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Jérôme S
1 abonné
66 critiques
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5,0
Publiée le 20 avril 2022
Un chef-d'œuvre je me demander à quoi m'attendre en commençant le visionnage de ce film je n'ai pas été déçu. Du Grand Gabin des scène rentrer dans la légende du cinéma français un film à voir pour tous les amoureux de cinéma et des salles obscures
Je fais partie des sceptiques qui ont vu ce film mais j'ose imaginer que j'en attendais peut être trop.
Les acteurs sont bons mais le grand ''mechant'' me laisse perplexe car trop caricatural selon moi. Les autres demeurent excellents.
Évidemment le film vaut pour son histoire, sa censure, sa restauration et il fait partie des films tournés avant la destruction de certaines villes françaises, dont Le Havre.
L'action est lente et il ne se passe pas grand chose. Cela n'empêche de beaux dialogue, la poésie est partout, dans le texte, dans l'image, dans les regards,... Peut-être est-ce le côté divertissant qui m'a manqué...
Je suis content de l'avoir vu, de ne pas mourir idiot et peut être que je retenterai l'expérience dans plusieurs années mais je n'en suis pas certain, contrairement à des films comme ''la bête humaine'' ou ''la grande illusion''.
"T'as de beaux yeux tu sais"... Un film MYTHIQUE avec une brochette d'acteurs magnifiques. Même Jean Gabin y est somptueux, alors que je suis loin d'être un fan. A voir absolument, un GRAND film romantique, au sens noble du terme.
Le chef d'œuvre de Marcel Carné ! Le quai des brumes est un film d'une rare poésie, empreint d'un indéfinissable voile de tristesse. Cet Havre d'avant-guerre est le carrefour d'âmes égarées et solitaires, sombrant dans le mal pour certaines, en quête d'une autre vie pour d'autres. Jean Gabin et Michèle Morgan forment un duo d'acteurs touché par la grâce. Leur sincérité nous émerveille, les sentiments de leurs personnages nous transportent. Les seconds rôles sont tout aussi excellents. La musique de Maurice Jaubert est vraiment très réussie. Le film doit ses superbes dialogues à Jacques Prévert, et il doit beaucoup à ses dialogues ! Il compte également une mise en scène inspirée, soutenue par un splendide noir et blanc qui renforce cette impression d'une histoire atemporelle. « T'as d'beaux yeux, tu sais... » disait Gabin. Une réplique inoubliable pour une scène inoubliable, dont tout le film est à l'image : magnifique. Le quai des brumes est un incontestable chef d'œuvre du cinéma français.
Un excellent film, très bien écrit. Si l'histoire est simple, les personnages et les dialogues sont complexes et vivants, très humains. Le couple de Jean et Nelly est vraiment touchant et les seconds rôles sont en général bons. Le Quai des brumes est très rafraichissant et possède une beauté classique qui n'empêche pas l'empathie pour les protagonistes. Il a en revanche beaucoup vieilli en ce qui concerne l'image.
Même si ce film a un peu vieilli (notamment quelques bizzareries dans la réalisation et un montage pas toujours raccord) il n'en reste pas moins un classique du cinéma français. Le climat est très prenant (poétique et...brumeux) les deux monuments que sont Gabin et Simon sont époustouflants et le regard sublime de Michèle Morgan (qui peut-etre surjoue quelques fois) quasiment hypnotique. Un film à avoir vu au moins une fois
Les dialogues ciselés fusent de la bouche de personnages hauts en couleur. Déserteur colérique, tuteur vicieux mais mélomane, brigands de fêtes foraines, peintre suicidaire ou poivrot ensommeillé, ces héros minables et fabuleux partent en quête de leurs rêves ou fuient leur passé sans jamais se rendre compte qu’ils tournent en rond, perdus qu’ils sont dans la brume du Havre...
Film sympathique, mais malheureusement assez peu crédible spoiler: (les soi-disant voyous) et le jeu de Nelly n'est pas très convainquant. Heureusement que Gabin rattrape le coup mais si cela reste un chouette film.
