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ionel alb
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2,5
Publiée le 16 août 2026
Je viens de voir la version restaurée du film de Bondartchouk. Je suis relativement déçu. Par rapport aux moyens humains et matériels investis le résultat est à mes yeux médiocre. Les scènes de batailles sont grandioses mais peu credibles, le jeux des acteurs globalement décevant,; il y manque cruellement de naturel dans ce film. Je venais de relire le roman en intégralité et je peux dire que le film reste fidèle mais le scénariste a volontairement choisi d'écarter certains personnages et fils narratifs ce qui est fort dommage. Des séquences inutilement longues avec des plans larges qui veulent nous faire découvrir la Russie reviennent sans intérêt. On sent par moment le film patriotique qui se détourne du message profond du roman qui est humaniste et universel. Il y a quelques séquences de qualité comme les bals, la vie de l'aristocratie et des paysages dans la campagne qui sauve partiellement le film. Je ne regrette pas complètement de l'avoir acheter mais je ne le recommanderai pas .
Film russe en quatre parties d’après l’oeuvre de Léon Tolstoi (1828 – 1910 / 82 ans) , le réalisateur Serguéi Bondartchouk (1920 – 1994 / 74 ans) n’a pas lésiné sur la magnificence des décors ainsi que sur l’horloge des scènes tant il s’attarde sur les regards, les soupirs, les accolades, les effusions, les chagrins, les ténèbres, les ruptures douloureuses avec forces beuveries chez les éconduits. Que d’âmes tourmentées parfois démentes et suicidaires (un psychanaliste n’y retrouverait pas ses petits) au sein de cette aristocratie russe en pleines guerres napoléoniennes. Certes, le film n’aborde pas les attendus de la paix de Tilsit (7 juillet 1807) sur le Niémen entre Napoléon 1er (1769 – 1821 / 52 ans) et Alexandre 1er, (1777- 1825 / 48 ans assassiné par des nihilistes partisans de la destruction radicale des structures sociales) destinés à isoler l’Angleterre dans le cadre du blocus commercial. Traité déjà non respecté par l’empereur de Russie à croire que la politique du mensonge ou du détournement de la vérité fasse partie de la transgression des accords signés par la Russie. Un peu de provocation en sus et le motif du bellicisme saute aux yeux. Se dégage dans ce film une impression d’immensité notamment durant les hivers hyper froids où tout s’éternise comme l’union entre Natacha Rostov (Lioudmila Salieva) et André Bolkonski ( Viatcheslav Tikhonov 1928 – 2009 / 71 ans).
Œuvre colossale tournée en réponse à l’adaptation de King Vidor, Guerre et paix de Sergueï Bondartchouk est une commande de l’État soviétique vexé qu’un monument aussi majeur de la littérature russe ait attendu les américains pour être adapté (même s’il y eut plusieurs autres adaptations muettes dans les années 1910). Le cinéaste bénéficie donc de moyens gigantesques pour pouvoir retranscrire le plus fidèlement possible le roman de Léon Tolstoï : 5 ans de tournage, une aide énorme et gratuite de l’armée soviétique permettant d’avoir de nombreuses explosions et surtout des milliers de figurants dont pour la seule bataille de Borodino, tournage en 70mm (avec le procédé Sovscope 70), des décors titanesques (on est surpris en voyant le making-of que des séquences que l’on pensait tournées dans de vrais châteaux ou dans de véritables extérieurs l’étaient en fait dans des décors), 300 personnages, mélange entre des techniques à la pointe de la technologie (utilisation de caméras guidées à distance alors que nous sommes quelques années avant 2001, l’Odyssée de l’espace), équipements classiques mais chers (beaucoup de plans filmés à la grue ou en hélicoptères) et système D (cadreurs filmant sur des patins à roulettes)… Bondartchouk utilise tous ces moyens pour livrer un résultat à la durée colossal (plus de 7 heures divisées en quatre films : Andreï Bolkonski, lui-même sous-divisé en deux épisodes, Natacha Rostova, 1812 et Pierre Bezoukhov) où il n’hésite pas à mélanger le russe et le français (parfois doublé par-dessus en russe par le narrateur comme cela se fait dans ce pays pour les doublage de films étrangers) et où il n’a pas peur d’utiliser des registres de narrations très différents offrant un rythme atypique. On y retrouve ainsi des passages presque contemplatifs et des dialogues philosophiques associés à des scènes extrêmement spectaculairesspoiler: comme la séquence de bal à la splendeur difficile à égaler dans Natacha Rostova et les nombreuses scènes de guerre d’une ampleur incroyable (sans conteste à mettre à côté de l’ouverture d’Il faut sauver le soldat Ryan) multipliant les plans impressionnants . Il n’hésite pas non plus à utiliser des effets purement cinématographiques tels que les surimpressions ou les split screen (parfois francs mais parfois recréés à l’intérieur d’un seul plan comme lors de la demande en mariage de Pierre à Hélène) laissant ressentir une inspiration des cinémas d’avant-garde (soviétiques et français notamment). Associé à la musique pleine d’emphase de Viatcheslav Ovtchinnikov totalement en accord avec le gigantisme général, Bondartchouk cherche clairement à faire toujours plus gros et plus impressionnant (il suffit de voir le nombre de plans larges et de plans-séquence mettant en avant la splendeur de ses décors) et cela peut en constituer un peu sa limite puisqu’on peut parfois oublier un peu où on en est dans l’histoire devant la durée énorme des séquences de bataillesspoiler: (celle de Borodino occupe par exemple une grande partie de 1812) même si on est en même temps fasciné par le gigantisme de l’ensemble. Ainsi, nous sommes face à une œuvre moins classique que celle de Vidor et ayant des visées artistiques plus poussées et on peut ainsi les trouver au final assez complémentaires : la version américaine est plus facile d’accès (on pourrait dire plus grand public) et sa narration est plus fluide alors que la soviétique est fascinante par son gigantisme sans limite et ses audaces artistiques. Une œuvre titanesque à voir au moins une fois dans sa vie.
Fresque historique époustouflante de plus de 7h, en quatre parties, qui rend compte du génie bien trop négligé du cinéma soviétique.
Réalisé en réaction à la (très bonne par ailleurs) adaptation américaine de 1956 du roman du comte Tolstoï, le film de Bondartchouk est possiblement la plus grande victoire soviétique de la Guerre froide sur l'Amérique capitaliste. Le défi que s'était fixée l'URSS de surpasser le War and Peace de King Vidor (avec Audrey Hepburn, Henri Fonda, Mel Ferrer, Vittorio Gassmann, Anita Ekberg, ainsi que Nino Rota pour la musique) semblait irréalisable et pourtant, force est de constater que le pari est gagné : les États Unis sont vaincus dans leur domaine par excellence. Et le match retour n'est pas près d'arriver; l'historien du cinéma qui a analysé 'Война и Мир' estime le coût de cette super-production, si Bondartchouk avait dû la financer intégralement (bien sûr le gouvernement a payé la plus grosse partie sans parler de la contribution de l'Armée rouge), au double du coût de production du premier Avatar (sorti donc 40 ans plus tard). Autrement dit, un tel film ne pouvait voir le jour dans une démocratie libérale - et le seul fait d'avoir offert au monde ce chef-d'œuvre justifie presque 70 ans de dictature.
Plus concrètement, Sergueï Bondartchouk nous donne à voir des batailles à couper le souffle d'une durée d'écran avoisinant parfois une heure (pour la bataille de Borodino), avec des dizaines de milliers de figuants et de chevaux (parfois réellement abattus sur les lieux du tournage pour accentuer le réalisme) et témoignant d'une fidélité historique étonnante (par exemple les soldats russes avancent à raison de 70 pas par minute contre 120 pour les Français).
