5612 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
214 critiques spectateurs
5
18 critiques
4
76 critiques
3
57 critiques
2
27 critiques
1
20 critiques
0
16 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
mazou31
130 abonnés
1 361 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 18 février 2020
Thriller survolté et électrisant qui se passe dans le milieu diamantaire juif de New York. Et on regarde de fait un vrai bijou de cinéma, filmé génialement par Josh et Benny Safdie, sorte de frères Cohen croisés avec Scorsese et Cassavetes ! Ça pulse de la première à le dernière image, avec un découpage sidérant, des montages novateurs – par exemple plongée en travelling dans la matière atomique d’une opale pour ressortir dans les méandres du colon de notre héros subissant une colposcopie ! Mais les auteurs, par le rythme imposé, le réalisme des images, le débit ahurissant des dialogues très verts, savent éviter la vulgarité dans ce monde où tout n’est que fric et sexe. Et puis, dans un casting réussi, s’impose un acteur époustouflant, Adam Sandler, qui dynamite encore davantage ce monde explosif, en jouant sa survie avec une énergie et une confiance indestructible qui désarçonnent (presque) tous ses débiteurs ! Après *The Irishman*, Netflix réussit encore ce film exclusif qu’il est déconseillé de voir en buvant une tisane ! C’est trépidant , amusant, bruyant, haletant… excellent !
Le film est quel que peu brouillon et décousu par moment, même si on comprend les tenants et les aboutissants. Mais rien que pour la prestation absolument dantesque de Adam Sadler, le film est excellent. Plein de tensions, de magouilles, des acteurs au top, et un match de basket haletant!
Les frères Safdie se la jouent Guy Ritchie avec cette histoire de bijoutier qui a des problèmes de jeu et profite d'une pierre incrustée de diamants pour essayer de se refaire. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça fonctionne. Adam Sandler se montre beaucoup plus intéressant dans ce type de rôle qu'à faire des voix de débiles ou interpréter des personnages qui le sont. L'idée d'avoir brodé un scénario autour de Kevin Garnett et de chercher à mystifier la raison de son talent est très intéressante également. C'est un film bien écrit et bien rythmé, peut être pas le chef d'œuvre que l'on m'a vendu, mais un film qui a su trouver les bonnes inspirations et retranscrire cela d'une très belle manière.
Adam Sandler joue ici le rôle d'un bijoutier stressé, stressant et qui nous entraîne avec lui sans son stress... Uncut Gems fait partie de ces expériences cinématographiques à vivre avec leurs lots d'émotions, spoiler: attachez vos ceintures car ça dérape assez fort !
Après "Good Time", qui mettait en scène un amour fraternel sur fond de polar survolté, les frères Safdie enchaînent avec "Uncut Gems", qui va encore plus loin dans la frénésie et la folie. On y suit tant bien que mal Howard Ratner, minable bijoutier et parieur invétéré, qui tente constamment de se racheter auprès des personnes auxquelles il doit de l'argent mais en enchaînant les bourdes grotesques et monumentales. Tout comme le montage et le rythme du film, Howard est sans cesse mobile; son incapacité à se fixer et sa faculté à rebondir de lieu en lieu, de pirouette en pirouette, laisse le spectateur complètement groggy au bout d'une première heure où les transitions sont exclues. La démonstration est impressionnante mais menace de ne fonctionner qu'en vase clos; heureusement, les Safdie sont intelligents et le prouvent en ralentissant légèrement le tempo et en créant davantage de collisions entre la vie sentimentale d'Howard et ses affaires, deux procédés qui mettent mieux en évidence la complexité du personnage et cessent d'en faire un simple trublion antipathique. Car Howard est aussi ce gosse qui aurait oublié de grandir, un gosse insatiable et passionné. Sa déraison ne peut pas uniquement le discréditer, elle est aussi une facette de sa part joyeuse et enfantine – le grand moment de bravoure final qui voit Howard progressivement exulter en suivant à la télévision son pari gagnant en est une preuve frappante –, spoiler: à tel point que sa chute devient une libération (il meurt soudainement dans un moment de pure jouissance) . Pour incarner un personnage aussi insaisissable, il fallait tout le talent d'un Adam Sandler transfiguré, capable de relayer dans le même temps des sentiments contradictoires et de jouer l’exubérance sans empiéter sur une opacité tenace. "Uncut Gems" n'a pas le psychédélisme électrique de "Good Time"; il s'impose néanmoins comme un fascinant objet de mise en scène dans la mesure où sa marche effrénée n'écrase jamais l'histoire et les personnages : ce rythme et ce montage sont au contraire totalement raccords avec les tours de force scénaristiques et le caractère retors d'Howard. "Uncut Gems" procure ainsi l'ahurissement du film de funambule en faisant exister une pluralité de dimensions à haute vitesse et délivre une émotion intimement liée à cette histoire d'amour fou révélée dans un très beau dernier mouvement.
