Pendant la guerre de Sécession, un soldat nordiste blessé trouve refuge dans un pensionnat de jeunes filles sudistes. L'homme perturbera allègrement cet univers strict, bourré de pulsions sexuelles réfrénées. Ne vous attendez pas à un mélodrame gentillet : s'il commence sagement, "The Beguiled" mue peu à peu en thriller psychologique dérangeant. Clint Eastwood casse ses personnages de pistolero dominant, pour incarner ici ce blessé qui ment et séduit à tour de bras pour garder son refuge. Sauf que ses actions vont se retourner contre lui, car les jeunes femmes ne sont pas si inoffensives que cela. Avec un scénario très bine ficelé, Don Siegel mêle huis-clos, tension sexuelles, saphisme, inceste, ou encore pédophilie (rien que ça !), pour aboutir à un mélange vénéneux, qui prend une tournure quasi horrifique par moment. Le réalisateur livre plusieurs séquences inspirées, avec des jeux de montage inquiétants, et des plans astucieux. Signalons également une Geraldine Page bien frappée en gérante trouble du pensionnat. Un très bon cru.
Un film unique et inclassable. Les proies est un quasi huis clos avec Clint Eastwood alors au sommet de sa carrière d’acteur qui joue un soldat nordiste blessé qui va se réfugier dans un collège de jeunes filles sudistes. Le film est vraiment tout en nuances et extrême en même temps, tous les personnages sont tour à tour victimes et bourreaux. Le pensionnat est décrit comme une institution qui a toutes les peines à réfréner les pulsions sexuelles de ses pensionnaires et de cette frustration découlera des réactions encore plus excessives. Je m’attendais à un film beaucoup plus violent mais la violence est surtout psychologique avec une forme de cruauté non réfléchie.
Une adaptation très réussie du roman de Thomas Cullinan, avec un grand Clint Eastwood et des actrices exceptionnelles. J'ai apprécié l'atmosphère qui se dégage du film, avec ce huis clos pour le moins angoissant. Tout l'intérêt réside dans la psychologie des personnages, et dans les interactions qu'ils entretiennent entre eux. Une tension sourde émaille tout le film, avec notamment ce danger extérieur qui est présent en permanence. La mise en scène est sans fioritures et permet de voir l'essentiel, sans superflu.
Recueilli dans un pensionnat de jeunes filles pour y être soigné, un soldat nordiste va mettre en émois la tranquillité des lieux. Marquant sa troisième collaboration avec Don Siegel, ce drame psychologique se révèle quelque peu atypique dans la filmographie de Clint Eastwood. Son face-à-face avec Géraldine Page tient ses promesses.
Clint Eastwood change de registre en jouant un nordiste blessé, loin d'être irréprochable dans son comportement. Non qu'il soit dans un rôle vraiment négatif mais disons qu'un homme qui entre dans une institution pour jeunes filles, c'est un peu comme un coq qui pénètre dans un poulailler. Il met les poulettes en émoi. Une touche d'originalité qui est la bienvenue avec de bons dialogues.
Film surprenant qui méritait sa reprise 35 ans après sa sortie et qui avait choqué les pompidoliens bien pensants. En effet le scénario est original, les rebondissements (surtout pour Clint Eastwood dans un escalier !) sont nombreux, les tensions sexuelles bien enfouies sous les tabous de l’époque (ga guerre de Sécession). Certains passages relèvent de la psychanalyse mais rassurez-vous, rien d’ennuyeux ! Dans ce huis-clos féminin, Geraldine Page domine l’écran comme son personnage domine son collège. Quant à Clint Eastwood, voilà probablement son premier grand rôle de véritable acteur. Un film curieux, qui rappelle certains Bergman mais nous laisse sur notre faim mais qui nous marque. Un film qu’on oublie pas… sans trop savoir pourquoi !
Le principal défaut de ce film est dans son positionnement : annoncé comme drame, je trouve qu’on est surtout proche du film d’horreur. Les amateurs de films d’horreur adoreront. Pour ma part...J’ai lu du reste que les producteurs ont eu un mal fou à accepter le dénouement et que ce film a eu peu d’audience à sa sortie. Autrement, l’ambiance très particulière d’une pension de jeunes filles est parfaitement rendue, et Clint Eastwood remplit, comme toujours, parfaitement sa mission. Mais je ne suis pas fan.
