Un Peuple et son roi
Note moyenne
2,3
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260 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 23 septembre 2018
Mais que sont ils allés faire dans cette galère? Question que je me suis posée pendant le film pour les comédiens bien mal employés... Pourtant beau casting sur le papier et ils n'y sont sans doute pour pas grand chose dans la fausseté du jeu et des mises en scène.
Les parties qui sonnent le plus juste sont celles concernant le roi (Laurent Lafitte toujours impeccable) et les interventions des têtes d'affiche de la Révolution (Robespierre, Marat, Saint-Just... bien campés).Les interventions reposant sur de vrais discours sont du coup intéressantes et retentissent encore à nos oreilles et à notre actualité.
Les interventions et la vie du "peuple" qui occupent les 3/4 du film sont poussives et superficielles. C'est joli, bien filmé, les personnages sont beaux, sourient beaucoup, chantent bien, s'aiment bien... Mais ils ont faim et on a du mal à y croire...
En sortant de la salle, je me suis aussi demandé quelle était la valeur ajoutée de ce film, quelle vision voulait il apporter. peut être que la lecture d'autres critiques m'apporteront des réponses.
Kévin J
Kévin J

7 abonnés 14 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 octobre 2018
Film d'Histoire sans histoire... Mais qui este essentiel, pour les connaisseurs et les ignorants. Il y a des Faits qu'il faut réapprendre pour ne pas les oublier.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 octobre 2018
Ce qui est certain, c’est que le film de Pierre Schoeller ne manque pas d’ambition, et l’ambition dans le paysage cinématographique français de 2018, c’est déjà un sacré bon point ! S’attaquer à la Révolution Française, pour un cinéaste, c’est un énorme défi. Il faut soigner sa reconstitution, ce qui demande des moyens considérables et puis surtout, il faut choisir un angle. A mois de vouloir faire une immense fresque historique qui durerait des heures et serait didactique, presque scolaire, il faut impérativement choisir un angle. Pour Schoeller, ce sera la Révolution vue sous l’angle du Peuple, enfin, du Peuple Parisien car du peuple de province, il n’est jamais question. Soit, c’est un choix éminemment intéressant et ô combien respectable mais est ce que cela donnera au final, un bon moment de cinéma ? Si on ne connait de la Révolution que les grandes lignes apprises à l’école républicaine, parviendra-t-on à se sentir concerné par ce bouillonnement d’idées et cet ouragan politique qui changea la face de l’Europe ? Pierre Schoeller livre un film de deux heures qui, techniquement, est tout à fait maitrisé. Une belle photographie, une utilisation intelligente du hors champs (la Prise de la Bastille, uniquement suggérée sous l’angle du son), du son (la scène de l’acouphène), des plans soignés, et surtout une reconstitution très juste du Paris de 1789, Pierre Schoeller, avec les moyens qui sont les siens, livre un film visuellement soigné et accompagné d’une musique omniprésente (les chants révolutionnaires sont nombreux) et bien utilisée. On peut regretter quand même quelques petites choses : un découpage chronologique un peu scolaire, quelques scènes un peu pompeuses, quelques dialogues un peu sur-écrits mais surtout une scène à la limite du grotesque. En rêve, Louis XVI voit Louis XIV, Henri IV et Louis XI lui reprocher ses faiblesses et l’accabler d’injures, dans un style théâtral improbable et qui pourrait presque prêter à sourire, alors que ce n’est pas du tout le propos. L’intérêt de cette scène reste à me démontrer et n’apporte pas grand-chose à la psychologie d’un personnage pourtant interprété avec talent par un Laurent Laffite qui tente de donner de l’épaisseur à un roi injustement traité par la mémoire historique. De cet immense casting de star, trop nombreux pour les citer tous, on s’attarde fatalement sur lui, puisqu’il incarne à lui seul une des deux composante du titre. Je regrette que Pierre Schoeller ait beaucoup filmé le Peuple mais bien peu son Roi. Si le sujet de son film était les relations entre le Peuple et Louis XVI, pourquoi un tel déséquilibre, doit-on y voir un certain parti-pris ? Quand vous avez un casting 4 étoiles avec tant de stars, l’écueil est que toutes veuillent LEUR scène, et Pierre Schoeller a un peu cédé à ce défaut. Denis Lavant en Marat exalté, Louis Garrel en Robespierre intransigeant, Niels Schneider en Saint-Just, Gaspar Ulliel en voleur trouvant la rédemption dans le combat politique, Adèle Haenel en révolutionnaire féministe, Céline Sallette en passionaria, tous veulent exalter leur personnage. Ils le font remarquablement bien, sauf qu’à force de paraître exaltés, ils finissent par donner une impression un peu étrange, un peu désincarnée, comme s’ils évoluaient dans un manuel d’Histoire du début du siècle. Depuis la fin de la séance, je cherche en quoi « Un Peuple et son roi » m’a déçu et je crois que c’est par là que je dois chercher, le film de Pierre Schoeller montre une Révolution populaire monolithique, un peuple de Paris emporté par le tourbillon du « toujours plus », toujours plus d’idéaux, toujours plus de revendications, toujours plus de violence. Je ne crois pas que le peuple de Paris ait été un seul bloc, mais qu’au contraire à l’image des débats révolutionnaires, il était divisé, perdu, sans repère et surtout plus préoccupé par la faim que par de belles phrases théoriques sur la Liberté et l’Egalité. Il y a un petit côté théatral dans ce film qui me dérange. En revanche, je souligne que toutes les scènes d’Assemblée sont remarquables pour une raison toute simple : elles sont d’une fidélité presque totale aux discours detenus par les Archives Nationales, elles ne sont pas imaginées par un scénariste de 2018, et toutes ces scènes en deviennent fascinantes. La fuite en avant vers la violence, vers la Terreur, on la sent et on la comprend bien mieux pendant ces scènes là qu’en filmant un peuple de Paris qui finit par paraitre inexplicablement assoiffé de sang royal. D’ailleurs, les scènes de liesse après l’exécution de Louis XVI me laissent dubitative, car je ne suis pas absolument certaine de leur véracité historique. « Un Peuple et son Roi », film ambitieux, a de vraie belles qualités et des défauts indéniables, il montre la Révolution Française en tentant d’y amener la nuance qu’il convient, sans toutefois y parvenir. En fait, quand on connait un peu l’Histoire Contemporaine on sait qu’il y a autant de vision de la Révolution que d’Historiens, aucune autre une période n’est aussi clivante, aussi chargée en idéologie et chaque historien, chaque citoyen, est tenté d’y voir ce qu’il veut y voir. J’imagine que Pierre Schoeller à filmé sa Révolution Française à lui, c’est sa vision, et l’on n’est pas obligé d’y adhérer en tout.
Edouard64
Edouard64

