Heureux comme Lazzaro
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Nadia G
Nadia G

1 critique Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 décembre 2018
Ce qui ma le plus decue est que Lazzaro, contrairement au titre du film, ne semble pas heureux du tout. Il execute les ordres docilement mais sans joie. A part Antonia, tout le monde le traite mal. C'est triste. Ceci dit, l'idee du scenario est tres originale. L'idee que la "fausse"disparition de Trancredi ait indirectement cause la perte de sa fortune est joliment ironique. J'aurais seulement aime un denouement un peu plus heureux pour Lazzaro. Apres la fin, je me suis demandee a quoi tout ca rimait a part de savoir que le sort s'acharne parfois sur les innocents
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 décembre 2018
J'ai adoré la mise en scene' des personnages plus vrais que nature. Lazarro est magnifiquement interprété par un acteur qui communique plus par ses gestes, postures , regards que par des mots. Très touchant cette condition humaine...
Hortense H
Hortense H

23 abonnés 78 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2018
Une belle écriture, féminine et délicate, une ressource dont on s' abreuve avec tempérance et curiosité. Cette fable sinueuse et inspirée d'une histoire réelle est à la fois originale et intemporelle. Elle nous fait voyager à hauteur d'homme, comme assis sur un âne au coeur de la belle Italie, sociale et locale, bouleversée et malmenée par les affres du capitalisme.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 896 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 décembre 2018
Echaudé par Les merveilles le film précédent de Rohrwacher, j'ai pris le parti d'entrée d'admettre que le style de Lazzaro est celui d'un conte, malgré le réalisme de scènes paysannes et de la survie en habitat précaire péri-urbains. Bien m'en a pris. Il s'agit d'un plaisant cocktail, nourri aux meilleures sources du cinéma italien. On ne peut qu'évoquer en vrac: les scènes de moisson de "L'arbre aux sabots", de l'amitié entre les deux copains d'enfance, l'un du coté des propriétaires, l'autre du coté des journaliers agricoles dans "1900". Et ici le copain de lazzaro s'appelle Tancredi, mais oui "Le Guépard" de Visconti n'est pas oublié. Et les gueules de certains protagonistes semblent tout droit sortis de "Affreux, sales et méchants" de Scola. Il y a des loups de passage dans ce conte, dont on n'est pas obligé de saisir de suite de quel coté ils sont! Le temps des chacals, prédit par le Prince Salina est arrivé. Le monde moderne n'épargne pas plus les petites gens qu'au temps des grandes exploitations rurales du XIXéme siècle. Au milieu de ce monde de brutes virevolte l'angélique Lazzaro - presque benêt tant sa gentillesse est grande- interprété par un Adriano Tardiolo, qui sans nul doute doit avoir un peu ce caractère dans la vraie vie, tant il le joue si bien! Laissons le ressusciter et devenir un martyr avec un tel nom. Le conte de Rorhwacher comporte beaucoup de jolis moments mais n'est décidément pas pour les petits enfants. La fin n'est pas si merveilleuse et ressemble bigrement à la dure réalité de la condition humaine. Un film atypique, à coté duquel on pourrait passer, si on le regarde au premier degré. Un prix du scénario à Cannes mérité. GE novembre 2018
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 3 décembre 2018
J'ai rarement vu un film si puissant, rarement un film ne m'a désarçonnée à ce point. Si le basculement dans le fantastique ne fonctionne pas totalement, la première heure est magistrale, de par son sujet, dénonciation d'une société dont l'égalitarisme de façade n'en cache pas moins des inégalités qui ne cessent de croître, de par son rapport à la nature, sensoriel, fusionnel, de par sa façon de se pencher sur les personnages, non psychologisante. Et les images sont somptueuses, ce qui ne gâche rien. Etonnant.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2018
Bien qu’articulé sur deux temporalités montrées successivement, Heureux comme Lazzaro est une fable intemporelle. Alice Rohrwacher met en images un conte moral jamais moraliste non dénué d’un propos politique contemporain. Dans le champ de la caméra, c’est tout un pan du cinéma traditionnel et humaniste italien qui semble ressusciter en même temps que Lazzaro. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
acgaltie
acgaltie

5 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 novembre 2018
C’est un voyage entre songe et réalité, entre beauté et sordide.

