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Julien Vasquez
44 abonnés
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3,5
Publiée le 17 janvier 2020
Marco Bellocchio nous fait découvrir le fonctionnement de la Cosa Nostra de l'intérieur presque à la manière d'un documentaire. Quelles scènes trainent un peu en longueur mais le reste est bien réalisé dans l'ensemble.
Un chef d'oeuvre. difficile de refaire un film sur la mafia tout en faisant oublier tous les autres films du genre. Un belle écriture filmique mais qui sait se faire discrète quand il le faut pour mettre en valeur un sublime jeu d'acteurs, qui sait parfois vous faire étouffer en même temps que le protagoniste, avoir les mêmes sueurs que lui lors de ses cauchemars, et avoir le souffle coupé lors de l'attentat contre Falcone. Les surréalistes scènes de procès font naître un nouveau baroque, mais les scène intimes et les sublimes échanges avec le juge Falcone sont sans doute la vraie richesse insoupçonnée de cette fresque d'un réalisateur d'un autre siècle, qui se plonge dans cet autre siècle pour nous offrir un grand film et vient titiller le XXI siècle avec nos souvenirs.
De Bellocchio je ne connais que Vincere que j'avais beaucoup aimé et je dois dire que ce traître m'a bien plu également. Outre le sujet, j'ai beaucoup aimé la photographie, j'ai vraiment aimé l'esthétique du film et ses couleurs... J'aurais dit qu'il y a presque un petit côté Michael Mann de ce côté là (toutes proportions gardées, évidemment).
Et puis c'est un film sur un procès et j'aime les procès, je trouve ça fascinant au cinéma. Alors là ce n'est pas le plus important dans le film, du moins ce qui prend le plus de place, d'ailleurs j'en aurais voulu beaucoup plus, mais ce qui intéresse le plus Bellocchio je dirais que c'est les raisons qui ont poussé Buscetta à parler, à se confier au juge Falcone.
Il n'oublie pas, par ailleurs, notamment avec la scène de fin, de nous rappeler que Buscetta n'était pas nécessairement « un bon gars », il n'y a pas d'idéalisation du personnage. Et je l'aime pour ça la fin, elle est absolument terrible, le gars que l'on a suivi, pour qui on a éprouvé de l'empathie pendant 2h30, qui a perdu ses fils, il faisait partie de la Cosa Nostra, il a tué, il a juste trahi parce que ses valeurs morales n'étaient plus en adéquations avec celles de la mafia actuelle (et pour sauver sa peau).
Et donc à aucun moment sa vie de mafieux ne fait envie. On ne voit pas la vie luxueuse, on ne voit qu'un homme qui tente de s'en sortir alors que tout le monde veut sa peau.
Finalement pour ça le film est à rapprocher peut-être de The Irishman sur l'envers du décor de la mafia, avec beaucoup moins de strass et de paillettes que dans d'autres films. Il faut noter que je préfère mille fois le maquillage de ce film au rajeunissement numérique, c'est bien moins gênant.
Si certes le film est moins violent et radical que Gomorra il dépeint malgré tout ce milieu violent, désespéré où rien n'est jamais oublié ou pardonné.
Il faut également noter que le film est étonnamment compréhensible même pour des gens comme moi qui ne connaissaient rien de toute cette sinistre affaire au départ. Je note juste que l'on n'insiste pas forcément tant que ça sur l'importance des révélations de Buscetta sur l'organisation de la mafia. Si j'ai bien compris en réalité à l'époque lorsque Buscetta révèle ça à Falcone celui-ci n'en avait aucune idée.
A voir absolument. Un excellent film sur une période sombre, mais finalement assez récente, de la Sicile. En complément, on peut aussi voire un excellent documentaires en deux parties qui a récemment été diffusé sur Arte.
Ce film sur les procès du juge Falcone contre la mafia sicilienne est spectaculaire. Cette période importante de l'histoire italienne est traitée sans concession avec des scènes d'une violence physique ou psychologique forte. On pourra toutefois regretter le regard trop bienveillant que porte Marco Bellocchio (lol) sur son repenti. Eprouver de la compassion pour un mafieux est tout de même dérangeant. Il n'y a pas le rythme et la finesse des "Affranchis" de Scorcese mais le film mérite d'être vu.
Le film de 2h30 évolue à plusieurs vitesses sans avoir de découpes équilibrées mais sans être déséquilibré. Beaucoup de personnages qui sont plus ou moins présentés avec des ellipses temporelles qui nous perdent si on ne suit pas attentivement le fil conducteur du scénario : La "repentance" d'un ancien de chez Cosa-Nostra, ou plutôt le désarroi d'un ancien de chez Cosa-Nostra qui voit des chefaillons se guerroyer au début des 80s et trucider tous ceux plus ou moins proches qui ne sont pas de leur "paroisse", et qui décide, au principe des valeurs d'honneur initiales d'allégeance, de faire s'écrouler plus vite le chateau de cartes qui implose. C'est alors un mélange de BioPic, de semi-documentaire, de violence crue, d'enquête judiciaire, de triste réalité, de recherche de renouveau et de résilience. Tout ce mélange peut fatiguer et sembler brouillon mais il en ressort une puissance et une force. Le Monde avance en clair obscur. Personne n'est parfait et tout le monde flirte plus ou moins avec la légalité. La Mafia a beaucoup de crimes à son actif mais a également fait vivre beaucoup de familles abandonnées par l'État. Ça aurait pu être une leçon de cinéma mais trouver le juste équilibré de la multitude de style est périlleux. On finit par applaudir le courage de ces hommes ayant des valeurs tournées majoritairement vers le Bien même s'ils se sont occasionnellement accoquinés avec le Mal et ont du sang sur les mains sur le simple fait de respecter le contrat qui leur a été assigné sans se poser la question de sa pertinence.
