Le Traître
Note moyenne
4,1
3451 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

229 critiques spectateurs

5
32 critiques
4
110 critiques
3
67 critiques
2
10 critiques
1
8 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Barry.L
Barry.L

37 abonnés 136 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 novembre 2019
Quelle année ! Après une année 2018 assez terne en cinéma, 2019 enchaîne les grands films. Il n’y a qu’à comparer les deux éditions cannoises. Là où la sélection 2018 n’avait rien de bien passionnant (à part une nouvelle fois les Asiatiques avec Kore-Eda et son ‘’Affaire de famille’’ et Lee Chang-dong et son ‘’Burning’’), la sélection 2019 était riche en films de qualités. Une année qui fait la part belle au cinéma de genre. Car deux des meilleurs films de la compétitions : la palme ‘’Parasite’’ et ‘’Le traître’’ s’apparentent tous les deux à deux types de polar différents : là où le premier s’apparente au thriller horrifique, le second est un pur film de gangster et de procès. On ne peut que se réjouir de voir de grands metteurs en scène faire triompher le cinéma de genre en 2019. mais qu’en est-il donc de ce traître ?

L’action se passe d’abord à Parme au début des années 80. la Cosa Nostra règne en maître. Mais au sein de celle-ci, une famille, les Corléonais va réussir à s’imposer et fait alors massacrer ses opposants. Tommaso Buscetta, membre de cette mafia, accepte de livrer les grands noms qui dominent Cosa Nostra à l’incorruptible juge Falcone pour protéger sa famille.

Ça commence en effet comme un grand film de gangsters avec les codes que l’on connaît. Mais cette partie là, Bellochio semble vouloir vite l’évacuer pour se concentrer uniquement sur son personnage principal. De fait, cela explique l’irruption quasi-immédiate dans le film de la violence. Le début du film, c’est un ‘’Parrain’’ en bien plus rapide, en bien plus expédié. Tout s’ouvre d’abord sur une scène de fête où tous les mafieux sont réunis. Beaucoup de personnages peuplent ce film, mais peu importe : Bellochio par la suite, en conteur hors pair ne perdra jamais le spectateur dans ce dédale pourtant très complexe d’intrigues, de manigances et de machinations. Bien entendu, comme dans tous les films de gangsters, cette fête est illusoire et ne peut cacher plus longtemps les terribles actes de cette organisation. La violence va très vite nous engloutir avec une série de séquences aussi dures que virtuoses. Le boss de Parme décide de faire assassiner tout ceux qui peuvent le gêner. Là encore, cette série de scènes (qui d’habitude a lieu plus tard dans ce genre de films) arrive de façon fracassante au début du film. Mais la violence extrême de ces moments est décuplée via une simple mais efficace idée de réalisation : un compteur de secondes qui n’apparaît ‘’que’’ pendant les meurtres. Dès lors, le spectateur redoute l’apparition de ce compteur car Bellochio filme de manière crû ces meurtres. Cela ne l’empêche pas de sublimer sa mise en scène à travers de beaux clairs obscurs. Après ces meurtres, la tension très vite amené, ne faiblit pas. Buscetta fuit au Brésil mais est retrouvé et extradé.

Commence alors, de retour en Italie la deuxième partie du film. On serait tenter d’y voir une quête rédemptrice : Buscetta va grimper dans notre estime à mesure que l’on découvre la pourriture qu’il dénonce. Mais, on le verra, le mot rédemption et même le terme de repenti ne sont pas pertinents pour dresser le profil de Buscetta. La décadence est toujours au coeur de cette deuxième partie, plus bavarde. Bellochio dresse une brochette de gangsters qui n’ont plus rien à voir avec les personnages victimes du destin dans ‘’Le Parrain’’ : il n’y a plus chez les accusés cette ‘’grandeur’’ dans la saloperie que l’on pouvait trouver chez d’autres gangsters. Non, Bellochio se dirige volontiers vers la commedia dell’arte et la bouffonnerie italienne pour décrire toute la vulgarité de ce monde débauché qui se croit au dessus des lois. Ce qui ne l’empêche pas paradoxalement d’adopter par moment une élégance toute viscontienne (période ‘’Les damnés’’) pour montrer qu’une page se tourne dans un milieu en pleine décadence dégénérescente. Une partie plus bavarde certes mais totalement incarnée et qui ne s’éloigne pas de l’extrême violence qui semble dorénavant permanente. Les meurtres qui peuplent cette deuxième partie sont plus rares : la terreur inspirée par leur représentation n’en est que plus amplifié. spoiler: Entre l’explosion de la voiture de Falcone (vertigineuse scène où la caméra reste à l’intérieur de la voiture) et les horribles scènes de strangulation des fils de Buscetta, la violence semble aussi être dans la rue. Une rue où le peuple manifeste pour défendre les condamnés qui leur offrent du travail (on peut lire sur une pancarte : ‘’mafia = travail’’).


