Le Quai des brumes
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Xavier D
Xavier D

85 abonnés 1 161 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juillet 2021
Entre le verbe de prévert et le talent de Gabin, de Morgan, de Simon, de Brasseur, le cinéma de carné est un régale cinématographique. Un film d'entre deux guerre, qui allait connaître la deuxième guerre mondiale, et dont le sentiment est plus que triste. Il ne faut pas grand chose pour faire un grand film. Et avec de l'humour, de l'émotion et une bonne interprétation, ça passe très bien !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 5 juin 2017
Tout juste après avoir vu « Drôle de drames » dans les salles, Jean Gabin était décidé de jouer pour le prochain Marcel Carné. Alors lié à l’UFA (société de production allemande très influente), l’acteur de « Pépé le Moko » fit tout pour que « Le quai des brumes » puisse sortir. Et ce, face à des productions très hésitantes et à des problèmes de censure en cette période de fin des années 1930. Merci pour votre détermination Monsieur Gabin !
Synopsis : de nuit, un déserteur arrive au Havre pour partir vers de nouveaux horizons. Sur place, il tombe amoureux de Nelly et prolonge ainsi son séjour… .
Adapté du roman éponyme de Pierre Mac Orlan (écrivain influent du début du vingtième siècle), « Le quai des brumes », version Prévert donc, se caractérise par une atmosphère vicieuse et délétère au possible. Musique au diapason de Maurice Jaubert (compositeur carnéen), jeu d’acteurs époustouflant, costumes, décors d’Alexandre Trauner (collaborateur fétiche de Carné, il travaillera ensuite pour Welles, Wilder, John Huston, Besson), dialogues et mise en scène en N&B par le réalisateur de « Hôtel du Nord » concourent en cette ambiance noire et poisseuse et à la mise en abîme de la société et du pays alors représenté par le Front Populaire. Dénué de sens moral, « Le quai des brumes » se voit aussi par l’absence de repère de nos deux ‘héros’. D’un côté, on a le déserteur Jean Gabin au passé trouble, de l’autre, Nelly (excellente Michèle Morgan), orpheline battue par son tuteur (énormissime Michel Simon) instaurant d’obscures règles de vie.
Vous l’aurez compris, ce troisième film de Marcel Carné n’est pas une comédie jouissive mais plutôt un réquisitoire contre le gouvernement communiste et les valeurs traditionnelles, ici très nettement bafouées. Depuis quand un militaire déserte l’armée ? Ici, Carné se penche donc sur le traumatisme de la guerre (du jamais vu en 1938 !) et préfigure les « Rambo », « Voyage au bout de l’enfer », « Apocalypse now ». Dans un cinéma classique, considéré par les critiques d’époque de réalisme poétique, on trouve donc les sujets qui ont marqué le Nouvel Hollywood (blessures de guerre, paranoïa, folie...). Marcel Carné est donc un précurseur sans le savoir. Bingo !
Pour rester sur « Le quai des brumes », nous avons donc un Jean Gabin (futur ‘Président’, ‘Sicilien’…) torturé, Michèle Morgan (18 ans, dans son tout premier rôle !!) lumineuse et merveilleusement habillée par Coco Chanel, Michel Simon (véritable ogre de cinéma : « La chienne », « La poison », « Le train »…) excellentissime dans son rôle de père fouettard ingrat, en somme la quintessence des acteurs du moments, qui plus est, de véritables gueules d’époque : Edouard Delmont, Robert Le Vigan, Raimond Aimos (voir leur filmographie pour s’en assurer).
Et puis comment éviter Jacques Prévert, le scénariste et dialoguiste de l’audacieux et téméraire Carné ? Ici, une phrase mythique (« T’as d’beaux yeux, tu sais »), prononcé par la voix de Gabin suffit à Prévert de rentrer dans le panthéon du cinéma. Et puis d’ajouter aussi toute la poésie des dialogues mitonnés par le scénariste du « Roi et l’oiseau ».
Décidément, « Le Quai des brumes » (1938), concocté par un véritable maître de cinéma, n’en finit pas de réjouir, de rendre les salles encore plus obscures que jamais. Chef d’œuvre et Prix Louis Delluc 1939 (pour Carné) toujours mérité !
Pour une culture cinématographique complète. 2 étoiles sur 4.
Spectateurs, spectatrices, si vous avez des yeux bleus, le brouillard se chargera de vous !
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

