Comme le sous-entend le titre, le film couvre la période qui va du Jeudi Saint 1789 où le Roi lave les pieds des enfants pauvres à l’exécution de Louis XVI (Laurent LAFITTE) le 21 janvier 1793. Le film est vu à travers un groupe de familles [verrier (Olivier GOURMET et sa femme, Noémie LVOVSKY), lavandière (Adèle HAENEL) et comédiens] de la rue St-Antoine dont les immeubles voient peu le soleil à cause de la hauteur des tours (24 m) de la Bastille. Ces personnages, qui incarnent le peuple ou une fraction [ils sont proches du club des Cordeliers (dont les membres les plus connus sont Georges Jacques Danton, Jean-Paul Marat, Camille Desmoulins et Fabre d’Eglantine)] participent aux différents événements historiques, de près ou de loin : prise et démolition de la Bastille, marche du 6 octobre 1789 où des femmes en majorité, sous la pluie, vont chercher la famille royale à Versailles pour la ramener à Paris, retour du Roi à Paris (23 juin 1791) après son arrestation à Varennes, fusillade (ordonnée par Lafayette) du Champ-de-Mars (17 juillet 1791), réunion de l’Assemblée Nationale Législative, qui sert de transition jusqu’à la naissance de l’an I de la république, le 21 septembre 1792, journée du 10 août 1792 où les insurgés parisiens prennent d’assaut le palais des Tuileries, procès du roi le 15 janvier 1793 (l’un des moments les plus intéressants du film : 370 votes pour sa mort, 319 pour son bannissement, le vote commençant par les députés du Gers) et son exécution à la guillotine le 21 janvier. Malgré une belle photographie, notamment des intérieurs et une reconstitution des événements historiques, le film déçoit un peu car n’apportant rien de plus que les précédents sur le même sujet, de Jean Renoir (« La Marseillaise ») en 1938 à Robert Enrico et Richard Heffron (« La Révolution française ») en 1989. Volontairement et malheureusement, le rôle du Roi est au second plan et seule une scène onirique (où ses prédécesseurs, Louis XI, Henry IV et Louis XIV le tancent) dévoile son état psychologique. .