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Green Book : Sur les routes du sud
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4,5
Publiée le 9 septembre 2019
"Green Book : Sur les routes du sud" a remporté la statuette du Meilleur Film lors de la Cérémonie des Oscars 2019. C'est amplement mérité, ce film est une très belle réussite. Le film traite le sujet du racisme, déjà largement évoqué dans les récentes productions. Mais il s'agit surtout ici du racisme banalisé dans le Sud des Etats-Unis lors de la seconde moitié du XXème siècle. Sous la forme d'un road movie, s'appuyant sur une histoire vraie touchante où un italo-américain se retrouve chauffeur d'un pianiste noir partant pour une tournée dans le sud de l'Amérique. Evidemment, le film joue beaucoup sur cette inversion des rôles. Sans violence dans les images, le film s'attache à montrer la brutalité du racisme dans un pays où la ségrégation est toujours largement présente. Mahershala Ali est très bon dans le rôle du pianiste très distingué, et Viggo Mortensen est absolument incroyable et souvent très drôle pour incarner le chauffeur un peu simple. Le duo est vraiment touchant. "Green Book : Sur les routes du sud" est sans aucun doute l'un des gros coups de cœur de cette année.
Super film ! Sincèrement !! L'aspect manichéen, et la lassitude que cela peut induire sur moi habituellement n'a en rien eu l'effet auquel je m'attendais. Cette épopée pleine d'espoir, d'humour et de leçon de vie m'a beaucoup plue. Ce film fait rire, pleurer et sursauter ! Un régale hors du temps.
Mais quel ennui ! Je comprends que l'on s'indigne du racisme de cette époque et des méchants blancs, mais le tout est d'une platitude. Oscar du meilleur film !!! Saluons une fois de plus un vote politique plus qu'objectif. Hollywood cultive sa politique...
Il faut reconnaître que c'est l'archétype du film américain démagogique et consensuel, qui ne surprendra jamais tant il ne prend aucun risque et tant il a coché tous les poncifs notoires de la ségrégation raciale d'époque, mais l'ensemble reste bien mené et efficace avec une alchimie convaincante entre les deux acteurs principaux. Déçu de la dramaturgie par contre, qui est sans relief et effacée. Les caractérisations sont aussi trop appuyées. Donc voilà, c'est sympa à suivre, mais pour un tel sujet jouissant d'une telle réputation...
Road movie ou biopic ? Simplement les deux. Inspiré d'une histoire vraie, une aventure sociale, raciale et artistique qui se transformera en amitié et durera longtemps encore après la fin de la route.Une peinture de la société Américaine des années 60 faite avec humour et tendresse. Viggo Mortensen, le dur et tendre italien du Bronx avec un appétit inégalable et Ali Mahershala, le pianiste virtuose noir et homosexuel dans une Amérique puritaine blanche, un duo qui fonctionne à merveille. Un film tout en nuance.
Que dire sur ce film, simplement réalisé, sans chichi, et qui réussit pourtant à nous faire ressentir tout un tas d'émotions pendant les deux heures qu'il dure et qu'on ne voit pas passer ? On part pourtant sur deux personnages très clichés, l'un blanc, un peu rustre, raciste, à l'éducation plus que moyenne, mais entouré d'une famille aimante, bon vivant et prenant la vie comme elle vient ; l'autre noir, guindé, presque arrogant, esseulé, mais virtuose du piano et doté d'une bonne éducation. Deux personnages que tout oppose, et encore plus dans une Amérique où la ségrégation est encore de mise, où les Noirs qui voyagent doivent s'orienter au fameux livre vert (Green Book donc) pour savoir où loger sans heurts. Tout au long du périple des deux personnages dans le Sud ségrégationniste des Etats-Unis, le film nous illustre ces choses de la vie quotidienne, ces petites choses à priori tout à fait normales (aller aux toilettes, manger au restaurant, passer la soirée dans un bar, essayer un costume, etc.) qui étaient pourtant sources d'humiliation quotidienne pour les Noirs. On a beaucoup de peine, mais le film sait aussi nous faire rire, notamment lorsque les manières rustres de Tony Vallelonga rencontrent avec fracas celles du raffiné Don Shirley. Et pour finir, c'est un message intemporel que le film nous délivre : changer les choses nécessite du courage et ce sont ceux qui en font preuve qui sont à même de le faire.
Pendant 30 bonnes minutes, on ne voit que le squelette du scénario et le programme très prévisible qu’il va dérouler. L’ambiance sixties, toujours efficace, donne un peu de chair au film, mais c’est surtout Viggo Mortensen, exceptionnel, qui porte tout sur ses épaules. Ensuite, le charme léger du road movie et l’alchimie entre les deux héros opèrent, et on se laisse bercer par ce cinéma familier, entre le buddy movie des années 80 et le mélo à la Capra. Finalement, ce sont les écarts avec le scénario traditionnel qui finissent par gêner, comme ces climax à répétition qui font durer le film 20-30 minutes de trop. Il y a des facilités de réalisation, mais suffisamment de petits gimmicks d’écriture (Farrelly est quand même un peu reconnaissable) pour rattraper les lourdeurs avec une certaine élégance. Très bon moment.
Deux personnes que tout oppose et pourtant vont vivre une épopée riche en enseignements. On voyage avec eux à travers l'Amérique profonde pour mieux comprendre l'ampleur de la ségrégation dans les moeurs, et ressentir ainsi au fur et à mesure ce que c'est que d'être rejeté par la société. Dans sa quête vers le succès au milieu des sphères bourgeoises, le pianiste tient à donner la meilleure image possible de "sa communauté", en perfectionnant sans cesse son talent artistique et démontrant un exemple de vertu, d'élégance et de raffinement. Paradoxalement, il n'en sera pas du spécialement adullé par cette dernière pour ses prouesses car elle ne le connaît, ni non plus humainement apprécié par la société au fond raciste dans laquelle il a décidé de s'immiscer, qui le connaît bien mais n'a d'estime que pour son talent. C'est entre ces deux paradoxes que le récit va se dérouler, en compagnie d'un acolyte merveilleusement bien interprété par Viggo Mortensen qui par sa nature je-m'en-foutiste l'aidera à appréhender son combat autrement, avec moins de rigueur et plus de relâchement. Pour une fois dans un film traitant du sujet, les rôles des personnages principaux sont inversés, avec des personnalités finement étudiées et c'est là la force du scénario, qui réussit avec brio à dénoncer l'hypocrisie d'un monde opportuniste et inhumain.
Une petite pépite d'intelligence, qui parlera à tous. De grands acteurs, à la fois drôles et touchants, pour une belle histoire qui vous arrachera votre petite larme. Bref : une réussite.