence de ce danger qu'on peine à ressentir face à des aventures qui penchent plus du côté du "Club des Cinq" que du "Zéro et l'infini".
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mai 2018
Allemagne de l’Est, 1956. Des étudiants apprennent par hasard via des canaux d’information provenant de l’Ouest, qu’une révolution anti-socialiste a lieu en Hongrie. Ils décident en soutien à la jeunesse hongroise d’adopter une minute de silence. Un choix de jeunesse qui aura des conséquences graves marquant leurs vies à jamais. Ce fait divers avéré semble avoir autant d’intérêt historique, en mélangeant les petites et la grande Histoire, que pour la résonance qu’il peut avoir aujourd’hui dans certains zones du monde où la liberté d’expression est muselée. La reconstitution de l’Allemagne de l’Est d’après-guerre est fidèle à ce qu’on peut en imaginer. Froide, terne, grise et où l’on sent le poids de la politique socialiste issue de l’U.R.S.S. Quant à la réalisation, si elle est assez dynamique, elle est revanche purement illustrative et se fond un peu trop dans les règles classiques d’antan.

En outre, « La révolution silencieuse » capote un petit peu au démarrage. La décision de mettre en place cette minute de silence et la présentation des personnages n’est pas proprement exemplaire à l’image et souffre de quelques carences narratives. On a du mal à comprendre les raisons poussant chacun des personnages à agir de la sorte et pourquoi cette affaire prend si vite une tournure importante. Le choix de resserrer l’intrigue sur quatre ou cinq élèves permet de rythmer le récit et de ne pas s’éparpiller. Mais même si l’interprétation des jeunes acteurs est irréprochable, il manque peut-être un ou deux personnages à mettre en avant dans cette classe pour pouvoir avoir un échantillon représentatif des caractères face à une telle situation. Sans pour autant que cela fasse catalogue des psychologies, ce que le film évite intelligemment. Tout comme il fait le choix brillant et intéressant de prendre le contrepoids des adultes (personnel de l’école, parents, dignitaires du mouvement, …) face à celui des adolescents.

Passé la première demi-heure un peu hésitante le film, et les enjeux qui vont avec, se fait plus intéressant, plus prenant. A la manière d’un thriller, ce film allemand dénonce les rouages de la propagande de l’époque qui passait déjà par l’école. Le parti voulait tuer dans l’œuf toute tentative de liberté d’expression, d’où les proportions prises par cette affaire à priori si anodine. On ausculte ici le passé d’un pays divisé en deux par une guerre avec application, ce qui en fait un film instructif et passionnant. En effet, plus les enjeux deviennent importants et plus l’étau se resserre sur ces jeunes gens, plus l’émotion nous gagne et l’intérêt pour cette affaire augmente. Le poids de l’histoire et de grandes notions telles que la culpabilité, la soumission ou encore la trahison sont mises en branle avec brio. « La révolution silencieuse » apparaît alors comme un film nécessaire, intelligent mais aussi divertissant. Une bonne surprise.

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tixou0

787 abonnés 2 046 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2018
S'il me fallait accoler un seul adjectif à "film", ici, ce serait "nécessaire". Cette "Classe qui fait silence" traite de faits réels (mais en change le lieu, et modifie les noms des protagonistes). Nous sommes entre la fin de l'insurrection de Budapest, et Noël 1956. La manière de traiter ce sujet étouffant (comme la chape de plomb étendue sur l'Europe de l'Est, après 1945) est classique (et sobre), qui fait la part belle surtout à la psychologie des personnages, dans une description très réaliste des horreurs de la dictature communiste. Tel un jeu de dominos, le peu de liberté de ces jeunes "Ossies" se fracasse, implacablement, sous la férule des séides de cet ignoble régime, une pièce en entraînant une autre, entre espionnage de tout le monde par tout le monde, propagande, désinformation, encouragement à la délation, techniques de manipulation, etc. Toute une panoplie bien huilée, mais qui tombera sur un bec : le courage de quelques lycéens, et la puissance de leurs idéaux, au premier rang desquels l'aspiration à la liberté sert de moteur déterminant. Les jeunes interprètes sont remarquables, et le réalisateur (Lars Kraume) sait tirer le meilleur parti de leurs fraîcheur et sincérité de jeu.
La conclusion spoiler: espérée arrive, comme une délivrance : presque toute la classe de terminale concernée passera à Berlin-Ouest (le Mur n'existe pas encore...), et demandera, sans espoir de retour, l'asile politique (hautement mérité.... à comparer avec la dénaturation majuscule de ce dernier, plus de 60 ans après ces événements dramatiques, dans l'Allemagne réunifiée....
).
Cinememories

