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stans007
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4,0
Publiée le 16 mars 2021
Un scénario cynique au service d’une mise en scène parfaitement maîtrisée, auxquels se rajoute aujourd’hui un véritable reportage sur le Paris des années 30, ses chanteurs de rue, ses taxis, ses concierges…
Presqu 'un film d'émancipation puisque le personnage le plus dominé et le moins armé socialement va en quelque sorte se libérer à contre courant de la société et à rebours des autres personnages qui telles des marionnettes vont subir leur destin ;On retrouve la même modernité le même humour anar et féroce que dans boudu sauvé des eaux ( l'histoire est très différente mais se conclut de la même façon ) mais aussi le même interprète michel simon qui est pour moi tout simplement le meilleur acteur de cinéma qui ait existé depuis la création du cinématographe par les frères lumières.
Un énorme chef d'oeuvre qui montre le talent de Jean Renoir pour les films de société. Michel Simon y est grandiose et les rapports humains y sont décrits avec une justesse rarement atteinte.
Là, Mr Renoir donne une leçon de cinéma! Cadre, direction d'acteurs (M.SIMON toujours sublime et la surprise Georges FLAMAND le meilleur rôle de petite frappe maquerelle du cinéma français! Et j'en ai vu! Le George RAFT hexagonal!!!). Même le scénar n'est pas en reste, avec cet improbable clin d'oeil au marché de l'art et à ses mécanismes immuables. Un film moderne et intemporel.
C'est un film sur l'illusion, l'attachement aveugle à une personne (Lulu à Dédé, Legrand à Lulu) ou à son souvenir (Adèle Legrand à Godard). Chaque personnage est le dominant, le soumis ou l'imbécile d'un autre et quand les choses s'inversent, c'est plutôt fatal. Le jeu des acteurs est terriblement daté, sauf celui de Michel Simon, intemporel. Le titre ne donne pas envie, surtout en cette période post "Me too" et réduit l'idée qu'on peut se faire du film avant de l'avoir vu. Il ne faut pas s'y arrêter, on trouve une bonne analyse sociologique, toujours actuelle, souvent drôle et qui égratigne au passage (déjà !) les marchands d'art.
excellent et surprenant film de Renoir (parlant , de 1931) avec d'excellents acteurs et un scénario intéressant qui nous montre comment vivaient les parisiens il y a 80 ans. ce film n'a pas seulement valeur de document sociologique, car par le jeu des acteurs et la mise en scène (simple mais efficace) de Renoir , il préfigure les films qui suivront et qui seront tous des succès (la Marseillaise, le Grande illusion, le crime de Mr Lange, etc). Pour l'anecdote, l'actrice janie Marèse (lulu) qui meurt assassinée dans le film...a été réellement tuée quelques jours après la fin du tournage...par son macro Georges Flamand (Dédé) dans un tragique accident de voiture le 14/08/1931 dans le Var ! cet accident brisa net la carrière de Flamand qui fut sévèrement attaqué par la presse à l'époque ! quand la réalité rejoint la fiction.....
Presqu 'un film d'émancipation puisque le personnage le plus dominé et le moins armé socialement va en quelque sorte se libérer à contre courant de la société et à rebours des autres personnages qui telles des marionnettes vont subir leur destin ;On retrouve la même modernité le même humour anar et féroce que dans boudu sauvé des eaux ( l'histoire est très différente mais se conclut de la même façon ) mais aussi le même interprète michel simon qui est pour moi tout simplement le meilleur acteur de cinéma qui ait existé depuis la création du cinématographe par les frères lumières.
Il y a des hommes qui aiment les yeux grands fermés, et Maurice Legrand est de ceux-là. Michel Simon en fait un petit caissier doux et naïf, un brave type que sa propre bonté finit par condamner, prêt à tout endurer pour une femme qu'il idéalise. Autour de lui, personne ne se demande jamais ce qu'elle veut vraiment : l'un réclame de l'amour, l'autre de l'argent, et elle se perd dans cet espace que personne ne lui laisse. C'est un film sur l'illusion, sur l'attachement aveugle à quelqu'un et sur tout ce qu'on s'inflige en son nom, et Renoir le pose sans morale, comme un simple constat sur des gens ordinaires. Au passage, il égratigne toute une petite bourgeoisie : le bureau, les collègues ricaneurs, les marchands d'art. La peinture est le seul endroit où ce pauvre homme existe vraiment, son seul coin de dignité dans une vie d'humilié. Et on finit par la lui voler comme son argent, sa liberté et son amour rêvé. Ses toiles partent vivre sans lui, vendues sous un faux nom, accrochées chez des riches qui n'auront jamais su qui les a peintes.
Le plus déroutant, c'est le ton, qui démarre en comédie presque légère et glisse vers le noir : une tragédie qui avance le sourire en coin. On y sent déjà le grand Renoir (dont La Règle du Jeu n'est plus très loin), le petit théâtre de Guignol en ouverture, Montmartre bien vivant avec ses escaliers et ses becs de gaz, une caméra libre qui cherche et hésite au bon endroit. Tout n'est pas parfait, ça traîne par moments et certaines scènes ont pris un coup de vieux. Mais Michel Simon tient le film à lui seul : il fait tenir dans un même regard la tendresse, l'aveuglement et l'effondrement, là où ses partenaires restent en surface. Et une ombre plane sur l'ensemble : Janie Marèse, la femme qu'on tue à l'écran, est morte pour de vrai peu après le tournage, dans la voiture de son amant de cinéma, comme si le film avait débordé sur la vie, et c'est cette résonance-là participe à la postérité de l'oeuvre.