Heureux comme Lazzaro
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Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 novembre 2018
Lazzaro est un benêt. Il vit parmi les siens, des paysans pauvres qui exploitent un champ de tabac pour le compte d'une aristocrate, la marquise Alfonsina De Luna, qui, avec le concours de son contremaître, les maintient dans un état anachronique de servitude. Lazzaro se rapproche du fils de la marquise en pleine rupture de ban et l'aide à se cacher dans la montagne en faisant croire à une prise d'otage doublée d'une demande de rançon.
Mais Lazzaro fait une chute mortelle. La demande de rançon a attiré l'attention des Carabiniers qui libèrent les paysans de leurs jougs et les escortent en ville. Les années passent. Miraculeusement, Lazzaro se réveille. Il n'a pas vieilli d'un jour. Il marche jusqu'à la ville et y retrouve ses amis.

"Heureux comme Lazzaro" est le troisième film de Alice Rohrwacher. Ses deux premiers étaient remarquables. "Corpo Celeste" (2011) racontait l'histoire d'une petite fille en Calabre à la veille de sa première communion. "Les Merveilles" (2014) campait une famille de joyeux marginaux vivant de la culture du miel dans les montagnes de l'Ombrie.

Dans sa première partie, "Heureux comme Lazzaro" rappelle les drames pastoraux de Ermanno Olmi ("L'Arbre aux sabots") ou des frères Taviani ("Padre, padrone"). L'action se déroule hors du temps (sommes-nous au début du vingtième siècle ou à sa fin ?). La vie de la communauté est rythmée par les travaux des champs. La terre est dure à l'homme. Lazzaro est un simple qui oppose un sourire inaltérable et une gentillesse sans fond à la méchanceté du monde.

Et brutalement, basculant dans le réalisme fantastique, "Heureux comme Lazzaro" bifurque. Son héros meurt pour renaître à lui-même plusieurs années plus tard. Il n'a pas pris une ride. Mais le monde autour de lui a changé. Ses proches ont quitté la campagne après que les pratiques d'un autre âge de la marquise De Luna ont été démasquées. Pour autant, entassés dans des abris de fortune au bord des rails, bruyants et pollués, ils ne vivent guère mieux.

La parabole prend vite son sens. On comprend qu'il s'agit de dénoncer le sort des opprimés, hier à la campagne, aujourd'hui à la ville. La fable pourrait être lourdement démonstrative. Elle réussit à ne pas l'être. Le mérite en revient aux acteurs, notamment à Alba Rohrwacher, la propre sœur de la réalisatrice, qui jouait déjà dans "Les Merveilles", qui interprète ici le rôle d'Antonia, la gamine de la première partie devenue une belle adulte dans la seconde.

"Heureux comme Lazzaro", ses deux films en un, pourront laisser le spectateur sur le bord du chemin ou le séduire par son subtil équilibre entre poésie et politique.
Ciné-13
Ciné-13

172 abonnés 1 421 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 janvier 2022
Fable christique où les miséreux exploités n'arrivent pas à se soustraire à leur condition, quelle que soit l'époque.
On peut voir de la poésie dans toutes les scènes ou de la démence de réalisatrice : les misérables constituent une vraie cour des miracles, la musique le suit, il ressuscite 20 ans après sans prendre une ride et personne ne s'en offusque, les cerfs sont des vilains, le Marquis exploiteur exploite les migrants, les loups ponctuent les époques,...
Mais la dernière scène relève d'un hyperréalisme primaire. Dommage que le poème ne trouve pas sa rime finale!
oldsport
oldsport

