En Guerre
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benoitG80

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5,0
Publiée le 18 mai 2018
« En Guerre », tout simplement bouleversant de justesse, de vérité avec un Vincent Lindon méconnaissable, dirigé à la perfection par Stéphane Brizé dans un esprit de haute lutte, totalement en phase avec ce qui se passe dans notre société rongée par le profit et la gourmandise vorace des actionnaires et des patrons !
Un reflet on ne pouvait plus exact, plus sincère, plus criant, plus fort de ce malaise que connaissent ces ouvriers qui se battent pour vivre, pour survivre, pour préserver leur emploi et leur misérable salaire, tandis que de l’autre côté les cols blancs bien au chaud, n’en ont jamais assez, et piétinent allègrement et sans vergogne ceux qui triment, pour encore mieux se remplir leurs poches.
La démonstration de ce système écoeurant est ici exemplaire sous l’œil du cinéaste, qui ne loupe rien du fonctionnement de ces deux camps tellement opposés, en dressant un constat glaçant digne d’un documentaire des agissements d’un gros groupe face à une usine qu’il détient et qu’il dirige jusqu’à la supprimer, la raser de la terre en engouffrant avec sa masse humaine, laborieuse et besogneuse !
C’est justement tout ce qu’attendent les responsables, la justice et ses décisions unilatérales, ainsi que notre gouvernement, ce qui est parfaitement montré dans l’ascension de ce mouvement pur et dur au début, puis fatigué et partagé jusqu’à son effritement et son éclatement !
Alors que parmi les travailleurs, chacun essaie de défendre ses intérêts, et se fritte violemment par rapport à des vues divergentes sur un conflit qui s’envenime, tous ceux qui en espèrent l’issue la plus rapide et la plus profitable possible, s’en frottent évidemment les mains de satisfaction...
Vincent Lindon illustre parfaitement ce mécanisme sournois dans son explication, espérant convaincre tous les détracteurs du mouvement !
Un moment d’ailleurs superbe et intense, terriblement émouvant comme tant d’autres qu’il faudrait aussi citer !
Et oui, car on vit, on respire, on s’angoisse, on a peur avec ces femmes et ces hommes qui n’ont plus rien à perdre !
Tous ces êtres qui ne demandent qu’un minimum de dignité et d’intérêt...
Que de rôles magnifiques !
Que de visages laminés par le mépris de dirigeants complètement indifférents et insensibles à leurs souffrances...
Ce film met en exergue un énorme lot de sentiments, de ressentis profonds, un mal de vivre que l’on prend de plein fouet...
Tandis que tranquillement et sournoisement toute la logique de rentabilité se dresse comme seul rempart, seule alternative aidée et renforcée de plus par des décisions de justice implacables et injustes, devant lesquelles il faudrait toujours plier et abdiquer.
On ressent tout comme ces ouvriers et employés, qu’ils soient solidaires ou pas, une immense colère qui on le comprend, fait gronder et irrémédiablement sortir de ses gonds, même si la maîtrise de soi serait l’ultime conseil !
La fin nous atteint sans prévenir et en plein cœur, en nous coupant littéralement le souffle...
Un très beau et très grand film social et politique de Stéphane Brizé à encourager, à découvrir, certainement le plus puissant, le plus troublant de tous comme on l’espérait enfin !
Bravo et encore bravo, vraiment !
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mai 2018
Stéphane Brizé et Vincent Lindon c’est une affaire qui roule. Après les très beaux et émouvants « Mademoiselle Chambon » et « Quelques heures de printemps », les deux hommes ont travaillé ensemble sur « La Loi du marché », une œuvre très sociale. Dans ce film, ils pointaient du doigt la difficulté de retrouver un emploi lorsque l’on est dans la cinquantaine et les conséquences que cela peut avoir sur un foyer. Déjà présenté à Cannes (à l’instar de « En guerre ») en compétition officielle, ce film avait valu à Vincent Lindon le prix d’interprétation. Et après avoir vu leur nouvelle collaboration, on ne peut qu’être soufflé par la composition encore une fois magistrale de l’acteur qui pourrait briguer une nouvelle fois ce prix cette année. Intense et engagé, le comédien incarne un syndicaliste qui se bat contre la fermeture de son usine avec une ferveur et une conviction sociale que l’on sent entière. Sa prestation est tout bonnement incroyable, il nous émeut et parvient à nous emmener dans sa lutte ; on le croirait vraiment ouvrier dans cette usine. Il ne compose plus le rôle qu’on lui a proposé ici, il le devient. Une incarnation d’un personnage proprement époustouflante et qui fera date. Tout comme la manière dont Stéphane Brizé filme sa révolte sociale. « En guerre » ressemble à un documentaire encore plus que son précédent long-métrage, c’est vraiment un film 100% à portée sociale. On a l’impression d’être réellement avec les syndicats, de participer à leur lutte, car le cinéaste pose sa caméra à distance des personnages comme un observateur ou un reporter invité à filmer ce combat entre patrons et ouvriers. Le fait de prendre pour la plupart des comédiens non professionnels et donner le ressenti qu’il leur laisse une grande place pour l’improvisation renforce encore cette impression. On est donc à cheval entre la fiction (on le sent basée sur beaucoup de recherches) et le documentaire, ce dernier genre donnant un sentiment de véracité encore plus fort au film.

