Sale temps à l'hôtel El Royale
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Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juillet 2022
Pas le temps niaiser pour le réalisateur de « La Cabane Dans Les Bois », le scénariste de « Cloverfield », « World War Z » et « Seul Sur Mars », ainsi que le créateur et showrunner de la série Daredevil. Drew Goddard porte un éventail d’œuvres populaires à son actif, mais parvient également à puiser dans la subtilité lorsqu’il s’agit d’écriture. Ici, le résultat est différent de ce qu’on pourrait attendre de lui, car il s’agit d’un film qui joue sur la perception du spectateur. Mais à défaut, s’il n’y a pas affinité, ce dernier trouvera un divertissement moyen, succédant les influences du genre policier ou drame, qui illustre cette Amérique profonde, scindée en deux, à l’image de l’hôtel El Royale, là où les vices rattrapent toutes ces générations qui cherchent encore le rêve américain.

Pour le coup, nous passerons à côté de l’originalité dans cette œuvre qui emprunte énormément la photographie d’auteurs qui ont déjà imposé leur style. Cependant, celle-ci sert bien le propos et permet une lecture dynamique. Il en va de même pour les dialogues qui prennent de la longueur, tout en laissant les stéréotypes s’exprimer d’eux-mêmes, dans une bataille de secrets à tout-va. L’ouverture noue ainsi avec tout un mystère pictural, comme si chaque chambre de l’hôtel reflète l’état d’esprit de son ou ses occupants. Et c’est sur le pseudo-mystère que Goddard construit son récit et ses péripéties qui s’entremêlent avec la plus grande des coïncidences. Si on arrive toutefois à accepter ce parti-pris, il nous sera possible d’accéder au cœur du débat, qui met en scène des caricatures dans un environnement où les vices et la justice ne peuvent coexister. La Californie orne ce symbole hollywoodien, où les rêves y trônent. À l’opposé, le Nevada, terre des jeux d’argent, des cœurs et des vies brisées, constitue la chute des mythes et des fantasmes. Et au centre, le chaos le plus total, qui en oublie les contraintes et les objectifs. Cette zone est intemporelle et laissera place au dénouement qui est façonné avec amertume.

C’est donc dans un huis-clos que se joue la destinée d’êtres égarés dans l’antre, style sixties où les néons et le support de motel viennent nous rappeler à l’ordre. Il n’y a plus de place pour l’obsession du rêve, ce concept est mort en même temps que ces années qui ont permis à beaucoup de se découvrir et à se détruire par la suite. Les personnages ici, sont nombreux mais tous identifiables. Du plus discret au plus bavard, les comédiens sont réduits à satisfaire un faible cahier des charges, quitte à y laisser la performance derrière. Ceux-ci possèdent un arsenal d’honneur dans leur éthique et n’hésiteront pas à s’en servir pour faire rebondir l’intrigue. Mais dans ce piège perdu pour politiciens, il n’est pas nécessaire de soulever les faiblesses du casting, qui aura plusieurs raisons de faire mieux que ce qui nous est présenté et on y croit fortement.

« Sale temps à l'hôtel El Royale » nous invite ainsi à faire nos jeux, à prendre un pari sur ces personnages, dont le destin prévisible tient des enjeux secondaires plus intéressants. Si on identifie chacun d’entre eux à une allégorie ou une métaphore, il y a matière à en sortir victorieux de ce motel dépourvu d’originalité dans la forme. Ce sera au forceps de la matière grise qu’on saura briser les secrets afin de laisser mûrir la galerie de monstres que tout oppose. Les frontières s’écroulent pour que les interactions les plus loufoques et les plus sanglants puissent appréhender l’humour noir qui reste souvent en retrait, mais qui fera du bien aux cinéphiles les plus déterminés à remonter à la source de cette œuvre cynique.
Alasky

454 abonnés 4 541 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 juillet 2022
Huis-clos haletant et très efficace, avec une brochette d'actrices et d'acteurs absolument géniaux et très convaincants, le tout sur une super BO. On a ici un polar vintage époustouflant, sauce Tarantino. Un excellent thriller teinté de voyeurisme, j'ai adoré et je le recommande vivement !
tupper
tupper

190 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mars 2020
Une espèce de sous Tarantino avec moins de virtuosité dans la mise en scène et d’originalité dans le scénario. Pas désagréable mais on ne peut s’empêcher de comparer et donc d’être un peu déçu. Seul un extra terrestre qui ne connaît pas Tarantino pourrait peut être s’avérer plus séduit.
orlandolove
orlandolove