596 abonnés 1 673 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2020
N’est pas Peter Weir qui veut. Nous sommes bien à l’opposé de ce que l’on pourrait sous-entendre dans un titre de film symbolique. Lars Kraume n’exploite pas le silence en réalité, mais bien la parole d’une jeunesse engagée. Il revient deux ans après la traque judiciaire de « Fritz Bauer, un héros allemand », où il dépeint un peu plus l’Allemagne d’après-guerre. Loin d’un mur érigé mais proche d’une frontière au rideau de fer, le réalisateur nous confine sous l’influence soviétique en pleine Guerre Froide. Il s’agit évidemment d’un moment de doute qui naît de l’intérieur. Et ce témoignage justifie, avec une certaine lucidité, qu’il reste bien des actes courageux à reporter ou à balancer.

Une nation divisée et sous l’emprise d’un socialisme grandissant, c’est une réalité qui rattrape une classe terminale de Stalinstadt. Le postulat de départ nous conduit inévitablement à leur rencontre et à leur vitalité. Cependant, leur avenir est compromis après un acte de protestation, qui devient une affaire d’Etat. Leur minute de rébellion constitue l’enjeu majeur de ce récit qui n’insuffle pas plus que cela le sentiment d’être « inspiré de faits réels », que l’on peut clamer à tout-va et sans pertinence. Kraume l’accepte donc habilement, quitte à finir dans un pseudo teen-movies et cousin du « Cercle des Poètes Disparus ». C’est ce que l’on reconnaît dans la mise en scène, faiblement expressive et qui préfère laisser des comédiens se libérer. Et en se baladant dans ce portrait régressif et sobre de la RDA (République Démocratique Allemande), il reste des détails qui fascinent et qui interpellent par un premier degré ludique.

La tension nous saisit dès la première scène, soulignant une méfiance et un contrôle qui ampute les habitants d’une certaine liberté et d’une libre-pensée. L’idéal socialiste prend ainsi le revers de sa propre démarche, par le biais d’une jeunesse plus libre et plus unie que jamais. Cette prise de conscience, on la retrouve à plusieurs reprises, par la désinformation et le rituel d’endoctrinement. Mais on passe surtout au cinéma, furtivement et non innocemment. Ce qui révèle notamment à Theo (Leonard Scheicher) et Kurt (Tom Gramenz), une réelle dimension politique, chose qu’il n’était pas permis d’entrevoir dans un cahier de cours ou chez soi. Ce nouveau gouvernement cache bien des cicatrices, mais les remet maladroitement au goût du jour, car l’esprit de contradiction devient de plus en plus net qu’il en devient logique et irréversible. Quelques retenues tout de même, pour une écriture sans doute trop convenue, voire prévisible, et ce malgré les nuances qu’apportent les personnages, torturés par le drame familial et leur désir de passer le baccalauréat, clé de voute et ode à la maturité.

