Un film terriblement fort sur la lutte des hommes et ce combat contre un marché qui les écrase. Je suis assez admiratif de cette énergie que l'on sait réelle dans les vrais combats. Mais ce film montre avec une conviction vive cette énergie de la dernière chance qui aplatit les montagnes mais détruit des vies. C'est incroyablement bouleversant et terrible.
Film tellement réaliste, sur le combat syndical.. des échecs si nombreux et au final se faire mal voir des deux côtés... spoiler: une fin difficile et poignante
Ce film prend une toute autre force en l'associant à Un autre monde, et pas seulement parce que Lindon, impérial, domine les débats dans les deux cas. Pas manichéen, comme on pouvait le craindre, Brizé décortique les jeux de chacun, les divisions possibles entre syndicats, le rôle ambigu du politique à haut niveau. Le titre en guerre prend ici tout son sens, car comme dans une vraie guerre, les belligérants peuvent à un certain moment occulter l'humanité de l'autre coté, et basculer dans l'irréversible, alors que peut-être un terrain d'entente aurait pu exister. Tous sont pris dans l'engrenage infernal de la mondialisation, car le profit des actionnaires n'explique pas tout, mais pèse largement sur l'impossibilité à se comprendre. Mené comme un combat, la mise en scène utilise à fond la présence magnétique de Laurent, joué par Lindon, entouré de non-professionnels plus vrais que nature. Peu de temps mort, peu de concessions, un tournage parfois aux faux-airs de reportage. En réalité, on assiste à un combat de boxe sans concession. DVD avril 2022
film génial qui montre la tristesse du monde et surtout de la France, vraiment intéressant et surtout très triste ! il montre l'indifférence de nos représentant et surtout leurs inactions ! très injuste
"En Guerre" a le mérite de ne pas dériver dans le monde des "bisounours" comme d'autres films abordant ce sujet l'ont fait : ici pas de fin digne d'un conte merveilleux ou les gentils abusés finissent par vaincre le méchant patron. On reste dans le réalisme pur et dur, à la façon reportage que l'on voit régulièrement au JT et Superman ne viendra pas sauver le monde à la fin. La très grande force du film réside dans la façon de nous dépeindre la médiocrité des hommes et la folie meurtrière de notre système économique. Un rôle sur mesure pour Vincent Lindon, des acteurs n'ayant jamais joué bluffants, un film qui laisse une grosse amertume mais qui inspire un grand respect tant il maîtrise parfaitement le sujet avec lucidité.
Un film sur le monde de l'entreprise filmé à la manière d'un documentaire, très très réaliste, agrémenté de réunions inaudibles et d'images dignes des chaînes d'info en continu. La froideur de la guerre menée apporte une crédibilité assez saisissante. L'interprétation, quant à elle, souffle le chaud et le froid mais colle bien au propos. Vincent Lindon porte clairement le film à lui seul. L'histoire mérite d'être suivie, même si l'on est réfractaire au monde du syndicalisme, car derrière cette incessante opposition à l'autorité patronale, il y a derrière tout ça des hommes et des femmes, et En Guerre est bien là pour nous le rappeler. Le final est glaçant et plutôt réussi dans son genre.
Après l'excellent La loi du marché, le duo Lindon/Brizé revient en force en dénonçant une nouvelle fois les dérives et les abus de l'entreprise, en ciblant notamment le monde patronal. En Guerre critique avec réalisme et brutalité, les douloureux plans sociaux qui se sont multipliés ces dernières années. Tourné dans un style documentaire, on assiste impuissant à la détresse de ses salariés en sursis se battant avec rage pour leur emploi. Vincent Lindon est juste incroyable, et la réalisation très immersive. Quelques longueurs cassent le casse le rythme, mais l'ensemble se suit avec fluidité grâce à des seconds rôles convaincants. Un film indispensable, un film à voir.
