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    Parasite
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    1 308 critiques spectateurs

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    symphonie10
    symphonie10

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    1,5
    Publiée le 8 juin 2019
    "Palme d'or" ce n'est pas une référence... mais critiques enthousiastes des spectateurs.... On parlait de critique sociale, de thriller... en fait c'est bavard bavard c'est une histoire laide sans aucun intérêt, un film dont j'ai envie de faire comme si je ne l'avais pas vu. La seule qualité de ce film c'est la photographie, la technique du réalisateur mais pour quel propos ?? Les pauvres puent, les riches sentent bons. Les pauvres même dans un bel endroit ne peuvent s'empêcher d'être qui ils sont : vulgaires et sales. Quelle critique sociale ? C'est manichéen. Pour quelle morale ? Celle qu'il faut travailler dur pour devenir riche ! Nul nul nul
    Naughty Dog
    Naughty Dog

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    5,0
    Publiée le 29 mai 2019
    Bong Joon-ho n'est plus à présenter.

    Détenteur de la Palme d'Or 2019 (marquant également la 1e Palme coréenne de l'histoire pour les 100 ans du cinéma coréen), ce grand plasticien du XXIe siècle reçoit enfin son 1er prix (oui seulement son premier) pour son nouveau long-métrage "Parasite"

    Un de mes réalisateurs favoris, découvert à l'époque à la sortie de son film ayant eu le de succès (The Host), monster-movie plaçant au centre la solidarité familiale au centre d'un film de genre tout en exerçant une critique du gouvernement coréen, ayant indirectement créé la menace principale, qui mettra cette famille à l'épreuve.

    "Qui sont les parasites ?" Bong Joon-ho étudia la sociologie plus jeune, et après avoir vu sa filmographie le tout résonne comme une évidence, dès Memories of Murder, thriller policier incroyable où 2 policiers (l'un rural et l'autre de la ville) doivent traquer un tueur violeur en se confrontant aux limites accordées par le pays dans les 90's.

    Mother (film déchirant où une veuve vivant avec son fils déficient mental, prête à tout pour vaincre les préjugés et laver l'honneur de son fils,accusé d'un crime terrible) ou ses 2 productions plus occidentales que sont Snowpiercer (dystopie post-apocalyptique et métaphore d'un cycle de domination sociale ne pouvant prodiguer d'égalité qu'en arrêtant la machine) ou Okja (conte ayant pour prisme l'opposition entre nature-innocence et un corporatisme despotique voyant la vie comme une viande à broyer) proposaient cette étude des fractures sociales qui habitent non seulement la Corée (pays qui porte encore les stigmates d'une occupation douloureuse, que son comparse Park Chan-wook étudie également), mais également le reste du monde par extension.

    A l'instar de son premier film Barking Dog (qui prenait comme décor un immeuble) voire de son court-métrage Tokyo! (où la survie et l'amour ne pouvaient exister qu'en abolissant les barrières invisibles que l'on se crée),Bong Joon-ho revient pour son 7e film à une intrigue au canevas plus simple d'entrée de jeu.

    Dès son premier plan, "Parasite" nous introduit la famille de Gi-taek (Song Kang-ho son acteur fétiche étant le patriarche, pour un de ses meilleurs rôles), sans emploi et vivant littéralement à même le sol, dans un habitat précaire et exigu, brillamment dévoilé via un cadre dans le cadre, et une séquence où le fils aîné Ki-woo doit chercher du Wi-fi (pour être en lien avec le reste du monde). Très vite ce dernier se verra offrir un poste de professeur d'anglais pour la fille du couple Park, une riche famille à la demeure gigantesque.

    D'entrée de jeu on voit que Bong Joon-ho nous abreuve de sa meilleure mise en scène à ce jour, livrant des plans léchés (sublimés par une photographie glacée et précise et de toute beauté par Hong Kyeong-pyo m'ayant plusieurs fois décrocher la mâchoire) et une réalisation chirurgicale valant 1000 mots, exploitant notamment l'architecture de chaque lieu, distillant avec intelligence tous les indices et ustensiles pour dresser son récit.

    Opposition entre un enfer précaire plus bas que le sol, où les poivrots pissent sur les murs, où les chiottes explosent et les "parasites remontent"....face à une habitation épurée et classieuse, où la Corée chic a assimilé la culture américaine tout en jouissant de plaisirs futiles sans même savoir être autonome.