8 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juillet 2019
Le travail d'acteurs est assez remarquable, la mise en scène assez inventive et enlevée, pour susciter l'intérêt de tous ceux que pourrait effrayer l'effrayante profusion des événements. Mais si le film a parfois un aspect elliptique, c'est que Pierre Schoeffer réussit la gageure de présenter un récit raconté selon le point de vue des trois protagonistes: le peuple, à travers une famille d'artisans du faubourg Saint-Antoine, le roi, plus discret, et l'assemblée, avec des extraits remarquablement choisis et interprétés de discours de Barnave, Saint-Just, Danton, Robespierre, Marat (frémissant autant qu'effrayant) et aussi, réduits à quelques mots lourds de sens, puisqu'il s'agit voter la mort du roi, de Camille Desmoulins, Philippe Egalité, et de députés anonymes. Bien sûr, le film ouvre beaucoup de questions, et donne une furieuse envie de se plonger dans Furet et Michelet, une des sources de Schoeffer, pour relire l'intégralité de ces discours, et se replonger dans le détail foisonnant de cette période mouvementée et terrible. Le film ravira un public cultivé, et passionnera beaucoup de ceux qui souhaiteraient connaître la Révolution comme on ne peut guère l'apprendre dans un ouvrage général qui devra se cantonner peu ou prou à la vie politique. Elle est ici reconstituée dans toute sa puissance de séduction, et dans quelques-unes de ses horreurs, On attend fortement la suite !
Yvan P
Yvan P

11 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 octobre 2018
Je me suis pas mal ennuyé. Ce film est une succession de scènes pendant les épisodes de la révolution. Cela m'a rappelé mes cours d'histoire. Mise à part un bon casting, des décors magnifiques, j'ai pas trop accroché.
Edith V
Edith V

