Troisième opus de la saga espagnole initiée par Enrique Gato, qui parvient à se renouveler tout en conservant les codes des deux premiers, avec son humour et ses références à la pop culture qui intègrent les nouvelles technologies, sa galerie de personnages secondaires haut en couleur, et une aventure trépidante et surprenante, rythmée et parfois spectaculaire qui nous permet de voyager à travers le monde.
On retrouve un méchant un peu différent, mais pour la troisième fois connecté à Sara. Momie, toujours exubérant, extravagant, mais attachant, et son binôme tout aussi secoué dans son rôle de princesse égocentrique, qui parvient par son évolution à s'imposer en un seul passage, sans oublier l'excellente idée concernant le chien et notre Angry Birds muet préféré. On sent que pour Tad, il y a eu cette volonté de revenir sur son rêve premier, initié au tout début de cette trilogie, pour le finaliser, entouré de tous les personnages qui l'accompagnent pour former une grande famille.
C'est d'ailleurs un film choral qui se dispatch en plusieurs groupes, dont l'un des personnages est centré sur lui-même. Dans chacun d'eux, il y a cette quête à la notoriété, à la célébrité, en réflexion du thème central de la table d'émeraude, la malédiction pour parler de la médiatisation, mais aussi la capacité de dompter les forces occultes et de dévoiler ses plus sombres desseins, rappelant ainsi la fascination de ce pouvoir par l'évocation de grands noms comme Jules César, Alexandre le Grand et Napoléon.
Néanmoins, on peut avoir l'impression d'un épisode plus faible au niveau de la narration, tant c'est répétitif par rapport au précédent, un peu moins captivant, notamment pour Tad et Sara dont les enjeux ont déjà été joués et conjurés, s'agissant avant tout d'une quête altruiste où il faudra sacrifier son désir personnel au profit de l'autre. De plus, on se dit que pour Tad, tout aurait déjà dû être résolu, ne tenant que de manière artificielle, tout comme pour la relation de Sara et Victoria, censée être d'anciennes amies qui n'a ici aucune portée émotionnelle, ou passé, une relation qui parait mal exploitée, et ne se distingue pas assez par rapport à Tiffany, l'oubliée du second opus.
Même la Momie n'a pas de véritable raison d'effectuer son retour, sauf pour apporter son humour délirant, et se combiner à la momie égyptienne qui était promise à une grande destinée, mais qui a été dissimulée dans l'histoire au profit des hommes pharaons.
C'est presque frustrant de n'avoir pas su développer davantage la malédiction sur tous les personnages, de ne pas avoir eu plus de confusion, de dissension, tout comme c'est dommage que les transformations en créature n'aient pas été plus symboliques pour tous, même si l'on peut se dire que celle de Momie pourrait représenter la bête intérieure de l'égoïsme de chacun, tout en étant un retour au côté primaire et bestial de l'homme, entre les mains de la toute puissance féminine.
En seulement quatre années depuis le précédent, on sent l'influence du cahier des charges, qui impose l'inclusivité, mais aussi que les femmes soient gentilles, et les hommes vilains, ce qui nous conduit, par exemple, en dehors du fait que ce soit drôle ou non, à l'agent de la CIA ridiculisé dans son absurdité, dont chaque apparition joue sur les stéréotypes du mal dominant et arrogant, ne nous permettant même pas d'apprécier l'agent qui l'accompagne, sauf par compassion d'être inexistante face à la masculinité toxique.
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