À cela s'ajoutent des scènes de bals figurants des centaines de danseurs professionnels, des vues aériennes des armées en marche sur des kilomètres, des plans sublimes rendant compte de toute la splendeur de la Russie, spoiler: et un incendie de Moscou pour lequel le réalisateur a tout bonnement reconstruit la ville avant d'y mettre le feu.
Le film est enfin très fidèle à l'œuvre de Tolstoï, les dialogues sont parfois reproduits à l'identique et on retrouve même certaines des digressions philosophiques qui parsèment l'ouvrage.
Malheureusement l'un des trois seuls films que réalisera Bondartchouk, mais il aura suffi pour marquer de son nom l'histoire du cinéma.
En somme, pour qu'un tel film puisse à nouveau voir le jour : Пролетарии всех стран, соединяйтесь!
La mise en scène de Bondartchouk est soignée, élégante et méticuleuse mais presque trop, la faute aussi et sans aucun doute à la volonté farouche d'être le plus fidèle possible au roman. Malheureusement ce choix de mise en scène arase tout romanesque, on flirte constamment avec le docu-fiction un peu trop didactique. Le film n'est pas dénué de séquences spectaculaires ou impressionnantes, en premier lieu desquels deux scènes de bal qui n'ont rien à envier à la plus connue dans "Le Guépard" (1963, et évidemment des batailles avec Auzterlitz évidemment mais surtout celle de Borodino entrée au Guinness Book pour ces 120000 figurants/soldats ! Mais outre le nombre, c'est le soin apporté à la reconstitution qui est une claque visuelle et historique, dans la façon dont la guerre se faisait à l'époque jusque dans les stratégies avec une réalisation qui cette fois montre toute son ampleur. Bondartchouk alterne les cadrages et les techniques avec des panoramiques digne de tableaux, des caméras suspendues par des câbles pour survolés ou traversés le champ de bataille (pas de drônes en 1965). Le film est une fresque dantesque à la fois intimiste et spectaculaire, dommage que le film manque un peu de flamboyance et de passion, la chair y est triste (hélas...) et l'émotion souvent engoncée. Néanmoins, le travail sur une telle production est bluffant pour un film unique et monumental. Site :
Une superproduction ambitieuse, qui s’attaque à un monument de la littérature, et veut faire mieux que la version américaine. Les moyens gigantesques mis en œuvre produisent un spectacle souvent impressionnant (les scènes de déplacements d’armées et de bataille), parfois majestueux (la scène bal avec ses mouvements de caméra), qui laisse heureusement quelque place aux propos de Tolstoï sur la guerre. Mais l’ambition de faire grand a été aussi de faire long, produisant de nombreuses redites ou temps morts qui s’étirent, où l’on a peine à ne pas décrocher. Elle a généré aussi des effets inutiles ou superflus, comme l’image partagée ou les surimpressions, qui relèvent plus du tape-à-l’œil que de la nécessité. Si l’on rajoute un manque de finesse dans la narration, accentué par un jeu d’acteur souvent outrancier, on a au final une œuvre certes historiquement importante, mais de valeur cinématographique très relative : dans les mêmes années, dans cette même Russie, est tourné un autre « monument » : mais « Andreï Roublev » est, lui, un chef d’œuvre absolu !