L’association Siegel-Eastwood a plutôt bien fonctionné dans les années 70. Ici, Clint joue le anti-héros, blessé, séducteur mais prisonnier d’un groupe de (jeunes) femmes en chaleur. Certaines sont mineures, la maitresse de maison a eu un passé équivoque avec son frère. Atmosphère trouble, un peu style Théorème de Pasolini, mais le scénario à contre-courant peine à emporter l’adhésion, et la mayonnaise ne prend pas. Les hommes passent brièvement dans cette grande propriété sudiste entre deux combats, et disparaissent. Voilà un film qui marque plus par son atypisme, mais il y manque l’émotion et l’atmosphère du sud, si attachante dans Minuit dans le jardin du bien et du mal – par exemple. TV vo oct 16
Voilà un film qui marquera la carrière de Clint Eastwood en se démarquant de ses rôles fort, il ne tient pas à être l'homme d'un seul personnage, et il le démontre en choisissant des films plus personnel. Ici le risque est maximum, avec un thème moderne, en tout cas, la manière de le traiter est assez moderne, c'est presque un thriller avant l'heure en quelque sorte, une façon de le traiter est anxiogène et subversif. Il fallait oser faire embrasser une jeune fille de 13ans par un Clint Eastwood plus que trentenaire, certes pour qu'elle ne crie pas au passage des soldat mais tout de même. Le film est toujours de cet acabit, jouant sur les désirs, les jalousies, les faiblesses, pour enfin, nous offrir un drame ascensionnel sur l'âme humaine et la perversion.
Un film particulier que ce drame en huit clos qui voit un soldat du Nord prisonnier par les occupantes d'un lycée de jeunes filles en pleine guerre de Secession. Clint Eastwood joue un rôle limite de salaud qui à force de jouer avec le feu se brûlera. Le film en plus d'être un drame psychologique joue dans une cour très limite: on parle pédophilie, inceste, mensonges, trahison. Tous les propos sont d'ailleurs à chaque fois imagés par des flash back qui montrent que le dramatique évoqué est vraiment arrivé ou souvent pire que décrit! Un film donc à voir, particulier cependant avec une fin attendu mais aussi assez surprenante. Un film qui sent déjà l'arrivée d'un Frisson dans la nuit...l'ambiance n'est pas loin!!!
Waaaah ! Quelle surprise de la part de Don Siegel et Clint Eastwood, que ce huis clos oppressant et poisseux avec pour toile de fond la guerre de Sécession. Un thriller psychologique de cette trempe, il fallait le faire à l’époque. Le réalisateur américain ose et son acteur fétiche aussi, ce qui nous donne l’un des meilleurs films issu de l’amitié entre les deux hommes.
La mise en scène de Siegel instaure de la tension et l’inquiétude, dés que l’on pénètre avec John McBurney dans le pensionnat. Un étau (le pensionnat) et un échiquier entre le soldat et la directrice, se mettent immédiatement en place. Le cinéaste ne laisse pas tomber la toile de fond, il la conserve et l’utilise astucieusement pour intensifier l’hostilité à l’extérieur du pensionnat, mais aussi l’aspect manipulateur des personnages. L’axe principal du film reste bien évidemment les rapports et les sentiments entre les femmes et John McBurney. Don Siegel ose d’ailleurs une importante petite scène de sexe, ce qui à l’époque était très rare au cinéma et encore plus pour Clint Eastwood. Techniquement, les transitions flashbacks sont efficaces, le bon travail sur la lumière et les ombres est également à souligner, tout comme la scène du rêve , qui relève également d’un certain culot. Le rythme et la tension sont minutieusement dosés, à la manière d’un certain Alfred Hitchcock.
En ce qui concerne l’écriture, c’est à l’image du travail de Siegel et d’Eastwood, c’est à dire brillant et audacieux. Les scénaristes n’ont jamais assumé ce script car Don Siegel y avait modifié énormément de choses dont la fin. Il est donc difficile se savoir qui a fait quoi, mais en tout cas Siegel a vu juste. Une atmosphère sombre, des femmes qui peuvent s’avérer impitoyables, la peur de la castration chez un soldat manipulateur entouré de femmes quasi-vierges ou encore le final macabre, c’est tout bonnement génial et le duo Siegel/Eastwood ont bien fait de se battre pour que ce film voit le jour tel qu’on le voir aujourd’hui.
