Licorice Pizza
Note moyenne
3,7
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420 critiques spectateurs

5
50 critiques
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112 critiques
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104 critiques
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85 critiques
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48 critiques
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21 critiques
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Ricky
Ricky

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0,5
Publiée le 24 janvier 2022
Quelle déception! un sentiment d'oppression avec ces gros plans constants, l'insipide décor seventies auquel on ne croit pas une seconde, le manque de souffle, d'utopie avec des scènes grotesques aux moments musicaux trop faciles (Les Doors, Bowie, et bien d'autres) où les personnages remplissent un camion de cartons...Une vision matérialiste que peine é eclairer les rares moments réussis grâce aux formidables Sean Penn et Tom waits!! Bref un vrai ratage, et long et creux en plus
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 janvier 2022
Dans la relation amoureuse, il y a cet instant si court mais si fort, l'instant d'avant, celui du désir réciproque de deux individus avant que le passage à l'acte n'en fasse un couple et transforme à tout jamais la nature de leur relation. Le talent de Paul Thomas Anderson est de savoir saisir ces instants fugaces et de les faire durer à l'écran. Il n'y a pas d'intrigue, seulement la danse amoureuse de deux jeunes californiens avides de goûter le monde. Ils ne sont pas des canons de beauté mais leur envie de vivre et d'aimer les rend beaux, attachants, d'autant que les prestations d'Alana Haim et de Cooper Alexander Hoffman sont formidables. Licorice pizza est magnifiquement filmé, avec une bande-son et des couleurs qui plongent le spectateur au début des années 70, au coeur d'une époque aveuglément désinvolte mais sans relents de nostalgie. Une réussite.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 janvier 2022
Le voilà, le grand film de Paul Thomas Anderson !

Les talents formalistes de PTA, qui ont pu bien souvent m'exaspérer, se fondent ici miraculeusement dans un creuset simple et complexe.

Simple parce que l'histoire ne peut sembler qu'une énième comédie romantique adolescente, complexe parce que le scénario mêle à cette simple trame plusieurs ambitions étonnantes : faire rire à travers une succession de saynètes délicieuses, dresser le tableau d'une époque en en reconstituant chaque détail, explorer les affres du passage à l'âge adulte, dresser de brillants tableaux psychologiques.

Licorice pizza embrasse large et étreint bien. Le film est un banquet pantagruélique pour le cinéphile : l'interprétation des deux personnages principaux est incandescente, l'apparition de chaque personnages secondaires est un évènement (la rencontre de Tom Waits et de Sean Penn est d'anthologie), la mise en scène est virtuose mais toujours au service de la narration, le montage d'une fluidité rare.

Cette douce élégie dans ce qui constitue le jardin de PTA est donc un régal à tout point de vue, des premiers plans solaires au générique délicieusement rétro.

Le film de ce début d'année 2022, émouvant, beau, brillant.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2022
Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié un film récemment sorti au cinéma. Bien que j’avais lu beaucoup de critiques positives sur ce long métrage, je me suis quand même pris une belle claque. Il faut dire que j’étais en froid avec Paul Thomas Anderson, après l’immense déception que fut pour moi « Phantom Thread ». Un film formellement éblouissant, maîtrisé à la perfection… mais au service d’un propos malsain. Anderson semblait sous l’emprise de son ego démesuré, lorgnant dangereusement vers un cinéma à la Kubrick, virtuose mais complètement vain…

Avec « Licorice Pizza », P. T. Anderson est venu m’apporter un vigoureux démenti, en prenant l’exact contrepied de son précédent long métrage. Quand celui-ci était froid comme la mort et profondément misanthrope, son dernier film est magnifiquement imparfait (en apparence) et plein de vie.

Porté par deux jeunes acteurs débordant de charisme et de vitalité (formidables Alana Haim et Cooper Hoffman !), c’est un véritable festival de scènes toutes plus drôles et plus attachantes les unes que les autres. Anderson nous plonge dans la Californie des années 1970 et nous montre l’envers du rêve américain. Sans être complaisant ni dénonciateur, il se fait chroniqueur d'une époque révolue, avec ses bons côtés, ses défauts et ses contradictions profondes, sans les masquer, et surtout sans non plus plaquer dessus une vision contemporaine. Un fait suffisamment rare pour une œuvre contemporaine que je ne peux que saluer le tour de force du cinéaste.

