D’abord c’est un grand objet formel que l’on peut admirer tel quel. La mise en scène très travaillée de Michael Mann et le score électronique de Michel Rubini se combinent en une création esthétique fascinante, au service d’une histoire de serial killer traitée avec sincérité et soin. spoiler: Le fait de switcher sur le tueur à mi-parcours enrichit le film, ainsi que de nombreux éléments de mise en scène (la scène du supermarché par exemple) qui ajoutent à la relative complexité du film. Relative parce-que le film ne transcende pas les limites du genre (à l’inverse de ce que parviendra à faire Lars Von Trier avec ‘The House That Jack Built’ par exemple), mais les exploite à leur maximum absolu. Un excellent film qui supporte des visionnages répétés.
J'ai décidément beaucoup de mal avec ce métrage de Michael Mann qui me semble toujours interminable. Première adaptation ciné qui met en scène le tueur en série Hannibal Lecter, Manhunter subit des choix artistiques douteux à mon sens, entre l'ambiance musicale à contre courant et les monologues improbables de W. Petersen on n'y note un paquet d'incohérences mais le plus gros soucis pour ma part réside dans le fait qu'on n'y croit jamais. Impossible de rentrer dans ce film, et même si les antagonistes sont intéressants, on est bien loin du Silence des Agneaux, d'ailleurs Petersen n'a jamais l'air à son aise ici, comme d'autres seconds rôles par ailleurs. L'intrigue est probablement digne d'intérêt mais l'ensemble est vraiment trop mou pour captiver. Ce sera sans nul doute la dernière fois que je le vois.
HEAT est un polar bien plus célébré mais MANHUNTER est probablement le meilleur film de Michael Mann. Une oeuvre au traitement unique, thriller psychologique à l'ambiance glacée (mais pas glaciale) à la lisière du Fantastique, avec ses trouées oniriques et expressionistes atypiques. Le acteurs sont excellents (mention aux étonnants William Petersen et Tom Noonan), la photographie superbe, les cadrages de Mann inventifs et la musique est envoûtante. Un film à redécouvrir, toujours injustement dans l'ombre du célèbre LE SILENCE DES AGNEAUX.
Manhunter est tout en tension, et sa structure construit un cauchemar éveillé au cours duquel l’ancien détective reprend du service, quitte un paradis qu’il retrouvera à terme afin de se raccorder, le temps d’une enquête, à son passé traumatique. La subtilité de la mise en scène, qui joue avec les surfaces réfléchissantes – miroirs, vitres, carrosseries, hublots – pour interroger la relation complexe qui unit profiler et serial killer, l’un étant le versant positif d’une même médaille, l’hémisphère sain d’un même cerveau obsessionnel, suggère l’horreur sans jamais tomber dans le gore gratuit ; le déchaînement de violence n’intervient que par photos interposées, par flashs qui heurtent autant le spectateur de cinéma que la petite passagère voyageant à côté de Will Graham dans l’avion.
Car le sens à l’œuvre ici, prétexté sixième par la traduction française, est bien la vue, abordée par le prisme de la pulsion scopique dans laquelle Michael Mann inclut le spectateur, mais d’une pulsion qui ne saurait se passer des pulsions de vie et de mort. Les séquences d’ébats entre Graham et son épouse sont filmées dans une lumière bleue qui s’inscrit dans un travail sur la couleur et le filtrage coloré des plans, comme si le cinéaste cherchait la bonne lumière inactinique pour donner vie à ce qui est caché, à ce qui ne saurait naître à la pleine lumière. Nul hasard si nous passons plusieurs fois dans le rouge des chambres noires servant à développer les photos – au poste de police, dans le laboratoire avec Francis Dollarhyde. En soufflant des atmosphères singulières également composées par la musique électronique des Reds, en imprimant des images fugaces, ces lumières colorées expriment non une simple ambiance mais l’état d’âme des personnages, somme de leurs fantômes et de leurs fantasmes. Le rythme lancinant de Manhunter, cassé par quelques saccades au suspense délectable, résulte de ce kaléidoscope d’intériorités que Mann sonde et qui fractionne la « chasse à l’homme » promise par le titre original : dans cette chasse nous ne savons pas vraiment qui est chasseur et qui est proie : la visite à Lecktor, sous une lumière blanche qui révèle tous les secrets – et que verbalise le docteur – change le policier en double traqué par une intelligence machiavélique, et Tooth Fairy se révèle l’avatar mobile d’une légende du cannibalisme gardée enfermée dans sa cellule mais tirant les ficelles.
Avec ce troisième film de fiction, Michael Mann réalise un chef-d’œuvre, la meilleure adaptation de la saga écrite par Thomas Harris en ce qu’elle interroge le regard comme porte d’accès ouverte sur les rêves et sur l’intériorité cachée d’un individu.