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 octobre 2018
Long et chiant. Pas de personnage attachant. Musique lancinante.
Je n’ai ressenti aucune empathie pour qui que ce soit
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 octobre 2018
J'avais hâte de voir ce film et je ressors un peu déçue.
J'adore l'histoire de France et ce film je me devais de le voir, en plus j'apprécie les acteurs principaux.
La réalisation et l'interprétation sont parfaites.
Aussi, on est bien immergés dans cette époque.
Mais je m'attendais à plus de souffle, à plus de spectaculaire.
Et paradoxalement, c'est à la fois trop léger dans l'ensemble et trop plombant par moments.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on ressort de ce film complètement lessivés.
ATON2512
ATON2512

76 abonnés 1 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2018
Le quatrième film de Pierre Schoeller (2018) est-il un film historique ou un film politique . Historique oui et non tant il ne reprend pas exclusivement l'histoire au travers ses grands évènements et une chronologie établie . Mais donc plus tôt et incontestablement politique! En ce sens qu'il traite dun des évènements majeurs constitutif de l'âme même du pays qu'est la France. Un film politique donc tant il nous plonge (un film immersif) dans les arcanes du manège où se déroulaient les débats de l'assemblée . C'a bouillonne , les débats sont passionnants et nous laissent entrevoir tout ce qui se tramait en ces années de révolution. Toutes les forces en présence tant nationales qu'aux frontières ! Un hyme à la construction d'un idéal toujours à construire. La force du film réside aussi dans ce qu'il montre finement comment s'est déroulé le glissement de l'amour du Roi en son rejet suite notament à ce qui est apparut comme une trahison ou du moins un abandon du pays. Il s'agit en effet de la fuitte de Varenne. Un film politique aussi et surtout de la façon où les évènements nous sont montrés. Du point de vu du peuple de Paris et on voit très bien, on percooit très bien l'évolution des sentiments . Le film est didactique et passionnant même si au premier jet , il peut surprendre les adeptes de film historique classique . De nombreuses scènes recellent des clins d'oeil allégoriques emplis de symboles . Sans rien trahir du film , le parallèle de la Bastille qui tombe et du soleil (avant signe divin du Roi) qui se lève sur le peuple de Paris. Des scènes fortes emplies de lyrisme et de symboles il y en a plein. L'autre très grande force du film réside en l'apprentissage de la démocratie qui ne saurait se décréter . Même et surtout aujourd'hui . filmé en décors presque naturels et à la lumière des feux (bougie, feux et autres) la lumière illumine la pellicule et la photographie est très belle . Enfin le film est incarné par des comédiens d'une force, d'une vérité exceptionnelle. On peut citer entre autre Gaspard Ulliel jouant un Basile à la basculant en la dévotion au Roi à l'aprentissage de la liberté et des idéaux révolutionnaires. Adèle Haenel, Olivier Gourmet en soufleur de verre mais aussi Laurent Laffitte en Louis XVI montré ici comme véritablement conscient de ses choix . Le jeune Louis Garrel en Robespierre d'abord un peu timide et dont l'inflexibilité va au fur et à mesure des débats, grandir . Denis Lavant en excellent Marat . En résumé un excellent film didactique, passionnant et servi par de grands comédiens .
Christiane H.
Christiane H.

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 octobre 2018
Passionnée d'histoire je nai pas attendu pour aller voir ce film...Déception ! Je me suis rarement autant ennuyée ....
Ce n'est pas les acteurs ils sont tous très bons....les débats certe étaient authentiques.. mais c'était toujours du côté revolutionnaire ...quand à Louis XVI on le voit très peu et on ne voit pas non plus ses avocats plaider..De toute façon le film n'accroche pas il est long et ennuyeux...Ah j'oubliais la prise de la Bastille désolée de dire que c'était ...hum ..pas terrible !
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 3 octobre 2018
En lisant le synopsis de ce film, je pensais passer deux heures devant un bon film historique et avec notre bon Roi Louis XVI.

Deux heures, c'est long ! Mais vraiment trop long pour ce film ! Au bout de 30 minutes, je regardais déjà ma montre !!! Nous avons commencé la séance à quatre dans la salle, nous l'avons fini à... deux.

