Le Traître
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Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 août 2019
Un récit dense et passionnant de 2h20 qui nous plonge dans les guerres de clans entre familles siciliennes au coeur de Cosa Nostra. À travers le personnage emblématique de Tommaso Bruscetta qui permit l'arrestation de plus d'une centaine de membres de la mafia après ses révélations au juge Falcone dans les années 80, c'est tout un pan de l'Histoire italienne contemporaine qui est relatée ici dans la tradition des films de Francesco Rosi. Depuis la capture de Bruscetta au Brésil en 1963, Bellocchio s'est intéressé à la personnalité particulièrement complexe d'un repenti considéré comme l'un des premiers à avoir brisé l'omerta. L'acteur Pier Francesco Favino est extraordinaire. Doté d'une ressemblance étonnante avec le vrai Bruscetta, Favino porte le film sur ses épaules et réussit à retranscrire tout l'aspect énigmatique d'un personnage hors normes, faisant voler en éclats les archétypes de mafiosi représentés à l'écran. Doté de solides convictions dans ses valeurs, Bruscetta incarne la transition entre un monde ancien où les codes d'honneur étaient en vigueur et l'ère moderne où, débarrassée de ses traditions, les nouvelles générations de la mafia sont devenues encore plus violentes en multipliant les meurtres de femmes et d'enfants au sein des clans. En désaccord avec ces méthodes Bruscetta rompit brutalement le cercle. En toute conscience et au péril de sa vie il se rangea du côté de l'Etat et contribua à démanteler tout l'organigramme des chefs de la mafia devant les autorités lors d'un procès retentissant qui conduisit à l'emprisonnement à vie de Totò Riina. C'est la fin d'une ère que Bellocchio dépeint et qui aura pour conséquence l'assassinat en représailles du juge Falcone ainsi que le départ sous protection de Bruscetta vers les Etats-Unis jusqu'à la fin de sa vie en 2000. Le film met à jour une documentation sidérante sur le dispositif pyramidal de la mafia sicilienne, chacun de ses membres ayant une fonction digne d'une organisation gouvernementale. Il faut louer le travail de Bellocchio et de ses scénaristes qui entremêlent thriller et film historique dans la lignée des grands films italiens des années 70.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 17 août 2019
A moins de connaître un minimum l'histoire de Cosa Nostra et du mafioso repenti Tommaso Buscetta, on ne comprend pas grand-chose à ce qui se passe pendant les premières 30-45 minutes du film. L'action est en sourdine, les personnages peu caractérisés et il faut attendre que le héros devienne le traître du titre pour que le récit prenne enfin une certaine ampleur. Cela dit, il ne faut pas s'attendre à un film de mafieux: Le Traître est surtout un film de procès et ses scènes de tribunal sont les plus réussies, avec quelques beaux moments de tension et un humour bien senti, exploitant la configuration surréaliste du Maxi-Procès de Palerme et ses 475 accusés. Je suis quand même resté sur ma faim, le réalisme documentaire et la logique toujours casse-gueule du biopic étouffant selon moi un peu trop le romanesque. Malgré plusieurs fulgurances, la réalisation ne m'a que moyennement convaincu elle aussi, pas vraiment aidée par une photographie que j'ai trouvée assez laide.
Victor A.
Victor A.

88 abonnés 388 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mai 2019
Après 30 minutes laborieuse, le film deviens très interessant. Porté pas un acteur principal génial, le film est un film de procès assez classique mais un procès très plaisant à regarder. Il dure 2h30 mais on ne les vois pas forcément passer.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2019
Assassinats à tout va, fêtes, baptême… « Le Traître » démarre sans demi-mesure et peut être difficile à comprendre dans un premier temps. Nous sommes dans les années 80 et la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. La mafia, c’est comme une famille, c’est sacré. Alors lorsqu’une personne joue la carte de la trahison, c’est un véritable tournant. C’est pourtant ce que va faire Tommaso Buscetta en collaborant avec la justice. Pour lui, la mafia est une invention journalistique, il préfère le terme Cosa Nostra et considère ses membres comme des hommes d’honneur. Buscetta a vu la moitié de sa famille se faire assassiner par des clans rivaux, dont celui de Riina. En étant le premier des grands repentis de la mafia, il va permettre l’arrestation de 366 personnes. Le film nous montre comment ce soldat influent a fui la Sicile au début des années 80 pour s’installer au Brésil avec sa femme et ses enfants. Arrêté par la police brésilienne, torturé et extradé en Italie, il finira par trahir le serment fait à Cosa Nostra pour protéger sa famille en se confiant au juge Falcone. Si le réalisateur signe une première partie un peu trop expéditive, il se rattrape pleinement dans la dernière. Construit comme un immense théâtre, Marco Bellocchio met en scène le maxi-procès avec humour et rythme de feu. « Le Traître » est finalement une fresque incroyable de confrontations verbales basée sur une vérité historique.
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