Durant près de deux heures, à la manière d’un thriller social, Brizé nous emporte avec lui dans un combat de l’acabit de celui entre David et Goliath. D’une façon encore plus puissante que ce que Ken Loach a pu faire durant toute sa filmographie, ou en tout cas de manière plus extrême, il dénonce le capitalisme forcené qui gangrène notre pays et ses sites industriels ainsi que les licenciements de masse à la faveur des profits des actionnaires et des grands patrons. « En guerre » est un film terriblement d’actualité et un pamphlet anti-capitaliste féroce. Si le metteur en scène se défend de prendre parti pour l’une ou l’autre cause, c’est un film engagé contre l’oppression des travailleurs qu’il nous offre. Il décortique ce qui pousse des salariés à en venir à des extrémités comme peuvent nous abreuver les médias en cas de conflits sociaux. Ces derniers sont également pointés du doigt avec intelligence. On assiste avec passion aux réunions entre chef de syndicats, patrons et représentants de l’état mais aussi aux débats entre syndicalistes, des moments qui pourraient s’avérer aussi intéressants qu’un reportage sur TF1 mais que le cinéaste transcende et rend instructifs. Il parvient à nous prendre aux tripes de manière assez incroyable. Mais il recrée également des scènes de combat qui virent au pugilat ou les dissensions au sein même des syndiqués. Des moments filmés comme des scènes d’action où les paroles, les cris et le brouhaha remplacent les armes et les cascades. « En guerre » est certes d’un abord rugueux. Mais il se révèle un film nécessaire, documenté, puissant et engagé. C’est une sacrée expérience de cinéma dont on ressort les jambes et le souffle coupé. Sans oublier une bonne dose d’émotion qui affleure et trouve son apogée dans un final tétanisant.

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Henning P
Henning P

82 abonnés 280 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mai 2018
En France nous n'avons pas de super héros Marvel mais des héros du quotidien dont le seul pouvoir est celui de la lutte pour sauvegarder leur emploi et celui de leurs collègues. Vincent Lindon est un immense acteur et il incarne parfaitement cet homme qui est prêt à tout sacrifier pour sauver l'emploi dans son usine. Un film coup de poing qui prend aux tripes. Presque un documentaire. Un film qui ne plaira pas à tout le monde. Surtout à ceux qui sont déconnectés du monde des travailleurs. Pour les autres, allez y pour la performance de Lindon et des autres acteurs. 18/20
Min S
Min S

68 abonnés 473 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mai 2018
Ce film m’a prise aux tripes dû à mon côté militant évidement, si vous détestez les injustices, si vous êtes un battant, vous allez passer un moment haute tension, sans happy end, vous sortirez de la salle avec des miettes d’espoir et quelques résolutions. ✊�
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mai 2018
Je viens de voir ce film mardi 15 mai en avant-première à une séance de 18 h.
C'est un film choc remarquable.
Il mérite de recevoir la palme d'or cette année.
V. Lindon et les autres acteurs non professionnels sont tous excellents.
Ce film est extrêmement dur et stressant mais absolument nécessaire.
Cela démontre parfaitement l'absurdité totale et inhumaine spoiler: du capitalisme épouvantable que nous subissons.

On nous montre comment une société décide de fermer une usine et ce malgré des bénéfices financiers, afin de contenter davantage les actionnaires, d'augmenter les dividendes spoiler: , donc qu'ils puissent s'engraisser encore plus, au mépris total et honteux de salariés qui triment.