Là où tout semble partagé dans l’intérêt commun et où la collectivité devrait primer, il n’en est rien. L’individualisme est en soi une preuve de protestation qu’il conviendrait de mâter. Dans « La Révolution Silencieuse » (Das schweigende Klassenzimmer) des 19 lycéens en cause, naîtra un véritable sentiment de douleur. Et le film évoque avec plus d’efficacité cette séparation dans un dernier acte qui tranche et qui saisit l’opportunité de ne pas virer vers le mélodrame classique. Il y a un temps pour une transition parfois grossière, mais qui ne la surligne pas plus qu’il ne le devrait. L’aventure se conclut comme il se doit, dans le silence, la subtilité et la furtivité.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 mai 2018
Les films venus d’Allemagne ne sont pas légion sur nos écrans et, bien souvent, quand il en paraît un, il s’agit d’un film basé sur des faits réels survenus au cours du passé trouble et compliqué de ce pays et, en particulier, de celui de l’ex-RDA. C’est le cas, à nouveau, avec cette œuvre de Lars Kraume dont l’action se situe dans le Berlin-Est de 1956. Le Mur n’ayant pas encore été construit, il est encore relativement facile (quoique toujours risqué, car les contrôles sont automatiques) de passer du secteur est au secteur ouest de la ville. C’est ce que font, régulièrement, Kurt et Leo, deux lycéens qui, prétextant une visite au cimetière où est enterré le grand-père de l’un d’eux, vont voir au cinéma des films interdits de diffusion du côté de Berlin-Est.
C’est au cours d’une de ces escapades qu’ils découvrent à l’écran des images de l’insurrection de Budapest et de la répression soviétique. De retour dans leur lycée, ils persuadent sans trop de peine leurs camarades de classe d’observer une minute de silence en hommage aux victimes de Budapest au début du cours d’histoire. Votée à la majorité des voix, cette décision est adoptée et mise à exécution, au grand désarroi du professeur. Cela aurait pu en rester là, mais non, dans un pays tel que l’ex-RDA, la rébellion silencieuse des élèves entraîne de terribles conséquences. L’affaire ne parvient pas seulement aux oreilles du directeur, mais met en branle une enquête des plus répressives et des plus insidieuses afin de repérer les meneurs et de les sanctionner. Cela prend de telles proportions que le ministre de l’éducation nationale en personne se croit tenu d’intervenir.
En s’inspirant de ces faits aux lourdes répercussions, Lars Kraume a réalisé un film de facture très classique, presque académique. Néanmoins, malgré son allure très conventionnelle, l’histoire passionne, ne serait-ce qu’à cause des nombreux dilemmes et enjeux qui y interviennent. Pour plusieurs des lycéens de cette époque et de ce lieu, c’est le rapport au père qui se révèle extrêmement complexe, l’Allemagne sortant à peine d’une guerre à laquelle ont participé de nombreux hommes. Les enfants savent-ils vraiment ce qu’ont fait leurs pères pendant les années de guerre ? La grande question qui traverse tout le film, c’est celle de la vérité et du mensonge. Non seulement parce que les pères ont peut-être menti à propos d’eux-mêmes, mais parce que les lycéens eux aussi, harcelés par les enquêteurs qui veulent savoir les noms des meneurs de la minute de silence, se trouvent confrontés au choix de la vérité et du mensonge. À plusieurs reprises, au cours du film, il suffirait peut-être de mentir pour que cessent les poursuites à l’encontre des élèves. Placés devant ce dilemme, quels choix font-ils ? Jusqu’où sont-ils capables d’aller au nom de la vérité ? spoiler: Parmi eux se trouvent deux sœurs dont l’une porte une croix autour du cou. À l’enquêtrice qui la questionne à ce sujet tout en essayant de ridiculiser la foi chrétienne et qui lui demande si elle croit en Dieu, elle ne craint pas de répondre par l’affirmative. Car, en fin de compte, quoi qu’on fasse, c’est toujours la vérité qui a le dernier mot !
tupper
tupper