Les critiques intello bobo parisien revues se gausseront d'une merveille. Personnellement, je vous le déconseille vivement.

Comment vous expliquer ce film???
Cela va être très compliqué puis que, déjà, il n'y a pas d'histoire. Même la Grande Histoire est bafouée.

Le film commence par la prise de la Bastille... enfin la prise de la Bastille : le démantèlement d'une tour de la Bastille pour faire, tenez-vous bien, entrer le soleil dans une ruelle !!!! Vous allez m'expliquer que c'est une image et que cela est un symbole.... et que je n'ai rien compris !!!!

Deuxième aberration : le 5 octobre, les femmes marchent en direction de Versailles pour... non, non, n'allez pas trop vite ! Elles marches sur l'Assemblée Nationale pour réclamer le retour du Roi à Paris. C'est dingue comme les livres d'histoire peuvent nous raconter n'importe quoi !!!!

Quant aux personnages... oups, quels personnages??? il n'y a aucun personnage dans l'histoire. Elle est narrée par des personnes dont nous ne savons même pas qui ils sont.

Et Louis XVI dans tout cela? Je vous rappel le titre "Un peuple et son Roi". Sur deux heures de films, nous l'avons vu... 5 minutes en tout et pour tout. Laurent Laffite, grand comédien de la Comédie Française, n'a pas eu de mal à apprendre son texte puisqu'il à prononcé trois phrases en deux heures (vous pouvez les chercher, c'est celles que nous entendons dans la bande annonce).

Mon conseil : économiser les 15€ de cinéma pour vous faire plaisir avec autre chose et attendez cinq ans, lorsqu'il passera sur France 3 (co-producteur du film)... si il n'y a rien d'autre à la télé ce soir-là.
Sylvain P

387 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 octobre 2018
Un peuple et son roi manque légèrement de didactisme mais pour les férus d’Histoire, il constitue une fascinante plongée dans les entrailles du Paris révolutionnaire. Chaque personnage, célèbre ou anonyme, imprime sa marque dans le récit de cette période probablement la plus déterminante de notre Histoire nationale. Avec un art certain de la mise en scène, Pierre Schoeller signe un premier volet un peu élitiste mais franchement captivant de son diptyque attendu sur la Révolution.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 octobre 2018
On ne va se le cacher , le film a des défauts; dont celui d'être beaucoup trop général en racontant la vie des petites gens, d'un intérêt douteux (la scène d'amour entre ulliel et sa compagne Adèle, est en trop)…Il aurait à mon avis fallu construire le film autour d'un personnage principal, (célèbre ou pas) au lieu de le disperser autour d'une dizaine de personnage secondaires...On peut s'ennuyer d'autant que les dialogues passent du politique au trivial, sans beaucoup de conviction, bref on s'éparpille un peu…….Quand au film je retiendrais la belle scène des plumes, (un parti pris poétique trop rare) et la fin , l'assemblée jugeant de louis XVI ( c'est le meilleur moment du film, il est bien construit, bien charpenté si je puis dire, et la succession des députés est très bien vue…..Au niveau historique , c'est trop général encore, je retiens la prestation de louis Garrel en Robespierre et de Laffite en Louis XVI,...Je suis en définitive partagé entre les bonnes intentions du film, elles sont louables, rafraichir le "bon peuple" sur son histoire, et le scénario trop peu exigeant, mis à part , les scènes que j'ai citées au dessus…..A vous de voir
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 octobre 2018
Un regard percutant sur la Révolution française, par un cinéaste politique et esthète au carrefour des univers de Renoir et Ariane Mnouchkine. Une bonne surprise et un casting éblouissant.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 octobre 2018
Jeudi Saint de l'an de grâce 1789. Comme ses prédécesseurs avant lui, Louis XVI (Laurent Lafitte) lave les pieds des pauvres à Versailles. Ce sera la dernière fois. Car la Révolution éclate. En octobre 1789, une foule de femmes trempées par la pluie vient en délégation à Versailles et force le Roi et sa famille à les raccompagner à Paris.
Tandis que l'Assemblée constituante se réunit dans le manège des Tuileries, on suit la vie au jour le jour d'un verrier du Faubourg Saint-Antoine : L'Oncle (Olivier Gourmet), sa femme (Noémie Lvovsky), leurs deux filles, Françoise (Adèle Haenel) et Margot (Izïa Higelin).
Après la fuite à Varennes (juin 1791) et la fusillade du Champ-de-Mars par les troupes de La Fayette (juillet 1791), l'animosité à l'égard du monarque ne cesse de croître. la monarchie constitutionnelle a vécu. Les Tuileries sont prises d'assaut le 10 août 1792. Plus de six cents gardes suisses sont tués. Le Roi et sa famille sont faits prisonniers. La royauté est abolie ; la République est proclamée. Le procès de Louis XVI s'ouvre qui conduira à sa condamnation et à son exécution le 21 janvier 1793.

