Excellent film policier. C’est noir mais c’est efficace. Dualité des personnages apporte de la complexité et du réalisme loin des poncifs holiwoodines habituels, beau suspens.
Bien avant "La Nuit nous appartient" ou "The Immigrant", James Gray posait déjà les bases de son cinéma : une tragédie familiale où la loyauté, la culpabilité et la corruption s'entremêlent jusqu'à devenir indissociables. À sa sortie de prison, Leo Handler tente de reprendre une vie normale. Grâce à son oncle, influent entrepreneur du métro new-yorkais, il retrouve un emploi et espère tourner la page. Mais il découvre rapidement un système gangrené par les pots-de-vin, les intimidations et les crimes. Pris au piège entre sa conscience et sa propre famille, Leo devient l'homme à faire taire. Mark Wahlberg trouve ici l'un de ses plus grands rôles. Son interprétation toute en retenue contraste parfaitement avec l'explosivité de Joaquin Phoenix, déjà fascinant dans un personnage impulsif, imprévisible et profondément tragique. Charlize Theron apporte quant à elle beaucoup de sensibilité à un rôle qui aurait pu n'être qu'un simple intérêt amoureux. James Gray met en scène cette histoire avec une élégance remarquable. Les scènes de tension sont rares mais d'une efficacité redoutable, précisément parce que le réalisateur préfère construire ses personnages plutôt que multiplier les scènes d'action. Derrière les affaires de corruption se cache avant tout une histoire de famille. Chaque décision a des conséquences irréversibles, chaque trahison détruit un peu plus ceux qui pensaient agir pour protéger les leurs. James Gray filme moins des gangsters que des hommes prisonniers de leurs liens familiaux et de leurs propres choix.
Deuxième film de James Gray, « The Yards » permet au réalisateur de poursuivre sa volonté de développer son style. Mélange de thriller et de drame familial, cette deuxième réalisation reprend les mêmes codes que son précédent film « Little Odessa ». Un délinquant, incarné par Mark Walhberg, va retrouver sa famille après sa sortie de prison. En voulant retrouver une stabilité et s’éloigner du milieu de la délinquance, il va s’empêtrer dans les magouilles et la corruption du milieu des transports en commun New-Yorkais. spoiler: Trahis par un des proches qui le fait accuser d’un meurtre qu’il n’a pas commis, il va finir par se retourner contre ceux qui se prétendaient ses proches.
Les thèmes de la famille et de la trahison sont des thèmes chers à James Gray et il s’emploie, de nouveau, à les étudier sous l’œil de sa caméra. Sa réalisation peu spectaculaire permet de développer un intrigue assez originale et permet à ses acteurs, bien dirigés de délivrer de très bonnes performances. Le casting est assez remarquable pour un réalisateur encore méconnu et réunit autour de Mark Walhberg, rien de moins que Joaquin Phoenix, Charlize Théron ou encore James Caan. Bien sur, ces acteurs étaient sur le début de leur carrière et ce film leur a permis de s’affirmer en tant qu’acteur de talents. Comme à son habitude, James Gray privilégie la sobriété avec une action est peu présente et un rythme plutôt lent mais le tout n’est pas ennuyeux pour autant. « The Yards » est un bon film et permet à James Gray de confirmer ses qualités de réalisateur dans un cinéma encore classé indépendant. Note : 14/20
Film noir tendu comme un arc, sur fond de corruption et de saga familiale, qui n'est pas sans rappeler "Le Parrain" - d'autant que l'on retrouve James Caan, dans un rôle de parrain familial souverain et ambigu. La trajectoire croisée des deux personnages principaux, au cours du récit, est très intéressante : Joaquin Phoenix, frimeur et débrouillard, qui semble posséder les meilleures cartes; Mark Wahlberg - remarquable -, personnage falot, presque fruste, bouc-émissaire idéal, qui se révélera moins naïf qu'il n'en a l'air. Solide étude de caractères aussi, à mesure que les masques tombent, révélant trahisons et arrière-pensées, les femmes, seules, restant droites, dans cette corruption des sentiments. Faye Dunaway a gardé fière allure, mais pourquoi faut-il que James Gray donne à son héroïne un look aussi crapoteux, comme il le fera dans son film suivant : " La nuit nous appartient"?
Leo sort de prison et voudrait bien revenir dans la légalité en trouvant un travail. Sauf que son environnement ne va pas l'y aider. Il découvre un univers de magouilles, de coup bas et de pots de vin. Il va comprendre qu'il est le parfait bouc émissaire. Il y a du suspense, de l'action et des rebondissements, c'est ce qui sauve le film car sinon, il y a des longueurs et les personnages manquent de nuances. C'est un peu le film du gentil contre le méchant.
