Parasite
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Stephenballade
Stephenballade

455 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 juillet 2019
Le réalisateur Bong Joon-ho prouve ici qu’on peut faire un excellent film à partir d’un scénario tout simple. D’autant qu’il parle de choses bien concrètes, rendues de plus en plus probables par la profondeur sans cesse grandissante des fossés séparant les classes sociales, et cela à cause de programmes politiques inadaptés. Et la preuve en est que certains, quand ils sont au fond du gouffre, sont prêts à tout pour regagner la dignité et le droit de vivre décemment, après avoir fait le constat amer que l’honnêteté ne paie pas. Pas besoin de penser forcément à mal, le but étant de prendre une revanche sur la vie et que pour ce faire, un plan minutieusement préparé au préalable suffit en toute logique à se mettre à l’abri de toute mauvaise surprise et de s’assurer un meilleur avenir. Et plus aucune contrée ne semble être à l’abri de cet état de faits, le réalisateur, également co-scénariste étant parti du constat que pour des personnes issues de milieux différents, cohabiter n’est pas chose facile. C’est effectivement de plus en plus vrai dans un monde où les relations humaines fondées sur les notions de coexistence et de symbiose se délitent, et où chaque couche sociale devient… étrangère voire parasitaire les unes envers les autres. Au milieu d’un tel monde, qui pourrait montrer du doigt une famille qui lutte pour sa survie en l’affublant de parasite ? Il me semble que le système permet de vivre sur le dos de la société, et il serait opportun de dire que ces parasites ont raison de profiter des avantages offerts par ce même système. Hélas, les aides sociales ne sont pas accessibles à tout le monde, et quand elles le sont, pas souvent au même taux, quand elles ne sont pas attribuées de façon aléatoire. Mais là n’est pas le sujet puisque ces aides ne sont pas évoquées. Y-en-a-t-il seulement en Corée du Sud ? Ne comptez pas sur moi pour le savoir, je n’en sais fichtre rien ! Non, l’histoire se focalise sur des gens comme vous et moi, des gens qui n’étaient pas forcément des parasites au départ, des gens qui étaient vos voisins, vous amis ou même vos collègues et qui ont été poussés malgré eux vers le précipice par un chômage qui vous colle à la peau, parfois agrémenté de petits boulots souvent mal payés. Bong Joon-ho a bien compris cela et il a si bien maîtrisé son sujet qu’il a fait de son film une comédie sans clown et une tragédie sans méchants. Et il maîtrise si bien qu’il a su prendre le temps de décrire jusque dans les moindres détails l’arnaque qui se met en place sans que le spectateur ne prenne à partie cette famille dans le besoin. En effet, le public est invité à partager le quotidien de cette famille qui a décidé de se battre pour contrer une triste fatalité. Le plus étonnant est que toute cette première partie ne souffre d’aucun problème de rythme, mais à la longue on se demande quand même jusqu’où ça va aller. Et au moment précis où se pose la question, intervient le coup de théâtre, inattendu par sa forme, ce qui le rend percutant. Dès lors les circonstances vont conduire tout le monde (les protagonistes et les spectateurs) dans un enchevêtrement de violences au cours duquel là aussi le spectateur va se demander jusqu’où ça va aller. Eh bien au gré du rythme grandissant, la situation va basculer dans une escalade sans fin et aboutir dans une chute vertigineuse vers la bestialité cachée au fond de chaque être, une bestialité synonyme de fond du gouffre, tout cela dans une logique implacable, avec toujours cette même question qui reste : jusqu’où ça va aller. Mais avant d’en arriver là, le rythme est formidablement aménagé pour faire comme si le temps s’arrêtait, laissant alors s’exprimer les moments de tensions dans leur plus belle mesure. Il en ressort à ce moment-là un suspense assez savoureux et il nous est alors impossible de savoir dans quelle direction l’épilogue va se diriger. Mais là où réside en plus tout le génie du cinéaste, c’est d’avoir su capter par moments plusieurs actions simultanées dans un seul et même cadre. Aussi le sous-titrage, pourtant nécessaire, s’en trouve vite gênant pour tous ceux qui n’ont pas l’habitude de regarder les films en V.O. car on craint de louper quelque chose, à commencer par l’expression corporelle des différents acteurs (ils sont tellement excellents, ma préférence allant toutefois vers Park So-Dam dans le rôle de Ki-Jung). Fort heureusement, on s’en accommode finalement assez vite. Mon seul problème se trouve dans une scène de chute que je n’ai pas trouvée très convaincante dans sa mise en scène. Pas la chute pour laquelle l’ensemble de la salle étouffe un cri de stupeur, non… la première chute. Une tragicomédie impitoyable et cruelle à la fois qui me réconcilie pour cette fois avec la Palme d’or de Cannes.
Fan2ciné
Fan2ciné

