Les deux Papes
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Jorik V

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3,5
Publiée le 7 avril 2020
Fernando Meirelles s’était fait très discret depuis son ambitieux projet choral raté (« 360 ») et la mauvaise réception au Festival de Cannes de « Blindness » en 2008. Pourtant c’est le réalisateur acclamé de « La Cité de Dieu » et « The Constant Gardener », deux films majeurs. Le voilà qui grossit les rangs des grands noms du cinéma après, entre autres, Soderbergh, Scorsese ou Baumbach, qui s’essaient à réaliser un film indépendant dit haut de gamme pour le compte de la plate-forme Netflix. Et si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous en dépit de la renommée des cinéastes précités (rappelons-nous l’épouvantable « The Laundromat » de Soderbergh), « Les deux Papes » est une excellente surprise sur un sujet passionnant avec deux acteurs au sommet de leur art dans un lieu pratiquement jamais montré au cinéma, en l’occurrence le Vatican.



Inspiré de faits réels, car on ne saura jamais la teneur exacte des échanges de ces deux illustre hommes de la religion catholique, « Les deux Papes » s’avère à la fois intéressant et captivant. Dès les premières images, le script se pare d’humour avec ce pape qui essaye de réserver un vol en ligne. Et ce côté un peu iconoclaste bienvenu et tout à fait soluble avec le sujet se maintiendra par petites touches jusqu’à cette excellente séquence de conclusion avec nos deux papes (argentin et allemand) qui regardent la finale de la Coupe du monde où leurs deux pays s’affrontent. Une scène qui montre leur amitié malgré leurs différences et divergences et qui représente le cœur du film. On reprochera cependant que les joutes verbales entre les deux personnages ne soient pas plus poussées et matière à débat, les dialogues se focalisant plus sur la notion de foi, de sacrifice pour la tâche et de pardon. Mais tout cela reste brillamment écrits avec des dialogues en or massif. Et il faut avouer qu’il n’est pas toujours aisé de captiver le spectateur avec presque uniquement deux acteurs et de longues logorrhées théologiques, pourtant ça l’est. Et il n’en serait rien sans la force et l’investissement d’Anthony Hopkins et Jonathan Pryce qu’on préfère voir là, dans des rôles à la hauteur de leur talent, plutôt que de se brader dans ses séries B pour payer leurs impôts. Ils sont tous deux exceptionnels et parviennent à bien nuancer leurs personnages.



En effet, au début on pense à une élégie pour le Pape François, plus réformiste, et une charge contre le Pape Benoît bien plus conservateur. Mais, au fil des minutes et de l’amitié qui se noue entre les deux, le regard se fait bien moins clivant. Ce qui empêche ce film au sujet passionnant même pour les non croyants d’être vraiment excellent, ce sont ses maladroits flashbacks revenant sur le passé du Pape François durant la dictature argentine. Ils nourrissent peut-être le personnage mais s’imbriquent bien mal dans le reste du film, que ce soit visuellement et même sur le fond tant ils paraissent maladroits. Dommage. En revanche, le fait d’investir le Vatican (sans cela le film aurait pu faire toc) est admirable et passionnant. Les décors de ce lieu mythique pour l’histoire de la religion chrétienne sont optimisés, de la superbe chapelle sixtine à la résidence d’été des papes, cela permet de découvrir et d’admirer ces murs saints. Un film qui met la lumière de manière astucieuse et passionnante sur une passation de pouvoir aux coulisses peu connus entre faits réels et fiction. Un très bon moment bercé par des échanges de haute tenue entre deux grands du cinéma.



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Yannicklemagicien
Yannicklemagicien

12 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 avril 2020
Il existe des œuvres qui, sur le papier tout du moins, inspirent la plus grande méfiance autant du point de vue de leurs qualités cinématographiques que sur celui de l’intérêt potentiel que peut présentee la nature de leur sujet. Concernant l’intérêt en terme cinématographique, il faut se souvenir que le cinéma est avant tout un art du mouvement. C’est son essence même. C’est justement en raison de sa nature artistique qu’il permet des expériences plus larges, qui font une part belle aux dialogues ou aux scènes contemplatives et qui s’expurgent de toute notion d’action, au sens de mouvement. Concernant l’intérêt scénaristique, il faut bien reconnaitre qu’à la lecture du Pitch, qui fait état des relations entre deux hommes extrêmement différents amenés à exercer successivement la difficile fonction de souverain pontife, il y avait à craindre que Les Deux Papes tombe dans ce registre bien connu de films bavard, que l’on retrouve notamment lors des retranscriptions de pièces de théâtre par exemple. C’est d’autant plus troublant que le film de Fernando Meirelles s’inspire de la pièce The Pope écrite en 2017 par le dramaturge néo-zélandais Anthony McCarten, à qui l’on doit le récent Bohemian Rhapsody, qui officie par ailleurs comme scénariste sur le film.