16 abonnés 96 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 juin 2023
Lazarro charme au début par son intemporalité,ses plans silencieux à la Malick dans les champs de tabac.On doit se raccrocher aux technologies du fils oisif de la marquise pour identifier une époque que l'on pourrait situer dans les 90's même si cela n'a pas réellement d'importance.Malheureusement tout ceci se complique rapidement à travers la parabole de l'innocent ,toujours prêt à aider son prochain sans demander une contrepartie, le type brave , le ravi de la crèche qui ne se plaint jamais .On est quand même très loin de L idiot de Dostoïevski et par dessus la fable christique la réalisatrice nous sert une critique lourdinguissime de la mondialisation et de ses excès.C'est donc une déception et en plus ça dure 2 bonnes heures!
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 novembre 2020
On se croirait sur la lune avec ses paysages rocailleux que Lazzaro traverse dans la première partie! De l'esclavage moderne et des paysans (dont des femmes et des enfants) contraints à travailler sans connaître l'argent pour cacher les progrès sociaux! Des gens bossant gratis et vivant dans des taudis vètustes! Au milieu de tout ça, une marquise reine de la clope dirige ce lieu-dit avant que la banque ne vienne mettre son grain de sel [...] il est heureux Lazzaro dans cet objet sorti de nulle part, un innocent ènergique et dynamique qui travaille dur, nè dans un hameau paysan isolè de tout! Tellement heureux qu'il peut être un bienheureux comme l'ètait jadis Philippe Noiret! Rien à voir avec le classique d'Yves Robert, ici nous sommes dans un conte poètique et politique, filmè avec amour par Alice Rohrwacher, une habituèe de la Croisette! Le film intrigue, bouleverse parfois et nous fait poser beaucoup de questions! Un drame social qui devient tout autre chose dans sa seconde moitiè! Et c'est malheureusement dans le voyage dans le temps où l'histoire prêche avec un final qui laisse perplexe! C'est dommage car malgrè son ambition et son sujet inspirè d'une histoire vraie (le groupe de paysans devenu esclave), "Lazzaro felice" dèconcerte! En jeune paysan naïf mais d'une bontè absolue, Adriano Tardiolo est saisissant! il aurait mèritè un Prix alors que le film, lui, a obtenu le Prix du scènario au Festival de Cannes 2018! Une oeuvre à rèèvaluer...
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 décembre 2020
Première partie dans la campagne avec les paysans exploités. Lazzaro est mou et travaille.
Deuxième partie en ville avec les sdf.
Je ne sais pas s’il a gagné au change.....
Il travaille toujours mais ne nous passionne toujours pas.
Si au moins il avait connu l’amour avec son copain riche.....
C’est pas terrible et avec une image plutôt moche et mal cadrée (je pense que c’est volontaire).
On peut s’en passer.....
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juin 2020
A travers le destin de Lazzaro, un garçon exploité, un fable poétique et politique mystérieuse et envoûtante portée par le lumineux Adriano Tardiolo. Un film hors norme auquel on pardonne quelques longueurs.
Prix du scénario à Cannes.
Claude DL
Claude DL

122 abonnés 1 914 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 février 2020
Je n'accroche pas à ce type de film à l'esprit très gauchiste, mâtiné en plus de sacré cuisiné à la sauce misérabiliste. ça démontre quoi, chère Madame ? Dommage, car j'aime bien habituellement les films italiens.
PIERRE-QUI-ROULE
PIERRE-QUI-ROULE

94 abonnés 184 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2019
Un fable extraordinaire écrit avec des caractères riches en couleur. Un scénario original très imaginé. Au début j'avais du mal à m'accrocher et après petit à petit on laisse enchanté par ce Lazzaro. Touchant et mouvant. Seul point noir. On dirait que le film a été tourné avec un iphone.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 décembre 2018
Echaudé par Les merveilles le film précédent de Rohrwacher, j'ai pris le parti d'entrée d'admettre que le style de Lazzaro est celui d'un conte, malgré le réalisme de scènes paysannes et de la survie en habitat précaire péri-urbains. Bien m'en a pris. Il s'agit d'un plaisant cocktail, nourri aux meilleures sources du cinéma italien. On ne peut qu'évoquer en vrac: les scènes de moisson de "L'arbre aux sabots", de l'amitié entre les deux copains d'enfance, l'un du coté des propriétaires, l'autre du coté des journaliers agricoles dans "1900". Et ici le copain de lazzaro s'appelle Tancredi, mais oui "Le Guépard" de Visconti n'est pas oublié. Et les gueules de certains protagonistes semblent tout droit sortis de "Affreux, sales et méchants" de Scola. Il y a des loups de passage dans ce conte, dont on n'est pas obligé de saisir de suite de quel coté ils sont! Le temps des chacals, prédit par le Prince Salina est arrivé. Le monde moderne n'épargne pas plus les petites gens qu'au temps des grandes exploitations rurales du XIXéme siècle. Au milieu de ce monde de brutes virevolte l'angélique Lazzaro - presque benêt tant sa gentillesse est grande- interprété par un Adriano Tardiolo, qui sans nul doute doit avoir un peu ce caractère dans la vraie vie, tant il le joue si bien! Laissons le ressusciter et devenir un martyr avec un tel nom. Le conte de Rorhwacher comporte beaucoup de jolis moments mais n'est décidément pas pour les petits enfants. La fin n'est pas si merveilleuse et ressemble bigrement à la dure réalité de la condition humaine. Un film atypique, à coté duquel on pourrait passer, si on le regarde au premier degré. Un prix du scénario à Cannes mérité. GE novembre 2018
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2024
Lazzaro, un jeune garçon innocent et si serviable qu'il en devient servile, vit au sein d'une communauté de serfs exploités comme au Moyen-Âge par l'horrible propriétaire d'une plantation de tabac, la marquise de Luna. Quand il se lie d'amitié avec Tancredi, le jeune héritier des lieux, sa vie, comme celle de la communauté, est radicalement chamboulée.
Il y a beaucoup de Pasolini, mais aussi un peu de la très belle série Les Revenants (que Rohrwacher a peut-être vue ?) dans Heureux comme Lazzaro, une fable à la saveur médiévale qui imagine ce que serait la sainteté dans deux périodes historiques distinctes, celles du servage et celle du capitalisme. Sans nostalgie pour la société pré-industrielle (au contraire de Pasolini), Rohrwacher démontre la faillite du capitalisme et du monde moderne malgré ses promesses de liberté et de consommation, et fait de Lazzaro un martyr garant malgré tout d'une certaine sagesse intemporelle. Heureux comme Lazzaro dépasse toutefois le cadre restrictif du film à thèse, et reste fondamentalement un peu mystérieux et opaque dans ses intentions, comme les vies de saints que l'on se racontait au Moyen-Âge. Surtout, il parvient à faire de Lazzaro un vrai beau personnage de cinéma, avec lequel on sourit et on souffre jusqu'au bout.
Hortense H
Hortense H