24 abonnés 102 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juillet 2019
Franchement un superbe film à la palme d'or bien méritée. Un thriller à la fois social et économique pour cette famille modeste coréenne qui va envahir une famille très aisée mais qui va tomber sur une surprise qui va tout bouleverser. Photo impeccable, bon jeux d'acteur et un réalisateur qui nous tient en haleine de bout en bout, bravo !
montecristo59
montecristo59

40 abonnés 288 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 juin 2019
Métaphore acide d'une lutte des classes sans issue, "Parasite" nous donne à voir les dominés en engeance souterraine, pullulant dans les bas-fonds glauques au pied des mégapoles, s'installant discrètement dans les caves des élites. Il leur donne "l'odeur cassos", ce remugle que l'enfant des riches détecte bien avant ses parents. Mais pas de manichéisme chez Bong Joon ho : les déshérités sont calculateurs et retors, ils ne valent pas mieux que les dominants ignobles qu'ils veulent arnaquer. Son film est un savant mélange des genres, lorgne autant du côté d' un E.Scola signant "Affreux sales et méchants", que de Chabrol dans "La cérémonie" ou "Violette Nozière", voire de Tarantino ou les frères Cohen pour le côté gore débridé de la dernière partie, avec une fuite sous le déluge qui vaut son pesant de cacahuètes. Son scénario, malin comme tout, installe l'air de rien une ambiance de thriller accrocheur sans se priver de nous amuser, tant la débrouillardise et la malice retorse de sa version coréenne des "Groseille" sont réjouissantes. Déjanté, loufoque autant que sombre, sans pitié voire désespérant, en tous cas brillant comme une palme d'or.
Robrex
Robrex

