Chinatown
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291 critiques spectateurs

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CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 89 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mai 2026
Voilà un film noir baigné de soleil. La noirceur n'a pas besoin de la nuit pour exister, elle prospère en plein jour, protégée par l'indifférence et la complicité. Roman Polanski radiographie un Los Angeles embryonnaire, bâti sur la prédation où l'eau, ressource vitale dans ce désert, devient le nerf d'une corruption généralisée. La reconstitution du LA des années 30 est bluffante : costumes, voitures, orangeraies, bref, un décor de carte postale qui dissimule une mécanique de prédation. La caméra ne quitte jamais Gittes : on ne sait que ce qu'il sait, on ne voit que ce qu'il voit, et Chinatown met notre attention à l'épreuve comme très peu savent le faire. Jack Nicholson est immense de sobriété : charmeur mais vulnérable, malin mais manipulé, courageux mais finalement impuissant. Le scénario de Towne utilise la parole comme un outil d'aveuglement et de mensonge, qui croire ? J'ai été particulièrement touché par la musique de Goldsmith, ce saxophone mélancolique, et légèrement menaçant, qui imprègne tout d'une tristesse prémonitoire. Rien n'est blanc, rien n'est noir, tout est gris : ce pessimisme radical, sans concession, c'est pour moi la vraie force du film. Et ce final... Polanski nous impose l'impuissance face au pouvoir, celle de Gittes, celle du public, celle de la justice. Enfin un cinéma qui refuse de mentir, et cela fait du bien.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 avril 2026
Avec Chinatown, Roman Polanski revisite le film noir en y injectant une noirceur morale et une complexité narrative d’une rare densité. La mise en scène, d’une précision feutrée, installe une atmosphère de corruption diffuse où chaque indice semble mener à une impasse. Jack Nicholson incarne un détective à la fois lucide et impuissant, pris dans un réseau de pouvoir qui le dépasse. Polanski déconstruit progressivement les codes du genre pour aboutir à une vision profondément pessimiste du monde. Un classique sombre et implacable, où la quête de vérité se heurte à l’opacité des structures dominantes.
Albanrabutin
Albanrabutin

5 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 avril 2026
Roman Polanski te balade tranquille dans une enquête bien ficelée puis te laisse avec une claque existentielle et zéro mode d’emploi.
Denis Dambrain
Denis Dambrain

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mars 2026
Encore un film qui nous replonge dans une belle époque qu'étaient les années 30.
Mise en scène et plans caméras ultra soignés.
Film d'enquête plutôt stable et classique mais assez soutenu.
Jack Nicholson toujours bien planté dans son rôle.