    La découverte de la demeure des Park ainsi que du fonctionnement de cette famille est jubilatoire, Bong Joon-ho créant un comique de situation via un décalage socio-culturel, où la plèbe se doit user d'inventivité pour exister et interrompre une exploitation à sens unique.

    L'intrigue est écrite avec une maestria et un côté redoutable qu'il serait dommage de divulguer ses ressorts scénaristiques, toujours est-il que "Parasite" est une fable brillante sur cette lutte des classes, parvenant encore une fois à jongler les registres, entre le comique burlesque et grinçant, le drama familial mais aussi le home invasion, le film de casse et d'arnaque, la surprise absurde, le tragique kafkaïen et des moments de tension inouïs.

    Une histoire de chausse-trappes qui nous tient en haleine du début à la fin, et offrant des moments de pur cinéma via des images qui impriment la rétine (vous n'oublierez pas de sitôt une séquence avec une tente et une lampe torche, une scène de pluie diluvienne ou encore un plan glaçant de "fantôme dans la cuisine"), et un discours qui si il commence de manière très joviale (allant même vers la bouffonnerie), vire très vite au suspense vers une noirceur absolue et un caractère très inquiétant (notamment via un personnage élément perturbateur totalement aliéné), où l'humiliation des travailleurs et l'impossibilité d'une collaboration est annonciatrice d'une horreur et d'une lutte sanglante censée renverser l'ordre social.

    Le casting est irréprochable,que ce soit bien sûr Song Kang-ho en père de famille opportuniste, la très jolie Jo Yeo-jeong (en matriarche Park) ou bien Choi Woo-sik et Park So-dam, interprétant les 2 enfants aspirant à une vie meilleure.

    Entre le thriller de genre et la comédie furieuse, manifeste libertaire et signal de détresse social déchirant, "Parasite" est une fable puissante, passionnante, prenant aux tripes de manière universelle, et un immense film d'un cinéaste qui pourtant n'avait plus rien à prouver.

    Un chef-d'oeuvre absolu
    AM11
    AM11

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    4,0
    Publiée le 19 août 2019
    Le célèbre réalisateur coréen revient avec un thriller teinté d'humour noir qui porte un regard attentif sur la société coréenne. Si l'on n'est pas au cœur d'une société aussi hiérarchisée que dans "Snowpiercer", Bong Joon-ho s'appuie tout de même sur cette séparation des classes sociales pour faire une satire politico-sociale qui met en scène deux familles, l'une riche et l'autre pauvre. Pendant tout le film, le père de la famille aisée parle de limites à ne pas franchir pour bien que chacun reste à sa place comme s'il avait peur de se mélanger ou tout simplement de perdre sa place. Ki-taek, lui, voit les choses différemment et veut tout faire pour justement avoir la même vie que ces gens-là. Quand Ki-woo, le fils, se fait embaucher chez les Kim, c'est comme s'ils avaient ouvert la boite de Pandore vers un engrenage qui va mener à un point de non-retour. S'il ne s'agit pas entièrement d'un huis clos, on a l'impression de voir une pièce de théâtre pleine de dramaturgie et parfaitement mise en scène avec une histoire bien huilée qui réserve de nombreuses surprises. On passe du drame social à un thriller intense et angoissant. Quand tous les éléments sont dévoilés, les moments dans la maison sont vraiment excellents. On assiste à une violence sociale qui ne se limite pas qu'aux faits au cours d'une histoire qui mélange les genres à la perfection. C'est à la fois amusant, intense et divertissant. On critique parfois les films qui remportent la Palme d'Or, mais pour le coup, c'est un film qui a tout pour plaire au grand public et c'est le cas comme on le remarque avec les retours. Bref, un très bon film qui allie le fond et la forme, et qui est porté par un casting vraiment impeccable.
    Nisrine A
    Nisrine A