26 abonnés 940 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 février 2020
Après avoir vu ce film, je savais pas quoi dire tellement j'ai été embarqué comme jamais par son propos. Après avoir remporté la Palme d'Or au festival de Cannes, je m'attendais vraiment à ce que "Parasite", film Sud-Coréen de Bong Joon-Ho, soit un très bon film, mais pas si exceptionnel que ça. Pour tout dire, même si je le sentais bien, je m'attendais à être déçu quand même au vu de toute la hype qu'il y avait autour, et... Whaou !! Ça a pas été le cas du tout !! Car "Parasite" est un chef-d'oeuvre absolu, un bijou brillant aux milles éclats, une prouesse cinématographique dantesque et une révolution monumentale, et franchement, on comprend pourquoi il a remporté la Palme d'Or à Cannes car c'est amplement mérité. Je savais que j'allais aimé, mais à ce point-là, c'était même beaucoup mieux que je l'aurais espéré. Autant le dire tout de suite, pour moi comme pour beaucoup d'entre vous je pense, "Parasite" est le meilleur film de l'année 2019. Histoire emballante, mise en scène astucieuse et innovante, acteurs impliqués, personnages attachants et développés, twists surprenants et rebondissants (no spoil), atmosphère et suspens de dingue... bref, ce film a tout pour lui pour devenir une oeuvre culte du cinéma. Le scénario est vraiment bien écrit, avec énormément d'enjeux concernant le stratagème, l'invasion de la famille pauvre sur la famille riche, d'où le titre du film "Parasite", le tout alimenté par une mise en scène super bien maîtrisé et qui ne cesse de donner de l'ampleur avec des moments à couper le souffle, vraiment, c'est captivant tout du long. C'est également un film qui part d'un principe de base, mais qui va nettement plus loin dans son propos, tout en restant cohérent et lisible, et qui sait correctement mélanger plusieurs genres cinématographiques en passant du comique, du drame, du thriller ou même à l'horreur, car oui, y'a pas mal de scènes vraiment glauques dans le film (no spoil), et pourtant, tout passe super bien sans être indigeste. C'est un film qui parle aussi beaucoup de classes sociales, comme on a souvent l'habitude de voir dans les films de Bong Joon-Ho (on a pu voir ça par exemple dans "Snowpiercer"), sauf que là c'est nettement plus exploité, parce que le réalisateur nous propose pertinemment l'opposition entre les classes sociales et quels enjeux et surtout quelles conséquences ça peut avoir (no spoil). Comme je disais, les personnages sont vraiment bien développés, on s'identifie bien à eux, on s'attache même à eux pour la plupart, l'alchimie entre eux est excellente et le fait de les voir évoluer dans un contexte pareil est juste hallucinant. La réa est impeccable, ça peut faire penser à une pièce de théâtre par moment, mais là encore ça va plus loin et ça déborde de subtilité, les décors sont bien foutus, tous les genres, qu'il soient comiques, dramatiques ou violents, sont réussis. Le film possède également un impact psychologique qui est surtout la source d'évolution des personnages, mais qui peut éventuellement nous transmettre un message de fond (no spoil). Vraiment, le film dure un peu plus de deux heures, et il se tient tout du long sans la moindre défaillance de rythme, jusqu'au final (no spoil) qui est juste bouleversant, inattendu et à couper le souffle. Vraiment, j'avais pas ressenti ça depuis "Jusqu'à la Garde", mais la fin de "Parasite" nous laisse vraiment la gorge nouée (no spoil). La musique aussi fonctionne très bien dans le concept, en étant à la fois mystérieuse, dramatique et horrifique, bref, elle s'adapte à toutes les situations présentes dans le film. Les acteurs sont tous brillants, que ce soit Song Kang-ho qui est juste talentueux comme jamais, Jang Hye-jin, Choi Woo-sik et Park So-dam qui représentent la famille pauvre et tous remplissent leurs rôles à merveille. Même chose pour la famille riche composée de Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong, Jung Ziso et du petit Jung Hyeon-jun, qui eux aussi s'investissent impeccablement bien, et comme je disais, l'opposition entre les deux familles est incroyablement fort. Les autres acteurs, Lee Jeong-eun, Park Myeong-hoon, Park Geun-Rok, Jung Yi-seo et Park Seo-joon, font eux aussi preuve de grand talent malgré le fait que certains soient secondaires. En conclusion, "Parasite", au delà d'être un film excellentissime, est une perle visuelle, totalement maîtrisé jusqu'à son dénouement final, qui déborde de créativité, qui sait comment développer son propos sur les classes sociales, bref, ce film est une réussite totale et une perfection absolue qui je pense va bien rester dans les annales. On peut en tout cas dire bravo à Bong Joon-Ho, brillant réalisateur, qui en plus d'avoir réalisé son meilleur film, a accompli un exploit à tomber par terre. Bref, je pense que vous aurez compris que "Parasite" est à voir absolument, j'invite donc tout le monde à découvrir ce film grandiose. (PS : À noter que j'ai vu le film en VO, car impossible de le voir en VF au moment où il est sorti en salle, mais de toutes façons, quelque soit la version, "Parasite" est à voir impérativement !)
CinÉmotion
CinÉmotion