Révélé en 2011 pour "L'Exercice de l'Etat", un film qui ambitionnait de percer les arcanes du pouvoir, Pierre Schoeller, avec un budget de 16.9 millions d'euros s'est lancé à l'assaut d'un Himalaya : la Révolution française. D'autres s'y sont frottés avant lui : Jean Renoir - dont j'oserais affirmer, au risque de me faire guillotiner en place de Grève, que sa "Marseillaise" (1938) a bien mal vieilli - Jean-Paul Rappeneau et les rebondissants "Mariés de l'an II" (1971), Andrzej Wajda et son fiévreux "Danton" (1983), Robert Enrico et son académique diptyque bicentenaire (1989), Eric Rohmer et le so British "L'Anglaise et le duc" (2001), Sofia Coppola avec une "Marie-Antoinette" Fashion victim (2006), etc.

Pierre Schoeller a une double ambition : nous raconter la Révolution en consacrant une vignette à chacun de ses épisodes les plus marquants (la chute de la Bastille, la fuite à Varennes, la prise des Tuileries, l'exécution de Louis XVI...) et nous faire partager le quotidien des Parisiens durant cette période. Il ne parvient ni tout à fait à l'un ni tout à fait à l'autre.

Son film, trop court, dont le financement et le tournage du second volet dépendent du succès rencontré par le premier, ne brille pas par sa clarté pédagogique. Il faut avoir quelques connaissances historiques - ou une bonne 4G - pour comprendre tout ce bruit et toute cette fureur. Et Pierre Schoeller fait plusieurs fois fausse route à vouloir en actualiser les enjeux, par exemple en en faisant un combat féministe ou en mettant dans la bouche d'Adèle Haenel un slogan soixante-huitard ("Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner").

Pour louable que soit son souci de nous faire toucher du doigt la vie quotidienne des Parisiens, Pierre Schoeller, qui s'est entouré des conseils de l'historienne du sensible Arlette Farge, n'y parvient pas non plus. Par exemple, la longue scène, qui alterne les déclarations des députés durant le procès de Louis XVI et l'apprentissage de Basile (Gaspard Ulliel) au métier de verrier, ne fait guère sens.

Le film de Pierre Schoeller a un mérite qu'il faut lui reconnaître : il échappe à la vision téléologique qu'on a trop souvent de la Révolution. Il évite de lire les événements de 1789 et de 1791 au prisme de ce que nous savons de la Terreur et du Directoire. Mais, son échec relatif a des causes plus profondes et hélas plus définitives : si la Révolution française fut un événement historique considérable, il n'est pas certain qu'elle suscite encore un écho chez le spectateur du début du XXIème siècle.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 octobre 2018
A nouveau la Révolution Française de 1789 au cinéma, avec cette fois des intentions différentes dans la mise en scène qui à la linéarité formelle offre ici une suite de tableaux et de séquences sans véritable lien si ce n’est le sens profond de l’Histoire que le cinéaste inscrit dans un contexte réel porté par les écrits des historiens et la parole des représentants du peuple. Ce peuple ici composé de figures emblématiques de notre cinéma et qui d’Olivier Gourmet à Niels Schneider inventorient à juste titre les tenants et les aboutissants d’une aventure sans pareille. Malgré quelques longueurs dans l’enceinte de la Constituante et une étonnante séance photos autour d’Adèle Haenel, par ailleurs conforme à son talent, on ne peut que se réjouir de ce nouvel exercice cinématographique.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
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