96 abonnés 4 408 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 décembre 2023
D'abord, il y a la symbolique du décor; le port du Havre contient tout autant l'idée de partance que celle d'un prolétariat que Carné nous montre usé, démoralisé (ce en quoi le film fera l'objet d'accusations de défaitisme).
Dans la cabane du vieux Panama (Edouard Delmont, échappé de chez Pagnol), les personnages qui s'y retrouvent sont des hommes en bout de course, désabusés. Parmi eux, de passage seulement, Jean Gabin le déserteur semble moins résigné qu'en colère, en rogne contre les hommes. Il rencontre au Havre une jeune fille, incarnation de l'innocence menacée et méprisée, avec qui il entrevoit une histoire d'amour, peut-être une renaissance. C'est sans compter avec les méchants de tout bord, en l'occurence deux tristes figures (Pierre Brasseur en petite frappe et Michel Simon en commerçant libidineux).
Ainsi sont les personnages du film-phare de Carné-Prévert-Trauner et du réalisme poétque (d'après une roman de Pierre Mac Orlan): ou abattus ou crapules (et encore, ces derniers le sont surtout par faiblesse, en lâches ou en amoureux éconduits), tous accablés par la vie ou le destin. Ils sont tous des personnages attachants, pathétiques parfois, et leur histoire, dans l'esthétisme brumeux d'un port, se confond avec une vision pessimiste de l'humanité. Le film est une oeuvre collective inégalable, où les comédiens et les auteurs se montrent admirables.
P.  de Melun
P. de Melun

81 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 janvier 2024
Un des grands classiques du cinéma français, « Quai des brumes » offre une atmosphère sombre et quasi irréelle dans laquelle se rencontrent deux gamins magnifiques pour devenir amants. Cet amour impossible entre Jean (Jean Gabin) et Nelly (Michèle Morgan) s’inscrit dans une destinée tragique à laquelle ils ne pourront échapper. La misère économique, sociale et psychologique est largement amplifiée par un noir et blanc classieux, flou à certains passages, donnant une touche mystérieuse et inquiétante au drame. Michel Simon et Pierre Brasseur sont remarquables dans leurs rôles respectifs avec des dialogues de Prévert. Le bar de la dernière chance, sorte de no man's land pour les paumés en tout genre apporte une touche funeste à tous ces rejetés de la société. Le scénario est quelque peu simpliste et la fin expédiée comme beaucoup de films à cette époque mais l’œuvre restera encore longtemps dans le patrimoine cinématographique.
Jipis
Jipis

45 abonnés 360 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juillet 2012
« Quai des brumes » œuvre pathétique de fin de parcours regroupe dans un microcosme grisaillant toute la tautologie du défaitisme.

Du verbe résigné à la pause statique une faune locale comprimée par une mer infranchissable s'entretient par le rhum, le mal de vivre, la lâcheté, la convoitise et l'envie d'un ailleurs sous la voute d'un soleil absent perpétuellement recouvert d'une mer de nuages.

Les connexions sont méprisantes, acerbes, violentes, désabusées. Les conversations sont courtes, les poings s'activent après quelques phrases. Ces esprits rongés par la démotivation et la haine se provoquent sur une terre lugubre émiettée par une noirceur tenace.

Cette ouvre pénible, pessimiste est d'un esthétisme douloureux, extrêmement travaillé dans son amertume envers la scoumoune privant quelques marginaux des saveurs d'un monde équilibré.

Son message s'avère néanmoins dangereux sur l'impact négatif qu'elle transporte à travers les âges.

Le contenu volontairement désagrégé d'un environnement en miettes se répand en lamentations et révoltes incessantes faisant de ses composants une meute effondrée et revancharde en alternance.

Toute cette gâche humaine nauséabonde regroupée en bord de mer marquée par le destin envahit la toile de ses tourments dans des situations presque fantomatiques faisant de l'homme une machine à ruer ou un geindre.

A voir plus comme un exercice de style en ignorant impérativement son aspect n'incitant qu'a en finir.

Le cinéma de Marcel Carné n'incite pas des personnages auto-suicidaires à sortir de leurs gonds devant l'adversité mais plutôt d'entretenir par une prose adéquate leurs lentes descentes vers le néant.
Alolfer
Alolfer

184 abonnés 1 814 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2023
Jean Gabin dans chacun de ses films, rajoute un moment de "charisme" ! Bon film et bonne histoire malgré le fait que le film est un mal vieilli
soulman
soulman

141 abonnés 1 423 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 janvier 2017
Le film de Carné reste un incontournable du cinéma français, magnifiquement photographié et mis en scène. Gabin, intense, y croise les géniaux Le Vigan et Michel Simon, le jeune Pierre Brasseur, formidable dans le rôle d'un chef de bande veule, mais aussi Aimos, Delmont, Génin...et l'inoubliable Michèle Morgan dans son premier grand rôle, celui qui lui collera à la peau jusqu'à sa disparition. Les scènes entre les deux amants gardent une force presque surréelle et ce beau couple reste parmi les plus attachants de l'histoire de cet art, aux côtés de Bogart et Bergman, de Signoret et Reggiani...
Jo D
Jo D