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    5,0
    Publiée le 21 octobre 2019
    ⚠� Alerte chef d'oeuvre ⚠� Parasite est une vraie expérience de cinéma, un film particulier et difficile à classer dans un genre (comédie, thriller...). Peu importe où il se situe, peu importe son genre, peu importe sa langue, Parasite est une satire universelle qui explore les fins fonds des contradictions de l’intelligence et de la misère humaines. Le scénario est ficelé comme une belle pièce de boucher, les acteurs sont rigoureux dans le jeu et le réalisateur (de formation sociologue) est plus qu'ingénieux dans sa narration et évolution de ses protagonistes. Parasite est une gifle cruelle de beauté, est d'une violence poétique avec sa belle métaphore de l'escalier et ce genre de phrases que vous devriez retenir « l’argent, c'est comme un fer à repasser, il efface tous les plis ». Bref, vous savez ce qu'il vous reste à faire ce weekend !
    Cinéphiles 44
    Cinéphiles 44

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    5,0
    Publiée le 25 mai 2019
    « The Host », « Mother », « Snowpiercer », « Okja »… On ne peut s’empêcher de citer quelques films de Bon Joon-Ho tellement ses œuvres sont grandes. Son retour sur la croisette en 2019 est un événement. « Parasite » nous emmène au sein d’une famille qui vit dans la misère dans les entresols et qui fait preuve de débrouillardise pour joindre les deux bouts. D’entrée de jeu, le cinéaste sait nous faire rire par des situations risibles que seules les pauvres connaissent. Un jour, le fils reçoit une roche de collection censée lui offrir prospérité. Mais c’est surtout lorsqu’on lui propose un emploi de professeur d’anglais dans une famille ultra-riche, après que sa sœur lui ait falsifié des diplômes, que la comédie sociale prend des allures de satire noire. La pauvre famille est considérée comme un parasite pour la haute société. Cette classe sociale qui vit effacée des autres, telle des cafards, va enfin pouvoir prendre sa vengeance. Après quelques magouilles, les autres membres de la famille vont également finir par obtenir un poste dans la famille qui méprise les besogneux et qui fuit l’odeur des pouilleux. Grâce à un récit ingénieux et hilarant, le réalisateur sud-corréen déploie un stratagème à double sens pour nous divertir et nous faire réagir. Chaque prestation est impeccable et délivre des moments qui resteront mémorables pour longtemps.
    D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
    thetitus
    thetitus

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    5,0
    Publiée le 13 juin 2019
    Voici un film vraiment formidable! Thriller et comédie à la fois. Scénario avec rebondissements permanents. Acteurs tous au top. Très bonne photographie. Choix de musiques, originales ou classique (Haendel j'adore), excellent. J'ai bien envie d'aller le revoir. Une Palme d'or non seulement méritée mais qui restera comme un formidable cru!
    MediaShow
    MediaShow

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    5,0
    Publiée le 27 juillet 2019
    « Parasite », nouveau thriller de Bong Joon Ho, est un long-métrage renversant. Le scénario est bluffant avec une touche humoristique maîtrisé, une histoire remplie de rebondissements inattendus et surtout avec une critique sociale marquante. N’oublions pas la mise en scène qui est soignée avec de magnifiques plans et un casting étonnant ! Palme d’or méritée ! La suite de la critique sur MediaShow : https://mediashowbydk.com/2019/06/14/critique-film-parasite/
    remyll
    remyll

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    3,0
    Publiée le 9 juin 2019
    Depuis longtemps je n’avais pas vu une telle unanimité de critiques extrêmement positives des journaux les plus contestataires du « système » à ceux beaucoup plus conservateurs qui ont noté ce film comme un vrai chef d’œuvre. Et puis le jury du festival de Cannes lui a attribué la Palme d’or...c’est dire : aucun risque de déception alors.
    Je n’ai pas mis en doute leurs analyses et je me suis dit que j’allais avoir la révélation de ma vie...

    1ere déception : Le film à Paris n’est proposé qu’en VO, or 1er mauvais point: je déteste voir un film dont j’ignore totalement la langue. À part « KansaAmnida » qui veut dire « merci » cette langue coréenne m’est totalement étrangère . Et passer le film à lire les sous-titres est une épreuve que je n´aime pas, d’autant qu’en France nous avons d’excellents doubleurs.
    Mais chez nos plus grands distributeurs français il semble que tout le monde parle coréen...