193 abonnés 1 587 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 mai 2018
Le film rend parfaitement la progression dramatique de cette histoire. Au point que pendant presque 1h on a du mal à saisir le véritable enjeu tant les faits semblent anodins. Et pourtant cela vaut le coup de tenir car la tension qui s’installe ensuite nous révèle le véritable climat de ce lieu et de ce temps. On est entraîné aux côtés de cette classe dans une situation qui les dépasse. Leur défiance au départ futile se muant en une lutte noble et solidaire pour la justice et la liberté qui suscite l’attachement et l’émotion.
orlandolove
orlandolove

170 abonnés 1 736 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 mai 2018
Académique sur le fond (mise en scène, musique) mais l'émotion fonctionne à plein grâce à un scénario solidement charpenté et à des personnages bien construits.
btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2018
Très bon film, classique dans sa réalisation mais terriblement efficace grâce à une histoire forte et passionnante qui relate parfaitement le quotidien des jeunes dans la RDA de la fin des années 50 où la libre-pensée, surtout si elle est à contre-courant, n'est pas tolérée. Le réalisateur démontre alors comment à partir d'un acte apparemment anodin, la vie de plusieurs étudiants peut basculer. Avec en plus un très bon choix de comédiens.
Charles R
Charles R

60 abonnés 424 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mai 2018
Un film allemand ? Et pourquoi pas ? Voilà qui n'est pas si commun que cela. Un film en outre évoquant un épisode peu connu de l'Histoire allemande, à l'époque où les deux Allemagnes sont à couteaux tirés, où deux idéologies se font face, où à l'est les comportements suspects font l'objet d'une surveillance et parfois d'une impitoyable répression, et ce avant même que le mur de Berlin ne soit construit. Nous sommes donc en 1956. Un groupe de lycéens est-allemands ayant eu connaissance de l'insurrection de Budapest et de la sanglante répression qui s'en est suivie, va avoir le courage et l'audace de respecter durant un cours d'Histoire une minute de silence en mémoire des victimes des troupes soviétiques. L'affaire va prendre une tournure à laquelle les jeunes ne s'attendaient pas : les plus hautes autorités vont intervenir et chercher le coupable, l'horrible contre-révolutionnaire qui a pris l'initiative de la minute de silence. Dès lors, les menaces vont se succéder ainsi que les chantages les plus odieux. Le film est en fait adapté du récit d'un de ces jeunes qui, ayant fui à l'ouest, a relaté les faits qui ont alimenté cette "révolution silencieuse". Incontestablement le scénario adopte un registre dramatique - quoi de plus normal ? - mais aussi pathétique, voire mélodramatique. Et voilà où l'on peut trouver à redire, d'autant que la musique sollicite par des effets un peu faciles l'adhésion du spectateur au propos du cinéaste. On se fût en outre passé de l'épisode amoureux au cours duquel on voit une jeune lycéenne tiraillée entre deux des meneurs de la sédition. Cette surcharge narrative a de quoi desservir le propos d'ensemble, au demeurant fort intéressant et respectable, en éloignant le spectateur de ce qui constitue l'essentiel. Il n'empêche que cette page de l'Histoire allemande est illustrée par des acteurs fort jeunes souvent filmés en gros-plans et dont la présence est des plus convaincantes. C'est cette force de la jeunesse que le réalisateur Lars Kraume a voulu mettre en évidence en montrant que l'avenir d'un pays passe par des jeunes conscients des enjeux de l'Histoire et qui peuvent par leur courage et leur solidarité faire basculer le destin d'une nation. Un propos on ne peut plus noble et qui conserve toute sa force et son actualité.
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mai 2019
Un bon film allemand ! Un belle histoire d'après un fait réel. Un bon scénario, une bonne réalisation, des acteurs sympathiques (ou antipathiques), une ambiance communiste dans la RDA très bien reconstituée, et une fin malgré tout pleine d'espoir, fait de ce film une belle oeuvre cinématographique. Document historique donc, à faire découvrir aux jeunes générations...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 3 mai 2018
Berlin-Est, 1956. Dans un lycée proche de la frontière, Théo, Kurt, Erick, Léna et leurs copains s’apprêtent à passer le bac. Le mur entre les deux Allemagnes n’existe pas encore, mais la guerre froide américano-soviétique est déjà à l’œuvre. Et les infos en provenance de l’Ouest font état de chars russes entrant dans Budapest. Par solidarité avec la résistance hongroise qui ressemble à un cri pour la liberté, les lycéens décident de respecter une minute de silence dans leur classe...
Odieuse provocation de petits bourgeois méprisant la classe ouvrière ? C’est comme ça en tout cas que l’affaire est prise en haut lieu. Et pour stopper ce vent de contestation, les autorités veulent punir le responsable de l’affront. Mais là aussi, la résistance va s’organiser et la solidarité se montrer plus forte que l’autoritarisme. En mélangeant la petite histoire avec la grande, « le film raconte comment l’Allemagne a réussi à se frayer un chemin vers un avenir nouveau », explique le réalisateur Lars Kraume....
Le récit, tiré d’un roman lui-même inspiré de faits réels, est déroulé de façon linéaire et quasi-implacable. Il s’appuie sur une mise en scène rigoureuse et sans fantaisie. Si bien qu’au final cette Révolution silencieuse quitte le registre de la fiction, pour une démonstration réaliste un peu appuyée et démonstrative. Heureusement, les jeunes acteurs sont excellents jusque dans leurs doutes. Parfois plus crédibles que leurs ainés au didactisme un brin caricatural. Reste un cours d’histoire bien vivant pour tous les lycéens d’aujourd’hui.
Anne M.
Anne M.