Bref, un grand film à voir et à revoir.
Jean Mariage
Jean Mariage

1 abonné 99 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2026
« Chinatown » est un splendide hommage au film noir américain, clairement inspiré des romans de Dashiell Hammett et de Raymond Chandler. De prémisses trompeuses — une banale histoire d’adultère — Polanski tisse une intrigue de plus en plus labyrinthique qui débouche à la fois sur des magouilles politiques, un drame shakespearien et un arrière-fond psychanalytique. Le détective Gittes, hanté par un précédent échec qui a entraîné la mort d’une femme aimée, tente de percer une vérité qui, comme toujours dans le film noir, se dérobe à mesure qu’on croit la saisir. Sur ce passé traumatique, le film ne dira presque rien, si ce n’est qu’il s’est déroulé à Chinatown — ce qui justifie un titre renvoyant à un lieu où l’action ne se déroule pratiquement jamais, sauf dans la séquence finale.
L’élément aquatique, omniprésent, prend ici une valeur symbolique. Comme l’observe Anne-Gaëlle Feger dans la revue Cinémaction, « l’eau représente métaphoriquement Evelyn (Faye Dunaway), l’objet de l’inceste, que le patriarche Noah Cross (John Huston) a dû céder à Hollis Mulwray (Darrell Zwerling), le chef du Service des eaux de Los Angeles, qui l’a épousée. Ainsi, nous apprenons que Noah Cross possédait jadis “toute l’eau qui alimente la ville”, et que c’est Mulwray qui a voulu que “cela redevienne public” (…) Le lien sexuel antisocial est ici associé au pouvoir démesuré, anormal, qu’avait Cross sur la région, tandis que la volonté de son gendre de rétablir une certaine justice sociale correspond à son rôle d’époux, qui donne à Evelyn une forme de vie normale. » Cette lecture éclaire le film d’un jour nouveau et révèle à quel point Polanski articule subtilement drame intime et corruption systémique.
La dernière séquence, construite autour d’un plan-séquence magnifique, est absolument sublime : elle unit de façon magistrale le fond et la forme pour donner à voir, dans un dépouillement glaçant, la répétition tragique d’un échec annoncé. L’une des plus belles fins de l’histoire du cinéma.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 septembre 2025
Le réalisateur Roman Polanski signe un polar d’une éclatante maitrise dans lequel un détective habitué à enquêter sur des maris volages se retrouve embarqué dans une histoire de meurtre, qui est incarné avec verve et classe par Jack Nicholson. Le cinéaste oublie ses tics de mise en scène pour offrir un véritable écrin à un récit dévoilant peu à peu ses ressorts, prenant le temps de nouer les ficelles d’une intrigue très habilement agencée jusqu’à son dénouement.
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 356 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2025
Ce film incarne à la perfection l’essence du néo-noir américain : une atmosphère sombre, une intrigue tortueuse et une plongée glaçante dans les rouages d’une société où la corruption règne en maître. Sous couvert d’une enquête, c’est tout un système que le film dépeint, où les puissants manipulent les règles et écrasent les scrupules.
Le scénario prend des virages inattendus, mêlant suspense et révélations troublantes. Chaque indice soulève de nouvelles questions, et chaque réponse en cache une autre – jusqu’à un dénouement aussi implacable qu’inoubliable.
Jack Nicholson y est magistral en détective privé obsédé, rongé par son enquête comme par ses propres démons. Face à lui, Faye Dunaway compose une veuve énigmatique dont les mensonges semblent cacher une vérité bien plus sombre.
Une œuvre majeure, à (re)découvrir.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2025
Un hommage très réussi aux films noirs des années 1940-1950. Le scénario comprend des ingrédients classiques (détective privé, affaire d’adultère, meurtre…). Et des recettes dramatiques également éprouvées (manipulation, corruption, violence…). La narration, inspirée de faits réels datant du début du 20e siècle, témoigne d’un beau savoir-faire, dans un style d’intrigue à la Chandler, complexe et retors, qui capte pleinement l’attention à défaut d’être toujours évident dans ses rouages et détails. Si l’aboutissement est parfaitement noir, on savoure en chemin quelques touches d’humour caustiques, surtout venant du personnage de détective campé par Jack Nicholson (formidable dans un registre flegmatique et cynique). Personnage malin mais dépassé par une machination plus forte que lui. Machination fatale, propre au genre. Quelques mots sur les autres acteurs et personnages principaux : John Huston impose une forte présence malsaine dans un rôle de patriarche autoritaire, abusif et manipulateur ; Faye Dunaway incarne une femme qui cache son jeu avec une ambiguïté nerveuse et une sensibilité névrotique, probablement accentuées par les relations plus que tendues qu’elle a entretenues avec Roman Polanski sur le tournage. Roman Polanski qui s’est par ailleurs heurté au scénariste Robert Towne, après avoir modifié son scénario, notamment le dénouement. Voilà qui n’a pas empêché le réalisateur (et acteur ici dans un rôle teigneux et virulent) de développer l’histoire de ce petit monde pourri jusqu’au trognon, de manière très classe, que ce soit en termes de mise en scène ou de travail de l'image (superbe transposition en couleurs du noir et blanc caractéristique du genre). Il offre enfin un regard singulier sur Los Angeles, orienté davantage sur ses alentours que sur son noyau urbain.
Taahz
Taahz

2 abonnés 305 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 août 2025
Jack Nicholson est irrévérencieux à souhait dans ce film noir de Polanski à la mise en scène impeccable.
Bruno Gentereau
Bruno Gentereau

2 abonnés 29 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 août 2025
Jack Nicholson au sommet. Roman Polanski livre un film noir qui réserve bien des surprises.
Beaucoup de fausses pistes.
Aaym68
Aaym68