La société spoiler: sacrifie purement et simplement des salariés pour que des actionnaires aient encore plus dans leurs poches
.
Les ouvriers, les salariés, vont se battre jusqu'au bout avec des tensions et des divergences entre eux à un moment donné.
Comme si cela n'était pas suffisant, spoiler: la grande direction allemande qui refuse de continuer l'activité de cette usine, refusera un repreneur (qui aurait permis de sauver l'activité et les emplois) au prétexte d'une concurrence qui leur ferait du tort.

La toute fin spoiler: est particulièrement horrible et on ne s'y attend pas.

On ressort du film complètement bouleversés et en colère totale spoiler: contre le marché capitaliste toujours plus effroyable et inhumain.
Dandure
Dandure

185 abonnés 205 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mai 2018
Attention cet avis contient des spoilers tels que : spoiler: et on voudrait nous faire croire que les pdgs saignent du même sang que les honnêtes travailleurs comme s'ils étaient...humains ?!
Difficile de ne pas adhérer à cette guerre tant l'injustice prend aux trippes. On pourrait crier à la démagogie si le film ne s'appuyait pas des cas existants. La démonstration de la stratégie du capitalisme est implacable même si le réalisateur a la main lourde sur ses représentants : langue de bois, mensonges, cynisme, mépris de classe et désert d'empathie. On a toute la panoplie, les voilà rhabillés pour l'hiver. En son temps, Metropolis réclamait pour médiateur entre le main et la tête, le coeur. 91 ans plus tard, on sait qu'on est très puissance très loin de l'objectif et que la finance a fait perdre l'esprit à l'industrie. Ce qui la sauve est la croyance aveugle des ouvriers aux vertus du travail. Alors qu'on sait bien que le travail ne vaut plus rien et que seul le capital paye. Ben ouais, fallait pas vivre dans un monde bon marché...
Patrick M
Patrick M

5 abonnés 178 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mai 2018
un film sur la casse sociale côté humain, me vrais visage de la mondialisation. Très bien filmé, on se sent au coeur du conflit. Superbement interprété par Vincent Lindon et les autres acteurs ( ou pas ?)
gaetan1.arnould
gaetan1.arnould

59 abonnés 387 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mai 2018
Le titre résume parfaitement le combat que peut avoir à mener un syndicaliste qui veut sauver son usine et les emplois qui vont avec : il est en guerre avec le monde politique, en guerre contre la direction, en guerre contre les médias, en guerre contre les autres salariés et syndicats et parfois en guerre contre lui même. Ce film donne à voir les coulisses de ces fermetures d'usines qui jalonnent régulièrement notre vie socio-politique: détermination des syndicats, cynisme financier de la direction, mondialisation économique, impuissance du pouvoir politique, .... de nombreux aspects sont abordés et permettent(ront) de comprendre différemment ce qui n'est souvent que traité de manière caricaturale par les médias. Sur la forme, le film a parfois des aspects documentaires avec beaucoup de scènes en plans séquence (ou qui en du moins l'aspect) mais quelques lourdeurs parfois qui cassent le rythme. Vincent Lindon est très juste, peut être meilleur que dans le film la Loi du marché, pour laquelle il avait été récompensé mais dans lequel sont rôle était moins fort.
Carlos Stins
Carlos Stins

88 abonnés 657 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mai 2018
Fidèle à ce qu'on pouvait en attendre, "En guerre" est un film social fort et poignant pleinement maîtrisé par Stéphane Brizé et porté à bout de bras par Vincent Lindon. Pour son retour sur la Croisette trois ans après "La loi du marché", le cinéaste français ne m'a absolument pas déçu en livrant un film engagé, qui parvient à éviter la caricature et les facilités pour dresser un tableau fidèle de la situation sociale et économique actuelle. Le film commence très fort en poussant d'entrée le spectateur au cœur de l'action avant de laisser monter la tension crescendo jusqu'à un final anxiogène. Avec une réalisation semblable au documentaire et des acteurs proches du non-jeu, Brizé parvient à proposer une oeuvre qui transpire le réalisme, un réalisme qui fait véritablement froid dans le dos et permet un investissement complet d'un spectateur pleinement immergé. Même si Brizé ne fait pas toujours dans la finesse et que son processus narratif finit par un peu tourner en rond, le réalisateur français fait de son mieux pour renouveler son film en ne cherchant pas à juger ses personnages ni à édulcorer la réalité de la lutte ouvrière et en redoublant d'inventivité au niveau de sa mise en scène. Sinon que dire de la formidable prestation de Vincent Lindon qui est une nouvelle fois totalement habité par son rôle et ne volerait pas un second prix d’interprétation à Cannes. Moins intimiste et délicat que "La loi du marché", "En guerre" n'en demeure pas moins un long-métrage courageux et important, en plus d'être l'un des films français les réussis de 2018.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 16 mai 2018
Une avp hier avant sa sortie d'aujourd'hui .
On sort de la salle avec le souffle coupé voir même les jambes coupées .
Des images que j'ai retrouvé quand j'étais DS ,pendant les maniffs voir même les réunions avec moins de virulences mais défendre avec détermination est le but de tout syndicat ;
Un rôle fort pour Vincent Lindon qui mérite plus que tout plusieurs prix d'interprétation.....
Une distribution inconnue qui lui donne de belles répliques et qu'on reverra peut être pour certains .
Un film d'actualité tout simplement ,des images parfois qui donnent l'impression d'être tourné par les protagonistes eux-mêmes .
Une bande son simple qui aurai pu être plus virulente mais qui suffit .
Simplement à voir
tony-76