Lalo Schifrin livre une bande son qui va crescendo, le compositeur suit au détail l’intensité qui grimpe au fil des minutes. Le suspens ne serait pas aussi bon, sans son travail.
Don Siegel nous dépeint avec originalité et courage les atrocités de la guerre, à travers la psychologie d’un homme et de femmes. Au final, il nous montre que le danger n’est pas que sur le champ de bataille. Un regard pessimiste, mais qui reste percutant et maitrisé.
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Les Proies (1971) est une oeuvre qui nous prend aux tripes dès le début et ne relâchera la pression qu'à la toute fin du film. Un sombre et âpre drame se déroulant pendant la guerre de Sécession où un soldat nordiste (blessé) se réfugie dans un collège de jeunes filles. Réfugié chez les sudistes, il comprend rapidement que ses charmes ne laissent pas indifférents les jeunes filles ainsi que la directrice. Il décide d'en jouer mais petit à petit son jeu de séduction manipulateur se retourne contre lui, dévoilant alors le vrai visage de ces jeunes (et innocentes) jeunes filles ainsi que la directrice de l'établissement brillamment interprétée par Geraldine Page. Clint Eastwood quant à lui casse son image de cowboy solitaire (ce qui n'a pas plus à l'époque, ses fans n'ayant pas retrouvé en lui ce qu'il a toujours été au cinéma, d'où le piètre résultat au box office). Lorgnant vers l'inceste, la pédophilie, le mensonge et bien d'autres thèmes, le film avait de quoi choquer pour l'époque, il est d'une telle violence, elle se ressent dans l'interprétation des acteurs, l'atmosphère pesante qui y règne. Les rapports humains sont mis à rudes épreuves, homme/femmes se livrant un combat sans merci, petit à petit, Don Siegel (L'Evadé d'Alcatraz - 1979) nous fait sombrer dans une horreur déstabilisante, de la séquence de l'amputation en passant par celle du diné avec le plat de champignons, le film nous fait sans cesse osciller d'un côté ou de l'autre, on en vient à plaindre le soldat et à détester les jeunes filles puis inversement. Un climat oppressant et glacial que le cinéaste a su parfaitement maitriser de bout en bout, une très belle réussite où Clint Eastwood excelle avec brio.
La collaboration fructueuse entre D. Siegel et C. Eastwood a accouché de nombreux bons films et donner à l'un l'occasion d'apprendre auprès de l'autre. Désireux de casser son image, Eastwood joue de sa belle gueule dans ce film mais ce n'est pas pour la bonne. Film misanthrope, qui nous montre les travers des 2 sexes, cet affrontement psychologique tétanisant aurait pu faire un excellent film d'horreur. Içi, tout se passe dans la tête et l'âme des gens. Peu d'action donc mais la tension est perpétuelle, chaque geste peut déclencher un drame (qui aura de toute façon lieu) et chacun nous exposera sa face la plus sombre. La mise en scène de Siegel est une pure merveille, clinique et travaillée, qui nous offrira un moment d'horreur peu commun qui vous laissera transpirant et crispé sur votre siège (et ce bruit horrible, brrrrr). Cruel, hardcore, invitant à la réflexion, fable à la morale douloureuse, un film indispensable pour les fans de Clint (admirable) et pour les cinéphiles. D'autres critiques sur
Sentiment mitigé entre l'ambiance envoûtante, l'excellent jeu des comédiens, l'intrigue captivante et le dénouement tragique. D un point de vue technique et artistique, c'est excellent. Mais le ressenti niveau divertissement est plus partagé
Les Proies est le meilleur film de Don Siegel, déjà réal de l'excellent Dirty Harry. Aidé par un scénario très bien écrit où tous les personnages sont bien développés, Siegel filme donc les mésaventures d'un soldat de la guerre de Sécession en proie non pas à la guerre...mais à une bande de femmes. C'est là tout l’intérêt de cette œuvre qui, plutôt que de raconter une guerre entre Nordiste et Sudiste, se sert du personnage interprété par Eastwood afin que ces femmes règlent leur compte avec elles-mêmes, à base de jalousies, de frustrations sexuelles, de passé morbide et d'envie castratrice. Les Proies raconte la guerre de ces femmes qui livrent à ce soldat une guerre des nerfs, psychologique et sentimentale. L'interprétation est brillantissime, l'atmosphère pesante, Don Siegel est au sommet.