Avis : Onoda - 10 000 nuits dans la jungle - Page 10
Onoda - 10 000 nuits dans la jungle
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patrick halgand
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2,5
Publiée le 21 février 2022
Film long pour une histoire singulière...Mais il faut bien reconnaître que pour raconter 10000 nuits ou il ne se pas grand chose le format du film devait être long.... très long. La deuxième moitié gagne en intérêt alors soyez patient et profitez de la lumière et de la photographie...
C’est l’histoire vraie du lieutenant Hiro Onoda, adaptée au cinéma. Voir le film suppose dans la plupart des cas, que l’on connaît l’histoire de cet officier japonais envoyé à la guerre en 1944 et retrouvé quelques jours et nuits plus tard. Un calcul grossier, 10 000 divisés par 365, donne un résultat de 27 et des poussières, pas d’étoiles mais de longues nuits et jours. En réalité, ONODA reviendra au Japon en 1974, soit 30 années après être arrivé sur cette île de Lubang des Philippines, où il était chargé secrètement, de retarder le débarquement des Américains. L’histoire est totalement improbable et pourtant véridique. Le lieutenant Onoda fut, le dernier soldat de nationalité japonaise à se rendre, il remettra son sabre au commandant Marcos. Il est mort le 16 janvier 2014 à Tokyo. Au Japon, dans la dernière partie de sa vie, il partagera son expérience de la survie dans la jungle dans la création d’un camp pour les enfants en pleine nature. Comment l’embrigadement en temps de guerre peut conduire un être humain à sacrifier pour sa patrie, par engagement moral, plusieurs décennies de sa vie ? Comment justifier toutes les exactions commises pendant tout ce temps ? Entre aveuglement, ignorance, croyance et obsession, comment ne jamais pouvoir abdiquer ? Le film sans y répondre, donne des éléments de compréhension, des pistes de réflexion, et nous laisse à de grandes interrogations sur la folie humaine, après avoir suivi le quotidien dans la jungle d’une poignée d’hommes aux ordres d’Onoda. Aucune minute n’est de trop dans ces 2h45. Le film est palpitant, sans pour autant qu’il n’y ait d’intrigue, ni que l’on puisse en ignorer la fin, qui n’en demeure pas moins très émouvante. Il est étonnant de retrouver dans la distribution Nobuhiro Suwa, que l’on aperçoit plus qu’on ne le voit réellement, en père d’Onoda. Il a réalisé de nombreux films, dont les très beaux « 2/Duo », « M/Mother », et « Yuki et Nina » avec Hippolyte Girardot. Quel rapport ce cinéaste japonais entretient-il avec le cinéma français ? J’avoue être bien curieuse de le savoir… Arthur Harari avait réussi un coup de maître avec son premier film et excellent « Diamant Noir » avec Niels Schneider. Il n’avait pas tout donné dans sa première réalisation, loin de là. « Onoda : 10 000 nuits dans la jungle » est un film d’exception, tant par sa singularité historique, mais surtout dans l’adaptation de cette incroyable histoire, de parvenir à en faire un film réellement captivant.
Relatant une histoire vraie, le film part un peu doucement, mollement, et on se demande si on va tenir 2h44. Mais avec le temps qui passe, on assiste à l'obstination voire à la paranoïa du personnage principal et de son dernier acolyte. On prend pitié pour eux, en se disant que rester isolés aussi longtemps dans des conditions difficiles, même si ils commettent des actions peu reluisantes sur l'île sur laquelle ils s'obstinent à rester. Bref, je me suis un peu ennuyé au début et après je me suis laissé prendre au jeu.
Descriptiion à la fois terrible et magnifique voire poétique de l'errance de ce soldat japonais, sauvé de la délinquance par un instructeur des services secrets de l'armée,qui, à l'inverse de la tradition japonaise, lui inculque l'idée que l'honneur est des rester vivant avant tout pour servir la cause. Devenu lieutenant Onoda se retrouve sur une île perdue des Philippines, Lubang, et face à la déroute devant les américains, il s'enfonce avec sa brigade dans la jungle refusant de croire à la défaité. Cette histoire du grand refus concerne d'abord le petit groupe qui peu à peu se réduit, mais inutile d'en dire plus, L'image sait aussi bien la folie d'Onoda que sa volonté farouche, la beauté de conviction que l'ineptie de sa croyance, sur les traits de son visage. Tout est filmé avec force et pudeur, l'arrière fond de la culture japonaise est omniprésent et les acteurs magnifiques dans les incarnations multiples de la peur et de la volonté qui les habitent. Un film stupéfiant et un réalisateur extrêmement minutieux mais aussi profondément respectueux des personnages que les acteurs représentent. Très long métrage mais l'on devient ainsi un élément meme du drame, c'est cela le grand art du cinéma qu'atteint ainsi le réalisateur Harari.