1 152 abonnés 1 410 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2018
Vincent Lindon, ce héros ! Présenté en compétition au Festival de Cannes, En Guerre marque la quatrième collaboration entre le réalisateur et l'acteur principal. Deux ans après La Loi du marché, Stéphane Brizé reprend le social et la politique avec ce nouveau film qui nous file un véritable coup de poing ! Sur un sujet très délicat mais tellement d'actualité (la perte de plusieurs emplois au sein d'une entreprise) , on suit le combat d'un délégué syndical face aux actionnaires de son entreprise AGEN voulant la fermer en raison d'une rentabilité jugée insuffisante par la direction du grand groupe industriel allemand qui en est propriétaire... Alors une guerre éclate : des salariés qui se révoltent, des manifestations de partout dans la région, des débats sur des mots violents... Tout y passe spoiler: (même le suicide !).
Brizé prend une réalisation naviguant entre le documentaire, la fiction et le reportage. Certains plans demeurent pertinents notamment quand le réalisateur filme son acteur en arrière plan de la scène. Il y a un réalisme évident qui dégage à travers de En Guerre puisque les dialogues ne sont ni écrits ni récités, mais presque totalement improvisés autour de la trame générale ! Le travail des non-acteurs se révèlent particulièrement convaincants, c'est à noter que ces personnes ont déjà connu ces situations dans la vie réelle... L'émotion est bien présente, omniprésente même avec une certaine puissance dans l'expression verbale des personnages. Des séquences chocs qui s'avèrent impressionnantes spoiler: - le dernier débat sur un vif échange entre le dirigeant allemand et le délégué syndical, le scandale dans la rue des salariés en faisant payer le directeur (après son refus) et en retournant sa voiture avec ses gardes du corps -
brillamment exécuté et prenant à souhait ! Les musiques de Bertrand Blessing sont envoûtantes en particulier spoiler: #Live,
qui revient souvent dans le long-métrage. Et rien ne serait aussi compétent sans la présence de Vincent Lindon !!! Un acteur exceptionnel dont il avait remporté le prix d'interprétation masculine avec La Loi du marché mais également le César du meilleur acteur. Lindon est le seul à être professionnel dans le casting En Guerre et transmet énormément de colère et se bat pour sauver ses collègues de la misère. Une autre récompense pour lui ! Le dénouement donne clairement spoiler: le cafard, et marque les esprits...
Pour terminer, En Guerre est un drame humain poignant qui ne déçoit pas et dont le duo Brizé/Lindon est un retour gagnant ! Un film de Cannes à ne pas rater !
SebLefr3nch
SebLefr3nch

