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1000gr2Sci
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4,5
Publiée le 30 juillet 2025
Téhéran Tabou est un coup de poing animé dans la gorge de l’hypocrisie iranienne, un cri visuel où la rotoscopie transforme la réalité en cauchemar sous néon. Ali Soozandeh dévoile une ville schizophrène, où sexe, religion et répression s’entrelacent dans une danse sordide, charnelle, poignante. Le trait est dur, le propos sans filtre, et chaque personnage semble marcher sur un fil tendu entre le vice et la survie. Une œuvre crue, nécessaire, qui dérange autant qu’elle libère — comme un blasphème devenu confession.
Sur la forme, filmé avec le procédé de rotoscopie ( consiste à tourner sur fond vert avec les acteurs puis ajouter graphismes ), le résultat est une réussite absolue, grâce à un travail sur l'ombre et la lumière magistral. Le scénario, lui, prouve s'il en était encore besoin l'état d'une société gangrénée par une religion aliénante et corrompue où l’hypocrisie et les frustrations sont monnaie courante, et où bien sûr la femme dépend de l'homme. ( De son père, de son mari, de sa belle-famille, des gardiens de la révolution, des Mollahs...) Un film fort, choquant, où le parti-pris du dessin-animé permet d'aller plus loin dans la dénonciation de cette société vérolée autant que verrouillée. Une réussite.
Exceptionnel ! Je ne pensais pas m'attacher autant à des personnages dessinés, qui sont d'un réalisme troublant. Ces "acteurs" sont extraordinaires. Tout comme l'histoire, cette aspiration à la liberté, cette absurdité de l'enfermement permanent. Superbe !
A travers le destin croisé de trois Téhéranais en quête de liberté, un film d’animation d’une grande noirceur, tourné en rotoscopie, qui dresse le portrait de la face cachée d’une société étouffée par ses interdits moraux et religieux d’un autre temps.
Une belle découverte. Cette oeuvre est captivante et évite les caricatures (scènes crues, c'est sans tabou). Dépaysantes, ces tranches de vies nous transportent au coeur de la société iranienne, dans les rues sales et pauvres de Téhéran. Visuellement superbe.
Une belle réalisation, une histoire bien écrite. Le scénario aurait pu tomber dans un militantisme béat contre ma société iranienne mais réussit à ne pas tomber dans la caricature. Une fin un peu bâclée peut-être.
Je n'étais pas plus attiré que ça, mais ce titre (légèrement racoleur) et la situation du pays prête tellement à controverse que je me suis laissé tenter, ce choix d'animation en rotoscopie prêtant également à la curiosité. Quelques réticences : de légères difficultés à identifier certains protagonistes (notamment féminins), cette animation légèrement austère, bien qu'originale et personnelle, donnant un ton légèrement poétique, n'apportant pas énormément à des prises de vue réelles (choix fait afin d'éviter d'avoir à répondre aux autorités iraniennes). J'ai ainsi eu de légères difficultés à me retrouver, parfois, dans ces différents récits, habilement mêlés, où chaque situation fait écho à une autre, intelligemment pensées, écrites. Il y a une volonté sensible d'offrir à la fois une histoire forte, doublée d'un regard sans fard sur l'Iran d'aujourd'hui, république islamique terrifiante d'intolérance, de brutalité, poussant constamment les gens à se réfugier dans la peur, chaque interdit (dont certains surréalistes) devenant presque un acte de résistance face à une société étouffante et incroyablement hypocrite, où les femmes apparaissent souvent comme un bouc-émissaire idéal, notamment lorsqu'elles cachent leurs pulsions « honteuses ». L'œuvre a la subtilité de ne pas tomber dans une victimisation facile de ces dernières, en faisant, au contraire, souvent des figures fortes, marquantes, sans pour autant cacher la profonde souffrance dans laquelle elles sont souvent. Les hommes ne sont pas non plus tous des salauds (bon, certains, quand même!), surtout lâches ou conditionnés par des lois absurdes. Ni trop ni trop peu, très critique du pays mais bienveillant envers ses héro(ïne)s, « Téhéran Tabou » est un film fort qui, à défaut de bouleverser ou captiver, ne laisse clairement pas indifférent, autant par le regard qu'il porte à une nation devenue symbole d'intolérance pour le monde entier que sa capacité à dessiner des portraits que l'on n'oublie pas de sitôt : une réussite.
Je salue le réalisateur et le remercie pour ce film animé réaliste qui decrit la réalité de la société iranienne d'aujourd'hui. Pour quelqu'un qui est allé en iran et me basant sur les nombreuses expériences personnelles que j'ai pu entendre, beaucoup de choses dans ce film sont très bien énumérées et décrivent la réalité que doivent endurer beaucoup diraniens dans liran d'aujourd'hui. On ne s'ennuie pas et c'est un beau film, certes triste, à voir
Au delà de la dénonciation du régime des mollhas iraniens, au delà de l’originalite de la rotoscopie, ce film doit être apprécié pour les émotions qu’il porte. Les personnages sont attachants et aucun ne laissent indifférent. Élias le petit garçon muet qui est tellement présent, que comprend il? La tirade de Pari qui explique ce qu’est la drogue en énumérant diverses réactions d’un homme envers une femme qui se moque de lui, cette tirade est excellente.