220 abonnés 226 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 février 2020
J'ai vu le film pour la 2ème fois, et le plaisir est toujours intact. Quel grand moment de cinéma et de maîtrise cinématographique que ce film. Les succès de Bong Joon-ho ne se comptent plus (The Host, Mother, Memories of murder, Snowpiercer, Okja etc), et sans doute est-il avec ce film au paroxysme de son talent et de son identité filmique. Je ne saurai évoquer les défauts de ce film tant il me parait terriblement efficace, filmé et mis en scène avec une précision chirurgicale, à tous les niveaux. Les plans sont d'une composition incroyable, tant par la répartition colorimétrique des accessoires, décors et costumes pour chaque scène, le déplacement dans le cadre des différents personnages ou encore le choix des angles jouant constamment avec une certaine symétrie des décors. Des décors (que ce soit côté pauvre leur sous-sol et côté riche la maison principale de l'action) qui représentent véritablement 2 personnages à part entière, tant ils sont bien imaginés et construits, avec un agencement et une gestion de l'espace extrêmement visuelle à l'image, chaque pièce étant facilement identifiable et reconnaissable, ce qui est extrêmement plaisant.
Le casting est d'une justesse folle que chacun arrive à nous embarquer avec eux et leur personnage, là aussi très spécifique pour chacun, et ce, dés leur première apparition, sans jamais nous lâcher. Le montage est rythmé, et quand bien même un plan ou une scène est longue, tellement de détails sont distillés dans le décor ou le jeu des acteurs qu'on ne s'ennuie à aucun moment.
Le scénario est lui aussi magistralement construit, pas à pas, avec une importance donnée à la cohérence où chaque scène et réaction des personnages trouve une explication logique et précise. La thématique de lutte des classes que raconte le film est brillamment représenté, à travers différentes facettes de mis en scène que ce soit les métaphores des cafards, des différents étages des décors, etc c'était aussi bien vu et pensé.
Puis cette façon de construire les arcs narratifs étape par étape, pour nous faire suivre un cheminement d'intensité et d'enjeu pour finalement nous préparer et nous amener à cette conclusion totalement folle, qui me donnait le sentiment d'être un peu dans l'excès et donc de gâcher le réalisme du récit qui était démontré jusque-là, mais finalement atténué ensuite par cette fin ouverte et ambigüe extrêmement bien faite qui parvient à nous laisser choisir la fin qui semble pour nous la mieux adapté et la plus plaisante à nos yeux pour finir cette incroyable aventure. Cela relève pour moi d'un certain génie et de façon sûre d'une maitrise totale des éléments filmiques et scénaristiques utilisés.
Quelle joie de voir ce film triompher partout dans le monde. Les multiples récompenses internationales et américaines ne sont que mérités, et célèbre enfin le cinéma coréen à sa juste valeur, qui, je l'espère, servira de modèle dans le futur, tant ces films coréens sont d'une qualité déconcertante à tous les niveaux. Même s'il est regrettable que les américains n'arrivent pas à passer outre la barrière des sous-titres en version originale... Reste à voir ce qu'il va ressortir de la déclinaison série de Parasite, d'ores et déjà commandé par HBO.
Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juillet 2019
D'une grande maîtrise, le film réussit l'exploit de réunir tous les genres en un seul: thriller, film social, comédie, tragédie et film d'horreur. La performance vaut à elle seule le détour. On se laisse littéralement happer de la première à la dernière image par l'histoire de la famille Ki-taek, issue des quartiers pauvres, qui avec un machiavélisme raffiné va peu à peu prendre possession des richissimes Park. L'oeuvre n'est pas avare de rebondissements inattendus et je dois dire qu'il était devenu assez rare ces dernières années qu'une Palme d'Or à Cannes rencontre le grand public. Voilà le lien renoué. Ne doutons pas que le film restera dans les mémoires pour son originalité, son sens du récit et son suspense hitchcockien ! Les acteurs sont formidables, en particulier Song Kang-ho qu'on ne présente plus depuis ''Memories of murder'' et ''Sympathy for M.Vengeance'' ainsi que le jeune Choi Woo-shik, découvert dans ''Dernier train pour Busan''. Un plat savoureusement épicé à déguster en famille avec un final haut en couleurs à éloigner tout de même des âmes trop sensibles et des enfants.
Victor A.
Victor A.