Découverts dans la noblesse de « Mad Love In New York » et la réconciliation avec Robert Pattinson dans « Good Time », les frères Benny et Josh Safdie se sont fait une réputation et ils inaugurent de l’espoir dans cette filiale du cinéma qu’est Netflix. Qu’on apprécie ou non le concept, ces réalisateurs sauront jouer avec les attentes et la folie du spectateur, comme du personnage central. Dans ce polar fou furieux, l’intrigue nous emmène dans un « No Man’s Land », quelque part entre les enfers et le paradis, mais inutile de préciser que beaucoup de choses vont mal tourner et vont précipiter les enjeux à un niveau où la fibre du hasard sera notre seule échappatoire.
On nous introduit Howard Ratner, bijoutier et acheteur-parieur compulsif. Il vit constamment sur le fil entre la réussite et le désastre, mis quand le destin vient frapper à sa porte, il ne peut plus reculer et fonce droit dans une pente dont il serait possible de faire marche arrière… quoique. Adam Sandler le campe avec une justesse, réhabilitant ainsi le comédien qui s’est souvent enfermé dans des comédies inintéressantes, voire ridicules. Même s’il faut parler divertissement, la sensation ira à l’opposé à ce qu’on lui aurait associé. Mais nous le sentions déjà plus mature, notamment avec son passage derrière la caméra de Paul Thomas Anderson dans « Punch-Drunk Love » et il le démontre avec une puissance émotionnelle qui évoque l’art abstrait, mais qu’on prend soin de voir briller le temps d’un espoir avant de le voir replonger dans une spirale chaotique. Il constitue cet amas d’énergie qui perd en intensité et qui engendre les collisions les plus improbables et les plus vicieuses. Et c’est justement dans ce contexte ardent qu’on le verra évolue et au cœur d’un récit New-Yorkais frénétique et rocambolesque.
Il vaut le voir pour y croire et il ne s’agit pas que de l’œuvre qui est le témoignage d’une excellente écriture. La venue d’une gemme viendra bouleverser la routine, loin d’être concluante, d’Howard qui jongle constamment entre les familles et amante, ou encore clients et fournisseurs. Tout se recoupe à des dettes démesurées qui manipuleront son instinct et sa raison, s’il lui en reste. Et on ressent constamment le protagoniste se débattre pour sa survie grâce à ce cadre serré et étouffant. Tout le monde cherche à gagner du terrain sur l’autre et les forces qui s’opposent sur l’écran font le nécessaire afin de s’armer d’impatience, tout comme le spectateur qui guette si sa place est assez confortable. Le combat est physique et mental, notamment dans un dernier acte qui nous empêche de respirer ou étire l’échéance avent une telle pression qu’on ne vit plus que dans l’instant.
On le comprend donc, mais « Uncut Gems » réussit le pari fou d’assimiler un univers noir et redoutable, même pour le plus confiant ou le plus chanceux. Les multiples péripéties alimentent constamment la chute du héros qui panse à chaque fois ses plaies, de plus en plus conséquentes et de plus en plus lourdes de sens. Le film adore maltraiter ses personnages, mais avec l’ironie et du sort et d’un environnement que l’on exploite avec parcimonie, afin de rendre ce thriller tranchant et sanglant.