Mais le milieu mafieux sert souvent de prétexte pour sonder la noirceur de la nature humaine. Des films où un homme comme tout le monde devient un monstre de pouvoir, ça on connaît. A l’inverse, des films sur la rédemption d’un homme qui au départ était malfaisant, ça aussi, on en a vu. Non, le brio de Bellochio s’illustre à travers le portrait de Buscetta qui non seulement n’est pas manichéen, mais en plus, dépasse même la question du bien et du mal. Bien entendu, il y a un héros dans le film (pas au sens de personnage principal) : Falcone. spoiler: Grande figure de la justice, incorruptible, Falcone deviendra un martyre dont la mort décuplera la volonté de Buscetta de dénoncer les membres de Cosa Nostra
. Et des ‘’méchants’’ aussi, il y en a. Dans la grande tradition des films de procès sur la mafia, les accusés sont des êtres détestables, que Bellochio déshumanise en les comparant à des tigres blancs, puis à des hyènes (qui se rient de la justice). Mais ces protagonistes, aussi intéressant soient-ils, on les a déjà vu. Pas Buscetta, personnage passionnant qu’on a finalement assez peu croisé au cinéma. Il y a la première vision, classique que peut avoir le spectateur sur cet homme. Buscetta semble dans un premier temps dénoncer des membres désormais incontrôlable pour protéger sa famille. Ce simple sentiment suffit en partie à sauver le personnage, spoiler: lequel tiendra difficilement le choc en apprenant les circonstances exactes et épouvantables de la mort de ses deux fils (le personnage est aussi rongé par la culpabilité de ne pas avoir forcer ses deux fils à l’accompagner au Brésil)
. Il y a la deuxième vision, toujours assez répandu dans ce type de film. Il s’agit ainsi d’explorer les liens très forts qui peuvent exister entre le justicier et le gangster. Cette question a déjà offert pleins de films (en vrac ‘’Heat’’ de Michael Mann ou encore ‘’American Gangster’’ de Ridley Scott). Si Bellochio n’en fait pas le coeur de son film, la relation Buscetta/ Falcone est bel et bien explorée. Ceux sont deux être opiniâtres, qui savent à quoi ils s’attaquent. Deux hommes qui finissent par s’estimer et se respecter, tant ils sont peut-être les derniers hommes d’honneur qui peuplent ce film. Deux hommes enfin qui, s’ils risquent leur vie, compte bien mourir tranquillement et paisiblement dans leur lit spoiler: (la vie a ceci de romanesque que les bons ne triomphent pas toujours et que les moins bons peuvent survivre : c’est ce qui se passera, Falcone périra rapidement tandis que Buscetta s’éteindra calmement)
. Mais à cette vision vient s’ajouter une troisième vision du personnage (oui, Buscetta est probablement l’un des protagonistes les plus intéressant que le cinéma nous ait offert en 2019). cette vision nous empêche d’avoir une opinion définitive sur cet homme. Certes, le personnage devient un héros en brisant l’omerta. Certes, Bellochio nous le rend sympathique. Mais au fond, quelles sont ses intentions réelles ? La réponse, Bellochio nous la délivre au détour d’un dialogue entre Buscetta et Falcone. Buscetta ne se prend pas pour un traître. Se considérant lui-même comme un simple soldat, Buscetta s’en prend à ceux qui, selon lui ont vraiment trahi Cosa Nostra. Dès lors, le personnage, pourtant très humain prend une dimension quasi-mythique. Tel Némésis, Buscetta s’attaque à ses supérieurs et dénonce leur hybris et leur démesure. C’est la raison pour laquelle il se refuse le titre de repenti : pour lui, ceux ne sont pas les hommes comme Falcone qui sont responsables du déclin de Cosa Nostra, mais bien les leaders actuels de celle-ci, opportunistes et assoiffés de pouvoir. Si, sur le fond, Falcone a raison quand il dit que la bonne mafia n’existe pas, Buscetta défend l’idée d’une Cosa Nostra unie, ou chacun doit se mettre au service de cette organisation. Organisation qui ne doit pas servir de tremplin à des fous furieux pour accéder au pouvoir. Parmi ses adversaires, on trouve notamment Toto Riina (dit ‘’le fauve’’), homme sans foi ni loi, trahissant et assassinant à tout va. spoiler: Le plan final à lui seul montre bien que Buscetta n’est rien d’autre que l’incarnation d’une mafia ‘’à l’ancienne’’, qui avec l’arrivée au pouvoir des Corléonais est enclin à disparaître. ‘’Cosa Nostra est patiente’’ dit Buscetta dans le film. Quand Buscetta, des décennies plus tard parvient à abattre l’homme qu’on lui avait ordonné d’abattre lors de sa jeunesse,
le spectateur comprend définitivement que Buscetta est Cosa Nostra. A ce titre, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre Buscetta et l’oncle Teng, personnage présent dans le magistral diptyque ‘’Election’’ de Johnnie To, sur les triades hong-kongaises. Les deux hommes se dévouent tout entier à la cause de leur organisation mafieuse et détestent par dessus tout voir émerger une quelconque individualité au sein de la mafia. Deux ‘’idéalistes’’ de la mafia qui ne pourront finalement rien pour empêcher des monstres de pouvoir d’occuper les plus hautes places et trahirent tous leurs idéaux. Leur échec à maintenir un semblant de noblesse dans leur organisation respective ( spoiler: Buscetta va vivre aux Etats-Unis tandis que Teng est assassiné par un assoiffé du pouvoir
) lient indirectement dans ce qu’ils décrivent ‘’Election’’ et ‘’Le traître’’ : le chant du cygne d’un pouvoir mafieux, trop déchiré en son sein pour durer. C’est bien connu, une mafia a plus tendance à se détruire de l’intérieur que de l’extérieur. En ce sens, Buscetta est l’un des derniers romantiques de Cosa Nostra face à une bande de dégénérés.