    2eme déception : Le scénario
    Très simple : les gentils pauvres désœuvrés vont se taper l’incruste chez les idiots de jeunes riches, en usant de stratagèmes assez border-line; et ces imbéciles de jeunes riches vont tomber dans le panneau. Mais les gentils pauvres vont bien évidemment découvrir que tout n’est pas si simple....Ooooook !

    Une belle réussite tout de même: les acteurs qui sont tous excellents et la réalisation, les prises vues, la photo est également très belle. C’est vrai.
    Et puis plusieurs passages sont vraiment assez drôles, on frise l’humour façon « fais pas ci, fais pas ça », en mieux. Mais quand cela vire au gore: là moi j’ai été assez surpris et pour tout dire déçu. J’attendais désespérément mieux, ou plus fin tous les cas. Même si la toute fin esquisse cela.

    En réalité tout ce film m’a mis assez mal à l’aise, car on se doute bien que la belle arnaque va mal tourner. Mais globalement à cet égard le suspens est assez bien mené.

    Conclusion parler d’immense chef d’œuvre pour ce film PARASITE , c’est franchement assez exagéré. Un bon film oui. C’est sûr. Assez amusant. Mais pas un « chef d’œuvre ».
    rouyard74
    rouyard74

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    5,0
    Publiée le 30 mai 2019
    Vu en avant-première ce mardi 28 Mai. Parasite est à mes yeux le film le plus accessible et abouti de la filmographie de Bong-Joon Oh
    Après la révolte postapocalyptique de Snowpiercer et le cri d'alerte fantastique d'Okja, Parasite est un thriller sociale qui se découvre.
    Rare sont les films qui peuvent comme Parasite faire passer aussi vite de l'éclat de rire au cri de stupeur...
    Les plans don't magnifiques. Le message bien qu'un peu trop appuyé à mon goût passe très bien.
    Les acteurs sont exceptionnels. La mise en scène est magistrale.
    Une belle et grande palmé d'or cette année.

    Merci Joker Film pour cette distribution.
    anonyme
    Un visiteur
    5,0
    Publiée le 12 juin 2019
    Incroyable film dans lequel la réalisation, les acteurs et la photographie sont tout simplement impeccables.
    Satire féroce tout en étant subtile et également touchante, plusieurs genres en un seul film. Du grand art.
    fesse_loquace
    fesse_loquace

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    2,0
    Publiée le 6 juin 2019
    Un vaudeville lourd, lourd.
    Des acteurs caricaturaux.
    Tout ça pour ça…
    Et pourtant, il y avait de bons films à Cannes
    Nadia L
    Nadia L

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    1,0
    Publiée le 8 juin 2019
    Ce film a visiblement conquis le monde (Palme d'Or, presse et spectateurs)... ben pas moi !
    J'y suis allée pleine d'enthousiasme, en suis revenue extrêmement déçue : la lutte des classes sud-coréennes est traitée de manière bête et méchante, caricaturale, lourdingue, brutale, malsaine, invraisemblable et cerise sur le gâteau, bien gore (...). Grotesque, on s'ennuie ferme !
    Encore une fois, je ne comprends pas la Palme d'Or.
    NoSerious M
    NoSerious M