Pour ce voyage, le cicérone qui nous accompagne est un jeune homme doux et rêveur, en complet décalage avec la plupart des humains entraînés dans une spirale régressive. Dans la campagne reculée où il vit, tous exploitent sa gentillesse mais ne lui prêtent pas attention. Pour sa petite communauté villageoise (à peu près les seules personnes qu’il connaît), il est comme transparent, sans importance. Heureusement, il y a les loups !

Un seul, un étranger, le fils de la marquise venue en vacances, qui lui aussi est traité avec désinvolture, le trouve intéressant et lui parle.

Mais, d’un coup, la vie de Lazzaro bascule dans l’inconnu. Egalement la vie de sa communauté qui est déportée vers la grande ville. Après ? Ils étaient oubliés à la campagne. Dans la ville, ils sont aussitôt oubliés.

Du début à la fin, le cauchemar le dispute au songe. Mais, comme un bon vin, ce film est riche d’impressions subtiles. On ne l’oublie pas. Il est long en bouche.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 novembre 2018
Un film lunaire parfois, dérangeant quelque part voire déstabilisant; mais quelle beauté dans ces paysages, dans ces contrastes qui interpellent, dans ces personnages peu communs pour le moins. On se croirait parfois dans un conte où l'irréel côtoye une poésie que le réel vient choquer à contretemps en rappelant la dure réalité du monde !
Michael D
Michael D

19 abonnés 40 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 novembre 2018
Une fable étonnante et très intéressante. Une nouvelle démonstration de la finesse de l'esprit italien qui traite avec intelligence et humour une vision de notre société.Ce film fait vraiment du bien.

A noter cependant un scénario un peu décousu et quelques passages tirés par les cheveux qu'on pardonne volontiers. Une super interprétation de Sergi Lopez.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 novembre 2018
Courez voir ce film magnifique et émouvant avant qu'il ne soit trop tard ! Pour la photographie, pour la langue, pour le réalisme cruel, pour la bonté et la sincérité de ces acteurs extrêmement touchants.
barbarafels
barbarafels

13 abonnés 110 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 novembre 2018
Un film qui aurait pu être peut-être plus subtil, plus onirique.... La réalisatrice a oscillé entre le conte de fées et le film engagé dénonçant le système d'exploitation de la majorité des hommes par certains hommes. Le fil conducteur, ce groupe de paysans est une très bonne idée et il paraît que -malheureusement- c'est une situation qui a existé en Italie. Mais le mélange de situations très réelles (l'exploitation, la délivrance, la nouvelle vie) et de personnages très réalistes (les gendarmes surtout) avec spoiler: la résurrection de ce jeune homme des années
après ne fonctionne pas bien pour moi parce que trop en décalage avec l'ambiance réaliste du film, même si il est très poétique... Si la réalisatrice avait voulu donner une vraie dimension fantastique, de conte, de fable, à son film, elle aurait dû dès le début nous présenter au minimum ce Lazzaro comme un être surnaturel .... spoiler: ou alors nous donner une explication, même irréelle, à sa résurrection (l'intervention de Dieu par exemple)
.... car c'est ce seul passage qui me pose problème, il me fait l'impression d'un cheveu sur la soupe, d'autant plus que ça peut aussi être une facilité de transition pour nous projeter quelques années après, mais tout en ayant conservé intact le regard et le comportement empli de bonté et de naïveté de ce jeune homme.... Dommage. Il manque un truc, il manque à la fois de l'imagination, du travail, de l'investissement....
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 novembre 2018
Lazzaro est un benêt. Il vit parmi les siens, des paysans pauvres qui exploitent un champ de tabac pour le compte d'une aristocrate, la marquise Alfonsina De Luna, qui, avec le concours de son contremaître, les maintient dans un état anachronique de servitude. Lazzaro se rapproche du fils de la marquise en pleine rupture de ban et l'aide à se cacher dans la montagne en faisant croire à une prise d'otage doublée d'une demande de rançon.
Mais Lazzaro fait une chute mortelle. La demande de rançon a attiré l'attention des Carabiniers qui libèrent les paysans de leurs jougs et les escortent en ville. Les années passent. Miraculeusement, Lazzaro se réveille. Il n'a pas vieilli d'un jour. Il marche jusqu'à la ville et y retrouve ses amis.

