Après "Little Odessa" et avant "La nuit nous appartient", James Gray nous emmenait une fois encore au coeur de la pègre avec "The Yards" et son casting 3 étoiles. Mark Wahlberg a rarement été si convaincant dans un rôle, paumé et pas futé (au moins au début), on sent tout son désarroi au fur et à mesure que l'intrigue avance, embarqué tant bien que mal dans de sordides affaires. Phoenix, Caan et Theron assurent le show comme attendu et l'aspect psychologique des personnages est très bien mis en exergue ici. La principale différence d'ailleurs avec les mastodontes du genre que sont les Scorsese, De Palma, Leone et consort tient surtout du fait de l'importance des liens familiaux dans "The Yards". Pour le reste c'est plutôt classique avec les traditionnels trahisons, pressions et autres assassinats mais l'ambiance plus feutrée qu'à l'accoutumée fait son petit effet. L'air de rien et même s'il n'est pas du même niveau que les chefs d'oeuvre du genre, le deuxième long métrage seulement de James Gray se hisse aisément parmi les très bons films de mafia. A voir, assurément.
Une magouille qui tourne mal, la justice s'en mêle et les règlements de comptes commencent. La façon dont tournent les événements est ingénieuse et les pertes sont plus dures à encaisser que prévu. J'aime l'ambiance très sombre qui arrive soudainement à la deuxième partie du film. Le metteur en scène est excellent et le baratin régulier des mafieux est en accord total avec la réputation de ce milieu. Un très bon divertissement et un aperçu clair des dangers de la corruption et des coups tordus qui tournent mal.
J'ai longtemps hésité comment il fallait commencer cette critique, c'est évident que ce n'est pas un mauvais film, mais son manque d'originalité qui tranche avec son bon jeu d'acteurs et sa mise en scène nous laisse perplexe. Je me dit souvent qu'un film est intéressant quand il y a beaucoup à dire, même les mauvais. C'est pour cela qu'il faut avoir regardé pas mal d'étrons autant que de grands films pour s'estimer avoir une culture. Mais "The Yards" n'est pas un film intéressant car il n'y a pas grand chose à retenir, seulement qu'il n'est pas mauvais.
Malgré une bonne réalisation de James Gray ce film m'a surtout paru très long et ne m'a jamais surpris plus que ça. Le jeu d'acteur est bon mais le scénario a vraiment manqué de quelque chose pour me faire décoller. J'en ressort un peu déçu malgré toute l'émotion que ce film voulait dégager, ça n'a pas collé pour ma part.
Malgré une réalisation impeccable, des acteurs majestueux et une histoire originale, The Yards n'a pas su me convaincre, sans doute à cause de ses personnages aucunement attachants, d'une intrigue soporifique et d'un final peu surprenant.
L'histoire de ce film est intéressante et l'angoisse du héros particulièrement bien rendue : on a peur pour lui. Néanmoins, on est loin du grand film. L'intrigue est trop linéaire et certains "rebondissements" sont trop prévisibles. En plus, on sent qu'il y a eu une projection-test pour ce film spoiler: car la fin du film semble rajoutée sur la première fin réelle : c'est-à-dire que si le film finissait 5 minutes plus tôt, j'aurais davantage aimé mais ils nous ont mis derrière ce qui aurait été une fin logique, une vraie happy-end hollywoodienne, et là, je déteste !
Il faut néanmoins tirer un grand coup de chapeau pour le super casting du film : une superbe pléiade d'acteurs, tous excellents, de Mark Wahlberg (qui commence à se faire un nom à Hollywood depuis "Boogie Night", "Le Corrupteur" (The Corruptor), "Big Hit" et "En Pleine Tempête" (Perfect Storm)) à Faye Dunaway en passant par Joaquin Phoenix (très différent de son rôle de Commode dans "Gladiator"), Charlize Theron et surtout le brillant James Caan (rappelez-vous de son interprétation dans "Le Parrain" (The Godfather)). Un petit détail, pour finir : Charlize Theron est à féliciter pour sa constance. Elle doit avoir une clause dans ses contrats l'obligeant à montrer ses seins. En effet, dans TOUS ses derniers films ( "Piège Fatal" (Reindeer Games), "Intrusion" (The Astronaut's Wife), "L'Associé du Diable" (Devil's Advocate) et bien sûr "The Yards"), elle nous montre au minimum sa très belle poitrine.