23 abonnés 78 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2018
Une belle écriture, féminine et délicate, une ressource dont on s' abreuve avec tempérance et curiosité. Cette fable sinueuse et inspirée d'une histoire réelle est à la fois originale et intemporelle. Elle nous fait voyager à hauteur d'homme, comme assis sur un âne au coeur de la belle Italie, sociale et locale, bouleversée et malmenée par les affres du capitalisme.
lionelb30

535 abonnés 2 904 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 novembre 2018
Reussi sur le plan de l'attention car on reste a l'alerte juisqu'a la fin pour connaitre le fin mot de l'histoire. Histoire atypique bien dans le style du cinema italien et donc interressant a priori.
Par contre a la fin du film , on se demande vraiment l'interet de ce film et si il y a un message lequel car c'est tres mal defini et l'on reste perplexe.
barbarafels
barbarafels

13 abonnés 110 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 novembre 2018
Un film qui aurait pu être peut-être plus subtil, plus onirique.... La réalisatrice a oscillé entre le conte de fées et le film engagé dénonçant le système d'exploitation de la majorité des hommes par certains hommes. Le fil conducteur, ce groupe de paysans est une très bonne idée et il paraît que -malheureusement- c'est une situation qui a existé en Italie. Mais le mélange de situations très réelles (l'exploitation, la délivrance, la nouvelle vie) et de personnages très réalistes (les gendarmes surtout) avec spoiler: la résurrection de ce jeune homme des années
après ne fonctionne pas bien pour moi parce que trop en décalage avec l'ambiance réaliste du film, même si il est très poétique... Si la réalisatrice avait voulu donner une vraie dimension fantastique, de conte, de fable, à son film, elle aurait dû dès le début nous présenter au minimum ce Lazzaro comme un être surnaturel .... spoiler: ou alors nous donner une explication, même irréelle, à sa résurrection (l'intervention de Dieu par exemple)
.... car c'est ce seul passage qui me pose problème, il me fait l'impression d'un cheveu sur la soupe, d'autant plus que ça peut aussi être une facilité de transition pour nous projeter quelques années après, mais tout en ayant conservé intact le regard et le comportement empli de bonté et de naïveté de ce jeune homme.... Dommage. Il manque un truc, il manque à la fois de l'imagination, du travail, de l'investissement....
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2020
Un très bon film poétique sous forme d'une fable comme Heureux comme Ulysse qui a fait un beau voyage.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 juillet 2020
Les mésaventures d’un jeune paysan, figure christique, incarnation d’une innocence et d’une bonté exploitées, maltraitées, déphasées dans le monde moderne. On retrouve ici le charme singulier du cinéma d’Alice Rohrwacher : mélange de naturalisme et de fantastique, douce étrangeté, jeux temporels… Et quelques moments de grâce, notamment lors de la scène où la musique « s’en va ». Mais le scénario est plus hétéroclite et moins abouti que celui des Merveilles (le précédent opus de la réalisatrice), desservi notamment par une séquence finale assez maladroite dans sa critique du capitalisme.
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