Marcel Carné signe ici un film phare du réalisme poétique: sur un scénario de Jacques Prévert il nous raconte une histoire où règnent subversion et passion. Que cela soit le soldat déserteur, la jeune fille en fugue, le mauvais garçon du quartier ou encore le barbon hypocrite, tout a un délicieux parfum de débauche qui englobe l'ensemble des thématiques du film. Aucun personnage n'est épargné. La réalisation de Carné est soignée et parfois en avance sur son temps! (avec le traitement du mouvement par exemple) Et il faut dire que le casting doit aider la réalisation: en effet quoi de plus jubilatoire que de filmer les magnifiques yeux bleus de Jean Gabin et Michèle Morgan même en noir et blanc! Effectivement, la distribution des acteurs est incroyable, c'est un véritable rêve de cinéphile: le légendaire Jean Gabin qui brille tout au long du film et la talentueuse Michèle Morgan qui n'avait alors que 17 ans lors du tournage du film! Le reste du casting est tout aussi incroyable: Pierre Brasseur ne m'avait jamais autant émue qu'avec son rôle dans Le Quai des Brumes et Michel Simon fidèle à lui même est littéralement un monstre de génie et de talent qui en devient presque effrayant. Bref un très beau classique du cinéma français comme on les aime, qui aurait le seul défaut d'avoir un peu mal vieillit parfois mais qui reste un chef d'oeuvre de Carné et Prévert.
La beauté du film est dans la simplicité de l’histoire. Le scénario n’est vraiment pas complexe, tout est ténu, a priori trop, mais à la réflexion cette simplicité est droite et belle, comme une petite histoire ayant un but didactique. T'as de beaux yeux tu sais
Il n'y a pas de "happy end" chez Carné mais c'est comme ça parce que c'est la vie. Figure emblématique du réalisme poétique "le quai des brumes" en est surement le film le plus représentatif. Cette peinture des classes populaires porté par un magnifique texte de Prévert qui ne donne rien d'autre à voir que la réalité sociale et la réalité de l'amour fou de deux êtres. Que dire d'autre devant tant de liberté et d'éloge de la vie, pour sur la fin est triste et le film est plein de cette mélancolie propre à Carné. mais comme le dit Gabin: on croise parfois des gens qu'on ne connait pas et qui nous aide. peut être la seule morale du film la solidarité entre les hommes.
Le Quai des brumes est du réalisme poétique à l'état pur : un déserteur qui fuit, une orpheline qui étouffe, un amour qui naît là où tout est déjà perdu. Il est vrai que l'intrigue est sommaire, mais on ne vient pas chercher du suspense hitchcockien. On vient pour cette triste poésie, cette atmosphère grise et morose que j'ai bizarrement appréciée. Le Havre de Carné n'est pas une ville, c'est un espace mental où les silhouettes se dissolvent dans le brouillard, quelque part entre le réel et le rêve. Le bar de Panama est un purgatoire de paumés et de rêveurs brisés, accroché au bord du monde habité comme une dernière escale avant la brume et le néant. Le vrai cœur battant, ce sont les dialogues de Prévert : ce parler de la vieille France, ce ton d'antan qu'on ne prend plus, ce vocabulaire disparu qui donne au film une saveur unique. « T'as d'beaux yeux, tu sais » reste la réplique la plus emblématique du cinéma français, et comment rester insensible devant les yeux bleus de Michèle Morgan, dix-huit ans au tournage, dont c'est moins le jeu que ce fameux regard qui ne s'oublie pas. Jean Gabin remplit l'écran avec ce personnage qu'il connaît par cœur, l'homme blessé, violent et tendre, condamné d'avance, et son charisme n'a rien à envier aux géants américains de l'époque. Michel Simon en tuteur pervers est solide, l'air ordinaire d'un type dont l'apparence cache le mal. Le film agit comme un envoûtement lent qui donne envie de se perdre dans ces brumes et de tomber amoureux au détour d'une rue, même si tout (jusqu'au chien qui retournera à sa solitude) nous rappelle que la fin est écrite d'avance. Peut-être le reflet d'un Front populaire en décomposition, sûrement l'un des plus beaux films français de l'entre-deux-guerres.