Nous sommes dans des productions Hammer, on sait donc où l'on met les pieds. Parmi les bonnes surprises, une très belle photographie magnifiquement restaurée, une ambiance relativement soignée et une certaine méchanceté permettant de s'y retrouver un minimum. On pourra avoir plus de réserves sur l'interprétation inégale et certains choix de mise en scène, même si le décor quasi-unique est plutôt bien exploitée, tout comme l'aspect « fantastique » du récit. C'est plutôt mon genre de films, malgré des personnages inégalement écrits et un rythme parfois moyennement soutenu. Une curiosité pour « Hammer fans »... et sans doute quelques autres.
Sorti en 1961 en double-programme avec "La Nuit du loup-garou", étant ainsi la série B de cette sortie, nous retrouvons John Gilling aux commandes d'un film de la Hammer qui se dit ne pas en être un. Effectivement, pour la faire courte, la Hammer partageait un studio avec la Columbia et ces derniers n'étaient pas très chauds à l'idée que la Hammer produise des films pour Universal. C'est du coup sous la société de production BHP que le film est officiellement produit mais officieusement, ça reste de la Hammer. Et ça se ressent car nous sommes effectivement dans le genre de petit thriller un peu fauché que pouvait faire le studio à l'époque, en parallèle de ces grands cycles plus prestigieux (comme les "Frankenstein", "Dracula" etc.) sauf que là, on a vraiment un film en demi-teinte. Un époux cupide tue sa femme à l'aide de ses domestiques et change le testament afin d'en hériter toute la fortune. Mais seul problème : un chat en est témoin. Alors même si on peut y trouver des similitudes avec "Le Chat noir" d'Edgar Allan Poe notamment dans la matérialisation des remords et de la culpabilité par le chat qui devient alors la bête noire que plus personne ne peut voir, même en peinture, le film peine franchement à captiver ! Et puis bon, toute une maison rempli d’adultes ayant peur d'un chat comme de la peste : même s'il représente tout ce que j'ai cité plus haut, ça ne reste que trop peu crédible. De même pour les meurtres "commis" par le chat ; en fait tout est traité premier degré et sans fantastique, du coup, le film en devient plus risible qu'autre chose. Même si, pour le coup, le casting rattrape assez bien l'ensemble, n'étant jamais en surjeu alors qu'il était simple de tomber dans le piège. Bref, malgré une mise en scène quelques fois efficace, "Le spectre du chat" bercera davantage son audience qu'il ne la fera frissonner ou même la captivera.
Sur un postulat alléchant utilisant la chatte comme témoin vengeresse (exploitant la sensibilité animale aux personnalités et actions humaines) en focalisation interne, incarnation du diable, symbole d'une conscience tourmentée (rendant paranoïaque, perturbé, imprudent), cette série B propose une intrigue cousue de fil blanc, se permettant quelques simplicités, présentant des personnages manquant de nuance, mais sympathique grâce à un rythme dynamique et à la présence féline. Passable.
The Shadow of the Cat semble terrifié à l’idée que sa menace, faute d’une mise en scène suffisamment inventive et forte, ne suffise pas à traduire à l’écran le cauchemar paranoïaque d’Edgar Allan Poe ; aussi se sent-il contraint de forcer le trait, de répéter les séquences, d’insérer une musique ampoulée qui appuie excessivement le suspense, de filmer le chat à la manière d’un monstre – il n’y parvient d’ailleurs jamais – qui lui ôte tout mystère. Où sont passées les prunelles mystiques dont Baudelaire chantait les louanges ? Le seul intérêt du long métrage de John Gilling est de se saisir du chat comme d’un foyer optique au travers duquel les remords et sentiments de culpabilité convergent vers leurs détenteurs dans un reflet déformé et angoissant. De nombreux plans flous tentent de rétablir la perception du chat, grâce à une lentille particulière qui déforme l’image. L’animal est partout, allégorie d’une mauvaise conscience qui plane sur la vaste demeure comme une malédiction ; nul hasard, par conséquent, si le testament authentique se trouve caché derrière un tableau représentant le chat. Il se repaît alors du spectacle qu’il a sous les yeux et qu’il provoque par de simples irruptions, soucieux de venger sa maîtresse d’une famille ingrate et aristocratique dans ce qu’elle peut avoir de plus répulsif. Il est alors dommage que le réalisateur ne fasse davantage confiance à sa mise en scène dont la puissance de suggestion, lorsqu’elle est à l’œuvre, fonctionne bien mieux que ses gros plans sur le félin, tentant désespérément d’en extraire quelque chose de diabolique.
Serait-il inspiré par Edgar Poe ce chat noir ? En N&B 1:33 old school qui plus est! L'ambiance est posée. Un peu de Psychose et de Michael Myers dans la première scène. La musique du générique anticipe celle des Dents de la Mer, la version de Jaws The Revenge en fait. Y a un truc, c'est peut-être que moi mais ça me fait plaisir. La chatte Tabatha tient bien son rôle dans ce whodunit à la Columbo. Une vraie présence à l'ecran. Le reste est autrement plus banal. Les 3 criminels sont assez insupportables et leur châtiment tarde à venir même si leur plongée dans la folie est savoureuse. 1h aurait suffi. Au final, une seule conclusion possible : chat-peau bas, Tabatha!