"Heureux comme Lazzaro" est le troisième film de Alice Rohrwacher. Ses deux premiers étaient remarquables. "Corpo Celeste" (2011) racontait l'histoire d'une petite fille en Calabre à la veille de sa première communion. "Les Merveilles" (2014) campait une famille de joyeux marginaux vivant de la culture du miel dans les montagnes de l'Ombrie.

Dans sa première partie, "Heureux comme Lazzaro" rappelle les drames pastoraux de Ermanno Olmi ("L'Arbre aux sabots") ou des frères Taviani ("Padre, padrone"). L'action se déroule hors du temps (sommes-nous au début du vingtième siècle ou à sa fin ?). La vie de la communauté est rythmée par les travaux des champs. La terre est dure à l'homme. Lazzaro est un simple qui oppose un sourire inaltérable et une gentillesse sans fond à la méchanceté du monde.

Et brutalement, basculant dans le réalisme fantastique, "Heureux comme Lazzaro" bifurque. Son héros meurt pour renaître à lui-même plusieurs années plus tard. Il n'a pas pris une ride. Mais le monde autour de lui a changé. Ses proches ont quitté la campagne après que les pratiques d'un autre âge de la marquise De Luna ont été démasquées. Pour autant, entassés dans des abris de fortune au bord des rails, bruyants et pollués, ils ne vivent guère mieux.

La parabole prend vite son sens. On comprend qu'il s'agit de dénoncer le sort des opprimés, hier à la campagne, aujourd'hui à la ville. La fable pourrait être lourdement démonstrative. Elle réussit à ne pas l'être. Le mérite en revient aux acteurs, notamment à Alba Rohrwacher, la propre sœur de la réalisatrice, qui jouait déjà dans "Les Merveilles", qui interprète ici le rôle d'Antonia, la gamine de la première partie devenue une belle adulte dans la seconde.

"Heureux comme Lazzaro", ses deux films en un, pourront laisser le spectateur sur le bord du chemin ou le séduire par son subtil équilibre entre poésie et politique.
Charles R
Charles R