The Yards : Un film de truand assez noir et dramatique qui maitrise son scénario du début jusqu'à la fin, mais, il y a quand même pas mal de longueur du a un manque de rythme. C’est vrai, le film accuse d’un rythme qui est toujours le même, il y a pas de moment fort ou tout ce bouscule, même quand il y a des événements importants et ça c’est ennuyeux car l’émotion n’y est pas toujours. Ce qui est encore plus dommage, c’est que tout est s’y soigné et travaillé, que ce soi l’histoire, les rebondissements qui montent en intensités, les personnages et les lieux du film qui sont tellement bien posés car le film prend le temps de nous présentés tout ça, donc on s’y attache et c’est ce qui relève le film et qui nous fait regarder jusqu'à la fin. Car pour la petite histoire, c’est un jeune homme qui sort de prison et qui veut rendre sa famille fier en trouvant un boulot… Mais ça va tourner pas et des sorti de prison, il va être accusé d’un meurtre qui a pas commis et il va devoir prouvé son innocence face une entreprise très mafia ou mêle la corruption… Donc voila, le scénario est loin d’être ennuyeux. Ensuite, la réalisation, rien à dire, c’est impeccable, posé, l’ambiance très quartier, rurale est bien sympa. Et pour ce qui est des acteurs, ils sont convaincants, même Mark Wahlberg qui a une interprétation assez inhabituel, car il a un caractère assez timide, il ne cherche pas le bagarre… Il y a aussi le connu Joaquin Phoenix qui joue très bien. Donc voila, un bon polar, qui aurait mérité plus de rythme mais le scénario est solide.
The yards est un excellent James Gray, à mon sens un peu supérieur à La nuit nous appartient, pourtant déja éblouissant. Cette tragédie grecquo américaine est superbe, bien aidé par le Phoenix, toujours impeccable. L'histoire est agréable à suivre et change des classiques habituels sur la mafia, avec un côté entreprise qui résonne davantage.
Un grand film noir réalisé de main de maître par James Gray, où la famille tient un rôle important. Pour moi, on est très proche du point de vue émotionnel (la durée et la musique de Morricone en moins), du Il était une fois en Amérique de Léone. On est littéralement écrasé par le poids de l'histoire, le charisme des acteurs, et donc la mise en scène. Malheureusement, ou évidemment, le film sera un terrible échec commercial et peu reconnu par ses pairs. Cherchez l'erreur.....
« The Yards » est le projet casse-gueule de James Gray. Le film qui l'a éloigné du cinéma durant sept ans à cause de recettes désastreuses et d'un retour critique calamiteux notamment à sa présentation à Cannes. Le public cannois, qui a souvent du mal à accorder des mérites à un film tout en relevant ses défauts et qui ne sait dire que « chef-d'oeuvre » ou « bouse » fini par huer Gray et son film. On est donc en 2000 lorsque Gray perd sa réputation acquise avec « Little Odessa ».
Heureusement quelques années plus tard, « The Yards » devient enfin un film reconnu et considéré, une œuvre noire d'un New York corrompu dans lequel Léo Handler, tous frais sorti de prison, va retomber malgré lui dans la criminalité. La réinsertion dans le milieu New-Yorkais paraît impossible et seul ceux qui font de bonne alliance parviennent à leurs fins.