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    5,0
    Publiée le 16 août 2019
    Sachez une chose: en cette pénible journée du 15 août, outrant à son habitude la sérénité de l'été, je ne me sens pas émotionnellement prêt à parler de "Parasite". Cependant, parler d'un film alors que son impact sur vous est encore immense, semble être la meilleure façon de rédiger un avis passionné. Mais que dire d'un film mettant en scène une famille de parasites, de la vermine parmi la vermine telle l'insecte écrasé par Song Kang-ho dans l'incipit, et dont la vie se résume à traîner sur le sol à la recherche de quoi vivre ?! Justement, c'est ainsi que débute le film: une famille vivant dans la misère, les Kim dont les ventes de pizza sont le seul moyen de se nourrir. Le fils, Ki-Woo, accepte par la demande d'un ami de donner des cours particuliers d'anglais à la jeune Da-Hye, fille de la richissime famille Park. De l'autre côté, sa soeur Ki-Jung s'engage à enseigner les arts plastiques au jeune fils Da-Song, enfant au caractère très particulier. Tombés sous le charme de leur grandissime demeure, véritable palace et source de mystères, les deux jeunes gens vont par la suite être suivis par leurs parents, y voyant l'opportunité de profiter des biens de la fiche famille. Ainsi le père, Ki-Taek devient le chauffeur familial et la mère, Chung-Sook fera office de gouvernante après une suite d'épreuves, qui leur vaudra finalement de risquer leur nouvelle vie, voire leur vie "tout court"... Les parasites peuvent-ils sortir malgré eux de leur nid d'insectes ? Peut-on échapper à ses pêchés ? Allons droit au but: "Parasite" est une claque. Et pas seulement une claque: une claque bien salée dont personne ne ressort sans bleus. Étant un adorateur modéré mais satisfait du travail de Bong Joon-Ho, je doutais fort de renier le lauréat de la Palme d'or de 2019. Mais pouvais-je m'attendre à recevoir une claque pareille de la part réalisateur sud-coréen, sans crier gare ?! Jusqu'ici, outre le troublant "Memories of Murder" (2003) et l'émouvant "The Host" (2006), il me manquait LE chef d'oeuvre du réalisateur, qui m'a habitué à des perles rares du cinéma coréens mais comprenant un petit quoi avec lequel j'étais circonspect. En l'occurrence, après une nuit de réflexion, aucun reproche ne me vient l'esprit. "Parasite" est tout simplement un chef d’œuvre authentique d'une puissance indescriptible et aux ressources hybrides, une véritable oeuvre d'art fouillée dans le moindre détail et qui atteint un niveau d'éclectisme inégalé. Ici nous assistons typiquement à l'autoportrait du cinéma de Bong Joon-Ho ; nous retrouvons chaque thématique commune et tout ce qui fait l'identité du cinéma de cet homme et à un niveau encore jamais atteint ! L'histoire, entre fable horrifique tantôt drôle et tantôt terrifiante, ne tombe nullement dans le piège du film cannois au propos lourd et surfait. Pourtant, un thème tel que la lutte des classes, ou autrement dit la richesse contre la misère, était extrêmement tabou et nous aurions pu nous attendre à un énième discours manichéen visant à valoriser une classe pour dévaloriser l'autre. Bong se tient à l'écart de ce type de discours, mais s'est arrangé pour que le thème de la lutte des classes devienne non seulement une toile de fond pour dénoncer considérablement les mauvaises passions de l'Homme (thème central des polars asiatiques classiques), mais en plus pour livrer une analyse sociologique des rapports humains dans la société coréenne.
    Nul n'aurait cru s'attendre une descente aux enfers mêlant aussi parfaitement l'humour de moeurs (c'est-à-dire rappelant le quotidien d'un groupe de personnes précis) et le ton horrifique, comme rarement les comédies horrifiques sont parvenues à le faire. Nan, il s'agit d'un film d'horreur réaliste, rappelant l'excentricité de "Funny Games" (1997) de Michael Haneke. Dans les deux cas est mise en scène l'horreur pure, nous rappelant à quel point les traîtres et les imprévus sont partout, et surtout jusqu'à quelle mesure l'Homme est capable de se dénaturer afin d'atteindre son but sans cas de conscience de frauder l'humanité d'autrui. spoiler: En l'occurrence, l'élément perturbateur principal de l'histoire va être déclenché lorsque la famille va voir son secret dévoilé par deux personnages inattendus, l'ancienne gouvernante et son mari qui vivait caché par dépit dans le bunker de la luxueuse demeure depuis quatre ans.