59 abonnés 424 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 novembre 2018
Décidément le cinéma italien est en verve et ce n'est pas le dernier film d'Alice Rohrwarcher qui nous fera dire le contraire. Un scénario d'une parfaite cohérence et superbement développé, sans faille et sans temps mort : ce n'est pas pour rien que le film a été récompensé au dernier festival de Cannes au titre du meilleur scénario. Ajoutons d'emblée une réelle originalité, empreinte de références littéraires et cinématographiques. Soit donc l'histoire d'un brave garçon, pas très futé, aux origines inconnues, qui vit dans le désordre mais aussi la chaleur à l'italienne d'une famille paysanne d'une extrême pauvreté. Le cadre ? Un hameau, l'Inviolata, coupé du reste du monde, et que domine de manière caricaturale une marquise qui exploite les paysans comme on le faisait au bon vieux temps du servage. Tout est condamné à l'immobilisme jusqu'à ce que Lazzaro rencontre Tancredi, le fils de la marquise qui veut fuir la mainmise de sa mère. Et le film bascule alors dans l'amorce d'une deuxième partie dont on ne dira rien. Ce qui est certain en tout cas, c'est qu'un second film semble naître en même temps que Lazzaro est promis à une véritable renaissance. Et ce qui pouvait donner au départ l'illusion d'un film réaliste dans la veine rurale - comme le cinéma italien en compte des centaines - va devenir un conte fantastique dans le sillage d'Italo Calvino ou, pour rester dans le domaine cinématographique, d'Ermanno Olmi ou encore de Pasolini. La figure de Lazzaro dont le prénom est hautement symbolique apparaît comme une des nombreuses versions de l'ingénu voltairien, mais doublée d'une dimension supplémentaire : traversant des milieux différents (d'abord la campagne, riante et ensoleillée malgré son aridité, puis la ville, présentée sous son jour le plus gris), le jeune homme demeure identique à lui-même, ne vieillissant jamais malgré les années qui passent alors que les autres personnages accusent une transformation physique qui est dans l'ordre des choses. Le film se lit comme une fable où les mécanismes de la société sont dénoncés mais toujours sur un mode ironique que d'aucuns prennent plaisir à qualifier de naïf (ce qui, semble-t-il, témoigne d'un contresens). Ajoutons une qualité d'image indéniable qui souligne la poésie de la campagne et la dureté de la ville contemporaine. Et soulignons bien sûr le jeu impeccable et fascinant de l'acteur principal, Adriano Tardiolo, ainsi qu'une distribution des plus cohérentes. Oui, décidément le cinéma italien a encore de beaux jours devant lui et nous nous en réjouissons.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 16 novembre 2018
Fable sociale, conte moderne, allégorie politique... ? Heureux comme Lazzaro est tout cela et surtout et avant tout un vrai film. Avec un scénario déroutant, se permettant de nous embarquer là où on ne s'y attend jamais. Dès le début on se demande où et quand on est. Quel pays offre des paysages, des lieux pareils ? Quel siècle ? Qui sont ces gens ? Interprétés par des comédiens et des non-comédiens. On est perdus et tellement ancrés pourtant dans quelque chose qui nous semble si familier. On la sent cette exploitation du pauvre par le riche, du plus pauvre par les pauvres, on la sent, on la voit cette métaphore de notre société. Mais il y a beaucoup plus encore. Il y a cette pureté de l'image, du jeu, ces odeurs, ces bruits et puis cette poésie. Le film ne bascule jamais brutalement d'un genre à un autre, il nous porte, nous fait glisser. On n'attend rien, on se laisse guider. On ne se demande pas où on va, on y va. Le coeur palpitant. Et quand ça s'arrête on voudrait tellement être entourés de Lazaro et surtout que tous les autres n'existent pas. J'ai été profondément ému et bouleversé par ce film qui devrait servir de support à toutes les analyses politiques de la lutte de classe, tellement il frappe juste et fort. La bonté naturelle est une notion qui n'est pas assez prise en compte et qui, dans ce film, est parfaitement démontrée et expliquée et, à l'opposée, la bêtise et la méchanceté, le sont de la même façon. Avec un naturel qui pourrait être pris pour le naïveté s'il n'y avait cette maîtrise cinématographique qui vient étayer une véritable réflexion, un travail artisanal qui sent la sueur et la maîtrise du geste. Ce film est un grand film sur le physique, le charnel aussi. Chaque personnage est tellement physiquement présent. C'est époustouflant de présence ! Je ne peux rester qu'à la surface du film pour en parler tant toute description de telle ou telle scène pourrait être considérée comme un spoil. C'est une des forces du film aussi : c'est un tout, absolu. Une entité. Une oeuvre d'une personne dont la nationalité importe peu tant elle a un langage universel. Marchez, marchez comme Lazaro pour voir ce film, urgemment, car il ne sera sûrement que très peu programmé.
lionelb30

535 abonnés 2 905 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 novembre 2018
Reussi sur le plan de l'attention car on reste a l'alerte juisqu'a la fin pour connaitre le fin mot de l'histoire. Histoire atypique bien dans le style du cinema italien et donc interressant a priori.
Par contre a la fin du film , on se demande vraiment l'interet de ce film et si il y a un message lequel car c'est tres mal defini et l'on reste perplexe.
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