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Marc L.
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3,5
Publiée le 25 janvier 2019
J’ai l’impression que le cinéma des pays arabes - du moins, celui qui parvient à franchir la Méditerranée, c’est à dire quelques films marocains, tunisiens, égyptiens ou libanais chaque année - a trop de choses à dénoncer pour se permettre de prendre le temps de s’adonner à la fiction. Une fois de plus, c’est un fait réel, révélateur des faillites des sociétés du Maghreb, qui sert de point de départ à ‘La belle et la meute’. A la sortie d’une soirée dansante, une jeune femme est violée par trois policiers, alors qu’elle est en compagnie d’un jeune homme rencontré quelques heures plus tôt. Désemparée et en état de choc, la jeune femme, secondée par son compagnon d’infortune, se rend à l’hôpital, où elle tente vainement de faire reconnaître médicalement le viol, puis au commissariat, où elle veut déposer une plainte. spoiler: Dans les deux cas, tous deux se heurtent à un mur du silence, à des règles administratives ubuesques et des interlocuteurs qui toisent une jeune femme moderne dont ils estiment tous sans le verbaliser qu’elle n’a eu que ce qu’elle méritait et deviennent subitement peu coopératifs dès qu’ils comprennent qu’ils se trouvent face à un cas potentiellement explosif. Il y a pire : dès lors que les faits sont établis et que les gardiens de la paix comprennent que le scandale pourrait éclabousser toute l’institution policière, le ton change instantanément. C’est une campagne de sape, de manipulation plus ou moins ouverte et d’intimidation qui se déchaîne contre Maryam, qui va grandir d’un coup tout au long de la nuit, et comprendre que dans un pays comme la Tunisie, le droit au respect et à l’intégrité physique ne va pas de soi et qu’il faut lutter pied à pied, sans lâcher un pouce de terrain, pour les faire respecter par une société et des institutions qui n’ont pas évolué au même rythme que les lois et ne manifestent guère d’entrain à se mettre à la page. De la métamorphose par la force des choses d’une jeune femme en militante à la révélation d’un machisme institutionnellement enraciné, ‘La belle et la meute’ tire rageusement les squelettes hors du placard de la société tunisienne. Ce n’est pas la première fois que le cinéma nord-africain s’intéresse à la question : voici quelques années, ‘Les femmes du bus 671’, qui évoquait le phénomène des “frotteurs� dans les bus égyptiens, ne laissait comme seul choix aux victimes que de se faire justice à elles-mêmes. En comparaison, la Tunisie semble plutôt aller dans la bonne direction, le simple fait que les agresseurs aient fini par être condamnés et que ce film ait pu exister pour exposer l’affaire internationalement en sont les preuves la plus flagrantes.
Une tragédie au fatalisme déroutant, presque insupportable. Très bien mis en scène, on plonge et navigue facilement dans l'univers de l'héroïne pendant toute cette longue nuit.
Inspiré d'une histoire vraie, ce film est une terrifiante plongée dans la société tunisienne aux moeurs archaïques. Composé de plusieurs plans-séquences renforçant l'angoisse d'une nuit cauchemardesque, éclairé par une lumière blafarde insistant sur la froideur du moment, le spectateur prend fait et cause pour cette jeune fille qui n'avait au départ rien d'une militante mais qui par la cruauté de la situation se révèle une citoyenne à part entière. A voir !
Le belle et la meute relate l'histoire vraie de l'horreur d'un viol collectif, où la victime se retrouve face à des institutions machistes dans une société religieuse patriarcale qui écrase les femmes victimes à tous les niveaux possibles. Où la sexualité est tabou et la dénonciation des violences sexuelles se doit d'être passé sous silence.
Bien des victimes s'y retrouveront même si le contexte français n'a rien à voir avec l'extrême hostilité envers les femmes du contexte tunisien.
Excellent film très prenant l'actrice principale est top on se rend compte de la situation injuste ou elle se trouve et on se demande même si elle va s'en sortir
Film très fort à soutenir ! En ces temps de libération de la parole autour des violences sexistes, il faut voir ce film qui montre le combat d'une femme pour porter plainte contre des policiers qui l'ont violée. C'est inspiré d'un fait divers qui a fait énormément de bruit en Tunisie et a permis de progresser dans la prise en compte et la lutte contre le viol et le machisme. Le film est en 9 plan séquences, c'est parfois un peu théâtral ou caricatural mais globalement c'est très beau film.
03 11 2017 : nous avons apprécié "La belle et la meute ". C'est un film très réaliste et très émouvant avec une tension permanente. Le jeu d'acteurs est remarquable et la mise en scène réussie.
Nous venons de sortir du film tunisien "la belle et la meute", nous en avons pris plein la figure ! Foin de langue de bois, si tunisienne, c'est hyper"cash", carrément violent, surtout si l'on fait l'effort de se mettre à la place de cette petite étudiante "qui parle en guè" comme une péquenaude quand elle se relâche ! On prend le film en pleine figure, les auteurs sont vraiment courageux. Les portraits des flics-beaufs sont gratinés mais hyper-réalistes, CHARLIE HEBDO n'aurait pas fait plus cru. UN FILM ABSOLUMENT NÉCESSAIRE, mais loin du prospectus touristique et du discours xyloglossique et lénifiant des "zélites" tunisiennes. L'onctueuse hypocrisie des flics est génialement décrite. J'acquerrai dès que possible le DVD pour réécouter les dialogues en dialectal, pas piqués des hannetons. Film I-N-D-I-S--P-E-N-S-A-B-L-E !!!! Surtout pour ceux qui connaissent le Maghreb "de l'intérieur" et qui n'ont pas peur de la dure réalité.
Je trouve très efficaces les emprunts au THÉÂTRE. L'unité de temps : tout se passe en une nuit (et on est drôlement soulagé quand le soleil revient, au matin !) ; le découpage en 9 séquences qui permet d'être proche du temps réel ; le jeu des acteurs secondaires (parfois surprenant dans un contexte de cinéma, et qui peut passer pour maladroit), en décalage avec celui des 2 jeunes gens, qui dissocie 2 univers, un archaïque, lourd, faux-jeton, et l'autre sincère, immédiat, réactif et prompt à se transformer.
Le scenario relate très bien la bataille dans laquelle s’engage toute femme qui souhaite faire reconnaître son statut de victime d’une agression sexuelle; La nécessité de répéter encore et toujours à une multitude d’interlocuteurs l’histoire affreuse qui a été vécue et qui relève de la sphère la plus intime de la femme.