Tiens, une famille délirante de demi-clodos coréens, on a déjà vu ça quelque part...... sauf que ceux là, attachés par des liens familiaux très forts, sont beaucoup moins gentils que ceux de Kore-Eda. L'impression de déjà vu se dissipe très vite.... On en retiendra juste que tout n'est pas rose pour tout le monde au pays des matins calmes.
Le père, Ki, (Song Kang-ho) était chauffeur. Il a perdu son travail; la mère, Chung (Chang Hyae Jin), athlète de haut niveau (lancer de poids). Ca ne peut pas la mener pas très loin.... La fille, Ki-Yung (Park So-dam), est très douée pour le dessin, mais elle a raté le concours d'entrée au Beaux Arts. Le fils, Ki-Woo (Choi Woo-sik), est fortiche en anglais mais il a raté trois fois de suite le concours d'entrée à l'Université. Une belle brochette de bras cassés qui survit dans un quartier cauchemardesque, dans un appartement/taudis à demi enterré, éclairé par une seule baie vitrée à ras de terre sur laquelle les clochards du quartier viennent pisser. Leur préoccupation première: arriver à piquer le Wifi des voisins pour pouvoir trouver quelques débrouilles: actuellement, plier des cartons à pizza.... Mais Ki a toujours un plan d'avance...
La chance, elle arrive par un ami de Woo, qui lui propose de le remplacer pour des cours particuliers d'anglais, dans une richissime famille. Qu'à cela ne tienne: de faux diplômes sont promptement imprimés.
La maison de monsieur Park, businessman (Lee Sun-kyun), est une sublime maison d'architecte, grande comme un palais, entourée d'un magnifique jardin et close de hauts murs. La mère de famille, Yeon-Kyo (Cho Yeo-jeong) est passive, crédule, et essentiellement préoccupée par l'avenir de son jeune fils, complètement caractériel, qui tire des flèches d'indien sur les visiteurs et rejette les uns après les autres ses professeurs de dessin, la seule chose qui puisse le faire tenir en place. Qu'à cela ne tienne: Yung, rebaptisée Jessica et munie de diplômes américains, s'improvise spécialiste d'art-thérapy.... Restera maintenant à faire rentrer les parents, c'est à dire à faire renvoyer le chauffeur et la gouvernante, par des moyens aussi rusés que crapuleux. Ca y est! la famille est en place!
A partir de là..... le film va se dérouler avec une inventivité extraordinaire, thriller rigolard, film d'épouvante sociologique. Réglé comme un coucou suisse, toujours inattendu, il va de rebondissement dramatique en rebondissement cocasse, avec deux scènes grandioses, le débordement des égouts chez les pauvres à la suite d'un orage et une garden party qui tourne mal chez les riches. Je lui attribue 5 étoiles (fait inouï...) parce qu'il est parfait. Même la fin, qui est souvent le point faible de ce type de film, est déroutante, drôle, pathétique.... Bong Joon Ho est un génie du cinéma. Depuis Snowpiercer on s'en doutait.... maintenant on en est surs!