Avec « The Yards », James Gray dépeint une ville où les politiques se font graisser la patte par les patrons d'industrie, une ville d'ordures sans états d'âme, une ville pourrie jusqu'aux racines. Le réalisateur commence pourtant avec un discours plein d'espoir quand une mère ayant perdu son fils, le retrouve sain et sauf avec la volonté d'aller de l'avant et de laisser son passé derrière lui. Mais la petite fête pour le retour de ce fils aimé ne suffira pas à le sauver d'un futur construit par une enfance difficile, une enfance sans père, sans modèle et par une famille qui l'a déjà fait tomber une première fois. L'ombre du New-York noir le guette et l'agrippe. Son incapacité à se détacher de cette famille de mafieux et sa crédulité finissent par le perdre. L'amitié et l'amour n'existent plus, l'argent et le business subsistent. Mais Léo a encore le choix, éliminé le témoin qui pourrait tous les faire tomber, ou courir et fuir cette vie en abandonnant ceux qu'il aime.
Le choix. C'est le concept qui est le plus au cœur du récit de James Gray. Que ce soit un choix entre le bien et le mal, un choix amoureux ou bien un choix financier, James Gray fait dépendre son histoire des dilemmes de ses personnages. Des personnages dépourvus de gaieté, des personnages hantés par le remords, prisonniers de dilemmes continuels et sans issues. D'une flopée de personnages interprétés par des acteurs et actrices de renom tel qu'Ellen Burstyn, Faye Dunaway ou encore James Caan, il s'en dégage trois partageants une relation particulièrement malsaine et ambigüe : Erica, Léo et Willie. Les trois protagonistes, très liés dans le récit, forment un trio dramatique tiraillé par le remord, la cupidité, l'argent ou encore l'enfance. Leurs actions, leurs sentiments, leurs convictions les rendent différents mais les mèneront quelque part tous à leur perte. Le trio est particulièrement marquant dans son évolution et sa façon d'être lorsque l'on sépare un membre des deux autres. Alors que leur réunion provoquait la fête et la joie au début du film, leur rencontre finale sonnera la renaissance et la fin d'un amour ainsi que le début d'une jalousie. De la même façon, chaque duo formé par le trio change. Les relations deviennent de plus en plus compliquées et chaque personnage commence peu à peu à diverger du trio. Willie dit adieu à Léo dans la voiture avant la mission de l'hôpital, Léo s'éloigne de sa famille pour se cacher de la police et Erica commence à avoir des suspicions sur Willie.
Mais ces différentes divergences finissent par former une seule et même convergence, entre Léo qui revient pour sa mère, et Erica qui ne supporte plus son entourage et leurs affaires. Cette convergence est le point le plus sensible du film et il est traité de façon admirable. Les premières scènes entre Léo et Erica sont d'ailleurs très révélatrices. On sent quelque chose, un malaise, un passé enfouit, des regards particuliers, tout ça pour nous mettre la puce à l'oreille. Mais James Gray patiente pour donner les clés de son intrigue et ce n'est qu'au bout d'une heure qu'il se décide enfin à parler de Léo et Erica. Et comme dans les nombreux points culminants de son film, il met en place une scène magnifique qui nous fera davantage nous rapprocher de ceux qui ont quelque part choisi le bien, de ceux qui ont vendu leur âme.
Qu'est-ce que ça fait du bien de voir un film comme "The Yards". James Gray est vraiment un grand réalisateur. Que ce soit au niveau de sa direction d'acteurs (Mark Walhberg parfait, Charlize Theron et Joachim Phoenix excellents, eux aussi) ou encore au niveau de sa réalisation. Howard Shore signe ici une très belle musique qui fait penser à celle du "Parrain". On retrouve comme à l'habitude de Gray un triangle amoureux, ici parfait. Je reprocherais peut-être au film, sa ressemblance évidente avec le "Parrain" mais l'histoire reste très bonne à l'image du film.
"The Yards" est un très bon film noir à ne manquer sous aucun prétexte. Poignant.