220 abonnés 691 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mai 2018
Stephane Brizé tape encore fort avec un nouveau film social sur la fermeture d'une usine et le combat de ses salariés pour la maintenir ouverte. Filmé comme un documentaire, on se prend vraiment au jeu. Si on ne connaissait pas Vincent Lindon on pourrait vraiment croire que tout ceci est une histoire vraie car, à part l'acteur principal, rien ne laisse penser que c'est une fiction. Le combat que mène ces hommes et femmes face à un grand groupe où chacun tente de vivre ou survivre selon son échelle sociale est vraiment intense. Criblant de vérité et d'actualité, nous comprenons ce que vivent ces salariés qui ne souhaitent que travailler. Vincent Lindon est incroyable, une fois de plus, et le reste du casting, composé d'inconnus, l'est tout autant. Un film coup de poing sur une réalité de plus en plus présente qui ne laisse pas beaucoup de chance aux petits face aux grands groupes.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 juillet 2022
Vincent Lindon, l'acteur favori de Stéphane Brizé, jouant à nouveau de son physique rugueux, fait encore avec lui dans le "social". Autant je l'avais trouvé moyennement performant en 2015, avec "La Loi du marché", autant il est ici exceptionnel, de justesse. Sur un argument austère (des ouvriers luttent pour conserver leurs emplois, confrontés à un traitement "boursier" de ces derniers par un employeur allemand, pour qui le site d'Agen qui va fermer n'est qu'un établissement parmi d'autres, dans un pays parmi d'autres, et pour une activité parmi d'autres....), SB réussit, presque deux heures durant, à traiter en tension permanente, avec les moyens du seul documentaire (huis clos le plus souvent, tables rondes et discussions diverses entre syndicats, patronat et médiation élyséenne, des interprètes non professionnels, entourant Lindon), un sujet délicat, complexe et douloureux, sans rien omettre d'une dramaturgie millimétrée sur le plan des enjeux économiques et politiques, tout en montrant en creux toute la pâte humaine architecturant l'affaire. Deux heures passionnantes. Le final est particulièrement réussi, articulé sur spoiler: une naissance (celle du petit-fils de Laurent, l'âme de la résistance, alias VL) et sur une mort (seule solution, au bout de l'engagement)
- une émotion qui vous serre la gorge, sans un gramme de pathos, du grand art....
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2018
Dans « La loi du marché » sorti en 2015 Stéphane Brizé et Vincent Lindon observaient de façon passive les ravages que la mondialisation engendre dans les entreprises alors que dans « En guerre » Laurent Amédéo (Vincent Lindon) est un syndicaliste très engagé dans la lutte contre la fermeture d’une petite usine située à Agen et employant 1 100 salariés, fermeture pour cause de non-rentabilité édictée par la firme allemande Dimke employant pas moins de 140 000 personnes à travers le monde.
Le scénario sur lequel un des syndicalistes des « Conti » (pour la firme de pneus Continental qui avait fermé en 2008 une usine à Clairoix dans l’Oise employant 1 120 personnes et entrainait une bataille syndicale puis juridique très médiatisée avec pour la petite histoire un déroulement plutôt heureux auprès de la Cour d’Appel d’Amiens en seulement Janvier 2017) a coopéré, est très bien construit et il montre parfaitement l’escalade qui ne peut que se produire dans un tel conflit de type pot de fer contre pot de terre. Le conflit est très rapidement médiatisé avec des phrases toutes faites dans la bouche tant des syndicalistes que de la Direction locale, du représentant « social » du gouvernement chargé d’une médiation, du MEDEF et des responsables allemands qui vont mettre pas moins de 3 mois pour accepter de rencontrer les ouvriers en lutte avec – comme petite phrase assez savoureuse– le PDG allemand qui après que le Directeur financier ait confirmé que l’usine n’était pas rentable et qu’un projet de rachat local pourtant approuvé par le représentant « social » du gouvernement n’était qu’une « pure utopie sur le plan de la stratégie financière », débute son discours en disant que son épouse est française, qu’il aime la France et adore sa maison en Camargue …
Le film est très bien fait et montre bien la fermeté de la Direction allemande, l’impossibilité apparente des politiques d’agir sur les décisions allemandes et les fissures qui vont apparaître en quelques semaines parmi les ouvriers français, certains voulant essayer d’augmenter le montant de leur « prime supra-légale » de départ et d’autres se battant pour le principe (le non-respect d’un engagement signé 2 ans plus tôt entre la direction et les ouvriers et courant en principe pour 5 ans) et la volonté toute simple d’avoir du travail !
Le film est vraiment très prenant et rien de laisse augurer de sa fin.
Bravo à Vincent Lindon et à tous les anonymes qui ont participé à ce film … même si hélas dans le système capitaliste il n’y a aucune solution pour parer à cette dichotomie schizophrénisante qui oppose les groupes qui visent à augmenter les profits et ceux de leurs actionnaires en améliorant la rentabilité et en diminuant les coûts (donc la masse salariale) et les ouvriers qui ont besoin de travailler de leur paye pour vivre, rembourser les crédits … et – contrairement à ce que laisse entendre un jeune DRH – ne peuvent pas changer de département voire de région pour travailler.
bbnut
bbnut

12 abonnés 79 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mai 2018
Un excellent film, prenant comme un thriller, et qui nous fait toucher du doigt et ressentir profondément ce qui se joue véritablement et comment ça se joue lors d'un conflit social. Vincent Lindon est super, tout le monde autour également, et l'effet de réel joue à plein. bravo.
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