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Peuch Peuch
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5,0
Publiée le 21 janvier 2024
"La Comtesse Aux Pieds Nus" est une tragique transcription du conte de "Cendrillon" version moderne à l'écran. C'est aussi une satire impitoyable sur des hommes appartenant à la jet-society, souvent cyniques, imbus de leur personne, incapables de se construire un bonheur. L'axe central du récit, c'est un cimetière, d'où partiront en retours en arrière successifs, les séquences qui composeront le film. On sait d'emblée qu'on entre dans une tragédie puisqu'on assiste aux funérailles de Maria Vargas (éblouissante Ava Gardner) nouvelle icône du cinéma à la recherche du prince charmant. Sont présents à la cérémonie, des hommes qui ont connu Maria, et pour beaucoup, désirée. Tour à tour, chaque protagoniste racontera son histoire sur Maria. La réalisation de Mankiewicz est prodigieuse. La première scène de danse de Maria, uniquement suggérée par les regards de l'assistance, les hommes étant captivés, les femmes beaucoup moins, est délectable. Celle où Maria change de prétendant, filmée de deux façons différentes, selon qu'elle est racontée par l'un ou l'autre est un modèle de cinéma. Et puis, il y a ces moments récurrents, traitant des chaussures comme symboles de prison, et des pieds nus symbolisant la liberté. Les dialogues, très abondants, amènent à l'œuvre un aspect de roman littéraire. C'est d'ailleurs Humphrey Bogart (en scénariste et réalisateur lucide, désabusé et vertueux, confident de Maria), qui ouvrira et refermera le livre. Une histoire de godasses signée par une très grande pointure d'Hollywood.
Excellent film pour moi, le meilleur film de toute la carrière de Ava Gardner ! L'histoire est magnifique, spoiler: de plus le scénario de ce film est quasiment la vie d'Ava Gardner ce qui est rare pour une star !
Il est difficile de trouver des mots pour exprimer la beauté de ce film : l'intelligence avec laquelle l'histoire est racontée, laissant entrevoir la réalité, sans jamais la montrer totalement... C'est peut être ce qui change tant par rapport aux films d'aujourd'hui, la finesse, l'intelligence avec lesquelles le spectateur est perçu. Au delà de cela, l'histoire, les acteurs, les images tout porte un magnifique film. La relation qui se noue entre Humphrey Bogart et Ava Gardner tout au long du film semble aux delà des explications, comme s'ils se comprennaient sans paroles ; quand au compte Torlano Favrini (le prince charmant...) il semble torturé par des pensées dont on ne comprend la significations qu'à quelques minutes de la fin du film... une fois encore sans aucune explication, simplement... Tout le film relate l'histoire, la courte carrière de Maria Vagas, ses rêves, ses déceptions et toute cette histoire est entrecoupé par les scènes de son propre enterrement où différentes personnes se souviennent, prenant tour à tour la narration, jusqu'à la toute fin, où la réalité sera révélée... Un film magnifique, comme beaucoup de ceux de Mankiewicz, où l'histoire semble se mêler à la réalité...
Un chef - d'oeuvre ! Humphrey BOGART, loin des rôles de "tough guy" nous émeut. Ava GARDNER, sublime, joue ce qu'elle a toujours été: une femme charmante séduisant tous les hommes. Orchestré de main de maître par MANKIEWICZ, l'histoire triste d'une "Cendrillon" nous est racontée avec originalité et nous laisse...
La comtesse aux pieds nus commence, chose curieuse, par ce qui devrait être la scène finale : un enterrement, celui de Maria Vargas, petite danseuse espagnole devenu star hollywoodienne en quelques mois et personnage principal du film ( elle est jouée par la resplendissante Ava Gardner ). Cette étrange façon de commencer par la fin n'est pas un caprice du réalisateur mais bel et bien le moteur principal du scénario : à tour de rôle, différents personnages racontent par flash-back la triste destiné de Maria, dont la mort, qui se rapproche un peu plus à chaque flash-back, semble à la fois insupportable et pourtant inévitable. Cette impression, qui met à mal les nerfs du spectateur, renforce ce sentiment de fatalité propre aux tragédies. De plus, cette narration faites par plusieurs personnages permet d'avoir différentes vision du personnages de Maria Vargas, personnage assez énigmatique qui m'a fais pensé à Carmen, une femme fière et libre, du moins au début, car après s'être marié, mariage qui fais d'elle une comtesse, elle supporte mal son titre mais se plie au mœurs des nobles jusqu'au jour où son mari, apprenant qu'elle le trompe, la tue. Cette mort pourrai être, comme celle de Carmen, sa dernière lutte pour la liberté, seulement voilà, le réalisateur, craignant sans doute que ce personnage perde subitement l'affection du public après avoir fais cocu un mari si parfait, lui a donner une raison noble pour commettre cet adultère : le mari est stérile et désespéré de ne pouvoir poursuivre la lignée, elle passe donc par un autre pour lui faire un enfant. Le personnage garde ainsi la sympathie du spectateur mais perd une grande partie de sa grandeur, dommage… Mais cette fin heureusement à peine décevante ne gâche en rien ce chef-d'œuvre cinématographique aux acteurs touts simplement parfaits et aux décors absolument magnifiques qui mérite amplement son succès.
Le film est un roman-photo assez médiocre. Les dialogues de Mankiewicz sont excessivement longs et remplis de banalités hollywoodiennes. Avant Gardener fait semblant de parler avec un accent espanol peu convaincant.
C'est, comme le dit Mankiewicz, une amère histoire de Cendrillon, l'histoire d'une jeune femme d'une beauté et d'une séduction extraordinaires convaincue de quitter son anonyme cabaret madrilène pour devenir une star du cinéma. Sa fulgurante ascension hollywoodienne et les portraits acides de quelques figures d'un univers cynique et impitoyable font croire, à ce moment, à une nouvelle déclinaison critique des mœurs hollywoodiens. Mais Mankiewicz dépasse ce thème par la complexité et la nature du personnage d'Ava Gardner. Le film raconte ni plus ni moins que le destin tragique de celle qui est l'incarnation de la femme idéalisée, dont la condition est d'être toujours désirée mais jamais aimée. De rencontres en espoirs, c'est le drame de cette femme superbe et intègre, invariablement déçue et mélancolique, que filme le cinéaste. De ce point de vue, Maria est une parente de la Garance de Carné et Prévert, cette autre incarnation de l'Amour imparfait. A la façon d'Orson Welles dessinant le portrait de Charles Foster Kane à l'aide de témoignages posthumes et de flashback, Mankiewicz construit un personnage d'une grande densité, riche de sa signification romantique mais aussi de ses non-dits et de ses allusions, morale et censure obligent. Ainsi, suivant une jolie métaphore, l'amour se trouve parmi les dorures et le luxe tandis que le désir nait au cœur de la plèbe. Voilà la belle idée de Mankiewicz exprimée à travers des scènes longues, souvent brillantes et émouvantes, parfois bavardes cependant.