88 abonnés 388 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 mai 2019
Parasite est peut-être mon Bong Joon-Ho préféré ! Tout commence par une bande annonce énigmatique n’évoquant que les 15 premières minutes du film (et cela très vaguement), encore vierge de tout information on est alors obligé de se prendre cette grande claque. Humour, drame, critique social, et inattendu sont au rendez-vous. Quant à la réalisation, on connaît le talent du réalisateur coréen (mais cependant il arrive tout de même à se renouveler).
HawkMan
HawkMan

220 abonnés 1 316 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 janvier 2021
Voilà un film très original puisque ce film coréen montre toute une famille qui va s'incruster comme domestiques au sein d'une famille très aisée afin de pouvoir profiter gratuitement des biens de la maison. Évidemment, la situation va rapidement dégénéré et la situation va vite devenir complètement folle.
Beaucoup d'humour et de noirceur dans ce film qui en font une bien belle réussite.
Bref : à l'égard des parasites, un film sur une famille d'intrus qui s'incruste au gré des situations :)
Fêtons le cinéma
Fêtons le cinéma

852 abonnés 3 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2019
Chez les uns, le plafond est si bas qu’un bras levé n’achève pas sa course ; chez les autres, le jardin est si vaste qu’il donne accès à une fraction de cosmos, accueille le soleil dans son ensemble. Parasite relate une contamination sociale où les cafards qui peuplent les sous-sols gagnent la lumière, jouent aux bourgeois le temps d’une soirée arrosée, rêvent aux transformations nécessaires à leur mutation, celle qui n’aura jamais lieu. Car le profond cynisme de l’œuvre réside dans ce fantasme étiré et grossi pendant plus de deux heures selon lequel la grenouille pourrait se faire plus grosse que le bœuf. Le clignotement d’une lampe dans le couloir central traduit la lettre d’un père à son fils, cette même lettre que ce dernier tente de reconstituer assis sur le siège d’une rame de métro. Le petit pauvre l’a compris, là où la mère friquée n’y a vu qu’un dysfonctionnement technique et matériel, vite réparé. La clausule en trompe-l’œil achève ce goût amer de sur-place, d’ambitions qui, on le sait bien, n’aboutiront pas. Réglée comme du papier à musique, la mise en scène de Bong Joon-Ho remplace les mots par des mouvements de caméra et retranscrit par des sons et des images – à l’instar du braille – les rapports hiérarchiques ou complices qui unissent les personnages, les projets qui se succèdent dans des têtes avides de revanche sociale. C’est là où le cinéaste brille ; c’est aussi là où son art trouve ses limites intrinsèques. Trop démonstratif, le film fait preuve d’un souci d’efficacité qui finit par amuïr le mystère et étouffer le vertige d’une révélation finale plutôt grotesque, quoique tragique, et paradoxalement conventionnelle. Le principal reproche à adresser à Parasite, c’est son absence de profondeur, sa carence d’âme qui n’empêche en rien le divertissement de fonctionner (bien au contraire, quel divertissement !) mais semble cantonner l’œuvre à des préoccupations terre-à-terre et strictement ludiques. Nous sommes loin de la virtuosité cathartique de Memories of Murder. Reste un film efficace et mené de main de maître.
Laurent A.
Laurent A.

59 abonnés 472 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2019
La dernière palme d'or du festival de Canne nous présente une film impitoyable sur l'état de notre société, même si cela se passe en Corée du sud, le lieu importe peu et pourrait être aussi répandu que celui du style de la maison d'architecte qui en constitue le décor : c'est là où l'argent côtoie la plus grande misère et c'est bien ce que ce film montre, après une première partie qui fait sourire on se retrouve rapidement plongé dans une tragédie infernale dans laquelle "tel est pris qui croyait prendre", mais pas pris par celui qu'on pense… C'est noir et pessimiste. La scène de l'anniversaire qui porte l'intensité dramatique à son paroxysme peut paraître excessive tant on a du mal à croire à ce qu'une telle réalité, un tel déferlement de violence puisse arriver à émerger mais l'histoire a le mérite de montrer cette violence qui est véhiculée par l'argent roi et les inégalités sociales. Lorsqu'elle deviennent insupportables, ces inégalités deviennent des gouffres et font le lit de l'intolérance et de la bêtise la plus abjecte dont l'être humain puisse être capable ; ça se passe en Corée mais ça pourrait se passer en n'importe quel autre grande ville du globe où l'argent-roi côtoie la misère et ce n'est pas sans rappeler une certaine actualité récente en notre bonne vieille France.
yO0f’s
yO0f’s