1 abonné 214 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juin 2025
Un détective privé investigue sur un Ingénieur des eaux à Los Angeles. Suspense prenant sur ce film noir, esthétique et psychologique, dans un contexte intéressant de "guerre des eaux". Très beau couple d'acteurs avec Jack Nicholson et Faye Dunaway. Dénouement final abrupte.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2025
Roman Polanski s’empare ici du film noir classique avec un histoire en apparence simple. Un détective privé embarqué dans une affaire d’adultère qui se transforme peu à peu en une descente vertigineuse dans la corruption, le pouvoir et les blessures enfouies d’une ville en pleine expansion. Jack Nicholson est impeccable et Faye Dunaway offre une prestation troublante. La mise en scène de Polanski, millimétrée, refuse les effets inutiles : tout est dans l’atmosphère, dans la lumière californienne écrasante, dans ce soleil qui éclaire trop crûment les secrets des puissants. "Chinatown" garde cette amertume en bouche, ce goût de fatalité qu’on n’oublie pas.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2025
Dans une Amérique rétro, Roman Polanski met en scène un pastiche de séries noires américaines à l'ancienne -et la présence de John Huston en tant qu'acteur est un hommage ou un clin d'oeil supplémentaire au genre- avec détective privé, jeune veuve équivoque, sinon fatale, et intrigue nébuleuse.
A Los Angeles, le détective Jack Gittes, ancien flic à Chinatown, mène l'enquête à propos d'une affaire de spéculation immobilière, une enquête et des investigations d'autant plus délicates que Gittes doit composer, comme il se doit, avec les mensonges des uns et les lourds secrets des autres.
Jack Nicholson est très bien dans ce rôle classique du privé, malin certes mais trop malmené pour faire figure de héros. Intéressante sans être haletante, l'intrigue contient son lot de rebondissements et de révélations inattendues dont, surtout, la dernière, à l'origine d'un dénouement d'une singulière dimension dramatique, où le personnage de John Huston, longtemps oublié par le scénario, prend soudainement un relief puissant.
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 février 2025
En 1974, Roman Polanski signe un film policier très académique simplement sauvé par la présence du personnage insolent interprété par Jack Nicholson et la sensualité glaciale de Faye Dunaway. Dans les années 1930 à Los Angeles, un détective privé, engagé pour des affaires de mœurs, découvre une fraude autour du marché de la distribution d’eau potable. Le scénario, contenant à chaque avancée de l’intrigue un nouveau rebondissement, devient vite nébuleux. Il est impossible de parler d’ennui, mais le manque d’audace ne permet pas d’aller au-delà d’un classicisme cotonneux. Bref, une œuvre propre mais sans éclat.
marc sillard
marc sillard

10 abonnés 199 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2025
Franchement, toute cette histoire de flotte détournée ou destinée à alimenter Los Angeles n'est là que pour servir de cadre à un drame familial au terme d'une enquête policière. Je serais tenté de qualifier cela de mélo mais ce serait réducteur. Il y a aussi un aspect psychanalytique qui n'aurait pas déplu au Hitchcock de "pas de printemps pour Marnie". Malgré tout, ce qu'il y a de plus intéressant c'est le déroulé de l'histoire et ses personnages, en dépit du délayage, des longueurs, des scènes inutiles, absurdes ou grotesques. Je pense en particulier au final kitsch à Chinatown, qui donne son titre incongru au film. Le brave Polanski sait filmer, les images sont belles et les acteurs bien dirigés, mais, pour donner de la substance à ses films, il repassera. Ce qui m'a le mieux plu c'est le couple Nicholson-Dunaway. Lui est parfait en détective privé décontracté, désinvolte, peu scrupuleux, mais appliqué. C'est un genre Nestor Burma qui gagnerait bien sa vie si on en juge par sa panoplie de costumes de qualité, crevés d'aisance, martingales, tissus sélectionnés, mais qu'il n'hésite pas à salir ou à déchirer en escaladant des grillages ou en plongeant dans des ruisseaux. Faye, de son côté, est réellement belle et séduisante. Nicholson, à juste titre, lui fait compliment de ses yeux. La vision du film à sa sortie m'avait rasé car je n'en avais retenu que son aspect hydraulique. Dans ma tête il restait juste l'image du vieux saligaud joué par John Huston et j'étais même persuadé que c'était lui le réalisateur. Mais non, rendons à Polanski la paternité de ce film noir, imparfait mais néanmoins distrayant.
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