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Jonathan M
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3,0
Publiée le 2 septembre 2019
Je découvre le monde mystérieux d'Alice Rohrwacher par son troisième long, en omettant, pour l'instant, les deux précédents. Une cinéaste cannoise qui plait aux différents jurys, çà ne laisse pas insensible ma curiosité. On s'éprend assez rapidement de ce Lazzaro, dans une magnifique interprétation. Une Italie côté misère, qui semble pour autant pas si lointaine. La petite étoile qu'est l'acteur italien subit les demandes des autres, sans jamais sourciller. Il découvre le monde et les relations avec les autres comme un nouveau né qui exprimerait ses premiers mots. Heureux, il est par ce qu'il attaché à la vie. Incarnation du simplet par excellence, la cinéaste navigue entre la frontière du mélancolique et du risible. Et c'est justement çà qui coince pour moi. Après la meilleure scène du film et les retrouvailles entre Lazzaro et Antonia adulte, le film aurait du s'arrêter net. Tout ce qui vient après est inutile et dessert le propos.
Dans ce film qui oscille avec une intelligence rare entre entre réalisme et conte fantastique, Alice Rohrwacher nous dresse un portrait subjectif des laissés-pour-compte de l’Italie de ces 50 dernières années. À travers la figure christique du jeune Lazzaro (Lazare), témoin innocent et passif d’une histoire baroque qui se déroule sous ses yeux, la réalisatrice italienne nous déroule un incroyable récit, d’une grande liberté cinématographique, où le quotidien le plus trivial côtoie le fabuleux pur, et où la notion du temps est volontairement tordue. Dans Heureux comme Lazzaro, un groupe de paysans vivant sous le joug d’une baronne aussi riche que malhonnête va se retrouver, plusieurs années plus tard, parqué dans un bidonville à la périphérie d’une grande ville. L’occasion de filmer des magnifiques visages burinés, des paysages d’une beauté époustouflante, et au détour d’une caravane, de capter la silhouette du trop rare Sergi López. À la fin, un seul constat subsiste, amer : les pauvres et les asservis d’aujourd’hui sont les mêmes qu’hier. Remarquable.
Sublissime , La vie de Lazarro , gaillard paysan naïf , simplet parfois. Travaillant au domaine de la marquise , celle ci exploitant agréablement toute une famille paysanne , comme au temps féodal , une autre époque. Tout explose un jour.
Bien qu’articulé sur deux temporalités montrées successivement, Heureux comme Lazzaro est une fable intemporelle. Alice Rohrwacher met en images un conte moral jamais moraliste non dénué d’un propos politique contemporain. Dans le champ de la caméra, c’est tout un pan du cinéma traditionnel et humaniste italien qui semble ressusciter en même temps que Lazzaro. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Si un film parvient à m’étonner, dans le bon sens du terme, il a déjà parcouru la moitié du chemin pour me convaincre, et ‘Heureux comme Lazzaro’ est typiquement le genre de production qui me ravit par sa capacité à déjouer mes pré-conçus blasée par trop de films en demi-teinte : il s’agit d’une oeuvre profondément italienne dans sa manière d’épicer un naturalisme aride, quasi documentaire, d’une touche de magie et de surréalisme. J’aurais du mal à prétendre que ces injections rendent le résultat ‘passionnant” et pourtant, contre toute attente, ‘Heureux comme Lazzaro’ est parvenu à titiller ma curiosité de manière ininterrompue jusqu’à sa conclusion. Mieux vaut ne pas s’attacher outre mesure au récit, assez lâche, criblé de temps morts et d’ailleurs essentiellement descriptif. Des indices clairs suggèrent un contexte moderne et pourtant, les paysans crédules qui vivent dans le village de l’Inviolata semblent hors du temps, réduits au servage pour le compte de l’aristocratie locale et inconscients du monde qui les entoure. Pour un peu, on se croirait revenus au temps des premiers film de Yorghos Lanthimos (‘Canine’, surtout), qui faisaient de ce décalage entre croyance et réel le pivot central de leur proposition. Dans ce hameau isolé du monde, il y a Lazzaro, exploité par les siens comme ceux-ci sont exploités par leur suzerain, mais qui subit cette existence laborieuse sans déplaisir apparent. Lazzaro est une figure allégorique bien entendu, mais laquelle ? Le Christ, chargé du fardeau des souffrances du monde ? Saint Lazare, qui se verra donner une seconde chance? Ou Saint François d’Assise, qui bouleverse le monde par sa bonté et son innocence ? Le film imprime fortement cet aspect hagiographique, auquel on sera libre d’accoler ou non une lecture sociale...car Lazzaro ne peut rien et ne fait rien pour lutter contre l’injustice qui touche ses proches : la révolte n’est pas dans sa nature. Probablement est-il aussi passablement idiot, “Innocent du village” qui promène sur son village ubuesque un regard effaré mais qui ne juge jamais rien ni personne. Après la résurrection auquel on s’attend, le film s’enfonce dans une étrangeté qui frappe d’autant plus qu’elle est constamment tempérée par une approche qui rappelle une comédie sociale et noire d’Ettore Scola. Je suis sûr qu’il est possible de s’ennuyer, et même de bien s’ennuyer, en suivant cette histoire qui semble parfois ne pas savoir quel direction emprunter ni décider de ce qu’elle souhaite vraiment exprimer, particulièrement dans sa seconde partie mais, en ce qui me concerne au moins, l’attrait qu’a exercé cette atmosphère insaisissable, qui tire alternativement le spectateur du côté du réel et du côté de la fable féérique, a fini par dominer les faiblesses de cette proposition de cinéma inhabituelle.