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4,5
Publiée le 27 octobre 2020
Le mouvement social est un thème très prisé du cinéma français. Il est cependant généralement dépeint de manière analytique visant à expliquer et rationaliser. Ici nous sommes montrés voire poussés dans les événements de l'intérieur. Et ce qu'on nous montre c'est un conflit social et un grand site industriel employant plus de 1000 personnes qui est censé être fermé sur décision de la société mère. Les employés refusent de perdre leur emploi comme ça, seulement 2 ans après les premiers sacrifices pour que le site continue de fonctionner. Ce conflit entre les hommes et le pouvoir de l'argent et de la finance se manifeste dans toute sa grossièreté. Dans une telle situation que c'est en effet une guerre avec vos vies telles qu'elles sont en jeu. Mais pas combattu par des soldats ce qui entraîne des difficultés pour garder une ligne droite un front uni ou même une tête froide. Je pense que le réalisateur Stéphane Brizé a fait un travail impressionnant pour mettre le spectateur dans l'action. Nous sommes donc obligés de penser que ferions-nous accepterions-nous les règles du marché ?. Lutterions nous pour le travail et la justice?. Il est en effet si facile de juger de loin et le film parvient à briser cette distance. Ce film dresse un portrait féroce du conflit social de notre société de ses contradictions et de ses impasses...
Nouveau chapitre social dans la filmo de Vincent Lindon, nouvel acte militant dans celle de son réalisateur Stéphane Brizé. La tension n'est toujours pas si fictive, les abus et injustices prennent toujours autant aux tripes. Lindon est très bien, mais ce sont surtout tous les seconds couteaux qui surprennent. Tout ce casting étincelle, jouant leur vie avec une conviction plus que réelle. Ils sont l'incarnation du message social du film. Malgré tout l'effet redite est bien là: "La loi du marché" était déjà saisissant sur un sujet proche. Ça ne minore en rien l'importance de ce témoignage mais cinématographiquement parlant les similitudes sont flagrantes.
J'ai vécu ce film comme un documentaire et non pas comme un film, comme si c'étaient des "vrais" gens...
D'ailleurs, Vincent Lindon garde ses tics qu'il perd habituellement lorsqu'il joue... Volontaire ou pas... ?
Donc, d'un point de vue cinématographique, c'est assez linéaire, voir longuet... La lutte, la lutte, la lutte, les revendications, les revendications, les revendications. Pas d'histoire en parallèle. Pour nous dévier un peu du sujet, du genre un couple qui explose... Non, la lutte, les revendications.
Sur ce point là, c'est parfaitement interprété et réalisé : on y croit, on est avec eux. Mais c'est ça pendant presque 2h, et j'ai trouvé ça un poil long...
Un film engagé qui honore le rôle social du cinéma. J'avoue être passé à côté d'En Guerre et m'étonne que ce film n'ait pas eu le rayonnement qu'ont chacune des oeuvres de Ken Loach. Il n'a pas grand chose à lui envier dans ses qualités comme ses défauts.
La démonstration de la stratégie capitaliste est ici implacable, documentaire. Que faire face au marché, face aux consommateurs qui achète "Leclerc, moins cher", aux dirigeants qui comparent et mettent en concurrence les résultats de leurs branches et filiales, aux politiques impuissants ou complices, aux actionnaires qui demandent un retour sur investissement ? Pas de caricature ici, juste un constat du drame humain.
Oubliez les flash d'infos du JT, les scènes violentes de BFM, En Guerre vous offre une synthèse de ce qu'est une fermeture d'usine et la réalité d'un conflit social. Le style caméra à l'épaule est assez laid mais ajoute à cette sensation de vraie qui transparaît de chacune des scènes.
Le style n'est pas flamboyant mais le film accroche : on voit des corps et on s’immerge, on ressent la pression physique des syndiqués : devant les grilles de l'usine, dans les réunions, face aux CRS.
Les prestations des amateurs sont convaincantes et permettent d'enfin de voir des acteurs qui ne soient pas beaux, dommage de ne pas avoir pu s'empêcher de choisir une jolie blonde en co-star.
J'ai également eu du mal à comprendre l'attachement au travail des "bons" prolos représentés par Lindon. Il faut le voir hurler son envie d'être derrière sa chaîne, à répéter inlassablement des mouvements qui lui casseront le dos et le tueront 7 ans plus tôt qu'un cadre.
Difficile de reprocher à Lindon d'être si habité et d'avoir un tel impact mais son personnage iconique (carrément christique sur le final) est trop noble dans ses intentions, trop parfait dans ses colères. On devine la jalousie qu'il suscite mais je n'ai pas vu de reflexion sur cette héroïsation et la nécessité de personnifier la lutte.