Pour illustrer ce rêve américain bancal et dérisoire, Anderson peuple son film de losers magnifiques, de personnages tous plus bizarres ou frappadingues les uns que les autres, nous offrant des séquences tordantes, dont certaines constituent de véritables morceaux de bravoure. Il est vrai que le cinéma de Paul Thomas Anderson a toujours été caractérisé par des personnages plus ou moins dysfonctionnels. Si parfois ils le sont au point d’être vraiment inquiétants (« There Will Be Blood ») ou quelque peu gênants (« Punch-Drunk Love »), ici on sent une vraie tendresse du cinéaste pour ses personnages profondément vivants car imparfaits, que ce soit physiquement ou dans leur comportement.

Personnellement, j’y vois un lien, volontaire ou pas, avec le cinéma de Lubitsch, et notamment avec son chef-d’œuvre « The Shop Around The Corner ». S’il n’est pas dit que « Licorice Pizza » aura la longévité du film de Lubitsch, rien n’est joué, car Anderson atteint ici un summum de subtilité dans l’écriture de ses personnages et de son film. On se prend à vouloir que ce dernier ne s’arrête jamais, tant on est ravi de suivre les (mésa)aventures de ces personnages loufoques et en même temps tellement réalistes et proches de nous.

D’ailleurs, une des grandes qualités de ce long métrage, et je trouve qu’on ne le dit pas assez, c’est justement son scénario. La mode, dans les séries comme les films, notamment américains, est à la linéarité et à la prévisibilité, et même à la standardisation forcenée des scénarios. Avec une structure complètement éculée et déjà vue : grosso modo exposition, rencontre et attirance mutuelle, puis difficultés et larmes, et enfin rabibochage et fin heureuse ou douce-amère, c’est selon.

Or, Anderson nous livre ici un scénario totalement imprévisible, tortueux, avec de multiples digressions, qui nous perd et nous fascine totalement. A l’inverse de « Inherent Vice », qui offrait aussi un scénario labyrinthique, mais qui échouait à créer un rythme, une tension et surtout un niveau de qualité suffisant à capter notre attention tout le long du film, « Licorice Pizza » est un régal de la première à la dernière minute. A tel point que quand le générique de fin arrive, on est surpris et déçu que ça s’arrête, même si le film s’achève à un bon moment, et pas abruptement, comme c’est le cas, de façon très frustrante, pour beaucoup de longs métrages.

Ainsi, si Anderson donne vie à des personnages imparfaits, son scénario est parfaitement maîtrisé. Tout comme sa mise en scène, absolument fluide, et complètement au service de son histoire et de ses protagonistes. On ne pouvait pas en dire autant de « Phantom Thread », un film à la réalisation géniale, mais qui semblait n’exister que pour elle et pour montrer combien Anderson est un virtuose. Pas de ça ici, ce qu’on retient avant tout, ce sont l’histoire et nos (anti)héros, même si régulièrement on se prend à saluer telle ou telle séquence brillamment mise en scène.

En bref, « Licorice Pizza » est gorgé de qualités, et notamment d’une galerie d’acteurs et de personnages particulièrement savoureux, des premiers rôles aux plus secondaires. C’est un film à la fois très drôle et vraiment touchant, frais et euphorisant, avec même une certaine poésie et une indéniable nostalgie, sans qu’elle soit passéiste ou rétrograde. Il a beau sortir l'hiver, il est printanier et solaire, empli d’une énergie communicative et plein de promesses tenues.

Un long métrage très réussi, que certains qualifient de mineur pour un Anderson, mais qui pour moi est l’un de ses tous meilleurs, un gros coup de cœur. Un film, voire même un chef-d’œuvre (n’ayons pas peur des mots), que je recommande vivement à tous les amoureux du cinéma… et de la vie.
Julien Vasquez
Julien Vasquez

44 abonnés 1 140 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 février 2022
Un scénario léger et sans prise de tête guidé par une excellente réalisation et un casting à l'unison nous donne un incroyable résultat.
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 janvier 2022
Avec Licorice Pizza, Paul Thomas Anderson réalise peut être son film le plus abordable. Il raconte la romance poétique et compliquée entre deux jeunes des années 1970. Il en profite aussi pour porter un regard critique sur le monde hollywoodien et ses détracteurs.

https://www.lavisqteam.fr/?p=61319
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2022
Une entrée en matière assez virtuose (plan-séquence et dialogues affûtés), une reconstitution joliment vintage des seventies, une BO très riche et très cool, un mix singulier de teen movie et de romance légère, deux jeunes acteurs au naturel (Alana Haim, chanteuse, et Cooper Hoffman, fils de Philip Seymour Hoffman), deux personnages principaux toujours en mouvement, une bonne tchatche… Voilà les ingrédients de cette comédie emballante, dont la simplicité et le côté joyeusement débridé rompent avec la complexité ou la gravité ou l’hypermaîtrise des précédents films de Paul Thomas Anderson. Le résultat, sur le fond, est certainement plus anecdotique, mais la tonalité est bien agréable. Le réalisateur épouse le rythme un peu chaotique des protagonistes, laisse libre cours à leurs humeurs, caprices ou délires, filme au plus près de leur peau acnéique. Bref, ça respire la vraie vie. C’est toujours amusant. Amusants aussi sont les clins d’œil à certaines figures du Los Angeles des années 1970 : William Holden, Jon Peters (le mari de Barbra Streisand)… Clins d’œil qui donnent lieu à quelques numéros d’acteurs réjouissants (ceux de Sean Penn et de Bradley Cooper en tête), dans un registre parodique ou complètement déjanté.
Charles R
Charles R

59 abonnés 424 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2022
C’est d’abord un titre qui questionne. « Licorice Pizza » : dites-moi, ça veut dire quoi ? Pizza à la réglisse (!)… Alors on se renseigne et on finit par découvrir que c’est le nom d’une prestigieuse enseigne de vinyles implantée en Californie dans les seventies. Et de musique il ne va pas manquer tout au long des 2h15 que dure le dernier film de Paul Thomas Anderson.
Soit donc un cadre bien précis : Los Angeles en 1973 (la précision est d’importance). Gary est un jeune homme joufflu et rondouillard qui du haut de ses quinze ans – il en paraît un peu plus – ne manque ni d’énergie ni d’esprit d’initiative. Fatigué de jouer les kids stars, il n’a pas froid aux yeux et dès les premières séquences le voilà qui drague Alana, l’assistante du photographe venu au lycée pour effectuer les traditionnelles photos individuelles des élèves. Or Alana a vingt-cinq ans : bon, d’accord le Gary en question est baraqué, mais il y a tout de même une certaine différence d’âge.
Il n’importe : Gary est persévérant et il saura parvenir à ses fins… mais pour cela il lui faudra attendre la fin du film. Cela dit, il va s’attirer la complicité d’Alana et c’est ainsi qu’ils vont tous deux monter des affaires dont la plus étonnante est celle des « water beds » qu’ils sauront gérer au milieu d’une marmaille de teenagers prompte à donner un coup de main.
Les épisodes s’enchaînent dans un joli désordre et le spectateur ne peut qu’être conquis par l’énergie déployée par cette jeunesse avide d’action et d’invention. Mais le grand mérite revient au metteur en scène Paul Thomas Anderson dont on avait salué l’originalité et la maîtrise lors de précédents films. Quel art de filmer ! Quel art de la direction d’acteurs, surtout quand il s’agit de jeunes ados qui sont tout feu tout flamme et dont il faut canaliser les énergies…
Toutefois, si la jeunesse est centrale dans le film, toutes les tranches d’âge sont représentées : aussi voit-on Sean Penn cabotiner tant et plus dans un rôle d’acteur vedette porté sur la boisson qui, à force de vouloir en imposer, finit par se ridiculiser ; ou bien encore Tom Waits en réalisateur tout aussi imbibé que son acteur fétiche, ou Bradley Cooper mégalomane et parfaite tête à claques qui sera victime de la crise pétrolière qui commence à sévir.
Et puis bien sûr il faut saluer la jeunesse et l’impétuosité de Cooper Hoffman, le fils du regretté Philip Seymour, ainsi que la superbe prestation d’Alana Haim qui a momentanément délaissé la musique pour se hisser d’emblée au plus haut niveau de la comédie.
Le film est une ode à la jeunesse, mais aussi à la musique endiablée des seventies et l’on ne se lasse pas d’entendre un nombre considérable de titres qui ont eu les faveurs d’un public jeune dans ces années commencées sous le règne de l’insouciance mais que la crise pétrolière allait sérieusement entravées. Bien sûr, on ne peut que penser au film de George Lucas American Graffiti, même si le contexte de ce dernier était celui des sixties. Il n’empêche : même goût de l’énergie et de la « fureur de vivre » adolescentes et bien sûr même type d’accompagnement musical même si les références ont changé d’un film à l’autre.
Nostalgie du réalisateur ? Pas vraiment : il n’avait que trois ans lorsqu’éclate le premier choc pétrolier… Mais le spectateur ne peut ressentir le film que comme l’expression de la nostalgie d’une époque où l’esprit d’entreprise se donnait libre cours sans état d’âme, où les portes étaient grandes ouvertes à une jeunesse avide de nouveautés, où les flippers venaient d’être légalisés, véritables symboles d’une jeunesse mordant la vie à belles dents.
B LJ
B LJ

9 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 janvier 2022
Film long et ennuyeux. Il n'y a rien dans les scènes et dialogues qui suscitent le moindre intérêt. Pendant 2 heures on se dit qu'il va ENFIN se passer quelques choses ! mais non....
Le niveau de notation par la presse et les spectateurs est très sur-évalués.
John Henry
John Henry

127 abonnés 731 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 janvier 2022
Une maitrise totale de cinéma, jamais grandiloquent, mais toujours juste, incroyablement maitrisé, beau, élégant mais pas déférent, énergique mais pas hystérique, Licorice Pizza est un régal de cinéma, d'inventivité et de tenue maitrisée. SI on a parfois peur que le film ne s'éparpille, ce n'est jamais le cas et Paul Thomas Anderson rattrape toujours la sauce de façon magistrale, centré sur ses personnages, sur leur quête, infime, d'un baiser. C'est magistral de bout en bout. Ca se termine comme un opéra insensé et magnifique, sur une note parfaite, qui nous ramène à l'évidence d'un film Du très grand art.
ben desiles
ben desiles

56 abonnés 118 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 14 janvier 2022
Ce film m'a fait penser à la série américaine Happy Days que l'on voyait dans les années 1970. Il ravira sans doute ceux qui ont la nostalgie de cette époque ou qui aimeraient l'avoir connue. Personnellement, il m'a ennuyé et j'ai eu l'impression d'avoir vu cela déjà cent fois, l'american way of life, le rêve de devenir acteur, les premiers flirts, les premiers castings, les premières scènes de jalousie. Bref, sans intérêt.
Schyzoidd
Schyzoidd

8 abonnés 76 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 janvier 2022
J'ai tellement aimé ce film sans même savoir pourquoi que ça en est fascinant. Comme Once Upon a Time in Hollywood, je me suis fait emporter dans cette époque et j'aurais pu rester deux heures de plus.
Didier C.
Didier C.

28 abonnés 106 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 mai 2022
Un bijou de fluidité. Une évidence. Un conte amoureux vintage qui sait, dans une grande simplicité nous émouvoir, nous surprendre, nous faire rire, nous faire peur. Il s'en dégage une originalité et une fraîcheur irrésistible. Un film que je n'avais pas envie de voir finir...
Bignan N.
Bignan N.