Une très grosse déception !!!! Aucun intérêt, aucune tension, aucune angoisse !!!! Décidément je n'aime pas le travail de Michael Mann, un réal sur estimé à mon goût. Musique totalement hors sujet
Cette première adaptation de "Dragon Rouge", qui constitue également la première apparition d'Hannibal Lecter (ou plutôt ici, Lecktor) au cinéma, réalisée par Michael Mann et sortie en 1986, n'est pas mal mais sans plus. À l'instar du roman de Thomas Harris finalement dont j'ai été également assez déçu. Effectivement, je trouve que le roman ne décolle véritablement que dans sa seconde partie, l'histoire et le contexte étant un peu longs à se mettre en place dans la première partie. Et on retrouve ce problème dans le film avec une enquête qui peine à avancer et à être captivante. Et ce n'est pas parce-que j'ai lu le roman avant, non, je pense qu'il y a vraiment un problème de rythme, ce qui est très dommage ! Car, dans le fond, l'histoire n'est pas très passionnante non plus, surtout dans le film, qui coupe, évidemment, beaucoup de passages du roman. Même si le film reste néanmoins une adaptation très fidèle, dans sa trame principale, nous n'avons pas tout le passé de Lecter qui est pourtant très intéressant et nous en apprend beaucoup plus sur le personnage (mais évidemment, le film aurait duré quatre heures sinon). De même, la relation qu'il développe avec son double, le Dragon, est très mal exploitée. Quant à Reba, elle arrive un peu comme un cheveux sur la soupe et ne sert pas à grand-chose ; son rôle étant beaucoup plus important dans le roman. Le film est donc un peu long, il y a beaucoup de passages où on s'ennuie un peu et puis l'histoire n'est donc, dans le fond, pas bien originale ni captivante. Mais heureusement, le film se rattrape avec l'excellente mise en scène de Michael Mann ! Ce n'est pourtant que le second film du réalisateur que je vois, je ne suis donc pas un fan, mais j'ai été ici impressionné par cette maitrise de la mise en scène qui nous offre une ambiance glaciale, à la fois au travers des décors, mais également au travers de scènes isolant les personnages, les confrontant alors à leurs propres angoisses (aussi bien le tueur que le flic). Concernant les acteurs, nous retrouvons principalement William Petersen, très charismatique, qui joue très bien, de même concernant Tom Noonan et puis Brian Cox qui joue bien mais dont la prestation n'est pas extraordinaire pour autant. "Le Sixième Sens" est donc un film qui reste très bon concernant sa mise en scène (surtout si on ajoute à cela l'excellente et captivante B.O.) mais qui s'embourbe dans une histoire un peu molle et plate.
Un ratage à tous les niveaux. Mentions spéciale à la BO, qui est tellement inappropriée qu'on pourrait croire que le réalisateur a collé une playlist "rock FM" tout le long du film. Imaginez "Le silence des agneaux" avec California Dream en B.O et vous aurez un avant-goût de ce film. La scène finale est kitschissime à souhait. spoiler: La photo de famille avec les enfants blondinets sur fond de coucher de soleil à la plage, vraiment ? Les acteurs ne transmettent aucune émotion. C'est l'encéphalogramme plat. En bref, un film très très inférieur à "Red Dragon", que j'avais vu à sa sortie et qui avait su parfaitement traduire l'esprit du roman du même nom.
D abord il y a surtout le style de Michael Mann . Visuellement très beau avec des contrastes de couleurs qui vont mettre en lumière les sentiments des différents protagonistes. Comme une mise en scène de théâtre le réalisateur nous entraîne dans le cerveau du tueur en série traqué par Will Graham . Un bon polar different du remake avec Edward Norton mais tout aussi intense .
Mêlant une histoire de tueur en série et une science-fiction de pacotille, ce film confus, surjoué et à la réalisation piteuse est un ratage de premier ordre. Il se peut qu’il ait enchanté le public des années 80, mais aujourd’hui c’est un parfait navet. De toutes les façons, le roman de Thomas HARRIS, dont il est l’adaptation, était de loin le plus mauvais de la trilogie, très loin derrière « Le silence des agneaux ».
Après m'être tapé la trilogie Hannibal Lecter, il me restait à voir le 1er film tourné avec ce personnage, Manhunter de Michael Mann. Le scénario est en tous points similaire à Dragon Rouge, sauf la fin, et spoiler: la mémé castratrice qui est absente du film , et tant mieux. J'ai trouvé cette version plus claire sur les motivations du tueur, mais je n'ai toujours pas compris ce que vient faire la Lune dans l'histoire. Je comprends que le film n'ait pas eu de succès à l'époque, car il n'est pas très marquant, il sera vite oublié.
Qu'il est ardu de rivaliser avec Anthony Hopkins et l'atmosphère suffocante instaurée par Jonathan Demme dont le Silence des Agneaux demeure le mètre étalon des adaptations de la tétralogie de Thomas Harris! Malgré la prestation impeccable de William Petersen et l'ombre inquiétante du serial killer, l'intrigue échoue à nous happer à cause de la désuétude lassante des choix de réalisation, des lumières à la bande-son en passant par les cadrages. Trop estampillés série B des années 80!
Un film froid, clinique. Une ambiance inquiétante. Et surtout une musique très 80. Les deux premières minutes nous plongent directement dans le film avec cette musique de synthé . Un très grand film qui prend aux tripes.
En 1987 ca devait être un très trés bon film. Malheureusement, le temps est passé et à l'image on sent que le film date des années 80. Les plans de scènes d'amour avec des lumières bleus, la maison blanche sur la plage, la permanente aux cheveux de sa femme, les travellings et fondus avec lumière, le tueur avec les cheveux décolorés à la Blade Runner.. tout y est. L'histoire était pas mal mais désolé la forme a emporté le fond.