    À cet instant de l'intrigue, une impitoyable descente aux enfers est déclenchée, et le mécanisme atteindra son paroxysme dans une seconde partie à couper le souffle, et dans laquelle la cruauté inouïe et les effusions de sangs émanant de la mise en scène rencontrent un humour noir réjouissant, nous faisant passer du rire aux larmes d'une minute à l'autre et sans temps mort. La peur émane de l'immensité du cadre spatial central de l'intrigue, un espace dérangeant dont les longs voire étroits couloirs nous marquent profondément et faisant par ailleurs appel très incisivement à nos peurs ancestrales. spoiler: La plus marquante est bien-sûr le bunker caché derrière la cave de la demeure, et dans lequel sont enfermé l'ancienne gouvernante et son époux bien décidé à se venger de leur sort.
    Au même titre que les enfants craignant que le loup sorte du placard de leur chambre, la famille de Ki-Taek craint le dévoilement de leur secret par deux individus enfermés derrière une porte secrète, source de malheur qui n'était pas incluse dans le plan machiavélique conçu au fil de la première partie du film. L'esthétique tient une place primordiale dans le film où nulle couleur éclatante ne subsiste, renforçant davantage les craintes de la famille Kim et nous mettant ainsi à la même place que cette véritable famille de bêtes humaines. L'image est belle, sobre, n'est jamais excessive et de très nombreux plans resteront dans nos mémoires parmi les plus beaux jamais vus dans un film de genre thriller. La mise en scène brille de mille feux par la mise en valeur des visages des acteurs principaux tels que les délicieuses Park So-dam (la jeune Ki-Jung) et la minuscule mais surprenante Jung Ziso (Da-Hye, mystérieuse et mystique), complétée par une bande originale incroyable signée Jeong Jae-il, retentissant même bien après la fin du film. Dieu que je t'aime Bong Joon-Ho, tu es tout bonnement l'un des plus grands génies de toute l'histoire du cinéma. Personne auparavant ne m'avait ainsi transporté dans son univers, au point de ne plus savoir si c'était des larmes de joie ou de peur qui se déversaient sur moi. J'aurais encore tant de choses à dire mais à ce stade, le film parle de lui-même ; il faut le voir. Plus belle Palme d'or depuis une vingtaine d'années (outre "Dancer in the Dark" de Lars von Trier, aucun film cannois n'a pu obtenir une telle qualification de chef d'oeuvre à mes yeux), "Parasite" est un film choc, un véritable ras-de-marée émotionnelle décuplé par le nouveau maître coréen, bienvenu parmi nos salles obscures françaises. En dépit d'une violence (jamais gratuite, mais âmes chastes abstenez-vous) barbare à côté de laquelle Kubrick et Haneke font pâle figure, Bong est parvenu à atteindre la quintessence d'un cinéma en puissance mondialement reconnu, une énorme baffe cinématographique comme on en voit tous les dix ans. Le mélodrame et les sous-entendus politiques ne sont pas le moins du monde altérés par l'aspect comique dégageant de l'histoire, et c'est suffisamment rare pour être souligné. Enfin la question se pose à moi: pourrais-je un jour me remettre de ce qui fut l'une des expériences de cinéma les plus extraordinaires que j'ai vécues ?! "Parasite" est bien plus qu'un grand film: il s'agit de l'une des raisons pour laquelle le cinéma à été inventé.
    cinono1
    cinono1

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    4,5
    Publiée le 7 juin 2019
    Ce film est une satire souvant sidérante d'idées, de basculements narratifs dont le thème travaillé est l'ascension sociale. Quand à la réalisation, elle est belle, maitrisée, la photo est claire, le montage serré. On prend un pied pas possible lors de la projection, il y a des moments absoluments hilarants mais...Il y a un mais. Tout génial que peut être ce film, il est aussi victime de ses qualités, à savoir que les ruptures de tons empêchent de donner de l'épaisseur à ses personnages et une force à son propos. Au fond, le film a un coté théatral, la satire des incohérences du capitalisme, de l'égoisme, du repli sur soi qu'ellee provoque est réussi mais le film a t-il vraiment du poids ? Pas sur. Cela reste toutefois excellent, le spectacle est souvent ébourrifant.
    Ricco92
    Ricco92

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    5,0
    Publiée le 15 juin 2019
    Après Okja produit et diffusé sur Netflix, Bong Joon-ho revient sur le grand écran avec Parasite. Ce retour est en plus célébré par une Palme d’or à Cannes amplement mérité. En effet, ce film, facilement accessible pour le grand public (ce qui n’est pas toujours le cas avec cette récompense), est une petite perle du cinéma sud-coréen. Scénario prenant multipliant les rebondissements (le principal apparaissant en milieu de film ne devant surtout pas être dévoilé) et les genres (film social, comédie, thriller...), possédant plusieurs sous-textes (le plus évident étant l’évocation de la lutte des classes) et n’étant jamais manichéen, réalisation totalement maîtrisée et accumulant les belles idées de mise en scène, acteurs parfaits… : que dire de plus si ce n’est qu’il faut courir le voir en salle.
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