Les images de la voiture renversée rappelle la chemise du DRH d'Air France mais surtout Jaures : "Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses !". Le mépris de classe assené dans certaines réunion est très calme en effet.
J'ai été surpris du choix radical fait par Brizé à mi-film lorsqu'il poursuit son récit par spoiler: le refus de revente de l'usine . Le cas est réel : un propriétaire est contraint de chercher un repreneur mais pas de le trouver ni même de lui revendre (c'était l'esprit de la loi mais retoqué par le Conseil Constitutionnel). Cela est déjà arrivé (Ford pour l'usine de Blanquefort par exemple) mais n'est pas le plus fréquent, souvent c'est pire. L'état valide la crédibilité du repreneur (mais se plante), aide financièrement à la reprise et ce dernier empoche les aides avant de se barrer lui aussi.
Les derniers mots de Lindon reprend ce que répète inlassablement les Pinçon-Charlot : spoiler: Nous nous divisons alors que la solidarité entre riches est infaillible.
Le dénouement nécessaire (France Télécom, Société Général) est néanmoins plutôt raté dans la forme.
Le rideau tombe, Cannes s'est indigné sur le sort de ces prolos dans un bar attenant au ciné avant de rentrer en Uber et se commander un Deliveroo. Le lendemain les journalistes concluront leur critiques en appelant leur Camarades "Aux armes !"
Pas mal. Les acteurs sont bons avec en tête Vincent Lindon et les acteurs non professionnels aussi que ce soit les syndicalistes, les ouvriers, les employeurs et les politiques. On reconnait la patte du réalisateur avec certains moments de vie illustrés à l'écran, plus ou moins intéressants. Les luttes, les discours et le réalisme sont pas trop mal ficelés ainsi que la fin du film qui bascule vers l’extrême. Certaines réflexions font réfléchir comme la loi qui n'oblige pas à vendre à un repreneur. Après c'est un peu stérile toutes ces actions (ça me rappelle le film Margin call) et ces embrouilles de mauvaise-foi, ces violences. La musique qui recouvre certains discours pour éviter les redites, ce n'est pas génial. Et la finalité de ces combats pour une usine, un travail, l'idéalisme syndicale contre les cyniques grands patrons, parfois c'est la vie, il faut évoluer et faire mauvaise fortune, bon cœur.
Un film qui ressemble (malheureusement) à un documentaire sur l'impossible dialogue des employés, des syndicats et des patrons lorsque les bénéfices d'un site ne satisfont plus... François Ozon, beuglard, parvient à se faire entendre dans ce rôle qui doit constamment jouer des coudes (et surtout de la voix) pour se faire entendre par-dessus le brouhaha. Cette cacophonie devient d'ailleurs vite épuisante pour les spectateurs, mais le discours engagé, fidèle à la réalité, nous fait rapidement sentir qu'on est concernés, tous à notre manière. On ne sait trop bien ce qu'on aurait fait dans tel mouvement de grève acharné, et l'on se prend d'autant plus à l'effet de réalisme que le film se parsème de journaux d'infos télévisuels qu'on a l'habitude de voir (les vrais JT, les commentateurs, les micros... Tout y est). Comme si l'on avait allumé la télévision à l'heure du repas, pour tomber sur ce constat désolant, sauf qu'ici, on ne peut pas zapper, et toute la force d'En Guerre est justement de nous plonger dans la violence des mouvements sociaux, sans détourner le regard, ni les oreilles. Nécessaire.
J’ai toujours du mal à m’enthousiasmer pour un film social trop ancré dans une volonté de faire réel aussi bon soit il. C’est le cas de « en guerre » qui est un bon film pour de nombreux aspects je le reconnais mais qui n’a pas réussi à me transporter ou me révolter alors que ce qu’il décrit me touche. Pour exemple les nombreux passages de journaux ne font que rappeler qu’on est que dans une fiction certes très réaliste mais une fiction alors que le but du cinéma est je pense de nous faire oublier que l’on est devant une histoire inventée. Prix d’interprétation à Cannes Vincent Lindon est convaincant et convaincu, mais la révélation du film est Melanie Rover qui pour son premier rôle mange toutes les scènes où elle est présente et se trouve être criante de vérité. En guerre est un film coup de poing mais qui n’a pas la dimension d’un grand film ou la force d’un reportage sur une des trop nombreuses histoires qu’il illustre.