Code Inconnu est le seul film de Haneke que je n'avais pas encore vu et c'est de loin pas le plus connu de sa filmographie. Néanmoins c'est loin d'être un mauvais film, au contraire, on y retrouve bon nombre de qualités qu'on appréciait dans ses autres œuvres.
Le film est composé uniquement de séquences, assez déconnectées les unes des autres, suivants différents personnages qui ont comme seule particularité apparente de s'être croisés au début du film. Et chacune de ses séquences se termine systématiquement en eau de boudin. Il me semble que dans Le Château adapté de Kafka Haneke utilisait le même principe. Le film coupe à un moment inattendu, alors que rien n'est résolu. D'ailleurs le film coupe lui-même alors que rien n'est résolu et je ne suis même pas sûr de savoir quel était réellement le problème de départ.
Le processus est certes frustrant, mais vraiment marquant. Entendre ce photographe présenter son travail, sa vie dans des pays en guerre pour faire ces clichés, se faire couper brusquement par un écran noir, c'est pas commun. (j'ai pris cette séquence là, mais c'est pareil pour toutes) J'aime bien cette idée parce que ça donne l'impression qu'il n'y a pas de bon moment pour couper, que chaque coupe, chaque ellipse est forcément artificielle. Tout comme chaque séquence qu'il choisit de nous montrer peut également sembler être issue d'un choix artificiel. Pourquoi nous montre-t-il Binoche se faire agresser dans le métro (scène glaçante au possible) ? Pourquoi nous la montre-t-il repasser son linge ?
En plus pas mal de ces séquences sont filmées en plan séquence, où on va donc suivre les personnages en temps réel sans trop savoir ce qu'il faut voir, sans trop savoir quelle information il faut retirer de chaque segment. Il y a un petit côté puzzle à recomposer ou bien code (inconnu) à déchiffrer.
C'est l'une des qualités du cinéma de Haneke, il n'y a pas de solution explicite, clé en main.
En tous cas le film est un peu l'inverse (si je me souviens bien) de 71 fragments d'une chronologie du hasard où le film se terminait par la réunion de tous les personnages, ici le film s'ouvre sur cette réunion, à savoir une altercation entre deux jeunes hommes dans la rue. Rien que cette scène donne plein de pistes de réflexion, notamment autour du racisme (la plus évidente), mais surtout on voit un jeune homme qui pense faire le bien et qui va finalement causer "la perte" de la femme qu'il tentait de protéger. Une bonne action n'est pas toujours récompensée. Je trouve que c'est très typique du cinéma de Haneke, il n'y a pas de justice, pas de sacro-saint scénario qui viendrait réparer les erreurs et punir les méchants... et surtout en parlant de méchants, ce n'est absolument pas manichéens.
Et si le film a beau être vraiment dur à regarder, on a par exemple une séquence horrible dans une étable avec un petit clin d’œil à Benny's video, je trouve que ça fait un bien fou de voir un film qui ne prend pas son spectateur par la main, qui le laisse réfléchir à ce qu'il a vu tout en osant le secouer.
Donc si Code inconnu n'est sans doute pas le meilleur film de son auteur (pour moi ça serait plus Caché ou le Ruban Blanc), ça reste un film à voir, surtout si on aime le côté glaçant du réalisateur autrichien.
La première scène de "Code inconnu", filmée en lent traveling dans une rue parisienne très achalandée réunit la quasi-totalité des protagonistes d'un récit fragmenté. On y fait la connaissance d'Ana (Juliette Binoche), une actrice dont Georges, le compagnon, est photographe de guerre. Jean, le frère cadet de Georges, qui a quitté sur un coup de tête la ferme dont un père autoritaire voudrait lui faire reprendre les rênes, frappe à la porte d'Ana et lui demande l'hospitalité. En se promenant dans la rue, Jean jette un détritus à une mendiante roumaine, Maria, venue en France à la recherche d'une vie meilleure. La désinvolture de ce geste grossier scandalise Amadou, qui est éducateur dans un institut de sourds-muets. Le ton monte. Les esprits s'échauffent. La police doit intervenir.