Attaqué à l'improviste le premier volet de ce monument, un peu pour changer de revoir Autant en emporte le vent au moment des fêtes de fin d'année! Sans être dupe du caractère très nationaliste de cette mise en scène grandiose, aux moyens démesurés, il est difficile de ne pas succomber à qualité de ce torrent d'images iconiques. On visite tour à tour l'ambiance des palais aristocratiques de Petersbourg, on est plongé au cœur de la bataille d'Austerlitz- que l'on croirait filmée avec les drones d'aujourd'hui!-, et en alternance, les deux héros expriment leurs questionnements face à la guerre, ainsi que leur proximité avec la nature. Le riche contenu de Tolstoï est probablement respecté, les paysages enneigés de bouleaux, les chœurs d'hommes, tout la tradition russe nous dégouline dessus à flot, puissante, éternelle, mais aussi ennemie, dangereuse lorsqu'elle est attaquée. Peut-on refuser la guerre lorsqu'elle vous est imposée de l'extérieur par un génie qui met à mal votre hiérarchie militaire ankylosée, et que les aristocrates continuent de servir des diners dignes de la cour du Roi Soleil. Un spectacle époustouflant, qui demande le grand écran, au service d'un questionnement universel. Je n'ai pas accroché totalement au Napoléon de A. Gance ressorti récemment- on est bien obligé de faire la comparaison même si 40 ans séparent les deux tournages-, mais là, on a bien envie de continuer la découverte de cette superproduction… à la soviétique, ne l'oublions pas! TV vo - décembre 2024
Extraordinaire aventure vue de Russie de la période napoléonienne. On retiendra les scènes de bataille que seul une production subventionnée d état soviétique peut réaliser : Impressionnant par le nombre de figurants mais également par le souci du décorum. L histoire de fond des acteurs russes est presque effacée devant cette fresque historique remarquable, qui n a plus été égalée par des moyens « réels /humains », aujourd’hui on passerait directement à l’IA ou effets spéciaux massifs pour sortir un équivalent et encore ….
Eh bien non : Le film de Sergey Bondarchuk n'est pas un "chef d'oeuvre absolu" ! Il a certes disposé de moyens colossaux avec comme objectif (politique) de faire mieux que King Vidor dont l'adaptation, en 1956, avait remporté un grand succès malgré ses imperfections (Henri Fonda et Mel Ferrer bien trop âgés pour leurs rôles). Mais de tels moyens ne doivent pas alourdir le film par des séquences de batailles certes impressionnantes mais interminables. S'il est un bon metteur en scène, Bondarchuk n'est pas un bon directeur d'acteurs, à commencer par lui-même, dans le rôle de Pierre dont il joue un personnage incolore, dépourvu d'émotions. Même remarque pour Viatcheslav Tikhonov (André) dont la mort ne suscite aucune émotion. On sera indulgent envers Lioudmila Savelieva (Natacha) qui ne crève pas l'écran mais dont le jeu (et la danse car elle était danseuse) est fort honorable. S'agissant des différentes adaptations de "Guerre et Paix", je privilégie la série britannique diffusée en janvier et février 2016 sur BBC One et sur France 2 en décembre 2017. Même si certains ont considéré que l’œuvre de Tolstoï était adaptée dans un style "un peu trop à l'anglaise" (façon Downton Abbey) et que certaines libertés avaient été prises avec le roman, la narration cinématographique est globalement fidèle et surtout lisible, ce qui n'est pas toujours le cas dans le film de Bondarchuk. Le choix des acteurs a, par ailleurs, fait l'unanimité, à commencer par Paul Dano dans le rôle de Pierre. Quant à la série "internationale" coproduite par France 2 en 2007 avec Alexander Beyer, Clémence Poésy, Alessio Boni, entre autres, plus personne n'en parle. En aurait-on honte ?...
C’était quelque chose à vivre, y’a du bon et du mauvais mais je suis quand même satisfait de l’expérience. Le budget colossal pour l’œuvre est impressionnant, la réalisation est à couper le souffle quand on est sur les champs de bataille, une fresque de plans plus beaux les uns que les autres, avec une vraie ligne conductrice qui tient la route, qui nous narre la société russe qui rentre en conflit avec Napoléon. La partie 2 m’a assez sorti du récit, j’ai trouvé qu’elle était en trop et sans réel intérêt pendant presque 2h mais le reste est juste excellent en tout point, malgré que les acteurs restent assez passoire, on sent pas une prestation qui se démarque des autres, mais le reste rattrape tout. Les 30 première minutes de la dernière partie sont juste parfaite visuellement, c’était incroyable.
