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Un visiteur
3,0
Publiée le 17 août 2019
A moins de connaître un minimum l'histoire de Cosa Nostra et du mafioso repenti Tommaso Buscetta, on ne comprend pas grand-chose à ce qui se passe pendant les premières 30-45 minutes du film. L'action est en sourdine, les personnages peu caractérisés et il faut attendre que le héros devienne le traître du titre pour que le récit prenne enfin une certaine ampleur. Cela dit, il ne faut pas s'attendre à un film de mafieux: Le Traître est surtout un film de procès et ses scènes de tribunal sont les plus réussies, avec quelques beaux moments de tension et un humour bien senti, exploitant la configuration surréaliste du Maxi-Procès de Palerme et ses 475 accusés. Je suis quand même resté sur ma faim, le réalisme documentaire et la logique toujours casse-gueule du biopic étouffant selon moi un peu trop le romanesque. Malgré plusieurs fulgurances, la réalisation ne m'a que moyennement convaincu elle aussi, pas vraiment aidée par une photographie que j'ai trouvée assez laide.
Après 30 minutes laborieuse, le film deviens très interessant. Porté pas un acteur principal génial, le film est un film de procès assez classique mais un procès très plaisant à regarder. Il dure 2h30 mais on ne les vois pas forcément passer.
Assassinats à tout va, fêtes, baptême… « Le Traître » démarre sans demi-mesure et peut être difficile à comprendre dans un premier temps. Nous sommes dans les années 80 et la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. La mafia, c’est comme une famille, c’est sacré. Alors lorsqu’une personne joue la carte de la trahison, c’est un véritable tournant. C’est pourtant ce que va faire Tommaso Buscetta en collaborant avec la justice. Pour lui, la mafia est une invention journalistique, il préfère le terme Cosa Nostra et considère ses membres comme des hommes d’honneur. Buscetta a vu la moitié de sa famille se faire assassiner par des clans rivaux, dont celui de Riina. En étant le premier des grands repentis de la mafia, il va permettre l’arrestation de 366 personnes. Le film nous montre comment ce soldat influent a fui la Sicile au début des années 80 pour s’installer au Brésil avec sa femme et ses enfants. Arrêté par la police brésilienne, torturé et extradé en Italie, il finira par trahir le serment fait à Cosa Nostra pour protéger sa famille en se confiant au juge Falcone. Si le réalisateur signe une première partie un peu trop expéditive, il se rattrape pleinement dans la dernière. Construit comme un immense théâtre, Marco Bellocchio met en scène le maxi-procès avec humour et rythme de feu. « Le Traître » est finalement une fresque incroyable de confrontations verbales basée sur une vérité historique. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com