‘’Les traîtres’’ aurait donc été un titre plus approprié que ‘’Le traître’’ tant les responsables de Cosa Nostra et leur comportement sont bien ceux qui ont causé la ruine de Cosa Nostra. Bellochio réalise un film qui n’a pas à rougir de Coppola ni de Visconti. On peut se demander comment le Jury de Cannes a-t-il pu oublier le film. Lequel aurait mérité n’importe quel prix (un palmarès avec ‘’Parasite’’ comme Palme et ‘’Le traître’’ comme Grand Prix aurait eu bien plus de gueule).
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 novembre 2019
Excellent film. Les acteurs sont tellement juste notamment Pierfrancesco Favino qui joue le rôle principal, qu'on a presque l'impression de regarder un documentaire. C'est aussi un film sur les mafieux qui a décidé de prendre le contre pied du genre en suivant celui qui a collaboré avec la justice; le "traître". Et c'est ce qui fait l'originalité de ce film.
Mention spéciale à la prise de vue étonnante et aux effets spéciaux dans la scène de la voiture, je n'en dirai pas plus.
Xavi_de_Paris

364 abonnés 2 856 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 novembre 2019
Un film de haute facture, porté par une interprétation à la hauteur et une mise en scène exceptionnelle. L'histoire de ce repenti est passionnante, et prend aux tripes de la première à la dernière minute. Même si "Le traître" répond en tous points aux films habituels de mafia, celui-ci se dégage néanmoins, grâce à une mise en scène habile, de l'intensité dans le récit, et des dialogues et situations pour le moins surprenants. J'ai en tout cas adoré de bout en bout.
eliacam
eliacam

24 abonnés 231 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2019
Un sujet délicat, une bonne maîtrise de la mise en scène, un découpage en flash backs, de bons acteurs ... un gros regret toutefois, le film n'explique pas comment et encore moins pourquoi Buschetta est devenu repenti ... qu'est ce qui le fait trahir et devenir un traitre ... vraiment dommage que le film n'explore pas ce moment où il décide de passer de l'autre côté ...
marimé
marimé