169 abonnés 1 731 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 février 2019
Drew Goddard signe un thriller fun et ludique. Le casting réjouissant (citons Jeff Bridges, Cynthia Erivo et surtout Chris Hemsworth dans un rôle étonnant) fait oublier les quelques longueurs du scénario vers le milieu du film.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 décembre 2018
J'ai tout de suite eu un bon feeling avec ce huis-clos "Tarantinesque" qui prend place dans un hôtel kitch plus ou moins abandonné, mais recelant certains lourds secrets. L'occasion pour une galerie de personnages hauts en couleur de venir passer quelques jours qui ne seront évidemment pas de tout repos. Le scénario révèle (trop?) rapidement ses secrets et évolue de manière surprenante, mais malheureusement se vautre un peu sur la fin. Dommage, car une grande partie du film est assez délectable et doté d'un casting fort solide, dans un esprit série B de luxe qui devrait plaire aux amateurs du genre et aux cinéphiles.
scrat28
scrat28

92 abonnés 292 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 septembre 2019
Sur la forme c'est assez sympa et pendant tout un temps on se dit que c'est même vachement intelligent et que ça va donner quelque chose d'incroyable. Mais à mi-course on se rend compte que le scénario ne suit pas, et toute la deuxième moitié du film, banale, longue et vide, le confirme. Quentin Tarantino avait déjà fait preuve de beaucoup d'auto-indulgence et d'amour de soi-même avec ses Huit Salopards (selon moi à moitié raté car en roue libre totale). Drew Goddard tente l'imitation/hommage mais échoue également. De manière un peu plus cuisante (Tarantino reste un maître expérimenté), mais en 40min de moins. Bref, très dommage car il y avait un potentiel incroyable dans tout ce que le scénario met en place pendant la première moitié.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 janvier 2020
Tarantinesque en diable, ce film n'arrive cependant pas à se hisser à la hauteur de son maître. Après avoir été scénariste d'un tas de films et de séries n'ayant rien à voir les uns avec les autres, Goddard se prend pour un auteur et c'est bien là que ça ne va plus. Le film se tient pendant une bonne heure et demie, avec quelques scènes étonnantes et la présence magique de Dakota Johnson mais aussi avec des longueurs notamment dans les parties chantées. A la fin, ça va moins bien avec l spoiler: e flash-back vietnamien bien-pensant, l'interminable et débile fausse absolution, et même la purification par le feu…
C'est tellement outré qu'on ne peut s'empêcher de penser que Goddard a dû se dire : "si les critiques pouvaient dire que ce film est à message, ce serait un plus !". Ben voyons !
Shephard69

405 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 avril 2019
En centrant son action sur un hôtel désert et isolé et par ses personnages tout en faux-semblants, une idée de départ qui fait immanquablement penser au film de James Mangold "Identity" mais aussi à "The grand Budapest Hotel" de Wes Anderson pour la richesse de sa photographie et ses cadrages très esthétiques, une écriture pour une habile intrigue à tiroirs et des dialogues ciselés qui rappellent un peu le style de Quentin Tarantino. S'il n'offre pas de grande nouveauté au genre, un huis-clos très efficace, jamais inutilement complexe et très bien rythmé en dépit de quelques longueurs. Un casting royal de Jeff Bridges en vieux gangster souffrant d'une démence sénile à Chris Hemsworth excellent en gourou manipulateur sociopathe directement inspiré de Charles Manson même si, à mon sens, le meilleur personnage est celui incarné par Cynthia Erivo. Strictement récréatif mais une bonne et honnête réussite.
tristan stelitano
tristan stelitano

72 abonnés 1 138 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 décembre 2018
Ce film au suspense haletant est un thriller de bonne facture qui se révèle comme un petit huit clos à la fois original et sanglant, où règlements de comptes dans un hôtel au beau milieu de nul part dont le genre rend hommage au cinéma de Quentin Tarentino. La solidité du scenario s'appuie grâce à son atout principal, le casting : Jeff Bridges en prêtre alcoolo, Jon Hamm dans la peau d'un mystérieux gérant, une Dakota Johnson surprenante en flingueuse, et surtout Chris Hemsworth absolument génial en paumé hippie qu'on le croirait surgir d'un film de casse des années 70. L'histoire donne le ton, l'ambiance horrifique fonctionne, le décor est parfait et la mise en scène offre un spectacle amusant où sept étranges personnages s'entretuent à coup de whisky et d'armes à feu. Seule reproche : les scènes violentes manque de substances et de sensationnelles pour que le film soit vraiment parfait. Néanmoins, ce " Sale Temps à l’Hôtel El Royale ( le lieu a réellement exister pour ce à qui ça intéresse, voir biographie de Frank Sinatra) reste un ambitieux projet, un polar musclé, efficace par sa mise en scène dont les munitions son à l'image de son impressionnante distribution.
CDRIX C.
CDRIX C.