Napoléon 1er mène sa Grande Armée toujours plus loin en Russie, ce qui n’empêche nullement l’aristocratie moscovite de mener leur train de vie habituel, entre mondanités et petits scandales…
Dix ans après l’adaptation de King Vidor (1956) avec Audrey Hepburn & Henry Fonda, les soviétiques ne pouvaient pas se contenter d’une version américaine (qu’ils ne jugeaient pas fidèle). C’est donc le comédien Sergueï Bondartchouk qui s’attèle à adapter sur grand écran le roman monumental de Léon Tolstoï et en restitue une oeuvre flamboyante, une fresque grandiose et une épopée extraordinaire.
Une retranscription qui n’a pas son pareil dans l’Histoire du cinéma, de par sa grandeur étourdissante et démesurée (on compte pas moins de 120 000 figurants (dont une majorité de soldats de l’Armée Rouge) et presque autant de chevaux). La mise en scène est à l’image du film, à la fois renversante et titanesque, il n’y a qu’à voir les incroyables scènes de guerre, les rues de Moscou en proie aux flammes, les grandes envolées de la caméra qui tutoie les nuages (les plans aériens sur les champs de bataille ou lors des ballets, à l’aide de caméras télécommandées), l’utilisation du split-screen ou encore le fait que l’un des protagonistes brise le 4ème mur.
Rappelons néanmoins qu’il s’agit là d’un film de commande produit par le studio soviétique Mosfilm (intégralement financé par l’URSS), cette adaptation était un souhait du Ministère de la culture soviétique de l’époque qui ne lésina pas sur les moyens pour montrer la puissance et la grandeur de l’URSS (le budget est estimé à 100 millions de $, ce qui équivaut aujourd’hui, en prenant compte de l’inflation, à 700 millions de $) et cela transparaît dans tous les plans du film (des décors à perte de vue sur plusieurs hectares, 20 tonnes d’explosif, sans parler de l’utilisation du format 70mm appelé "Sovscope"). Si le film impressionne par sa mise en scène, l’interprétation n’est pas en reste, les premiers comme les seconds rôles nous offrent de beaux moments, mention spéciale aux trois protagonistes principaux (Sergey Bondarchuk, Lyudmila Savelyeva & Vyacheslav Tikhonov).
Война и мир / Guerre et Paix (1966) ne passe clairement pas inaperçu et vous marque la rétine au fer rouge. Quant à la durée du film (7h), en toute honnêteté, on ne les voit pas passer tant on est pris au coeur de l’histoire et subjugué par les images qui défilent devant nos yeux.
Un peu rude de découvrir en salle les 7h de ce film dans leur intégralité et à la suite : on en ressort en ayant un peu mal au cou et aux jambes... Mais le jeu en vaut largement la chandelle... Évoquer ce long métrage c'est parler d'un monument cinématographique. Je n'ai pas vu la version hollywoodienne de King Vidor, avec Audrey Hepburn, Henry Fonda et Mel Ferrer. Mais nul doute que la version de Bondartchouk constitue l'adaptation ultime du roman fleuve de Tolstoï...
Tout est réussi dans ce film. Tout d'abord le casting : chaque acteur ou actrice incarne à merveille son personnage, sans rien perdre de sa complexité d'écriture, tout en le rendant à la fois attachant et ambivalent. Le rythme permet de construire et développer cet ample récit. Oui 7h c'est long, mais il ne semble pas y avoir un moment de trop, que ce soit dans les scènes intimistes ou dans les batailles. Parlons justement de la direction artistique : on aperçoit bien les 120 000 figurants à l'écran, pas de doute. Ce film est monstrueusement épique : je n'ai jamais vu au cinéma quelque chose qui ressemble de près ou de loin à la bataille de Borodino, véritable enfer sur terre, entre centaines de milliers de soldats qui chargent, mouvements de foules impressionnants et canons crachant un feu infernal... C'est peu dire que le « Napoléon » de Ridley Scott fait minable à côté, sans parler de son écriture mesquine...