33 abonnés 134 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 septembre 2012
Je suis loin d'avoir fait le tour des 36500 communes qui composent notre pays, mais ce qui est sûr c'est que Le Havre ne fait pas partie des plus belles et des plus euphorisantes. C'est certain que cette ville se fond très bien dans cette ambiance brumeuse et ténébreuse que nous fait ressentir ce film, mais personnellement je trouve qu'elle est pour beaucoup dans le côté fade que peut dégager cette oeuvre . Beaucoup parle de celle-ci comme un chef d'oeuvre, pour ma part je trouve cette définition bien au delà que ce que j'ai pu voir.
Gabin est extraordinaire, comme d'habitude en fait, et Michèle Morgan est totalement sublime. Par contre, étonnamment j'ai trouvé Michel Simon complètement en dedans, bien moins attachant et moins inspiré que dans la plupart de ses autres films ("La poison" de Sacha Guitry par exemple, pour ne citer que celui-là). Ici, l'histoire est dans l'ensemble ennuyeuse, malgré un démarrage qui ne laisse rien présager de tel. La suite est un mélange tortueux de pèle-mêle en tout genre qui finissent par lasser. Je n'ai ressenti aucune émotion quant à la relation Simon-Morgan et j'ai trouvé assez dénuée d'intérêt cette histoire de déserteur qui veut quitter le pays.
Bref, je sais que ma critique est très dure, et que je suis complètement à côté de tout ce qui a pu se dire sur ce film, ici ou ailleurs, mais c'est mon ressenti. Bon après j'ai pas tout perdu non plus, je pourrai au moins me vanter d'avoir vu le film où se trouve la ô combien célèbre réplique "T'as d'beaux yeux tu sais ?"...
A noter que Marcel Carné aime bien clore ses productions par une fin dramatique, qui, à l'instar "d'Hotel du Nord" ou du "Jour se lève", se termine une nouvelle fois sur un coup de feu. Pour le coup j'ai eu l'impression de me prendre une balle aussi.
marion69
marion69

16 abonnés 48 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 mai 2011
Un pur chef d'oeuvre. un film très poétique, des acteurs géniaux... ce film est une véritable merveille de l'époque! à voir absolument pour ceux qui ne l'ont pas encore vu.
carter311
carter311

14 abonnés 113 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 octobre 2009
Tout le réalisme poétique dans ce film, tout le talent de prévert aux dialogues exquis, une très belle photo, les yeux de Michèle Morgan qui même en noir et blanc imprime la retine, une superbe intérpretation avec un Michel Simon flippant.Un film à l'atmosphère unique.
Julien D

1 342 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 septembre 2010
Cette splendide histoire d'amour au coeur d'un univers sombre est un des meilleurs films du cinéma français grâce à son réalisme, concept encore trop peu mis en avant à l'époque, à ses dialogues signés par Jacques Prevert toujours aussi poétique que sulfureux ("T'as de beaux yeux, tu sais." est une des répliques les plus connus de toute l'histoire du 7ème art) et à ses acteurs inoubliables. Marcel Carné nous a offert un chef d'oeuvre immortel!
Y Leca
Y Leca

47 abonnés 1 181 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 décembre 2021
Voilà un classique surévalué, qui a mal vieilli et qui ne vaut que par ses acteurs (à part Brasseur qui surjoue la petite frappe horriblement) : Gabin dans son rôle de loser buté habituel, Simon le meilleur d'entre eux et Morgan qui débute. Le scénario, malheureusement improbable, les dessert tous, à part le petit chien. Renoir n'avait pas tort en parlant du " cul des brèmes" ...
gamorreen
gamorreen

30 abonnés 540 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 novembre 2012
Après avoir parcouru toutes les bonnes critiques précédentes, cela m'ennuie de casser l'ambiance, mais j'ai plutôt été déçu. Question ambiance justement, il y a le cabanon Panama et les pavés brumeux, mais sinon Gabin que j'aime bien d'habitude joue mal, l'histoire est courrue d'avance et le couple peu touchant, malgré la légende. Alors je n'ose pas dire du mal vu que tout le monde le trouve génial semble-t-il ("chef d'oeuvre..."), je ne sais pas si je n'étais pas d'humeur, mais pour moi c'est archi-surfait, maniéré et banal, et pourtant je n'ai rien contre les vieux films.
vivaBFG
vivaBFG

26 abonnés 1 656 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 octobre 2020
Film à visionner lorsque vous avez un moral à tout épreuve. En effet, c'est noir, très noir, plein de beaux sentiments mais qui finissent toujours mal. Il faut une sacré dose d'optimisme, de joie de vivre pour sortir de ce film indemne.
A réserver à ceux qui prennent plaisir devant le malheur des autres mais aussi à ceux qui veulent voir un monument du cinéma français.Mais je vous aurais prévenu!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 mai 2009
Film très prenant. Jean Gabin et Michèle Morgan forment un couple haut en couleurs et leur histoire d'amour est passionnante, sans doute parce que leur relation ne dépasse pas celle de la passion. Michel Simon nous fait une fois de plus du Michel Simon et il le fait très bien. Les dialogues sont signés Jacques Prévert, ce qui explique pourquoi par moment on croit presque entendre de la poésie. L'ambiance est brumeuse, sombre et mélodramatique. La musique accompagne très bien le film et correspond parfaitement à cette atmosphère si particulière. C'est une fable sur la nature humaine qui prend aux tripes.
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