D'une virtuosité rare et surprenante, Parasite est l'un de ces trésors angoissant et réaliste dont regorge le cinéma coréen. Bong Joon-ho hisse un véritable tissu de mensonge, mettant en scène la vénalité et le besoin de changer de position, animant une forme de corruption, pouvant aller jusqu'à la violence et la destruction. Une intrigue entrelacé entre deux familles, diamétralement opposées par leur position, l'une étant pauvre (Ki-taek), l'autre rayonnant de richesse (Park). Se lance ainsi, par un rythme accélérant sans cesse, une supercherie organisée malicieusement par les Ki-taek. Ceux-ci s'allient pour s'immiscer insidieusement dans la vie de leur famille rivale et rêvée, en renvoyant tout les employés de Park. L'arnaque s'amorce lorsque
Kim, le fils de la famille Ki-taek, prend le rôle d'un professeur d'anglais dans le but d'enseigner à la fille des Park, Da-hye, puis se poursuit avec le renvoie de la servante (Moon-gwang), faisant de son allergie au duvet des pêches, une arme puissante contre elle-même. Suite à l'embauche de Ki-Jung, une supposée professionnelle de l'art enseignant à Da-Song, le fils des Park, conseillée par le charlatan Kim, se fait renvoyer le chauffeur de la famille Park pour laisser place au père des Ki-taek. L'ensemble de cette supercherie, orchestrée par les Ki-taek, est engendrée à la suite de l'acquisition par celle famille d'une pierre, nommée Suseok (수석), apportant prospérité et richesse. La pierre semble ainsi être la spectatrice et meneuse de l'histoire, dont le rôle est de régir les rouages financiers, et ainsi les liens, des deux familles. Les Park sont alors cernés par une famille pauvre et malicieuse sans même en avoir conscience, traduit par des plans reflétant leur insouciance. Lors d'un voyage des Park, les Ki-taek logent chez eux et découvrent, au sous-sol, que l'ancienne gouvernante et son mari (Geun-se) y habitent secrètement depuis de longues années. Geun-se, depuis son arrivée dans la maison, envoyait des messages en morses à l'aide d'une lumière extérieure qu'il faisait clignoter, dans le but de remercier les Park de le loger, même si ceux-ci n'en étaient pas au courant. Née ainsi une forme de métaphore, mettant ce couple en position d'infériorité face à la richesse des Park, et l'ambition des Ki-taek. L'histoire atteint son apogée lorsque les Ki-taek sont contraints de tuer Moon-Gwang, dans une scène ou celle-ci se fait pousser et dévale dans les escaliers, montrant, une fois de plus, le rôle prépondérant des marches, séparant deux univers, comme symbole de construction (de richesse) mais aussi de destruction (de vie). Geun-se sort alors du sous-sol lors d'une fête chez les Park et roue violemment de coups Ki-Jung, laissant place à une scène sanglante, atroce et imprégnée de la folie provoquée par tant d'années à l'ombre d'une famille riche, ainsi que du meurtre de sa femme. Le mari de la famille Ki-Taek tue, dans un élan d'incompréhension, le mari de la famille Park, puisque celui-ci ne leur vient pas en aide. Il s'enfuit et se réfugie dans la maison des Park, que ceux-ci quittèrent après la tuerie, et y resta de longues années, en envoyant des messages codés comme le faisait Geun-se, pour qu'un jour peut-être, son fils le découvre.
Une oeuvre esquissant la folie provoquée par le besoin de changer de condition de vie ainsi qu'une critique des diverses classes sociales, bordé par des mises en scènes spéculatives et soulevant les thématiques du film avec élégance et frénésie.