Cette grande méfiance que pouvaient susciter ces deux écueils est évitée de manière assez flamboyante, je dois l’avouer, grâce à la puissance créative du réalisateur brésilien Fernando Meirelles, qui a su rendre palpitant les conversations entre ses deux protagonistes, tout en s’appuyant admirablement, il est vrai, sur deux interprètes exceptionnels : Anthony Hopkins et Jonathan Price. Véritable curiosité, à la fois par le traitement de sa thématique principale et par la qualité de son interprétation magistrale, le film donne à voir de quelle manière un réalisateur peut s’emparer d’un sujet très délicat, relativement risqué et peu passionnant de prime abord, afin d’en tirer une œuvre attachante, profondément humaine, remplie d’émotion, et qui de surplus, offre un regard inédit et assez complet sur un fait historique dont on n’a peut-être pas mesuré l’importance à sa juste valeur.

Je vous invite à retrouver l'intégralité de mon analyse ici : http://yannicklemagicien.com/les-deux-papes/
Stéphane A
Stéphane A

11 abonnés 135 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 avril 2020
Magnifique coup d'oeil aux arcanes du Vatican, dans le coeur des pretres et des achipretres mais qui n'en restent pas moinsi des hommes. Un film delicieux servi par 2 grands acteurs.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mars 2020
Abonné Netflix depuis peu, j'ai pu découvrir le film Les Deux Papes, de Fernando Meirelles. Anthony Hopkins incarne un pape Benoît 16 qui se rend compte que sa vision dogmatique mène l'Eglise droit dans le mur, ce qui le pousse à dialoguer avec le cardinal argentin Bergolio, son antithèse parfaite: pragmatique, proche des vrais gens, danseur de tango. Bergolio superbement joué par Jonathan Pryce, la ressemblance physique des deux acteurs aux personnages réels est également remarquable. Superbe rencontre entre deux hommes complexes que tout oppose hors la foi chrétienne, et encore. Benoît 16 démissionne et Bergolio est élu pape François 1 à sa place. Le film passe de la profondeur poignante des personnages à la fresque politique en passant par des pointes d'humour hilarantes. A voir.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mars 2020
Magnifique histoire le film explique bien l’histoire du pape François et benoit XVI je remercie Netflix
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 février 2020
Très bonne interprétation et tournage caméra à l'épaule pour donner 'impression du reportage. Ce film retrace un moment historique qui intéressera tout le monde, y compris les athées. C'est une intrigue au Vatican qui permet de mesurer le poids politique de la fonction de pape. Beaucoup d'humour aussi.
gabdias
gabdias

120 abonnés 2 000 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2020
Un brésilien qui s’attaque à une page d’histoire du catholicisme, je ne m’attendais pas à un pamphlet sur le côté conservateur du Vatican. Pas de mauvaise surprise, Meirelles n’y va pas, par contre, les dialogues et les combats oratoires sont soignés parfois caustiques, l’interprétation du duo Hopkins / Pryce reste simplement magistrale.
Shephard69