Le postulat de départ est un sous-genre en soi, le retour du fils prodigue après un séjour en prison qui fait suite évidemment à une erreur de jeunesse. Une fête pour son retour, bien entouré et une envie désormais de suivre un chemin honnête. Mais cette petite fête sème plusieurs invraisemblances... SPOILERS voir site !... C'est le plus gros défaut du film. La bonne idée réside dans le personnage de Frank/Caan, et du contexte notre entrepreneurial. En effet, ici le boss n'est pas un mafieux ou un caïd du crime organisé comme c'est toujours le cas dans ce genre de polar, mais un simple patron de société qui franchit la ligne jaune via la corruption, une corruption en col blanc qui va déraper à son insu. D'ailleurs Frank/Caan tente réellement d'offrir à Leo/Wahlberg une opportunité honnête. C'est là le vrai bonus du film, où comment une bavure met en péril tout un système de corruption. James Gray évite aussi judicieusement un triangle amoureux trop attendu. James Gray reste dans un réalisme sobre et maîtrisé, l'intrigue est vraisemblable et cohérente avec en prime un casting quatre étoiles en grande forme. Site : Selenie
Film des années 2000. Réunion de famille, des retrouvailles « On ne va plus avoir que du bonheur ensemble ! », cette réplique d’un début de film s’annonce comme le signe d’un drame sociétal annoncé. Là, il s’agit de la réinsertion de Léo (Mark Wahlberg) sous surveillance du comité de probation (pointage, éducateur) condamné initialement à 16 ans de prison pour vol de voitures. Une opportunité de redémarrer sa vie mais...un milieu de conglomérats où se mélangent la corruption des marchés ferroviaires en formes de pots de vin et les coups tordus entre concurrents, ne constitue pas un gage de sérénité absolue. Charlize Théron, belle comme le jour en joyau du cinéma américain, (25 ans à l’époque) dans le rôle d’Erica, James Caan dans celui de Frank Olchin et Joachim Phoenix spécialisé dans les rôles antipathiques de crapules cyniques , complètent cette distribution. Lumière blafarde, conciliabules, chantage, trahison, mensonges, manipulation, règlements de comptes quand la délinquance replonge, la récidive ne loupe personne que ce soit côté police, justice ou malfrats. Tant que la morale est préservée. Un film Choc.
On est vraiment dans la veine de James Grey , avec un néo polar, sur un ton poétique voire même onirique. Les acteurs sont très bons, grâce à une direction d’acteur bien maitrisée. Le rythme est un peu lent comme souvent chez Grey, une lenteur des mouvements de caméra , ce qui engendre une certaine lassitude .
Un film froid dans le bons sens du terme et une histoire certes simple mais machiavélique. Un duo Whalberg / Phoenix qui marche relativement bien. Un bon classique dans ce genre !
The Yards - film sur la trahison. Après son retour de prison, un homme souhaitant se ré-inserer n’y arrive pas à cause de son entourage. Il y a le plaisir de voir Mark Whalberg jeune et un scénario intéressant bien que lent, très "chuchoté" et des images sombres 3,6/5
The Yards confirme à quel point James Gray sait transformer un polar assez classique en quelque chose de beaucoup plus intime et mélancolique. Ce qui m’a le plus plu, ce n’est pas tant l’intrigue criminelle que les relations entre les personnages, les non-dits et cette ambiance constamment lourde et triste.
Le casting est excellent. Mark Wahlberg est très sobre, Joaquin Phoenix apporte une vraie tension et Charlize Theron est particulièrement touchante. Gray filme tout avec énormément de maîtrise, sans jamais en faire trop. Il y a une vraie élégance dans la mise en scène et dans le rythme assez lent du film.
J’ai parfois trouvé certains passages un peu étirés, mais le film garde une vraie puissance émotionnelle et une atmosphère qui reste longtemps après la séance. Un très beau polar mélancolique et humain.
Avec The Yards, James Gray propose un polar mélancolique où les liens familiaux se heurtent à la corruption et aux compromis. Mark Wahlberg incarne un personnage en quête de rédemption, pris dans un engrenage qui le dépasse. Gray privilégie une mise en scène sombre et contemplative, qui installe une atmosphère pesante. Cette lenteur maîtrisée peut toutefois atténuer la tension dramatique. Reste une œuvre élégante et cohérente, mais dont la retenue limite l’impact émotionnel.
"The Yards" est un film de gangsters solide, où un jeune homme fraîchement sorti de prison tente de se réinsérer, avant d’être irrémédiablement rattrapé par son milieu. Le film, bien mené, s’appuie sur un casting remarquable, avec un Joaquin Phoenix particulièrement convaincant dans le rôle d’une petite frappe violente et tourmentée. Son principal défaut ? On a parfois l’impression d’avoir déjà vu ce récit, traité avec plus de profondeur ou d’originalité ailleurs. Malgré cela, "The Yards" reste un bon film, efficace et bien interprété, qui mérite le détour.