Dans l'esprit de la littérature italienne cannibale ou des films de Matteo Garrone, Alice Rohrwacher veut décrire une société italienne incapable de maîtriser sa transformation. Les classes aisées et populaires se noient dans la vénalité et la cupidité, quitte à tout y perdre. Lazzaro est une allégorie, un personnage christique qui traverse le temps et dont tout le monde exploite la naïveté. Si les plans sont intelligents et les scènes souvent grinçantes, l'allégorie est un peu lourde, trop évidente et au cynisme facile. Un film tout de même intéressant.
Ce film qui repart de Cannes avec le prix du scénario est plutôt réussi dans sa première partie (l'épisode qui se passe à la campagne) et le résultat honorable, par contre la partie "citadine" (qui dure 45 bonnes minutes pour un film de 2h10) est ratée, mis à part une ou deux scènes. Certes les idées qui parcourent ce film suscitent l'adhésion, mais toujours la même remarque : cela suffit-il à faire un bon film ? Au final un sentiment mitigé. Très franchement si vous allez au cinéma simplement une fois par mois, non ! allez voir autre chose.
Un film difficile à critiquer, mais les doublages médiocres me sortaient régulièrement du film.
Une atmosphère intrigante, je ne serais pas contre le revoir en VO, mais il est malheureusement très long à démarrer et demande de s'impliquer un minimum.
avant-première hier à l'institut lumière avec la réalisatrice italienne alice rorhwacher qui trouve désormais sa plaque sur le mur de la rue de premier film. belle épopée intemporelle qui conte l'histoire d'une communauté de paysans vivant comme au moyen âge, exploités par une marquise et confinés dans une campagne étrange, sans aucun contact avec le monde moderne. les yeux de l'innocence incarnée par le jeune lazzaro portent cette fable onirique et presque pasolinienne. les acteurs pour beaucoup débutants je crois, hormis certains dont alba rohrwacher (soeur de la jeune réalisatrice, que j'ai vue assez souvent dans le nouveau cinéma italien), sergi lopez, et quelques autres, sont magnifiques. j'ai beaucoup aimé. j'aurais voulu savoir dans quelle région d'italie le film a été tourné...les paysages sont presque surréalistes .idem pour les scènes de ville tournées dans des décors de banlieue, ici proches du néo- réalisme. où??? grazie à ceux qui sauraient!
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Superbement bien joué, Lazarro a été tres tres bien choisi. On croit sans problème à ce héros innocent et pur, representé comme un saint. L histoire, narrée comme une fable, est prenante et porte notamment sur le genre humain et sa nature même,un regard plutôt pessimiste. On se doute de la fin, mais on se prend à en esperer une autre, on s’attache au personnage hors du temps de Lazarro. Le film est plaisant et on ne s’ennuie pas. De Candide, Lazarro devient un saint et le parallele avec le religieux est omniprésent ( et toujours derriere, l’idée de torture qui caracterise leur existence temporelle)
Je rêve de l'Italie avec son soleil ses oliviers ses ruines romaines ses chemins pavés, arrêttez tout !!! Cette fable moderne nous amène tout droit daspoiler: [[spoiler] /spoiler]ns un monde frauduleux, dans notre monde où les humains n'ont de grâce pour personne et tout comme entre les bêtes sauvagesspoiler: il n'y a a aucun espace pour la fragilité ni le rêve. Notre rêve á nous passe par dessus les autres et se construit au prix de la vie des autres s'il le faut. Au tiroir, voir á la poubelle nos acquis de conscience ! Alors un film grâcement financé par toutes les institutions publiques existentes doit il se contenter d'une telle diete estéthique ?!!!! Le scénario est malgré tout intérèssant, et ce travail relève á mes yeux de l'art moderne cinématographique, une éspèce de cinéma indépendant, touchant par son personnage principal.spoiler: spoiler:
C’est un voyage entre songe et réalité, entre beauté et sordide.
Pour ce voyage, le cicérone qui nous accompagne est un jeune homme doux et rêveur, en complet décalage avec la plupart des humains entraînés dans une spirale régressive. Dans la campagne reculée où il vit, tous exploitent sa gentillesse mais ne lui prêtent pas attention. Pour sa petite communauté villageoise (à peu près les seules personnes qu’il connaît), il est comme transparent, sans importance. Heureusement, il y a les loups !
Un seul, un étranger, le fils de la marquise venue en vacances, qui lui aussi est traité avec désinvolture, le trouve intéressant et lui parle.
Mais, d’un coup, la vie de Lazzaro bascule dans l’inconnu. Egalement la vie de sa communauté qui est déportée vers la grande ville. Après ? Ils étaient oubliés à la campagne. Dans la ville, ils sont aussitôt oubliés.
Du début à la fin, le cauchemar le dispute au songe. Mais, comme un bon vin, ce film est riche d’impressions subtiles. On ne l’oublie pas. Il est long en bouche.
Un film qui se déroule en 2 parties et durant 2 périodes de l'histoire italienne. La 1ere nous transporte dans des terres arides où des familles de paysans sont maintenues en esclavage par une marquise. La communauté paysanne à son tour "exploite" le jeune Lazzaro, garçon candide. C'est la partie la plus intéressante du film. La seconde nous plonge dans l'Italie moderne où les conditions de vie des plus pauvres sont semblables à celles des paysans du passé (l'entraide en moins). Ici, les dominants sont les banquiers notamment. Dans ce monde Lazzaro ne change pas et il sera la victime du système. Que penser de ce "conte"? A la sortie de salle, je ne savais pas trop et mon impression demeure. L'acteur principal joue très bien