La dernière image ? Celle qui me hantera longtemps, c'est ce moment, en apparence très quelconque. Le héros et sa fille ont un échange dans la cuisine familiale. Le spectacle de ce père et la façon dont il cherche en fouillant du regard quelque chose dans celui de sa grande fille... Désespérément. Quelque chose qu'on pourrait appeler de l'amour et qu'il cherche en vain. Déchirant. Fantastique.
Ce film a du flow. John Cassevetes was here. Forcément. Bookmakers et bijoutiers sont de grands rêveurs, d'inusables pare-feux contre les irascibles de tout poil, d'indécrottables mystiques cherchant dans les reflets d'une opale, dans un décolleté profond, dans le money Time d'un match au sommet leur raison de vivre, leur graal...
Les nappes d'électro eghties dans la nuit New-yorkaise font irrémédiablement leur effet... Des séquences en apparence anodines comme celle des poubelles dit beaucoup du fardeau que porte sur ses épaules ce stakhanoviste de la réussite à tout crin, par tous les moyens. Le mythe de Sisyphe à l'oeuvre et à l'écran dans cette brève progression nocturne heurtée qui dit tout du chemin de croix que nous vivons à ses côtés... La grimpette au sommet de sa petite colline d'adrénaline puis patatras... Equilibres précaires, comme le milieu fragile dans lequel croient vivre peinards ses fantastiques poissons-rêves. Une prison de verre. La sienne. Or tout cet univers est constellé de portes vitrées, de caméras, d'écrans et de lunettes indispensables au héros pour déformer la réalité, pour faire vivre sa réalité. Faites de reflets multicolores et de croyances irrationnelles venant se heurter au prétendu esprit cartésien d'un monde qui ne fait que se donner les apparences de la normalité. Qu'est-ce qui est normal par ici ?
C'est d'ailleurs dans ses "temps morts" comme au Basket que se livre beaucoup de la vérité du film et de celle de son héros, de ce clown triste. Le choix d'Adam Sandler est en cela brillantissime. Quelque part entre Jerry Lewis et Docteur Love. Ses deux visages. Janus doublement mis à nu. Il y a celui qui est perdu, qui pleure comme un enfant, deux mèches rougies dans le pif et il y a l'autre, celui qui gesticule dans son verre d'eau privé d'oxygène à l'instar du spectateur cherchant de l'air. Pas un hasard qu'on ait fait appel à Adam Sandler (King of Comedy) pour ce rôle tragicomique. Et je repense d'ailleurs à la grande dépression fatale d'un Robin Williams ou de ces grands humoristes qui tombent le masque une fois loin des regards, une fois seul avec eux-mêmes. Et ce qu'ils dévoilent est souvent bouleversant.
C'est pourquoi au-delà de ce qu'il est, un très grand film noir (dans la lignée de Meurtre d'un bookmaker chinois), je retiens surtout la prestation extraordinaire de cet acteur (le rôle de sa vie probablement) et son personnage tour à tour haïssable, consternant et attendrissant. Lui dans cette petite boutique des erreurs qui devient la grotte dangereuse (son cerveau enflammé), de la séquence d'ouverture, un terrain à explorer, à creuser sans relâche à ses risques et périls. J'ai d'ailleurs repensé à l'univers anxiogène de Pi (Darren Aronofsky) dans lequel Max, brillant mathématicien, cherche jusqu'à la folie à trouver la formule mathématique qui se cacherait cyniquement derrière les énigmatiques soubresauts du marché des changes. Deux personnages en quête de leurs personnages, de leurs fins dernières et qui se brûlent les ailes ou tombent sur un os. Une pierre. Précieuse ou pas. Uncut. J'aime à la folie !
Un thriller cynique et survitaminé qui se permet à peu près toutes les audaces. Certes il faut s’accrocher pour suivre l’intrigue, et accepter les bizarreries d’un scénario qui marie volontiers le réalisme et l’absurde... mais si on y parvient, on ne peut qu’apprécier le spectacle. Seul point noir : la BO, souvent horripilante.