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 novembre 2019
J'avais peur d'un film très violent d'après la bande annonce et donc j'allais voir ce film sans entrain. J'ai donc été agréablement surprise par, d'abord et avant tout, les acteurs qui sont plus vrais que nature. L'histoire, on la connaît mais jamais assez et un petit rappel est toujours bon. On est complètement plongé au cœur du sujet. Et la scène de l'attentat contre le juge Falcone m'a scotchée à mon siège et pourtant, pas une goutte de sang ! Belle réalisation !
Allez donc voir ce film
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 20 novembre 2019
Tellement déçu, tellement pauvre, tellement lisse après avoir vu le sensationnel documentaire d'arte
Pauline R
Pauline R

2 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 novembre 2019
Du grand Marco Bellocchio dans ce film sur la Cosa Nostra. Un Pierfrancesco Favino remarquable dans son rôle principal de Tommaso Buscetta dit "le traître". Il dégage à la fois un charisme, une élégance et une l'hostilité envers le spectateur qui nous plonge directement dans sa peau en nous faisant totalement oublier sa qualité première de mafieux. Nous pouvons reprocher cette compassion affirmée pour le personnage à Bellocchio mais nous pouvons aussi l'en féliciter puisqu'il nous fait penser comme lui, devenir Buscetta le temps du film. spoiler: Toutes les scènes du tribunal auraient pu être ennuyantes mais le réalisateurs les a rendues magiques.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 novembre 2019
Marco Bellocchio a choisi un sujet passionnant, et livre un film qui ne l’est pas moins. La mafia, ou plutôt Cosa Nostra, comme il l’est rappelé dans le film, exerce un pouvoir de fascination important ; c’est encore en partie le cas, mais on est cette fois dans la relation d'événements réels, et c’est cela qui est passionnant. Ce « biopic » de Tommaso Buscetta est un vrai cours d’histoire contemporaine, raconté avec efficacité et suspense, intéressant de bout en bout, et qui aborde des aspects moins « habituels » du genre, comme cette forme d’enracinement de la mafia dans le tissu social Sicilien. La réalisation est au service du sujet, sans effets ni génie.
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 novembre 2019
« Le traitre » de Marco Bellocchio raconte l’histoire de Tommasso Buscetta, un mafieux sicilien qui du fait d’une guerre entre les différents clans de la Casa Nostra aboutissant à de nombreux règlements de comptes dont 2 de ses frères, a choisi de partir à Rio de Janeiro … où il continue d’exercer son commerce et devient « le boss des 2 mondes » entre la Sicile et l’Amérique du Sud. Suite à un mandat d’arrêt international, il est arrêté et extradé en Italie où il va rencontrer le juge Falcone et devenir « non pas un repenti mais un homme d’honneur estimant que c’est la Casa Nostra qui a failli aux règles de l’honneur en tuant ses frères » !
Ce film est intéressant car il montre l’immense travail de fourmi qu’a dû fournir le juge Falcone pour aboutir au Maxi-Procès qui s'est tenu en Sicile de février 1986 à décembre 1987 et au cours duquel 475 mafieux ont été condamnés ! Le juge Falcone en sera d’ailleurs aussi une victime puisque assassiné à Palerme en mai 1992.
A mon sens ce film est trop long (2 h 31 min) et il insiste trop de façon quasi-documentaire (avec d’ailleurs des extraits d’archives) sur les procès avec toutes les injures entre les différents clans d’accusés et les juges … alors qu’il ne développe pas assez le lien de confiance qui s’est créé entre Buscetta et Falcone au point que le Mafieux « trahisse » son clan même s’il y a eu un compromis faisant que Buscetta repartira en Amérique, toujours hyperprotégé mais toujours aussi aux aguets, et finira par mourir de sa belle mort à l’âge de 71 ans !
Dommage car on aurait aimé en savoir plus sur cet accord entre 2 hommes radicalement opposés, mais que symbolise une poignée de mains.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 novembre 2019
Du très bon cinéma. Un film qui renoue avec les grands films italiens d'hier. Seuls les Italiens pouvaient nous livrer ce récit, nous livrer cette chronologie, cette truculence des avocats. La scène de l'attentat contre le juge Falcone restera un moment d'anthologie je pense. Les acteurs sont tous excellents. On ne voit pas le temps passer, malgré la longueur du film. Un très bon film, à voir.
Danielle G
Danielle G

14 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 novembre 2019
une très bonne adaptation de la réalité. les acteurs sont crédibles dans leur rôle respectif. on salue le courage pour faire tomber la mafia.
gjolivier1982
gjolivier1982