Un film poignant, introspectif, intense, métaphysique même, long aussi c'est vrai, mais cette longueur sert le récit car Onoda a vécu 30 ans dans l'idée folle que la seconde guerre mondiale se prolongeait. Je ne vais pas m'étaler plus, car Christoblog a déjà tout dit dans sa critique (voir plus haut) et je rallie entièrement son analyse sur ce très beau film. Alors, prenez un thé, un café, mettez-vous à l'aise, et prenez le temps de voir - de contempler devrais-je plutôt dire - ce film qui ne vous laissera pas de marbre si vous vous laissez imprégner de sa beauté toute japonaise.
Un jeune lieutenant dans les troupes spéciales au service de l'empire qui est en train de perdre la guerre. Le jeune homme a loupé le recrutement des kamikazes, le vertige l'empêche de piloter meme si on n'a besoin que de décoller... Il s'enfonce dans la jungle ne voulant pas se résigner à la capitulation à venir Comment la fidélité au devoir de soldat se transforme en folie qui dure trente ans... Refuser la défaite et la réalité du monde. Aveuglement, fanatisme, obstination, courage, fidélité. A quel moment la folie s'empare de nous en nous faisant prendre des chemins totalement étrangers à la raison ? Le lieutenant Onoda pourrait, sans doute, en débattre avec le lieutenant Drogo du Desert des tartares. L'ennemi n'est plus là. On est devenu vieux à attendre la gloire. A-t-on bien fait de ne pas renoncer ? ... La guerre est finie, Onoda-san... Le film d'Arthur Harari est une brillante réussite malgré quelque longueurs... mais c'est long, trois décennies dans la jungle.
Magnifique. C'est peut-être le dernier tiers qui est le plus beau avec cet homme devenu âgé, ascétique, mutique, d'une dignité impressionnante, parfaite.
C'était vraiment ce qui manque à la filmographie de la 2ème guerre mondiale : la perspective des perdants. Le vieil adage "l'Histoire est écrite par les vainqueurs" se ressent par la rareté des films comme Onoda ou Das Boot. Et le premier remplit sa mission à la quasi perfection ! Les soldats Japonais y sont présentés non pas comme des guerriers ennemis assoiffés de sang, mais comme des humains sensibles et faillibles, tout comme le spectateur. Et cela nous fait tout de suite adhérer aux enjeux de ces guérilleros sans guérilla, nous sommes dans la jungle avec Onoda, près à se battre avec lui. Et oui, c'est un biopic, donc ce n'était pas foncièrement possible de diaboliser ces soldats sans perdre en objectivité. Mais le film étant réalisé par un Français, cela demande un certain effort pour se distancer de toutes les fois où l'on nous a appris que la France était l'ennemie du Japon en ce moment.
Bon film. Un peu long. Mais bon c'est aussi cette longueur qui donne la puissance au récit. La mise en scène est sobre, efficace. RAS sur le jeu des acteurs. Le scénario, simple, se déploie dans la longueur du film dont nous savons plus ou moins des les premières images quel sera l'issue.
Le film est juste et très intéressant mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il aurait pu être plus dynamique. Un peu de musique? Une voix off? Un peu plus de développement sur la géographie de l'ile, la chronologie des évènements ou le contexte de la guerre? Un minimum de mouvement de camera? Supprimer certaines scènes inutiles ... et du coup éviter de passer d'un coup de 1950 à 1969? La dernière demi heure est une bouffée d'air (heureusement).
Bref, un excellent film de toute façon, cohérent de bout en bout même si je ne cautionne pas tout, mais à ne SURTOUT pas faire voir aux impatients ou aux adaptes de cinéma popcorn.
Un film qui passée la première demi heure un peu lourde tient tout le temps en haleine. C'est une gageure vu que le protagoniste reste une bonne partie du film seul à l'écran. C'est bien écrit, bien filmé et bien joué. Un petit bijou en somme.
Avis beaucoup moins dithyrambique que beaucoup ! Le film a le mérite de ne pas ennuyer sur un sujet qui pouvait s'y prêter mais je restreindrais l'enthousiasme au-delà de l'histoire vraie que je connaissais, d'où peut-être mes réserves. D'autres spectateurs ont exprimé point par point leurs diverses réticences...
Cette histoire incroyable mérite effectivement un film sur grand écran qui plus est superbement réalisé. Et pourtant l'environnement (le décor) n'est pas facile à prendre avec la bonne lumière. Mais les magnifiques plans vous donneront très envie de visiter cette île des Philippines. Le jeu des acteurs et le scénario vous procuront les émotions des grands films de cinéma, rire, pleurs, suspens... Le film présente beaucoup de longueur, mais n'est-ce-pas le but : nous faire ressentir cette longue attente de 10 000 nuits en finalement seulement 2h de films ?