D'autant que pour poursuivre dans l'épique, Bondartchouk sait utiliser le lyrisme à bon escient et au bon moment. Que ce soit lors de ce bal viscontien, sur le champ de bataille, où les soldats meurent par milliers… En dépeignant un Napoléon fier et intraitable, tel qu'on se l'imagine. Ou encore un jeune soldat qui vient encourager ses vieux camarades, plein d'une fougue juvénile et de l'innocence de quelqu'un qui ignore ce qu'est l'horreur de la guerre... Avec de surcroît cette musique nostalgique, qui serre le cœur lors de passages poignants…
Il y a aussi un panthéisme surprenant, presque tarkovskien, dans cette attention portée à la terre, à la patrie, aux pleines russes immenses et infinies, au son de l'eau, ou au ciel et aux étoiles... Il est également surprenant qu'un film totalement soviétique exalte à ce point la Russie tsariste et chrétienne orthodoxe...
Un certain nombre de critiques le constatent : ce film va bien au-delà d'un geste de propagande. De façon inattendue mais bien réelle, c'est avant tout un film russe... Qui matérialise à l'écran ce qu'est « l'âme russe ». En cela, Bondartchouk évite l’académisme, même si ça et là le ton est parfois un peu trop emphatique. Son film vit, il brûle d’une ardeur incandescente, ce qui lui confère un caractère universel et intemporel, loin d’une image figée. Les personnages sont fougueux, bouillonnants, presque fous… Même la comtesse Natacha Rostov, qu’on imaginait calme et sage, se laisse emporter par une passion dévorante…
En outre, par bien des aspects, le récit adopte un ton humaniste bouleversant. Par-delà les nations et les conflits, les ennemis qui se font face sont avant tout des hommes et des femmes, bien plus semblables qu’ils ne le pensent. Surtout ces peuples « frères » qu’étaient les Français et les Russes (une grande partie du film se déroule dans un français impeccable, en VO !). Ce qui ne rend que plus absurde ces guerres et la barbarie qui en découle toujours, inévitablement… Après le chaos et les massacres, une main tendue, un repas partagé quand on crève de faim, sont le signe qu’il reste malgré tout un peu d’espoir et d’humanité en ce bas monde…
Au-delà des minutes et des heures, du nombre démesuré des figurants, de la grandeur de l’épopée qui nous est contée… Le « Guerre et Paix » de Bondartchouk est un choc visuel, d’un lyrisme dévastateur, marquant l’esprit par un grand nombre de scènes inoubliables. Profitons de sa ressortie actuelle en salle et en support physique : il s’agit d’un grand chef-d’œuvre – oui, osons le dire – à voir au moins une fois dans sa vie.
Le réalisme des détails, les descriptions psychologiques des personnages et la richesse des thèmes abordés font de cette fresque un exceptionnel témoignage historique et une œuvre majeure du cinéma du XXe siècle. Une adaptation tout aussi monumentale que l’œuvre originale de Tolstoï. Attention ça dure sept heures ... Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
La meilleure version cinématographique de Guerre et Paix, tournée en URSS, et en russe comme il se doit. Elle est la plus fidèle à la lettre et l'esprit de Tolstoï. La reconstitution de l'epoque est exceptionnelle. Le film propose une immense fresque très réussie.
Un film ( très) long et inégal qui vaut surtout par l'ampleur de la reconstitution, impressionnante , notamment lors des scènes de bataille et plus encore dans la mise en scène de l'incendie de Moscou et dans celle de la retraite de Russie ( avec un plan étonnant et sans doute inédit inédit ) .