Michael Haneke est sans conteste l'un des plus grands réalisateurs contemporains. Il a reçu deux Palmes d'or, en 2009 pour "Le Ruban blanc" et en 2012 pour "Amour", des œuvres froides, violentes, traumatisantes. Lorsqu'il sort Code inconnu en 2000, Michael Haneke n'est plus tout à fait un inconnu - la tension asphyxiante de son précédent film, "Funny Games", sélectionné à Cannes en 1997, avait déjà marqué les esprits - mais il n'est pas encore le maestro qu'il deviendra dix ans plus tard.
Pour la première fois, Michael Haneke, produit par son ami Marin Karmitz, tourne en France - il y reviendra souvent avec "Caché", "Amour" et "Happy End" - avec des acteurs français pour la plupart (parmi lesquels on reconnaît certains jeunes talents tels Florence Loiret-Caille ou Aïssa Maïga). Il retrouve la même structure que celle de 71 fragments d'une chronologie du hasard sorti cinq ans plus tôt. Il s'agit de juxtaposer, un peu comme Georges Perec dans "La Vie, mode d'emploi", des vignettes sans lien évident entre elles. Ces saynètes s'interrompent parfois brutalement, avant leur fin logique, nous rappelant que, dans la vie réelle, à la différence du cinéma "totalitaire", la réalité d'une situation est souvent tronquée.
"Code inconnu" peut rebuter. Son sujet peut sembler insaisissable. On peut lui reprocher ses parti-pris formels trop intellectualisants. Emblématique de l'œuvre de Haneke et annonciateur de ses plus grands films, "Code inconnu" n'en laisse pas moins une marque durable.
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0,5
Publiée le 16 octobre 2020
J'avais entendu parler de ce film quelque part comme étant peut-être un exemple de bon cinéma français. Le film est simplement horrible. C'est une collection d'histoires qui sont liées d'une manière ou d'une autre bien que les liens soient extrêmement ténus et les séquences de films vont et viennent entre elles sans raisonnement apparente. Chacune des coupes est dure impitoyable et inattendue et vous constatez que vous devez prendre le temps de vous réorienter avant de déterminer où et pourquoi. J'aurais pu me passer de toutes les histoires parallèles coincé avec le scénario principal du couple sortant ensemble et du fils dysfonctionnel vivant avec son grand-père. Cette histoire à elle seule aurait dit ce que le réalisateur Michael Haneke voulais dire beaucoup plus clairement que le méli-mélo de scènes et d'histoires qui se sont produits inutilement. Michael Haneke signe un autre film qui ne vaut absolument rien...
C'est un beau film, divers mais concis sur différents personnages et différents lieux géographique et Paris est le point de rencontre de ces personnages. La maitrise de Michael est impressionnante, des longs plans séquences mettant en scène de nombreux personnages, une aisance pour passer d'une scène à une autre car le film fait partie de la famille des films à sketchs, une géométrie de l'espace, qui fait parfois penser à Kubrick. Tout comme le maitre, le thème de Haneke est l'incommunicabilité, que ce soit entre un père paysan et son fils, dans les grandes métropoles, dans les pays d'Afrique ou en Roumanie, Haneke prend même le parti de ne pas sous-titrer certains dialogues. Un grand film qui ne sait pas trop comment finir son récit par contre mais le film laisse une série d'impression
Dans la continuité de ses 71 fragments d’une chronologie du hasard Haneke capte un événement du quotidien pour bifurquer vers le destin de ses personnages, une sorte de diaporama en plans séquences visant à prendre la température d’un climat social, avec quelques mises en abyme de cinéma remarquables. Peut être mon Haneke préféré…
Très particulier ce film que je ne suis même pas sur d'avoir compris mais je crois qu'il n'y a rien à comprendre il faut juste regarder plaisamment, mais le résultat est moyen. Je le déconseille aux moins de 10 ans. 2/5
Peut être le moins bon de Haneke qui semble s'essayer à un style à la française. On accroche un peu au début puis le film se disperse dans des histoires surjouées sans grand intérêt et ça fait pschitt.
Comment ai-pu pu survivre à un calvaire pareil ? Ce film est un somnifère incroyable...c'est pas dur il ne se passe rien. J'ai tenu jusqu'au bout pour essayer de comprendre l'incompréhensible...mais rien !! Toujours rien ! Aucune explication ! En plus les acteurs sont épouvantables...bref c'est une horreur !! Le titre est bien choisi vous me direz ! C'est au moins ça !