Pour une fois que j'aime À.Sandler au cinéma ! Il met un gros dunk à ce film avec une histoire qui tiens en haleine du début jusqu'à la fin ! L'argent, la famille, le jeu, le vice, la croyance vraiment très bon film ! Mention à Julia Fox aussi
Uncut Gems est bien un diamant brut, une œuvre entropique d’une efficacité et d’une maîtrise incroyables. Lorgnant à la fois vers le thriller que l’étude de personnage ou la peinture d’un monde capitaliste cloisonné, les Safdie rentrent officiellement dans la cour des grands. Un incontournable à ne pas manquer.
Les Frères Safdie ont démontré avec Uncut Gems une maîtrise parfaite de descente aux enfers. Bénéficiant d'une intrigue adéquate pour détourner son talent comique (son image populaire l'aidant aussi un peu), Adam Sandler devient devant la caméra des réalisateurs un pathétique perdant pressé de tous les côtés par ses décisions et son entourage mais devenant véritablement iconique par son obstination à répéter ses conneries, perdant constamment ce qu'il gagne et peinant cruellement à conserver le peu de gain qu'il acquiert, suffisant pour vivre mais insuffisant pour exister. L'itération de ses échecs ne perd jamais de souffle jusqu'à ce qu'on en vienne à espérer à chaque fois qu'il puisse s'en sortir, de ses sales combines comme des disputes étouffantes dans lesquelles sa voix se perd au milieu des autres. Si la gemme représente le succès, elle symbolise aussi le cannibalisme des individus prêts à s'entre-dévorer pour lui aux dépends des autres, du grand art.
2020 une année pauvre en cinéma ? Pour le lieu physique oui, mais pour les œuvres proposées il est possible de trouver quelques pépites ou belles surprises.
"Uncut Gems" des frères Safdie en fait partie. Le pitch du film ne laisse pourtant pas nécessairement présager une telle réussite. On se dit qu'on a encore affaire à un escroc arnaquant tout le monde (même sa propre famille) et étant responsable de boulettes plus grosses que lui. Il n'en reste pas moins que le film est un véritable parcours du combattant tant pour les personnages que le spectateur, haletant et rythmé à souhait de bout en bout. Il est difficile de deviner à l'avance ce qu'il va se produire et nous sommes constamment tiraillés à l'idée de devoir trouver une issue à ce manège complètement barré !
De belles idées dans la réalisation également. Le passage du concert de The Weeknd est l'un des meilleurs en terme de mise en scène. De même pour le grand final qui est bien orchestré pour nous laisser sous tension. La bande originale est d'ailleurs une partition assez "étrange" ou même dérangeante qui colle de façon surprenante aux mélanges d'instants de gloire et chaos de notre personnage principal. Il y a un semblant de Disasterpiece (compositeur sur "It Follows"). C'est plaisant d'avoir une BO atypique comme cela qui rappelle les premières sonorités électro des années 80 et les bons vieux synthétiseurs.
Au-delà des aspects purement techniques, ce film est déchirant car tout en construisant une image répugnante du personnage de Howard Ratner, quelque chose de fascinant s'en dégage à tel point qu'une fois de plus nous avons un anti-héros détesté et détestable mais que l'on veut suivre à tout prix pendant ces deux heures. Ses choix sont tous plus incompréhensibles les uns que les autres et il n'est plus question d'avoir du cran pour lui mais plutôt d'y aller "en mode YOLO". La dimension temps réel y est aussi pour quelque chose. Toute l'intrigue se déroule en deux ou trois jours maximum. Nul doute qu'Howard vit sa meilleure vie à fond la caisse mais qu'en conséquence il en loupe beaucoup : manque d'attention envers ses enfants, sa femme, ses employés/collègues, ses amis et même sa maîtresse. Prêt à en découdre avec pas mal des autres protagonistes, il renferme pourtant une fragilité bien cachée et reste humain après tout.
Ah oui et puis... quel plaisir de voir enfin Adam Sandler dans autre chose qu'une comédie de bas étage ! A voir pour tous les adeptes de thrillers.
BO insupportable. Mais film qui se laisse regarder avec un Adam Sandler très bon. Dommage pour la fin on aimerait en savoir Plus sur l'avenir des autres protagonistes. ..