La facture visuelle de ‘Téhéran Taboo’ est basée sur la méthode de la rotoscopie, qui consiste à recouvrir de “couches animées� des scènes et des acteurs préalablement filmés. Ce choix ne répond pas qu’à des considérations esthétiques mais constitue une solution nécessaire pour contrebalancer l’impossibilité pratique de tourner le film à Téhéran, dont il a fallu redessiner intégralement les arrière-plans urbains Si les personnages s’expriment bien en farsi, le film a ainsi été tourné en Allemagne - le réalisateur réside dans ce pays - car il y avait peu de chances que les autorités de la République islamique donnent leur autorisation ou offrent des facilités à un tel projet. A travers l’histoire de plusieurs personnages de la métropole, Téhéran Taboo ausculte la face cachée de la société iranienne, et expose la schizophrénie et l’hypocrisie propres à toute société religieuse. Qu’il s’agisse d’une prostituée clandestine qui tente de scolariser son fils, d’une jeune mariée qui veut trouver un travail contre l’avis de son mari ou d’un musicien qui s’efforce de rassembler l’argent pour tirer son aventure d’un soir de l’embarras grâce à une “opération de virginité�, tous ces individus vont se heurter au poids des coutumes et des interdits d’une société patriarcale qui ne pense qu’au sexe mais fait tout son possible pour le dissimuler, et aux règles et lois absurdes qui la font tourner. De cette plongée dans la réalité quotidienne de l’Iran, et plus particulièrement de tout ce qui s’y déroule dans les interstices de la surveillance étatique et sociale, on retient surtout que dans ce pays, les échanges de bons procédés, le chantage et le mensonge constituent les plus sûrs moyens d’obtenir ce qu’on souhaite : un peu d’argent permet de récupérer de nouveaux papiers ou un nouvel hymen et un “mariage temporaire� avec un mollah vicieux peut faire sauter bien des obstacles juridiques. Peut-être les personnages ne sont-ils pas assez approfondis : ils ne servent en effet qu’à incarner les situations tragiques ou ubuesques de tous ceux qui se risquent à ne pas suivre les règles communes. A la façon des films de franc-tireur de Jafar Panahi ou de la finesse de ceux d’Ashgar Faradhi qui nécessitent qu’on puisse lire entre leurs lignes, ce ‘Téhéran taboo’, qui profite de son éloignement géographique pour frapper fort, offre un nouveau témoignage grinçant et éclairant de la dissonance entre la façade officielle et les aspirations secrètes des Iraniens ordinaires.
L'audace du procédé rotoscopique pour parler des multiples problèmes politico-sociaux donne à ce film un élément supplémentaire pour avoir envie de le decouvrir. Il y a un scenario engagée et une mise en scène volontaire, ce qui donne à l'ensemble de cette oeuvre une portées suffisamment puissante pour qu'on soit interpellé par les aberrations législatives de ce pays qui pour ma part, jusqu'au visionnage de ce film, ne me semblait pas si éloigné de notre mode vie. A découvrir.
Je vois ce film avec un peu de retard par manque de temps et parce que j'avais un peu peur d'être déçu. En réalité, je visionne un excellent film, inventif par la technologie utilisée, bien adaptée à mon avis et aussi pour sa capacité à nous plonger dans cette schizophrénie Iranienne, oppressante et triste ...
Un film choral sur le thème de l'hypocrisie de la société iranienne par rapport à la condition de la femme. Inscrit dans l'ère du temps, alors qu'on parle de plus en plus de féminisme et des inégalités hommes/femmes, téhéran tabou a le mérite de l'honnêteté. Ne cherchant pas seulement à surfer sur la vague de l'engouement actuel, la reconstitution animée de teheran et le fait de redessiner des acteurs (procédé rendu obligatoire par l'impossibilité de filmer sur les lieux), donne un cachet d'authenticité à l'ensemble. Il y a dans l'ensemble une certaine légèreté que le sujet n'augurait pas.
Le cinéma iranien produit régulièrement des œuvres de grandes qualités, intelligentes, modernes et d'auteurs. Téhéran Tabou se situe indéniablement dans le haut du panier. Filmé en rotoscopie, beaucoup le compare avec "Valse avec Bachir" produit aussi par une maison allemande en 2008. Pourtant les techniques d'animation sont différentes, et le résultat "rotoscopé" n'affaiblit en rien le jeu des acteurs et leurs expressions. Une séance photomaton des différentes personnages et leur portraits montre à quel point la couche de couleurs refaite sur la photographie apporte réellement une autre perception utile et pertinente de nos héros. Choix artistique réussi et d'à propos, qui reflète une société iranienne vivant publiquement et en permanence sous un masque oppressant de conventions sociale et dont les conséquences, lors de manquement, sont cruelles et impitoyables.
Film chorale où nous suivons essentiellement trois femmes et leur entourage dans la vie quotidienne sur 1 semaine, Téhéran Tabou comme beaucoup d'autres productions de ce pays nous décrit un état impitoyable avec les femmes surtout, représenté par des religieux hypocrites et corrompus et où la peur de se dévoiler est une constante quotidienne.
Le message est claire, le propos passe très bien. Bien que toutes les situations présentées soient certainement authentiques, j'ose espérer que la vie réelle en Iran est plus diluées de situations dramatiques avec des périodes de répit et des êtres humains osant prendre du recul face à l'idéologie confessionnelle.
Quoiqu'il en soit le film est une vrai réussite à tout point de vue.