L'histoire complexe de la mafia sicilienne des années 70-80 avec comme point d'orgue le maxi procès de Palerme contre Cosa nostra raconté à partir de la vie de Tommaso Buscetta est une excellente idée. Le film est palpitant et l’interprétation de Pierfrancesco Favino est absolument magistrale.
Tommaso Buscetta, celui qui fit voler en éclat Cosa Nostra dans les 80’s et 90’s, méritait bien un film. Tout le monde se souvient des deux grands moments qui marquèrent ces années noires parsemées de meurtres et de règlement de compte par centaines : le maxi-procès des cadres de l’organisation mafieuse dans ce tribunal hors norme équipé de cages pour les inculpés ET l’attentat spectaculaire du Juge Falcone sur un autoroute sicilien. Au cœur de ces événements, deux hommes phares ; celui qui décida de faire tomber l’organisation (Buscetta) ET l’étoile montante corléonaise sans foi ni loi Toto Riina. Marco Bellochio en se concentrant sur le premier et en laissant dans la pénombre le second choisit de démystifier l’image romantique de la mafia que l’on se plait à idéaliser en regardant la superbe trilogie de Coppola, « Le Parrain ». L’italien se démarque ici des réalisateurs italo américain ayant traité par le passé le sujet mafieux : Coppola, Scorcese, De Palma,… Et pourtant au combien son ouverture autour d’une fête mafieuse luxueuse sur les hauteurs de Palerme ressemble à si méprendre à la scène du mariage du « Parrain 1 ». Cette séquence se termine par une photo aux sourires crispés et par un feu d’artifice annonciateur de la déflagration d’un système à venir. Et là Bellochio nous montre un Buscetta en retrait soit à travers une fenêtre ou une porte entrouverte observés complots et négociations allés bon train ; une mise en scène témoignant qu’il a déjà un pied dedans et l’autre dehors d’une organisation dont il ne reconnait plus les valeurs. Et le film va s’attacher durant 2h20 à cela, comment évolue la mafia et qu’est ce qui fait un homme d’honneur. Bellochio réussit un sacré tour de force en restant hyper fidèle à ce qu’était Buscetta, un homme d’honneur et non repenti. De fait, il désolidarise la question de l’aveu de celle de la repentance. Buscetta livrant ses anciens collègues par fidélité au premier code d’honneur de Cosa Nostra. Il incarne ainsi un personnage tiraillé entre sa collaboration avec le système judiciaire et sa fidélité à une mafia traditionnelle fantasmée. Et là les échanges entre Falcone et Buscetta sont de hautes volées. Buscetta ne se verra jamais comme une balance et ni comme un repenti ; ce film nous plonge dans la psyché complexe de ce personnage mais de tous ces mafieux aux références entre bien et mal perverti par des années de mafia. Après Bellochio reste dans une fracture très classique avec des ellipses académiques mais bien construites. Volontaire ou non, nous ne comprendrons pas tout dans un film centré autour des moments clés de la mise à mort d’un système. Le documentaire de Mosco Levi Boucault nommé « Corléone » bien plus complet est alors un bon complément à un film qui manque d’un petit supplément d’âme. tout-un-cinema.blogspot.com
"Il Traditore" est une formidable réussite signée Marco Bellocchio, sans doute l'un des cinéastes italiens les plus sous-estimés. Le film revient sur l'un des sujets italiens marquants des années 1980 : le cas Tommaso Buscetta, connu pour être le premier à avoir parlé et bénéficié du statut de repenti. Il fallait en effet toute la maestria de Bellocchio pour s'emparer d'un sujet aussi complexe. Au-delà de la situation désespérante ainsi que la détresse de nombre de familles, le cinéaste expose la plupart des problématiques liées au contexte avec une précision d'orfèvre. Certains arguerons sur la confrontation insuffisamment développée avec le juge Falcone ; nous pensons qu'elle comporte au contraire tout ce qu'il faut de sobriété et de pertinence. Là où le cinéaste frappe fort, c'est également dans la variation des champs dramatiques. On relèvera ainsi une teinte burlesque bienvenue au moments de ces gigantesques et improbables procès. Pierfrancesco Favino signe l'une des compositions les plus marquantes de l'année. Passionnant.
des petits relents du parrain...notamment la scène du mariage au début..ainsi que es mètres, mais qui bascule vite dans une dimension plus "justice" avec un ôte documentaire..tout à fait étonnant.cela reste remarquablement réalisé..surtout des plans séquences..et des flash backs parfaits. superbe
Mise en scène époustouflante, Pierfrancesco Favino est tellement Buscetta, c'est incroyable ! On est dans sa tête tt le long du film. Les scènes au tribunal sont tellement théâtrales. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas accroché et surtt autant eu envie de voir un film. Pour moi c'est le film de l'année. Et Favino un des meilleurs acteurs au monde,mais je n'ai pas eu besoin de ce film pour le savoir, c'est juste la confirmation d'une intime conviction. A voir et à revoir
Marco Bellocchio sonde à nouveau la société italienne en évoquant cette fois-ci la Mafia. Mise en scène et interprétation magistrales ! Le portrait de Buscetta est très nuancé. Très grand film !
Un film inégal est très long. Certaines scènes sont prenantes, notamment celles du procès. Mais on a souvent l'impression d'être devant un documentaire.