Si je me sens obligé de mettre 5 étoiles à Uncut Gems c'est pour l'étonnant exploit réalisé par les frères Safdie qui consiste à avoir réussi à accoucher de l'un des plus gargantuesques étrons cinématographiques de ces derniers temps. Dommage que le cinéma olfactif ne soit encore qu'au stade expérimental, sinon on aurait pu bénéficier du spectacle "total" dont rêvait Wagner. L'allusion à cette mise bas est donnée dès le début du film lorsqu'on assiste à la coloscopie du personnage principal. Le toubib constate que le colon est libre de résidus ce qui signifie que les réalisateurs, une fois le film terminé, se sentent débarrassés de toute la fange, de toute la pourriture (au sens large du terme) qu'ils décrivent dans ce quasi documentaire. On reproche fréquemment à ce film de montrer des situations irréalistes voire outrées. Que nenni...S'il est une des rares choses qu'on peut mettre au crédit des ricains c'est précisément le fait de se montrer tels qu'ils sont. J'ajouterai même que, si l'on s'en réfère aux nombreux faits divers qui font régulièrement la une des médias, la réalité dépasse souvent la fiction la plus échevelée. Bon, on aura compris que ces frères Safdie ont intégré tout le succès qu'on peut espérer de films totalement déjantés en posant leurs semelles sur les traces de 2 autres frères de race : les Cohen. L'ennui c'est que ce choix les oblige à faire mieux s'ils ne veulent pas être accusés de plagiat, mais hélas pour eux, le talent n'est pas la chose la mieux partagée. Là où les Cohen réussissent à dénoncer avec une relative sobriété et un humour grinçant l'insondable connerie humaine, j'estime que les Safdie font dans la grossière surenchère ce qui a pour résultat que leurs pilules sont difficiles à avaler. Uncut gems pourrait se traduire par "brut de décoffrage". Certes les brutes de ce film sont particulièrement brutes de tout ce qu'on voudra, mais l'ennui c'est que les situations s'enchaînent à un rythme tellement hystérique que le spectateur se retrouve assommé par tant de gesticulations dont rares sont celles qui prêtent à sourire. Si bien que j'aurais du mal à qualifier ce spectacle de jubilatoire comme le font certains, à moins de s'identifier à ces racailles aussi laides que minables, ce que je me garderai bien de faire. J'admets que la critique sociale ne fait pas forcément bon ménage avec le divertissement mais là c'est vraiment lourd, très lourd même. "Glissez mortels n'appuyez pas..." écrivait Pierre Charles Roy. Je conseillerais donc aux Safdie de revoir leur copie s'ils veulent laisser une modeste trace dans le monde du 7ème art, mais pourquoi s'en donneraient-ils la peine ? À en lire les critiques positives ils ont déjà leurs encomiastes qui leur sont tout acquis. L'ignorance et le mauvais goût venant d'outre Atlantique étant de plus en plus prisés dans certains milieux notamment chez les bobos genre "cœur à gauche et portefeuille à droite" et, snobisme aidant, forcément amateurs éclairés d'art décadent, il est probable que ce genre de produits aura encore quelques beaux jours devant lui. Alcool, sexe, drogue, dépravation, vulgarité, fric facile etc. comme c'est fascinant de pouvoir s'y adonner par personnes virtuelles interposées quand on est top lâche pour s'y plonger et s'y perdre soi même. Bon visionnage !
Après leur formidable "Good Times" il y a deux ans les frères Safdie reviennent, malheureusement cette fois en streaming, pour à nouveau une oeuvre shootée à l'adrénaline et à la fièvre new-yorkaise. Scorcese, référence revendiqué, est même cette fois producteur, avec Khondji à l'image et Lopatin et Weeknd à la musique, difficile de réunir plus de fées autour du berceau. Glorification de l'argent et de la stupidité d'un monde ultra-libéral où le sang des mineurs éthiopiens se retrouve mêlé aux dunks d'une superstar de la NBA par l'entremise d'un dealeur de diamants juif. Les dialogues sont épileptiques et permanents, leurs sonorités finissent par former un long drone sous cocaïne, faisant passer le dernier Tarantino pour un trip sous Lexomil. Des réalisateurs survoltés à la tête d'un film psychédélique que j'aurais adoré voir en salle plutôt qu'en canapé.