29 abonnés 218 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 août 2019
Lassé des blockbusters américains, souvent décevants ces 15 dernières années, et leurs tendance à combler le manque de créativité par des reboots incessants, je me suis lancé dans cette expérience inédite pour moi qu’est le cinéma coréen. Dire que j’ai passé un excellent moment à regarder « Parasite » est un euphémisme. Avant de parler de quoi que ce soit de ce film, il faut d’abord se lever et applaudir longuement la réalisation, magistrale à tous les points de vue. La lumière, les mouvements de caméra, les cadrages, on a beau ne pas être un pro en cinématographie, on dénote ce travail remarquable et on ne peut que s’en délecter. Un chef d’oeuvre de ce point de vue. Ensuite il y a les acteurs, il n’y a pas de personnage principal à proprement parler, ils sont tous aussi bons les uns que les autres et nous immergent dans l’histoire avec un réalisme bluffant. La beauté de la langue coréenne avec l’intonation de la voix que cela implique y apporte aussi un charme certain. Enfin il y a le scénario. En soi il n’a rien d’extraordinaire, il s’agit d’une famille pauvre qui va tenter de trouver le moyen de s’assurer un travail dans la propriété d’un couple aisé, et ce faisant va s’embarquer dans un engrenage d’événements qui vont échapper à leur contrôle. C’est surtout que ça commence de rien puis ça prends des proportions de plus en plus inattendues, et que tous les événements sont tellement surprenants les uns que les autres qu’on peut s’attendre à tout et n’importe quoi comme suite. D’où un vrai suspense tout le long, avec une originalité extrême dans les réactions et intentions des personnages, accompagnés d’un ton d’humour, juste ce qu’il faut. Un mélange des genres au type indéfinissable, mêlant action, thriller, comédie et drame, qui non seulement nous fait vivre un grand moment de cinéma, nous change un peu du trop sérieux et du trop grandiose des films américains, mais nous porte également un message inventif sur l’inégalité sociale. Hollywood peut réellement s’inquiéter, le niveau mondial du cinéma d’aujourd’hui est loin de le laisser se contenter de parasiter les blockbusters proposés dans nos salles obscures.
Alolfer
Alolfer

179 abonnés 1 746 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2025
Parasite est un film intelligent , réfléchi et surtout PARFAIT ! Le film aux 4 oscars est le meilleur film de l année 2019 ! Tout est parfait avec un suspens qui vous tiendra en haleine ! Wow
Patjob
Patjob