86 abonnés 663 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 mai 2018
En 1956, le mur de Berlin n’est pas encore érigé. C’est ainsi que deux lycéens de Terminale, Kurt et Théo, se rendent à Berlin Ouest, à 40 km de leur petite ville de RDA et assistent à une séance de cinéma. Les actualités montrent les combats entre les soviétiques et les manifestants hongrois à Budapest.

De retour au lycée, avec les élèves de leur classe que Kurt a convaincus, ils marquent 2 minutes de silence en mémoire des victimes hongroises des affrontements.

Mais leurs professeurs font remonter les faits jusqu’au ministère. Un enquête s’en suit. Les élèves sont interrogés et poussés à dénoncer les meneurs. Les enquêteurs mettent les élèves sous pression, usant de renseignements qu’ils ont sur leurs parents. Quelques personnalités se révèlent au fur et à mesure, alors que l’affaire prend de l’ampleur

Cet excellent film, très bien interprétés, décortique les mécanismes que la dictature met en place pour soumettre les lycéens. La réalisation est extrêmement fine et efficace, le suspense est haletant jusqu’à la fin. L’histoire s’inspire de faits réels et c’est glaçant, même si la solidarité entre les lycéens réchauffe le coeur.
Mon blog : larroseurarrose.com
mat niro

467 abonnés 2 170 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juin 2018
"La révolution silencieuse", où comment le destin d'une classe de terminale va basculer après une (en fait deux) minutes de silence en hommage aux rebelles hongrois face à l'ennemi soviétique. Lars Kraume situe son action en Allemagne de l'Est, en 1956, et ce qui va découler de cette rébellion est tout simplement magique. Cette histoire vraie met à mal la cohésion de ce groupe en s'appuyant sur des techniques d'interrogatoire qui font monter la tension à travers des thèmes comme la morale, la trahison ou encore le passé familial. Un film passionnant et instructif qui peut parfois faire penser au "Cercle des poètes disparus".
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 mai 2018
Bon film sur les prémisses de l’installation du contrôle social (-iste) de l’état est allemand sur la population.
Toute proportion gardée, comme le furent en leurs temps « les désarrois de l’élève Torless » et « le ruban blanc » pour le naz***e.
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