5 ans après son coup de maître (et son premier chef d’œuvre !), l'auteur de "Little Odessa" nous livre son second volet sur la Famille : "The yards" (2000). Synopsis : New York, au cœur du Queens. Léo, libéré de prison, tente de se réinsérer socialement grâce à son oncle qui possède la grande compagnie des rails du métro du Queens. Mais c'est sans compter sur Willie qui exécute les tâches ingrates de l'oncle. Léo va dès lors se confronter à sa propre famille. Toujours sur le thème des rapports familiaux entre individus, et incluant le monde de la pègre au milieu du métro, maître Gray continue ce qu'il avait amorcé sur "Little Odessa" : il nous prend dans le vif du sujet pour nous imprégner poisseusement de son univers. Et les rapports familiaux sont toujours aussi diablement bien écrit par lui et son compère Matt Reeves (le réalisateur de la suite du préquel "La planète des singes" avec Serkis, c'est lui !). Ainsi, le scénario, bien alambiqué dans les méandres des personnages et de l'histoire que nous conte Gray, fignolé et minutieusement préparé, alterne avec brio corps-à-corps, temps morts (l'attente de Léo), silences (non-dits), avancement de l'enquête policière... le tout filmé par les yeux de Léo. Au lieu que ce soit James qui nous raconte une histoire, c'est Léo qui nous donne sa version des faits. Mark Wahlberg (tout juste passé devant la caméra de Paul Thomas Anderson : "Boogie nights"), juste impressionnant dans ce rôle d'homme brisé par la vie, se fait ainsi l'alter-ego de Gray au travers de sa caméra. Maître Gray, toujours dans son autobiographie, radiographie ainsi l'univers de la pègre au travers de la composition magistrale de Wahlberg qui, via son personnage, nous invite à en découvrir tous les rouages. Donc, pour parler casting, c'est toujours du haut niveau. Deux générations d'acteurs s'associent (la valeur sûre et la valeur montante), et ce, pour notre plus grand bonheur. Dans le rôle du patriarche (l'oncle qui veut aider sa famille à s'en sortir), James Caan assure un max, Faye Dunaway, Joaquin Phoenix, Ellen Burstyn, Charlize Theron et donc Mark Wahlberg apportent, grâce à leur interprétations ombrageuses et vivifiantes tout le tonus de "The yards". Des compositions dignement sobres et posées pour un film de gangster très bien maîtrisé ; Joaquin Phoenix, le futur Commodus de "Gladiator", incarnant ici un Willie peu commode, nous livre toutes les facettes de son talent : extra !! "The yards", maîtrisé par le casting donc. En atteste une musique somptueusement mélancolique et ajoutant au récit la dimension d'un mal être au sein de la famille, dont la figure de proue ne vacille jamais à l'image de l'interprétation de James Caan (justement le fils de Brando dans "Le parrain"). Musique mirobolante donc d'Howard Shore (le compositeur de "Seven") qui dirige l'orchestre philharmonique de Londres, toujours supervisée par Dana Sano (music-maker fétiche du cinéaste). Du bon son, en somme. Merci Howard ! Surtout qu'il s'agit, musicalement, d'un New York... londonien. Réjouissant !! "The yards" est également un film maîtrisé pour l'apport de James Gray à la technicité du métrage. Le travail sur la direction de la photographie par le regretté chef opérateur Harris Savides ("Zodiac", "American gangster") qui manie couleur/ombrage/visibilité avec telle parcimonie mérite tous mes chapeaux !! ; le montage d'une lenteur à couper au couteau ; et la mise en scène de Gray, toujours plus limpide, sont un modèle du genre. Pour conclure, "The yards", polar noir urbain par excellence produit par les frères Weinstein, n'a pas l'envergure d'un "Little Odessa", mais possède bien la force d'un auteur-peintre contemporain bourré de talent à n'en pas douter. Rarement New York n'a été si bien filmé depuis l'époque Leone. C'est dire ! Spectateurs libérés de prison depuis peu, ne cherchez pas : James Caan... viendra à vous ! Accord parental souhaitable.