43 abonnés 757 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 juin 2019
Un mélange de plusieurs genres cinématographiques, décoiffant et explosif, qui a bien des points communs avec « The Snowpiercer », en particulier le contexte d’insupportables inégalités sociales qui sont le ferment des événements qui vont se produire.
Le film se déroule presque exclusivement dans deux maisons, celle de la famille pauvre et celle de la famille riche ; évidemment l’exiguïté et l’inconfort de la première contrastent avec les dimensions et le luxe de la seconde ; les extérieurs de ces deux maisons sont fortement symboliques : la ruelle étroite sombre, encombrée et mal famée pour la première, le jardin d’agrément inaccessible à autrui pour la seconde (ce qui induit deux relations au monde diamétralement opposées). Ces situations de précarité et d’opulence, tous comme les relations entre les deux familles (les pauvres portent une odeur déplaisante et ne doivent pas « franchir la ligne ») donnent au film une première dimension socio politique.
Au-delà de cette dimension, le film est surtout une histoire extraordinaire, au sens premier du terme (ne pas en dire plus, pour laisser à l’heureux spectateur le plaisir des surprises), superbement racontée. Après la construction, déjà savoureuse, de la situation, lorsque le film « bascule », chaque péripétie est une pépite inattendue, Bong Joon Ho se montrant tout à la fois un scénariste de génie et un virtuose du cinéma.
De rebondissement en rebondissement, on voudrait que cela dure, tant cela est inventif et jouissif ; et on en sort époustouflé, comme des meilleurs Tarantino.
Un film hallucinant et mémorable, qui s’adresse plus à l’estomac qu’à l’esprit ou au cœur.
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 janvier 2020
Deux ans seulement après son sixième long-métrage, Bong Joon-ho, l’un des réalisateurs sud-coréens les plus en vogue, signe son œuvre la plus aboutie et atteint une maturité scénaristique et visuelle qui fait de Parasite l’une des meilleures productions de l’année 2019.
Révélé dès 2017, ce nouveau projet entièrement coréen, à la différence des deux derniers films de Bong Joon-ho (Snowpiercer et Okja, co-produits avec les Etats-Unis), est tourné entre mai et septembre 2018, près de Séoul. La distribution, exclusivement coréenne, compte deux acteurs qui ont déjà collaboré avec le cinéaste : Song Kang Ho, qui joue ici le père de la famille usurpatrice, et Choi Woo-sik, le fils surdoué que l’on a pu apercevoir dans Okja. Parasite est projeté au Festival de Cannes le 21 mai 2019, sélectionné en compétition officielle, et reçoit un accueil triomphant. En conséquence, la Palme d’or lui est remise à l’unanimité, faisant de Parasite le premier film coréen à recevoir cette distinction malgré l’influence grandissante du pays dans le secteur depuis plusieurs années. En janvier 2020, lors de la cérémonie des Golden Globes, Bong Joon-ho confirme son succès en obtenant les trophées du Meilleur réalisateur et du Meilleur scénario. Le mois suivant, Parasite est nominé dans six catégories pour les Oscars et s’inscrit comme l’un des grands favoris.
Et force est de constater la réussite d’une réalisation captivante qui sort des sentiers battus. Classer Parasite est déjà, en soi, une entreprise difficile : comédie noire, thriller, « tragicomédie » pour reprendre les propos du réalisateur. Mais ce qui est certain, c’est la qualité et la complexité d’un scénario original finement conçu, où le spectateur se retrouve entraîné, au même titre que les protagonistes, dans une machination sadique et angoissante. Menée tambour battant, avec de rares moments de répit, l’intrigue captive et fascine par sa brutalité et sa fantaisie. Les caractères et personnalités des personnages sont développés avec justesse, et même la naïveté de la riche madame Park apporte un atout au scénario, en l’occurrence, l’humour. Au centre de ce jeu de dupes, la famille Kim émeut autant qu’elle effraye. Malgré le malaise que l’on peut ressentir face à ses membres, Parasite se démarque également par son absence de méchant. Bien qu’ayant une touche de folie et une certaine dangerosité, les Kim ne sont qu’une famille modeste noyée dans la misère et le chômage qui cherche désespérément un moyen pour vivre convenablement. En fait, le vrai méchant du film serait plutôt cette classe sociale aisée qui appuie sa domination sur une caste plus modeste, avec un pouvoir de plus en plus grand. D’ailleurs, cette thématique sociale est au cœur du scénario, puisque le réalisateur a voulu dénoncer les inégalités sociales croissantes en Corée et dans le monde, en allant jusqu’à trouver un titre qui dénote le mépris d’une riche caste et qui aboutit à une scène violente, défouloir de la frustration et de la colère de citoyens délaissés par la société.
Ce huis-clos coréen est donc l’une des plus belles découvertes de l’année 2019, profitant du talent d’un cinéaste arrivé à la maturité de son style. Grâce à un scénario riche, brutal et dénonciateur, mais aussi à des personnages atypiques et mémorables, Parasite bouleverse, déroute et effraie, jouant avec les nerfs des spectateurs du début à la fin.
Kevin dioles
Kevin dioles

78 abonnés 781 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2020
PARASITE (2019): On ne peut avoir confiance en personne, vraiment en personne. La crasse, je dirais même plus les crasses entre élites et prolétaires feront l'ossature de ce film. Une maison bourgeoise bien vivante qui deviendra un petit huis-clos pour une successions de situations hilarantes allant du sous-sol jusqu'aux étages supérieurs. Une première partie qui s'ouvrira sur des plans diaboliques assez surprenants où tous les coups seront permis, suivie d'une deuxième avec des évènements délirants qui s'enchaineront à grande vitesse pour cette famille maîtresse d'un jeu de dupes aux rouages bien huilés. Une réalisation très drôle, intelligente, entretenue par des séquences extrêmement tendues. Un scénario vraiment excellent.
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