70 abonnés 330 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 18 novembre 2019
Il est très mauvais genre de critiquer les films de Cannes encensés par la presse, et pourtant.... On est très loin des classiques du genre. C'est long, ennuyeux, peu clair et c'est d'une laideur plastique hallucinante. Et s'il est vrai que le style années 70 est bien rendu, l'absence de lumière dans la plupart des scènes finit par devenir insupportable.
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 novembre 2019
Sincèrement, cette note me peine presque. Parce que « Le Traître », c'est quand même un bon film. À 80 ans, Marco Bellocchio confirme qu'il n'a rien perdu de sa maîtrise et a peu d'égal aujourd'hui pour s'emparer de l'Histoire de son pays à travers des périodes, des événements le caractérisant au plus haut point, en l'occurrence le premier « repenti » de la Cosa Nostra, à travers un récit fleuve se déroulant sur plus de deux décennies. Pas mal de scènes et de moments forts, filmés avec beaucoup de précision, le cinéaste montrant une vraie capacité à imaginer des situations, des décors, des « personnages » ayant manifestement beaucoup d'allure et de personnalité, confortés par l'écriture très précise des dialogues. Enfin, celui-ci peut compter sur une interprétation de premier ordre, l'excellent Pierfrancisco Favino en tête, entouré par de vraies gueules de cinéma, pas loin d'évoquer un certain âge d'or italien, notamment lors de cette scène assez dingue du Maxi-Procès, où l'auteur des « Poings dans les poches » se rappelle aux plus belles heures de Francesco Rosi ou Elio Petri. Malheureusement, certains aspects m'empêchent d'être vraiment enthousiaste. D'abord, même si la dimension « fresque » historique pourrait les justifier, 2h30, c'est vraiment long. Difficile d'échapper à l'impression de répétition, et sans que certaines séquences soient réellement inutiles (quoique), on a plusieurs fois l'impression que cela va se terminer, pour finalement continuer, parfois longuement. Plusieurs passages semblent s'étirer ad vitam aeternam, au point de frôler l'ennui. Également trop de personnages, si bien qu'on a souvent du mal à les identifier, à se souvenir de leur rôle précis au sein de l'organisation, la relation qu'ils avaient avec Buscetta... Si Bellocchio a la science de la mise en scène, je suis moins convaincu par sa science du récit, cette complexité, aussi virtuose soit-elle, nous perdant à plusieurs reprises, me demandant parfois un réel effort de concentration sur le pourquoi du comment. Maintenant, il y a de l'ampleur. Cette absence de linéarité, ce retour à une dimension éminemment politique dans un pays qui a sans doute eu le plus grand cinéma dans ce domaine est à saluer. Une œuvre de qualité, à laquelle on peut ne pas être sensible par son approche scénaristique et son caractère presque nébuleux dans sa profusion de protagonistes difficilement discernables, mais ayant le grand mérite d'offrir un spectacle digne de ce nom et quelques scènes de premier ordre : de quoi justifier le détour.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 18 novembre 2019
Il ne se passe rien... aucun rythme des longueurs...
c est un simple procès aucun intérêt
Beaucoup trop de personnages on s'emmêle
Kevin dioles
Kevin dioles

78 abonnés 780 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2019
LE TRAITRE, est la véritable histoire de Tommaso Buscettea, un haut ponte de la mafia Sicilienne. Suite à des règlements de comptes meurtriers entre famille du milieu, cet homme se laissera arrêter par les autorités Brésilienne, pays ou il a fuit. Extradé, et face aux questions du juge Falcone, il nous livrera son vécu à l'intérieur de cette violence et fera trembler l'organigramme de la Costa Nostra ( la mafia ) Dans le tribunal, l'homme assume ses propos, ne baisse jamais la tête devant les injures que lui crachent ses anciens acolytes, ses ennemis, des traitres parqués dans des cages aux vitres blindées au fond de la salle. Mais comment tous ces mafieux peuvent ils vivre? Sachant qu'à la moindre faute, ils seront descendus et enverront des membres innocents de leur propre famille à une mort certaine. Durant le procès, derrière leurs épaisses lunettes noires, derriere leurs cigares, ces personnes arrogantes et sans scrupules,nous confessent le sens de l'honneur, dans leur bouche ça sonne bien, ça fait gentille gros dur, ça fait gros caid, mais tellement bouffon face à ce que dénonce ce long-métrage. Je tiens à saluer l'acteur Pierfrancesco Favino, impérial dans le role de Buscetta. Une réalisation bien menée, intense, qui pointe du doigt ce milieu de faux amis.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse