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Dora M.
78 abonnés
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3,0
Publiée le 8 janvier 2022
En 1998, Kaboul est occupée par les Talibans. Le film d’animation suit deux couples : Mohsen (voix de Swann Arlaud) et Zunaira (voix de Zita Hanrot) sont jeunes, modernes, ils ne partagent pas les idées des Talibans et rêvent d’un avenir meilleur pour leur pays ; Atiq (voix de Simon Abkarian) est gardien de la prison pour femmes, il vit avec sa femme Mussarat (voix de Hiam Abbass) qui est gravement malade. Les dessins sont magnifiques, les personnages ressemblent même physiquement aux acteurs qui leur prêtent leur voix, ce qui est une bonne idée. Le sujet est toujours malheureusement complètement d’actualité, c’est très intéressant et glaçant, d’autant que l’ambiance est très réaliste et le film prend le temps de montrer le lieu, l’atmosphère, le quotidien à Kaboul. En revanche, le scénario présente quelques incohérences parfois ou événements peu probables ou illogiques (par exemple l’énervement de Zunaira contre son mari alors qu’il ne lui a pas encore expliqué ce pourquoi il culpabilise depuis quelques jours). De plus, je n’ai pas toujours trouvé juste l’interprétation des acteurs, j’avais parfois l’impression d’entendre la lecture d’un texte au lieu d’un réel dialogue interprété (en particulier pour les dialogues entre Atik et son épouse).
Le trait se fait léger, dépouillé et épuré pour ce joli film d’animation aussi émouvant que puissant qui dénonce l’obscurantisme dans toutes ses formes. La beauté du dessin est en contraste avec la brutalité du récit en forme d’ode du cœur à la recherche d’une liberté perdue.
Le scénario ne desserre que peu de surprise, son dénouement étant notamment ultra prévisible. Cela n’empêche heureusement pas cette adaptation du roman éponyme de Yasmina Khadra d’être à la fois forte et poignante. L’animation épurée et en aquarelle qui illustre le film atténue artistiquement l’insupportabilité du sujet. Un choix judicieux qui honore Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mevellec.
Adaptation du roman de Yasmina Khadra, Les Hirondelles de Kaboul refuse tout moralisme surplombant pour accueillir les hésitations, les incompréhensions et les peurs des personnages comme autant de marques de la complexité humaine opposée au manichéisme doctrinaire. Seule revient, telle une métaphore filée, l’image du borgne par le biais d’un vieillard regardé comme un fou par sa communauté : elle dénote une attention portée aux yeux et à la vue, que l’on cache par des lunettes de soleil pour ces messieurs et par un tchadri pour ces dames victimes de ces derniers, quoique la présence de femmes gardiennes de prison et armées écarte toute lecture simpliste de la séparation des sexes ainsi que des rapports de pouvoir entre eux. Le borgne est celui qui voit d’un œil mais qui détient l’autre fermé, référence explicite au statut de témoin impuissant que suit le récit comme autrefois Jean de la Fontaine proposait celle de la besace pour renvoyer à l’orgueil. La force du roman devient ici celle des images : la cage du gardien de football se transforme en potences, les marchés en espaces de lapidation, la déambulation dans les rues un moment de terreur paranoïaque… À cette dénaturation ambiante se heurte une belle et certaine sensualité, celle de corps enlacés et dénudés, celle des dessins qui en gardent la mémoire sur les murs de la maison ou sur ceux de la cellule. La résistance aux Talibans réside justement ici, dans cette exhibition du sentiment amoureux et du doute qui amène un homme à verser des larmes. Rien ne saurait être plus beau. Et si « aucun soleil ne résiste la nuit », le film a la pertinence de refuser tout crépuscule pour au contraire célébrer la résistance, la foi en la liberté et l’enseignement de la culture telle l’aurore d’un Kaboul revenu à la vie. Une œuvre puissante et poétique.
Les Hirondelles de Kaboul est un très bon dessin animé. Le film est une réussite tant sur le plan de l'histoire que sur le plan esthétique. Les qualités visuelles du dessin animé sont indéniables et il y a une vraie patte artistique. L'histoire est tout aussi marquante, décrivant malheureusement une réalité pour les populations qui sont tombées sous le joug des islamistes. Toutes formes de bonheur et de libertés y sont proscrites et la sensation d'étouffement est palpable. Si la critique de l'islamiste peut paraître facile (difficile de ne pas tomber dans le manichéisme dans ce genre d'histoire), elle n'en est pas moins efficace. Très bon film. Ce ne sera peut-être pas le meilleur film du genre, mais il est impeccable en tout point.
Il est important pour tout cinéphile digne de ce nom de ne pas voir que du divertissement facile et de temps à autre d'aller se cultiver avec des œuvres plus intimistes et Les hirondelles de Kaboul en est un parfait exemple.
Triste et grave sont les deux maitre-mots de ce long-métrage intelligent.
Ce n’est pas moi qui me plaindrai du fait que l’idée de passer par l’animation pour raconter une histoire “sérieuse” commence à faire son chemin en Europe mais ‘Les hirondelles de Kaboul’ arrive peut-être un peu tard car le best-seller de l’auteur algérien Yasmina Khadra affiche presque vingt ans d’âge et depuis lors, on en a vu passer des oeuvres aux atmosphères orientales, qui cherchent à édifier et à mettre en garde contre la tentation obscurantiste tout en rappelant que la religion, ce n’est pas ça ou au contraire, que c’est tout à fait ça mais que les gens, non. Ceci dit, pour moi qui ai négligé de la lire, l’histoire reste belle, avec ces quatre destins qui se croisent dans la capitale afghane sous domination talibane, et ces êtres qui ne demandaient qu’à vivre, à rire, à aimer au lieu de survivre en essayant de ne pas finir broyés par la barbarie intégriste. Visuellement, c’est classique mais agréable : trait épuré tendance Ligne Claire, couleurs désaturées, décors tout juste esquissés,...sur le forme comme sur le fond, ‘Les hirondelles de Kaboul’ reste assez inattaquable. Un petit regret ? Hé bien, oui, quand même. Ces dernières années, j’ai vu défiler la jolie mais bordélique adaptation animée du ‘Prophète’ de Khalil Gibran, ou le non moins intéressant ‘Parvana’ dédié à une petite fille des rues de Kaboul et ces films, visuellement, thématiquement, proposaient une vision de l’obscurantisme islamique plus ou moins édulcorée, en tout cas accessible aux jeunes spectateurs. Dans son approche esthétique, dans le choix de ses personnages, dans quelques scènes cruelles et dans l’importance accordée au désir, féminin comme masculin, , il est évident que ‘Les hirondelles de Kaboul’ se destine prioritairement à un public adulte. Privé de l’obligation de passer sous silence certains éléments, on aurait pu espérer quelque chose de plus audacieux sur la forme comme sur le fond, plutôt que ce classicisme un peu frileux...qui, je le répète, n’enlève rien à la bonne tenue générale d’une oeuvre qui s’adresse par essence au grand-public
Un très bon film d'animation français réalisé par Zabou Breitman avec la voix de Zita Hanrot pour le personnage féminin de Zunaira. Une belle dénonciation de la guerre en Afghanistan .
Film d’animation aux belles images aquarellées, contrastant ingénieusement avec la violence des talibans. Une charge frontale contre l’intégrisme musulman avec en prime un scénario intéressant.
Quand les hirondelles s'envolent du livre au grand écran Rendons d'abord hommage à Yasmina Khadra, cet auteur prodigieux qui sait si bien témoigner de la vie de tous les jours dans les contrées musulmanes d'Afrique et d'Orient, qu'il soit Proche, Moyen ou Extrême. Et les extrémismes, il les connaît par cœur, les dénonce souvent, les combat en prenant probablement d'inconsidérables risques. Dans ce chef d'œuvre, il prête sa plume aux hirondelles qui désignent les femmes intégralement vêtues de noir. Malgré leur voile, l'écrivain nous décrit le visage de l'Afghanistan, avec une vérité crue, douloureuse. Le film, de par son animation lente, ne restitue peut-être pas exactement la force du roman ; il se veut plus poétique, usant de jolies aquarelles aux couleurs pastels. Les dessins sont finement exécutés, même lorsqu'ils se destinent au dessein taliban des exécutions publiques. Pas de doute, le sujet est intrinsèquement poignant. A tel point que si l'on souhaite comprendre les différentes cultures et religions qui composent le monde, sa diffusion devrait être fortement incitée en milieu scolaire, à partir du collège. La comparaison est de temps en temps nécessaire pour bien assimiler le fait que son propre quotidien n'est pas aussi misérable que l'on veut parfois (se) le faire croire.
Ce film, quoique un peu ennuyant au début, ne m’a pas laisser de marbre très longtemps. Ce film a très bien était conçu. Au tout debut je voulais tout simplement changé de film, mais je suis resté encore quelques minutes, et je l’avoue, je ne l’ai vraiment pas regretter. Ce film était passionnant et, d’après moi, est destiné au personnes de tout âge.
Un joyau, sombre et brillant. L'horreur insupportable de l'islam totalitariste du régime Taliban est partout, les uns se résignent, d'autres deviennent fous, peu réussissent à s'en extirper, même les hirondelles sont la cible des tireurs. Le pire est bien entendu la condition des femmes qui disparaissent sous leur tchadri et ne sont plus que des fantômes qu'on caillasse quand bon semble au premier débile armé qui passe. La sublime Zuneira vient enchanter ce tableau, puis le doute et l'écoeurement vont assaillir Atik et le conduire vers la justice et l'action insensée, lui le vieux héros de la guerre contre les russes. Le dessin, tout en pastels et en fondus, imprécis et doux, rend supportable ce récit tragique. Dur et beau.