58 abonnés 274 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 novembre 2018
Ni un thriller, ni un polar ... un film d'action alors ? Encore moins. Drew Goddard s'aventure là où peu de réalisateurs ont osé mettre un orteil : dans le mélange des genres. Car, cet hôtel, il est tout de même très particulier, isolé et sordide, fantastique (mi-Psychose, mi-Shining). Il est le théâtre de sordides histoires et beaucoup d'actes ignobles s'y sont déroulées, le suspense est évident. Mais qui sont ces malheureux protagonistes ? Que viennent-ils faire ici ? Méritent-ils ce qui leur arrivent ? Drame, polar et même film musical s'enchevêtrent. Sale temps à l'hôtel Et Royale est un film complexe, obscur. On en sort craintif. Une expérience de cinéma rare actuellement.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 mars 2020
J’ai trouvé que ce film était un petit chef-d'oeuvre. L’univers qui va être créé durant ce thriller, à travers ce petit motel décelant beaucoup de mystère, m’a fasciné. Ce situant dans les années 70, on aura en plus l’ambiance sonore qui s’accompagne de ces musiques rythmant parfaitement le déroule du récit. L’utilisation de la chanteuse Cynthia Erivo est vraiment misée à profit. Celui qui m’a le plus impressionné reste Jeff Bridges. Il est tout simplement incroyable. La prestation de Chris Hemsworth vaut aussi le détour. Il n’a pas à s’en faire de la fin de sa collaboration avec Marvel, avec son talent l’avenir lui tend les bras. Chaque acteur joue son rôle à merveille et c’est un vrai plaisir de voir cela. Les personnages sont parfaitement bien explorés avec des flashbacks intéressants narrant leur vie passée. De plus, le découpage du film rajoute un certain dynamisme passant d’un point de vue à un autre jusqu'à l'acte final. Le suspense est de mise et nous offrira un certains de nombre de rebondissements. Durant 2h20 j’avais les yeux rivés sur l’écran. SALE TEMPS À L'HÔTEL EL ROYALE arrive à nous offrir une magnifique expérience à part entière.
Stormtrooper62
Stormtrooper62

49 abonnés 401 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 janvier 2019
Drew Goddard nous propose un film de qualité avec ,il est vrai quelques airs de Tarantino.Un peu comme une sorte d'Hateful Eight dans les 60s et où le refuge est remplacé par un hôtel particulier,à mi-chemin sur deux états.
L'histoire est racontée sous forme de chapitre où on découvre les personnalités et le pourquoi les clients se retrouvent dans cet hôtel à ce moment précis.L'ambiance est assez sobre mais fonctionne très bien,le point fort étant surtout l'histoire et un bon casting.
Si vous aimez Tarantino,ça vaut le détour !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 4 décembre 2018
de l'action, de l'humour noir, des seconds rôles intéressants... à voir sans penser à Tarantino car on en est loin. une bande son made in 60' agréable.
Punisher.223
Punisher.223

7 abonnés 68 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 novembre 2018
Jeff Bridges, 68 ans dont 67 ans de carrière, 81 films - Le Canardeur, The Big Lebowski, Les Chèvres Du Pentagone, Iron Man, True Grit - est une fois de plus excellent dans cet hôtel El Royale. Mais il doit se sentir seul ! Les autres acteurs sont moyens. Lewis Pullman joue bien, Cynthia Erivo joue et chante juste – par ailleurs la bande son année 60 est bonne. J’adore Chris Helmsworth : Thor et Star Trek bien sûr mais également les excellents Horse Soldier ou Hacker, mais là, il pose comme une starlette. Dakota Johnson est inexpressive au possible. Côté effet spéciaux, moyens aussi, avec une scène digne d'un nanar. Quant au réalisateur, Drew Goddar, le scénariste prolifique de Six Feet Under, Alias, ou plus récemment l’excellent Dardeviln il nous embrouille dans une histoire à la complexitude digne de Lost, mais dans un format de 2h22 et non de 6 saisons! Drew Goddar n’est pas Tarantino, dommage, car le scénario était prometteur.
Syy A
Syy A

4 abonnés 25 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 novembre 2018
Drew Goddard signe là une oeuvre dont on devine un certain Tarantino en filigrane avec une touche et une mise en scène bien personnelle. Sans doute pas aussi prodigieux, il parvient à convaincre malgré tout avec un stylé déluré repoussant les normes du huit clos formel ou conventionnel. On se laisse aisément absorber par la trame loufoque et virulente d'autant plus que le casting est relativement probant. Jeff Bridges est à mon sens magistral dans la peau de ce père véreux associé à des répliques non pas extraordinaires mais efficaces ou encore Lewis Pullman en hôtelier aux triples facettes. Un long métrage à aller voir pour la forme et l'atmosphère cependant plus que pour le propos ou le scénario qui ne se tiennent pas forcément. Beaucoup s'y perdront à atteindre les 2h24 de diffusion à ne pas savoir quoi en penser de ce savant "bordel" , surtout quand on ne connaîtra pas bien les références et la filmographie du réalisateur.
Voilà un titre controversé qui plaira ostensiblement ou décevra brutalement.
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