405 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 février 2020
Après "La cité de Dieu" et "The constant gardener", ma troisième incursion dans la filmographie de Fernando Meirelles et je découvre là un film impressionnant de puissance narrative sur une histoire d'amitié à priori impossible entre deux êtres aux visions diamétralement opposées. En revenant sur un épisode que je méconnaissais de l'histoire récente du Vatican et cette transmission de pouvoir entre le pape Benoit XVI et l'archevêque Jorge Bergoglio futur pontife François, le réalisateur brésilien livre un très beau long-métrage qui est parvenu à me toucher malgré un sujet auquel je suis très extérieur au départ, un ensemble assez lent à l'instar de nombreuses oeuvres dont l'intrigue repose sur des dialogues dans un face-à-face. Une mise en scène très riche, subtile, une magnifique photographie mais surtout une rencontre exceptionnelle entre deux géants du cinéma contemporain, Anthony Hopkins habitué à ce type de personnages aux hautes charges de travail, de devoir apporte ici une nuance très intéressante de doute, de friabilité face à un Jonathan Pryce superbe d'humilité religieuse, de remise en question dogmatique. Une analyse sensée de la dictature militaire en Argentine dans les années 70 et une réflexion sur le rôle de leader, la conception des responsabilités entre traditionalisme et réformisme. Un grand moment de cinéma.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 février 2020
Très beau et bon film
Très bons acteurs
De belles lecons de morale et d'amour
Cela nous fait mieux connaître le cœur du pape actuel.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 février 2020
Si au début on a beaucoup l'impression que le réalisateur ne cesse de prendre partie pour un des deux papes, surtout le pape François, plus on avance et plus leurs relations se dessinent grâce à la juste interprétations de leurs principaux protagonistes en particulier Anthony Hopkins bouleversant dans son rôle plein d'humanité et de poésie à l'interprétation très juste.
OceanShadow
OceanShadow

9 abonnés 79 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2020
Superbe  Une incroyable et très touchante histoire merveilleusement racontée. Je comprends tout à fait les nominations de Jonathan Pryce et d'Anthony Hopkins pour les oscars ! Bon après face à Joaquin et Al Pacino ça va être compliqué mais en tout cas ils sont vraiment très performants !

(Pape mal du tout / 20)
tyrionFL
tyrionFL

25 abonnés 388 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 février 2020
L'histoire d'une relation incongrue entre deux hommes d'églises que tout opposent.
Deux hommes interprétés d'un côté par Jonathan Pryce, acteur le plus cool du monde et de l'autre Anthony Hopkins.
Leur performance impeccable rend parfaitement compte la relation que pouvaient avoir ces deux éminents hommes et nous montre un peu plus, notamment sur leur passé.
Cette introspection sur eux-mêmes est un bon point mais pas tant exploité malheureusement.
Je trouve que la réalisation est le montage est très particulier car leur rythme s'adaptent à chaque scène rendant certaines très dynamiques.
C'est inhabituel mais plutôt bien géré.
Mais tout ça ne sont que des agréments autour de ce qui fait la force de ce film, à savoir la sympathie et la proximité que nous avons avec ces deux personnes qui semblent réels et proches de leur réelle incarnation.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 11 février 2020
Magnifique film sur la rencontre entre Benoit XVI et le pape François. Outre l'interprétation magistrale de Pryce et Hopkins, ce film est remarquablement écrit, construit et réalisé. Meirelles n'en fait pas trop et laisse les dialogues ciselés portés par les deux acteurs faire le travail, même si, par certaines touches subtiles, il marque de son empreinte le film. Evitant l'écueil du jugement, par lui ou par ses personnages, il réalise un film d'une humanité magnifique. Car plus qu'un film sur deux papes, il s'agit d'un film sur deux hommes, certes amenés à occuper la position de papes, mais des hommes avant tout. Et bien que leurs opinions divergent sur de nombreux sujets, le film montre aussi qu'il est possible, justement en évitant toute forme de jugement, de rapprocher des hommes qui, de prime abord, semblent incompatibles. Un film lumineux à voir absolument!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 février 2020
C'est une fiction et il faut accueillir ce film comme tel. Je regrette que Benoît XVI soit caricaturé dans une psychorigidité qui ne lui correspond pas ; il suffit de l'avoir lu pour s'en convaincre. Mais cela ne gâche l'essentiel de ce film qui réside dans une rencontre profonde, religieuse, spirituelle et sensible entre deux chrétiens dont la foi a engagé toute leurs deux vies : une vraie rencontre de deux hommes créés à l'image du Dieu d'amour, comme nous devrions tous en vivre.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 5 février 2020
Immense Anthony Hopkins, monolithique, et Jonathan Pryce, véritablement touché par la grâce, pour une interprétation magistrale et tout en contraste avec le style baroque de Fernando Meirelles, génial réalisateur de La Cité de Dieu, dont on aurait souhaité qu’il dénonce plus franchement le silence de la curie romaine devant ses contradictions. Un ovni dans le catalogue Netflix.
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