Encore un film avec Juliette Binoche qui n'a aucun intérêt. Car quel intérêt de suivre des bouts d'histoire, qui n'ont de lien entre elles que les faits que ces gens se sont croisés à un moment de leur vie. Le film est décousu (je sais bien que c'est volontaire), et on n'arrive pas à s'accrocher à la moindre histoire. A éviter.
Toujours la même force et la même puissance vertigineuse dans l'image, la structure et la direction d'acteurs. Haneke profite aussi de "Code inconnu" pour s’imposer comme un grand maître du plan séquence.
Trop long. Mise à part Juliette, les acteurs sont un vrai souffre douleur. Certaines scènes sont vraiment inutiles et n'inspirent rien, sauf de l'ennui. Bref, Haneke me déçoit dans ce code inconnu.
Overdose du style Haneke dans ce film! J’aime pourtant beaucoup certaines de ses autres réalisations telles que Funny Games (1997), Caché (2005) ou encore La pianiste (2001), appréciant son refus de suivre les sentiers battus du cinéma contemporain et son plaisir malsain de choquer et surprendre le spectateur, ne s’imposant aucune limite.
Pourtant avec ce Code Inconnu, la magie ne prend pas et j’ai même trouvé le film agaçant de bêtise moralisatrice… On est bien dans un film du réalisateur autrichien mais là où ses autres films racontaient une histoire et proposaient une idée, Haneke se contente ici de filmer la vie de ses personnages dont on a en fait rien à faire. De plus que, la plupart des acteurs, à l’exception peut-être de Juliette Binoche, jouent tous assez mal ce qui n’aide en rien au processus d’attachement auquel on aimerait succomber.
Le réalisateur est connu pour être très provocateur et tout ses films mettent mal à l’aise, souvent parce qu’ils touchent juste et la façon qu’il a de les mettre en scène, avec cette absence totale d’humour et cette crudité qui caractérise son travail, en font un cinéaste à part. Sauf que là, ça ne fonctionne pas et on étouffe dans cette austérité ambiante qui devient vite insupportable,pour finir par être carrément soporifique…
Toutefois, force est de reconnaitre que Michael Haneke reste aujourd’hui un des derniers cinéastes à oser le film conceptuel et qui remet souvent son cinéma en question, portant un regard critique sur son métier et sur la société en générale. Mieux vaut donc ne pas commencer par Code Inconnu pour se rendre compte du talent du cinéaste.
Film d'Haneke bien sympathique pour un film d'Haneke. C'est un film avec un rythme particulier qu'on ne retrouve pas dans dans cinémas, avec une réflexion plus ou moins évidente, notamment sur les gens, sur les autres, ceux qu'on voit sans connaître. C'est aussi un film violent, d'une violence quotidienne, courante, banale pour beaucoup d'entre nous, ce qui rend cette dénonciation d'autant plus révoltante. C'est enfin un film intellectuel, qui n'est pas fait pour être vu en débranchant le cerveau.
Bien trop lent à mon goût, ce Code Inconnu lasse par différents aspects. Tout d'abord, une esthétique bâclée, voire parfois même peu agréable à regarder. Ensuite, dans un registre similaire, un montage plutôt instantané qui est, par ailleurs, à l'origine de coupures extrêmement brutales entre les différents segments de ces destins-croisés. Destins-croisés, certes assez typique pour un genre surexploité, qui est cependant loin d'être dénué d'excellentes scènes (la scène d'ouverture, tout comme celle du métro). Hélas, les scènes lassantes sont toutes aussi nombreuses au rendez-vous : Juliette Binoche (néanmoins excellente actrice, à l'instar des autres, même si elle reste tout de même la meilleure, dans le film), hilare, est prise d'un fou rire qui semble alors durer une éternité. D'ailleurs, le rythme est un des grands défauts du long-métrage, à mon goût. Très lent. Trop lent. Si le film est initialement conçu pour durer deux heures, le temps passe pourtant très lentement, particulièrement lors de la scène finale où la musique, assommante, fait rage dans les ruelles de Paris et pousse presque à l'indigestion. Code inconnu reste néanmoins un bon drame.