2 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 mars 2022
Film qui a eu de très bonnes critiques. Preuve une fois de plus qu'il ne faut jamais se fier aux médias. Ce film est long, foutraque, décousu, avec un scénario indigent. Dommage dommage dommage, il y avait de quoi faire un très bon film avec ce sujet.
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 janvier 2022
L’événement de ce début d’année nous rassemble du côté de chez Paul Thomas Anderson (Boogie Nights, Magnolia, There Will Be Blood) et sa banlieue natale de Los Angeles, encore. Pas question de l’attendre dans un vertige froid, mais dont la précision aura porté la fin de carrière de Daniel Day-Lewis dans « Phantom Thread ». Ce qui pourrait succéder au conte fantasque de Tatantino à Hollywood tient avant tout d’une anecdote et d’un souvenir. La démarche de la narration suivra ce concept naïf, mais qui laisse une grande liberté au cinéaste, qui n’aura plus qu’à faire graviter ses personnages autour d’une spirale relationnelle et sociétale, dont il a déjà prouvé la pertinence et les limites. Cette fois-ci, il confronte deux aimants, qui n'héritent pas de la meilleure polarité. Et lorsqu’on les rapproche suffisamment, une étrange sensation de magnétisme s’installe, comme s’il fallait isoler les mauvaises ondes, pour ne laisser que la fièvre de l’adolescence s’exprimer d’elle-même.

Mais l’avenir sourit à ceux qui osent. C’est le mot d’ordre dans cette vallée de San Fernando, qui vit d’un opportunisme éphémère. C’est dans cette même optique que le lycéen de 15 ans, Gary Valentine (Cooper Hoffman), fit la rencontre d’Alana Kane (Alana Haim), assistante photographe qui compte dix bougies de plus que son auto-attitré prince charmant. Candide jusqu’au bout de la fantaisie, Gary possède un certain charme qui rappelle les motifs des teenage movies, mais avec un ton plus bluffeur et le réalisateur canalise parfaitement les impulsions du personnage, pour qui le véritable défi de son existence reste de préserver son cœur pour la rayonnante Alana. Cela a commencé avec une pirouette autobiographique, à l’occasion d’une photo de classe et on y reviendra constamment, à cette demande, qui suscite de plus en plus d’intérêt au fur et à mesure que les protagonistes surclassent les obstacles, tantôt attendus, tantôt farfelus. La mentalité est donc sous le joug de l’âge, qui contraint à rendre cet amour ou cette relation impossible. Et c’est à cela que l’on reconnaît le fil fantôme du cinéaste, qu’importe dans quel sens on le tire, les deux êtres opteront pour ce repère, pourvu qu’ils soient intimement liés.

Et bien que le sous-texte politique trouve de l’écho jusqu’à nos jours, c’est qu’il y existe bien une transition manquée ou bien un rétropédalage plus regrettable. De l’arrestation arbitraire à l’ombre de la famille Manson, le film ne cesse d’être transparent sur une époque, qui a laissé les Etats-Unis sous Nixon dans une crise de confiance, et donc dans le déclin de sa jeunesse, la seule fortune qui contribue au visage d’une nation qui brasse les cultures sans le vent. La faute à qui ? Personne n’est innocent ou à l’écart d’un vice, mais ce sont bien les adultes qui témoigneront de cette amertume, notamment avec un Bradley Cooper excentrique et dans un déni profond, tandis que Sean Penn arrive au bout de son rodéo. Ajoutons à cela Benny Safdie, dans le rôle d’un politicien maladroit dans ses convictions, et nous avons là toute une gamme de fractures sociales que les héros subissent, malgré le manque de fuel ou un manque de sincérité.

La balade de Paul Thomas Anderson est sans doute à contre-courant de ce qu’il a accompli, mais il revigore un peu plus ce genre de récit, qui serait rapidement tombé dans l’oubli dans les mains de quelqu’un d’autre. L’adolescence est une quête intérieure avant tout, qui passe de la rêverie à la désillusion, puis de la confrontation à la réconciliation et c’est ce que nous raconte le Californien, allongé sur son matelas à eau. En misant sur son entourage et des visages familiers, « Licorice Pizza » rappelle le « Roma » de Cuarón, avec une fibre surréaliste, propulsant Gary et Alana dans un décor qui reflète le même testament des années 70, dans un geste personnel.
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